Jacques Mesrine . ( L'ennemi public n° 1, L'homme aux mille visages ,le Robin des Bois français ).parti 1.
02/10/2011 14:43 par TueursEnSerie
Jacques Mesrine . ( L'ennemi public n° 1, L'homme aux mille visages ,le Robin des Bois français ).parti 1.
02/10/2011 14:43 par TueursEnSerie
Surnom : L'ennemi public n° 1
L'homme aux mille visages
le Robin des Bois français
Naissance : 28 décembre 1936
Clichy-la-Garenne
Décès : 2 novembre 1979 (à 42 ans)
Porte de Clignancourt, Paris
Nationalité : France
Profession : Représentant en tissus
militaire
maquettiste
restaurateur et aubergiste
Formation : Formation de parachutiste-commando à l'armée
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Jacques René Mesrine , né le 28 décembre 1936 à Clichy-La-Garenne et mort à 42 ans le 2 novembre 1979 à la porte de Clignancourt à Paris, est un criminel français ayant opéré principalement en France mais aussi au Québec, en Espagne et une fois en Suisse et en Italie. Il est surnommé « l'homme aux mille visages » ou, à tort de son propre aveu, « le Robin des Bois français ». Déclaré « ennemi public numéro un » au début des années 1970, il est notamment connu, en France, pour des braquages médiatisés et pour ses évasions.
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Jeunesse et guerre d'Algérie :
Fils de André Pierre Mesrine (1908-1973) et de Fernande Buvry, commerçants aisés du textile, c'est à Clichy-La-Garenne (au 5 de l'avenue Anatole-France) qu'il grandit et qu'il se met à fréquenter le quartier populaire de Pigalle à Paris. Ses parents ont pourtant des projets pour lui : ils souhaiteraient plus tard le voir intégrer l'école des hautes études commerciales (HEC). Mais il n'aime pas l'école. Il effectue une partie de sa scolarité au collège-lycée de Juilly, tenu par les oratoriens. Il en est renvoyé à cause de violences exercées envers le proviseur. Il devient alors représentant en tissus. À noter qu'il avait comme camarade d'école Jean-Jacques Debout1. Brièvement marié de juillet 1955 à 1956 avec Lydia de Souza, alors qu'il n'a que dix-neuf ans, Jacques Mesrine s'engage dans la guerre d'Algérie comme parachutiste-commando. C'est durant celle-ci qu'il prend un pistolet .45 ACP et le rapporte en France. Il l'aura constamment sur lui. Jacques René Mesrine sera décoré par le général de Gaulle de la croix de la Valeur militaire. Il revient en France en mars 1959, après avoir reçu un certificat de bonne conduite de la part de la 626e compagnie. D'après ses proches, l'expérience de l'Algérie l'a profondément marqué ; il aura été plusieurs fois de « corvée de bois » (exécution sommaire de prisonniers en dehors des enceintes militaires). En outre, Mesrine a été membre de l'OAS en 1961.
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Premiers crimes en France :
Il participe à de nombreux cambriolages dès l'âge de vingt-trois ans, avec son ami de toujours Tony Ferreira. Le 4 novembre 1961, il a un enfant (une fille qui s'appellera Sabrina) avec Maria de la Soledad qu'il a rencontrée lors de vacances en Espagne. Il ne se mariera qu'une seule fois. C'est à cette époque qu'il est arrêté et condamné pour la première fois à payer une amende pour port d'armes prohibées. Le 17 janvier 1962, il est arrêté au Neubourg, à côté de Louviers, où ses parents avaient une maison de campagne, alors qu'il tentait, avec trois complices, de braquer le Crédit agricole. Il est condamné, pour la première fois, à dix-huit mois de prison en mars 1962. Il passera son temps d'incarcération dans les prisons d'Évreux, puis d'Orléans. Il est relâché en 1963. Il souhaite alors quitter la vie criminelle et trouve un emploi dans une entreprise d'architecture d'intérieur. Mais il perd son travail suite au chômage technique de celle-ci et redevient criminel.
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Les îles Canaries, le Québec et le Venezuela :
Le 2 décembre 1965, il est arrêté à Palma de Majorque en train de voler des documents politiques dans le bureau du gouverneur militaire. La police locale le soupçonne de travailler pour les services secrets français. Il est condamné à six mois de prison.
En octobre 1966, il ouvre un restaurant à Santa Cruz de Tenerife dans les îles Canaries. Parallèlement Jacques Mesrine continue son activité criminelle.
En décembre 1966, il attaque une bijouterie à Genève, en Suisse. En mai 1967, il ouvre une auberge à Compiègne, en France.
Le 15 novembre 1967, il cambriole un hôtel à Chamonix où il est reconnu.
Le 8 décembre, il braque une maison de haute couture parisienne où il est, là aussi, reconnu. Maria de la Soledad le quitte et leurs trois enfants, Sabrina Mesrine (1961), Bruno Mesrine (1964) et Boris Mesrine (1966), sont confiés aux parents de Mesrine.
Le 6 février 1968, il échappe aux policiers et fuit au Québec avec Jeanne Schneider, maîtresse rencontrée après son divorce. Cette dernière était une call-girl, dont les souteneurs ont été abattus par Mesrine, selon ses dires. À cette époque, il n'est recherché que pour escroqueries.
En juillet 1968, les deux arrivent à Montréal. Le couple entre au service d'un milliardaire handicapé, Georges Deslauriers, qu'ils enlèvent le 12 janvier 1969, après avoir été renvoyés et demandent une rançon de 200 000 USD à son frère, Marcel. Mais Georges Deslauriers réussit à s'échapper. Dès lors, Mesrine se lance dans la grande criminalité.
Le 26 juin 1969, le couple Mesrine-Schneider quitte le motel des trois sœurs à Percé où il s'était réfugié et franchit illégalement la frontière des États-Unis.
Le 30 juin, le corps étranglé d'Évelyne Le Bouthilier, patronne du motel, est découvert dans sa résidence à Percé. En fuite aux États-Unis, Mesrine est arrêté à Texarkana, dans l'Arkansas, et extradé vers le Québec. À sa sortie d'avion, il fanfaronne devant les journalistes et déclare, reprenant une phrase du général de Gaulle : « Vive le Québec libre ! » Accusé de meurtre et de kidnapping, Mesrine se retrouve à la une des journaux québécois. Il est déclaré ennemi public numéro un.
Le 17 août 1969, Mesrine et Schneider s'évadent de la prison de Percé, mais ils sont repris le lendemain. Toujours en août 1969, ils sont condamnés respectivement à dix et à cinq ans de prison pour l'enlèvement et la séquestration de Georges Deslauriers.
En janvier 1971, Mesrine et Schneider sont acquittés pour le meurtre de Le Bouthilier. Mais cette accusation d'un meurtre qu'il déclara ne pas avoir commis, malgré un important faisceau de présomptions, fut pour Mesrine un des thèmes principaux de son deuxième livre, Coupable d'être innocent, écrit en 1979.
Le 21 août 1972, il s'évade de la prison de Saint-Vincent-de-Paul avec cinq autres détenus dont notamment Jean-Paul Mercier. Leurs cavales sont émaillées de nombreux méfaits.
Le 26 août, ensemble, ils braquent la caisse populaire de Saint-Bernard à Dorchester, puis, dix minutes plus tard, ils font de même avec celle de Saint-Narcisse de Lotbinière, soit deux le même jour. Leur butin s'élève à 26 000 USD.
Le 28 août, ils braquent la Toronto Dominion Bank à Montréal. Ils la braquent à nouveau trois jours plus tard.
Le 3 septembre, ils échouent dans leur tentative de libérer trois prisonniers de la prison de Saint-Vincent-de-Paul, celle où ils se trouvaient prisonniers et ils blessent grièvement deux policiers. Une semaine plus tard, pendant qu'ils s'exercent au tir, Mesrine tue deux garde-chasses en compagnie de Jean-Paul Mercier, près de Saint-Louis-de-Blandford au Québec. En octobre, après d'autres braquages à Montréal, ils effectuent un court passage à New York, au palace du Waldorf-Astoria. Puis, d'octobre à novembre 1972, Mesrine fuit au Venezuela avec Jean-Paul Mercier et leurs deux maîtresses. Plus tard, Mercier les quittera pour revenir au Québec. Il sera tué d'une balle dans la tête lors d'une de ses tentatives de casse deux ans plus tard. Quant à Jeanne Schneider, elle finira sa peine en France à la prison de Fleury-Mérogis. À sa sortie, elle restera en France.
Jacques Mesrine . ( L'ennemi public n° 1, L'homme aux mille visages ,le Robin des Bois français ).parti 2.
02/10/2011 16:37 par TueursEnSerie
Jacques Mesrine . ( L'ennemi public n° 1, L'homme aux mille visages ,le Robin des Bois français ).parti 2.
02/10/2011 16:37 par TueursEnSerie
Retour en France :
L'ennemi public numéro un :
Il retourne en France en décembre, où il commet le braquage de la paie d'une usine de Gisors pour un montant de 320 000 francs et d'une caissière retirant 280 000 francs d'une banque.
Le 5 mars 1973, lors d'une altercation avec une caissière d'un café-bar, Mesrine brandit un revolver. Un policier tente d'intervenir et est grièvement blessé. Trois jours plus tard, Mesrine est arrêté à Boulogne-Billancourt. En mai, il est condamné en France à 20 ans de prison.
Le 6 juin, il doit comparaître pour une petite affaire de chèques sans provisions mais il s'évade du tribunal de Compiègne en prenant en otage le président du tribunal, grâce à une arme dissimulée dans les toilettes par un complice, Michel Ardouin dit « le Porte-Avions ».
Le 21 juin, il attaque à main armée l'imprimerie Lang pour s'emparer de la paie des employés, rue Curial dans le 19e arrondissement de Paris, soit environ 1,5 million de francs. Petit intermède dans sa folle activité, il s'offre quelques vacances de juillet à août dans une station balnéaire de la côte normande, Trouville.
Mais début août, il reprend ses activités en s'attaquant au Crédit lyonnais de l'avenue Bosquet dans le 7e arrondissement de Paris. Après ce coup retentissant, il se tient tranquille deux mois.
Mais le 27 septembre, il braque deux banques coup sur coup. Il est arrêté par le commissaire Robert Broussard une première fois le 28 septembre 1973, à son appartement rue Vergniaud dans le 13e arrondissement de Paris. Cette arrestation reste célèbre puisque le truand, cigare aux lèvres, ouvrit la porte aux policiers après vingt minutes de négociations à travers la porte et offrit le champagne au commissaire. Mesrine plaisante avec Broussard : « Tu ne trouves pas que c'est une arrestation qui a de la gueule ? » C'est durant ce séjour en prison qu'il écrit son autobiographie L'Instinct de mort, qui paraît en février 1977. Dans ce livre, il déclare avoir tué trente-neuf personnes. À ce sujet, un criminologue, René Reouven, commente : « Il y a chez Mesrine un petit tueur qui se voudrait grand et si l'on peut comptabiliser les crimes qu'il a commis, on ne saurait en faire autant pour ceux qu'il revendique ».
Le 19 mai 1977, Mesrine est condamné à 20 ans de prison pour attaques à main armée, recel et port d'armes par la Cour d'Assises de Paris présidée par le juge Petit. Durant ce procès, il se produit une anecdote célèbre : il lance les clefs de ses menottes à la figure des juges pour prouver la corruption de la police et de la justice. Il est transféré au quartier de haute sécurité de la prison de la Santé. Cette incarcération est à l'origine d'un combat médiatique qu'il entend mener afin de les faire supprimer, décrivant les conditions de détention qu'il juge dégradantes. Il y rencontre Charlie Bauer, un révolutionnaire d'ultra gauche, qui devient son bras droit.
Il parvient à s'évader le 8 mai 1978, accompagné de François Besse et de Carman Rives. Grâce à des complicités au sein de la prison (qui introduiront des armes à leur intention), Mesrine et Besse parviennent à neutraliser leurs gardiens, escaladent le mur d'enceinte et s'évadent de cette prison réputée inviolable, laissant derrière eux Carman Rives abattu par la police. Mesrine et Besse dévalisent une armurerie pour s'emparer d'armes.
Le 26 mai 1978, il braque le casino de Deauville avec son compagnon de cavale, François Besse. Ils volent 70 000 francs. Le braquage tourne mal, faisant deux blessés, mais les deux évadés parviennent à fuir en prenant en otage une famille de fermiers. Deux jours plus tard, une vaste opération est déclenchée pour tenter de retrouver Besse et Mesrine. Plus de 300 gendarmes, ainsi qu'une section du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale assistée de policiers de la brigade antigang, sont déployés pour les rechercher ; en vain. Ils s'enfuient avec la famille de fermiers dans une DS en allant à Paris. Les deux gangsters sont dans le coffre et la famille, dans la voiture. C'est à cette période qu'il se met à écrire son deuxième livre, « Coupable d'être innocent », plus politique que le premier, qui paraîtra après sa mort en 1979. Il continue les braquages, comme celui de la Société générale du Raincy le 30 juin 1978, tandis que la police poursuit ses efforts pour le localiser. La police craint le pire. Mesrine nargue les autorités en donnant des entretiens à des journalistes. Ainsi à Paris Match, le 4 août 1978, Isabelle Peltier reçoit ses déclarations. Il se montre menaçant envers quiconque voudrait tenter de l'arrêter. Il veut abolir les quartiers de haute sécurité (QHS) et va jusqu'à menacer Alain Peyrefitte, ministre de la Justice de l'époque. Sa notoriété entraîne une guerre des polices entre Lucien Aimé-Blanc, chef de l'Office central pour la répression du banditisme, et Robert Broussard, chef de l'antigang, pour l'arrêter. En juillet 1978, il rencontre Sylvia Jeanjacquot dans un bar à hôtesses. Il part en Algérie avec elle, puis retourne en France. Il est caché dans le 18e arrondissement de Paris.
Le 10 novembre 1978, il essaie d'enlever le juge Petit, président de la cour d'assises de Paris à l'époque, qui l'avait condamné à vingt ans de prison en 1977, avec la complicité de Jean-Luc Coupé dit « Nounours ». Il voulait enlever le juge pour se venger de sa condamnation. Le juge n'étant pas chez lui, il prend sa famille en otage, et attend son retour. Mais la famille réussit à prévenir la police, par l'intermédiaire d'une des filles et d'un des fils du juge. Mesrine s'échappa sous le nez de la police mais son complice est arrêté.
En janvier 1979, il accorde un entretien à Libération, déclaré personnage médiatique de l'année pour le journal de gauche.
Le 21 juin 1979, il enlève le milliardaire Henri Lelièvre avec la complicité du braqueur Michel Schayewski dit « Le Viking ». Après vingt-huit jours d'enlèvement, il demande une rançon de six millions de francs et demande à Henri Lelièvre de choisir une personne de confiance pour l'apporter. Dès lors, il devient l'ennemi public numéro un en France. En août, une unité anti-Mesrine est créée. Il dépense l'argent de la rançon en grand magasins et montres et achète une BMW, la même que celle de la BRI.
Le 10 septembre 1979, Mesrine tend un guet-apens dans la forêt d'Halatte (Oise) près de Senlis au journaliste de Minute Jacques Tillier. Après l'avoir emmené dans les profondeurs d'une grotte, il le torture, le met nu, le tabasse et le blesse grièvement par trois balles en lui tirant dans la joue (« pour l'empêcher de dire des conneries »), le bras (« pour l'empêcher d'écrire des conneries ») et la jambe (« par simple plaisir », affirmera-t-il plus tard). Il le laisse pour mort. Mesrine reprochait à ce journaliste de l'avoir diffamé en écrivant qu'il n'était pas une personne « réglo » avec ses associés et que c'était un bandit sans honneur, en août 1979. Mesrine a pris en photos l'événement. Tillier arrive à s'en tirer. Il écrit des lettres aux journalistes disant qu'il ne voulait pas le tuer.
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La mort de Mesrine et la polémique :
Fin octobre 1979, Emmanuel Farrugia (commandant de police) et Paul Rément (capitaine de police), hommes du commissaire divisionnaire Lucien Aimé-Blanc, chef de l'Office central pour la répression du banditisme (OCRB), repèrent l'appartement de Mesrine rue Belliard, dans le 18e arrondissement de Paris. Ceci est rendu possible par le biais d'un indicateur, donné par Dallier qui voulait se venger, qui dénonce Charlie Bauer comme complice actif de Mesrine et grâce aux écoutes des coups de téléphone que Charlie Bauer passait à Jacques Mesrine. Maurice Bouvier, alors directeur central de la police judiciaire, saisit la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) du commissaire principal Robert Broussard, territorialement compétente pour procéder à l'arrestation de Jacques Mesrine.
Le vendredi 2 novembre 1979 à 15h15, Mesrine, au volant de sa voiture avec sa compagne Sylvia Jeanjacquot, est encerclé par les hommes de la BRI, porte de Clignancourt à Paris. Un camion bâché, qui s'est inséré devant son véhicule, dissimule des tireurs qui ouvrent le feu sur lui et sa compagne. Vingt et une balles sont tirées. On retrouvera dix-huit impacts de balles à haute vélocité sur son corps. Il est tué en possession de grenades et d'armes de poing dissimulées à ses pieds. Sa compagne, grièvement blessée, perd un œil dans la fusillade. La mort de Mesrine est un premier cas de remise en cause de la légitime défense invoquée par la police, car celle-ci aurait ouvert le feu sans sommation. Deux nouveaux témoins ont apporté des éclaircissements en octobre 2008 sur France Inter6, Guy Peynet, qui était en 1979 le patron du bar Le Terminus, porte de Clignancourt, n’a jamais été entendu sur procès-verbal dans la procédure judiciaire ; il a envoyé une lettre, jointe au dossier. Il affirme que les policiers n’ont pas effectué de sommations avant de tirer sur Mesrine. Tout ce qu’il a entendu, c’est une rafale de coups de feu suivie du cri : « Bouge pas ! T’es fait ! ». Geneviève Adrey ne s’est jamais exprimée publiquement depuis le 2 novembre 1979. Ce jour-là, alors étudiante en musicologie, elle se trouve dans une cabine téléphonique, avec une amie, porte de Clignancourt, à quelques mètres de la voiture de Jacques Mesrine. Elle raconte avoir entendu des rafales de mitraillette ou, en tout cas, des coups de feu très rapprochés, mais en aucun cas des sommations. Les sommations restent toutefois un acte militaire auquel étaient soumis les gendarmes et non les policiers. La légitime défense n'est en aucun cas soumise à l'obligation d'effectuer des sommations. On rappelle toutefois à cette occasion un avertissement que Mesrine avait dit à Broussard :
« Quand nous nous rencontrerons à nouveau, ce sera à celui qui tirera le premier ».
En outre, les policiers ont témoigné qu'au lieu de se rendre et de lever les mains, il eut un mouvement latéral comme s'il allait se saisir de quelque chose. Après coup, on constatera la présence de deux grenades et de pistolets automatiques dans un sac à ses pieds. Il dit sur une cassette retrouvée par les enquêteurs à destination de sa dernière compagne, Sylvia Jeanjacquot : « Si tu écoutes cette cassette, c'est que je suis dans une cellule dont on ne s'évade pas ». L'instruction est rouverte en mars 2000. Elle débouche sur un non-lieu, le 14 octobre 2004.
Le 6 octobre 2006, la Cour de cassation française a déclaré irrecevable le pourvoi en cassation de la famille Mesrine suite au non-lieu prononcé le 1er décembre 2005 par la chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Paris. Jacques Mesrine est enterré au cimetière Nord de Clichy-La-Garenne, la ville qui le vit naître. Sa BMW 528i marron métallisé est restée avec les scellés de justice vingt-huit ans dans une fourrière à Bonneuil-sur-Marne avant d'être broyée dans une casse d'Athis-Mons le 14 mai 2007.
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Armes découvertes le 9 mars 1973 dans
l'appartement de boulogne billancourt.
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Photos de la mort de Mesrine :
Funerailles de Jacques Mesrine:
Extrait de lettre de Jacques Mesrine:
«Si tu vis dans l'ombre, tu n'approcheras jamais le soleil.»
Jacques Mesrine
( L'Instinct de mort )
Jacques Mesrine ,Le documentaire inédi :
Jean-Claude Romand .
02/10/2011 13:45 par TueursEnSerie
Jean-Claude Romand .
02/10/2011 13:45 par TueursEnSerie
Jean-Claude Romand, enfant unique né le 11 février 1954 à Lons-le-Saunier, est connu pour avoir, en 1993, assassiné sa femme, ses enfants, ses parents, tué son chien et pour avoir caché pendant dix-huit ans sa vie réelle à ses proches. Il a été condamné en 1996 à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Il purge sa peine à la maison centrale de Saint-Maur, banlieue de Châteauroux (Indre, France).
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Le crime :
Le 9 janvier 1993, à son domicile de Prévessin-Moëns, route de Bellevue, il tue sa femme Florence (née Crolet) à l'aide d'un rouleau à pâtisserie, sa fille Caroline, âgée de 7 ans, et son fils Antoine, 5 ans, à l'aide d'une carabine .22 Long Rifle. Après cette tuerie, il range la maison, sort en ville, puis passe la soirée à regarder la télévision. Parti déjeuner chez ses parents (Aimé et Anne-Marie Romand) dans leur maison de Clairvaux-les-Lacs, il les tue selon le même mode opératoire. Il passe la soirée avec son ancienne maîtresse, Corinne Hourtin, tente de la tuer à son tour en forêt de Fontainebleau mais n'y parvient pas. Enfin, il rentre chez lui, et met le feu à sa maison à 4 heures du matin dans la nuit du dimanche au lundi, après avoir avalé des barbituriques . Mis le feu à l'heure exacte où passent les éboueurs, ce qui permet aux pompiers de le sauver. Les pompiers retrouveront les corps des enfants et de la mère à l'étage dans leurs chambres respectives, imbibés d'essence.
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Biographie :
L'enquête montrera rapidement que Jean-Claude Romand n'est pas l'homme que décrivent ses proches. Sans travail, il avait berné sa famille et ses amis durant des années en se disant médecin et chercheur à l'OMS (Organisation mondiale de la santé) à Genève. En fait, il n'avait jamais dépassé le stade de la deuxième année d'études de médecine, et vivait des sommes d'argent qu'il avait escroquées au fil des ans dans son cercle de relations (parents, beaux-parents, maîtresse) sous prétexte de placements en Suisse
— il avait été jusqu'à vendre à prix d'or de faux médicaments contre le cancer. Il semble qu'au moment des faits, sa famille était sur le point de découvrir la vérité à son sujet ; de plus, ses ressources s'étaient progressivement épuisées. Acculé, pris à son propre piège, il n'avait trouvé pour seule échappatoire que l'assassinat. Jean-Claude Romand fut par ailleurs le seul témoin de la mort de son beau-père, Pierre Crolet, qui fit le 23 octobre 1988 une chute mortelle dans l'escalier de sa maison, quelques jours après avoir demandé le remboursement d'une partie de son placement. Mais Romand ne sera jamais poursuivi, la justice s'en tenant à la thèse de l'accident.
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Anecdotes :
_ Élève particulièrement studieux, Jean-Claude Romand a passé avec succès le baccalauréat en 1971 avec un an d'avance. Il a obtenu la note de 16 sur 20 à l'épreuve de philosophie dont le sujet était la
" Vérité existe-t-elle ?. "
_ Convié avec son épouse à un dîner chez un ami médecin, Jean-Claude Romand s'est retrouvé à discuter avec un autre convive, cardiologue de profession, sur des sujets médicaux assez pointus. À la fin de la soirée, après le départ du couple, le praticien aurait parlé de Jean-Claude Romand à son hôte en ces termes :
« À côté de gens comme lui, on se sent tout petit ».
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 1 ).
01/10/2011 15:41 par TueursEnSerie
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 1 ).
01/10/2011 15:41 par TueursEnSerie
Nom : Gary Leon Ridgway
Surnom : "The Green River Killer"
("le tueur de la Green River").
Né le : 18 février 1949,
à Salt Lake City (Utah) -
Etats-Unis.
Mort le : Toujours en vie.
Incarcéré au pénitencier d’état de Walla Walla
(état du Washington).
Il aurait assassiné entre 48 et 71 personnes.
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Informations personnelles :
Ridgway est né à Salt Lake City en 1949, de Thomas et Mary Ridgway. Il eut deux frères, dont il ne fut jamais très proche. Ses parents déménagèrent souvent et la famille vécut également dans l’Idaho. En 1960, ils déménagèrent dans l’état de Washington, dans le comté de King. Ridgway grandit au sud de Seattle, dans un quartier de classe moyenne, non loin de l’aéroport international de Sea-Tac.
Le père de Ridgway était chauffeur de bus et conduisait souvent sur l’autoroute 99 (également appelée "Pacific Highway"). Il pestait souvent contre la présence de prostituées sur une partie de cette autoroute surnommée le « Strip ». La mère de Ridgway travaillait comme vendeuse. C’était une femme populaire et respectée. C’est elle qui dirigeait la maison car Thomas Ridgway était un homme passif alors que Mary était très dominatrice et autoritaire. Elle avait beaucoup d’influence sur son fils. Gary Ridgway était un fils gentil et aimant qui adorait sa mère. Malheureusement pour lui, elle lui en demandait beaucoup alors que le jeune garçon était assez "lent" d’esprit. Sa mère n’était jamais satisfaite de lui. C’était un enfant timide qui avait des problèmes de mémoire, de nombreuses allergies et était dyslexique. Il eut beaucoup de mal à apprendre à lire. Il éprouvait de grandes difficultés en classe et dû redoubler plusieurs fois. Il avait l’impression d’être un imbécile et un incapable qui n’arriverait jamais à rien. Il était toutefois plutôt doué de ses mains et son père lui apprit à bricoler les voitures familiales avec ses deux frères. Il lui enseigna également comment se battre après qu’un garçon plus fort que lui l’ait violemment frappé. Le jeune Gary Ridgway retint la leçon et réalisa qu’il prenait plaisir à frapper les garçons qui le provoquaient... Gary Ridgway souffrit d’énurésie (il urinait au lit) et cela dura jusqu’à l’adolescence. Lorsque cela lui arrivait, sa mère continuait de le laver elle-même, ce qui provoquait en lui un mélange pervers d’excitation sexuelle et de colère due à l’humiliation. "Classiquement", Ridgway commit des actes communs à de nombreux tueurs en série. Au début de l’adolescence, il devint pyromane et mit le feu à des garages. Il ressentait beaucoup de colère et de frustration, et des pensées violentes commencèrent à le submerger peu à peu. Il aimait tuer les oiseaux dans les arbres et faire du mal aux animaux du voisinage. Il tua l’un des chats de ses parents en l’enfermant dans une glacière jusqu’à ce qu’il suffoque. Il s’en débarrassa rapidement, apeuré à l’idée que l’on découvre son acte. Il éprouva une grande satisfaction lorsqu’il comprit que personne ne le soupçonnait d’avoir tué le chat ni d’avoir mis le feu aux garages du voisinage. D’ailleurs, personne ne faisait jamais attention à lui. Ridgway se mit à voler à l’étalage et devint un voyeur qui espionnait ses voisines un peu plus âgées. Il appréciait particulièrement une adolescente de 17 ans et il lui arriva de se masturber devant sa fenêtre. Le sexe devint pour lui une obsession. Il découvrit que tuer un être vivant lui procurait un incroyable sentiment de force, de pouvoir et d’importance. Il ne quittait jamais un petit couteau noir qu’il cachait dans sa poche.
A 15 ans, alors qu’il marchait vers son collège, un soir, il se retrouva dans une rue bordée d’arbres et de buissons. Il croisa un petit garçon de 6 ans déguisé en cow-boy et lui proposa de « construire un château fort » dans un bois. Le garçon le suivit innocemment et Ridgway le saisit par le bras puis se jeta brusquement sur lui avec son couteau, le poussant dans les buissons. Il poignarda le garçon à plusieurs reprises, perforant l’un de ses reins, puis le laissa là où il était, en sang, et s’en alla sans se retourner. Sans le moindre remord. Il courut jusqu’à chez lui et se cacha à la cave. Il craignait que le garçon survive et soit capable de l’identifier. Il finit par éprouver de la fierté de ne pas avoir été arrêté : un enseignant avait découvert le garçon et l’avait conduit à l’hôpital mais le petit avait été incapable de décrire son agresseur. Il l’avait seulement dépeint comme un adolescent qui avait ri à gorge déployée en le poignardant... Ridgway allait plus tard admettre qu’à l’époque, il rêvait de poignarder sa mère et de la mutiler. Le jeune Gary Ridgway était de plus en plus excité par la violence. Un garçon se noya dans le lac Angle alors que Ridgway y nageait aussi et il fantasma beaucoup sur sa mort. Il fut fasciné par le meurtre d’une femme étranglée dans son quartier alors qu’elle se promenait, et passa des heures à imaginer ce qui avait pu lui arriver, retournant dans son esprit toutes les hypothèses, tous les suspects, tous les scénarios. Il avait peu d’amis et sortait rarement avec des filles, même s’il fantasmait très souvent, rêvassant d’innombrables "conquêtes". Il se prit également de passion pour la pêche et les randonnées dans la forêt. Il apprit à se cacher dans les bois pour observer les gens sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Ridgway étudia au lycée de Tyee, à Sea-Tac, où il obtint son bac en 1969, à l’âge de 20 ans. Selon un camarade de l’époque, Ridgway ne se faisait pas remarquer, excepté par le fait qu’il s’attirait facilement des problèmes pour des broutilles. Il sortit avec une fille, Claudia Kraig, qui travaillait dans un fastfood, sa première relation "stable". Après avoir obtenu son diplôme, il travailla pour la Kenworth Motor Truck Company mais décida brusquement de s’engager dans la Navy au mois d’août 1969. Son bâtiment navigua jusqu’aux Philippines où Ridgway se mit à fréquenter les prostituées avec assiduité, au point qu’il contracta une gonorrhée (infection sexuelle appelée familièrement "chaude pisse").
Il revint ensuite à Seattle et épousa Claudia, sa petite amie du lycée, le 15 août 1970. Il l’emmena souvent dans des endroits boisés du comté de King, qu’il connaissait comme sa poche, pour y faire l’amour. Ils déménagèrent à San Diego quelques temps plus tard et Ridgway repartit en mission pour une durée de 6 mois. Il recommença à fréquenter les prostituées. Seule, perdue dans une ville qu’elle ne connaissait pas, Claudia s’installa avec l’épouse d’un autre marin parti en mer, et sortit avec d’autres hommes.
Gary Ridgway revint le 23 juillet 1971 et décida de quitter la Navy. Son mariage battait déjà de l’aile. Son épouse et lui déménagèrent pour s’installer chez la mère de Ridgway, mais Claudia ne supportait pas son caractère despotique.
En août, elle quitta définitivement Ridgway pour retourner à San Diego. Ridgway demanda le divorce en septembre, qui devint effectif en janvier 1972. Se sentant trahi, il la traita de "pute" mais ne se montra pas violent envers elle. Il rencontra plusieurs femmes, avec qui il eut des relations éphémères, et commença à fréquenter assidument les prostituées du "Strip". Il tenta d’entrer dans la police de Seattle mais échoua aux tests de recrutement. Il retourna donc travailler dans la société Kenworth, où il peignait des carrosseries de camions. Il allait y rester durant 30 ans. L’énorme usine Kenworth était située à quelques kilomètres de la Pacific Highway, et Ridgway, qui travaillait de 6h à 15h, passait par le "Strip" tous les jours. Ridgway était considéré comme un employé consciencieux en qui on pouvait avoir confiance, un homme gentil et amical. Mais certaines de ses collègues féminines n’appréciaient toutefois pas les bizarreries de son comportement : il lui arrivait de masser leurs épaules sans qu’elles ne lui aient rien demandé, de les toucher dans le cou ou le dos. En juillet 1972, Ridgway rencontra Marcia Winslow, une jeune femme douce et très ronde. La plupart des hommes ne la regardaient même pas. Elle fut touchée par l’attention que lui témoigna Gary Ridgway. En retour, il apprécia qu’elle le considère comme un homme différent, meilleur que les autres. Son ego avait besoin de cette admiration. Ils sortirent ensemble durant un moment et s’installèrent dans sa petite maison de la Maple Valley, avant de se marier en décembre 1973. Les voisins considéraient Ridgway comme un homme sympathique et souriant, même s’il ne leur parlait pas souvent. Marcia allait par la suite décrire son comportement étrange et ses pratiques sexuelles inhabituelles, notamment le "bondage" (il aimait l’attacher). Il l’emmenait tirer au fusil dans la neige, camper ou ramasser des mûres près de Star Lake, il voulait qu’ils fassent l’amour dans des endroits publics ou dans la nature, aux bords de la Green River, dans des endroits où, plus tard, les corps des victimes du tueur de la Green River allaient être découverts. Il connaissait parfaitement le sud du comté de King, ses moindres chemins et sous-bois.
En septembre 1975, ils eurent un fils, Matthew. Ridgway se montra un père aimant et attentif, qui était toujours calme, malgré ses problèmes d’élocution et de mémoire. Il emmenait son fils dans les brocantes, l’une de ses passions, pour acheter des tas d’objets qu’il bricolait avant de les revendre. Après la naissance de leur fils, le couple Ridgway fréquenta une église baptiste particulièrement extrémiste et Ridgway devint peu à peu un fanatique. Le Pasteur de cette église proclamait que les femmes étaient inférieures aux hommes, qu’elles devaient obéir à leur époux, ne jamais couper leurs cheveux, ne pas porter de rouge, ne pas s’occuper du catéchisme... Marcia, qui n’y voyait pas d’objection, ne s’inquiéta pas que Ridgway boive littéralement les paroles du pasteur... Ils passèrent de nombreuses journées à faire du porte-à-porte pour porter la "bonne parole" et Ridgway entrait dans des colères noires lorsqu’on lui fermait la porte au nez. Mais Marcia commença malgré tout à s’inquiéter de son comportement. Il pouvait rester des heures à lire la Bible mais, un soir qu’ils rentraient d’une soirée un peu arrosée, elle manqua de tomber et Ridgway passa son bras autour de son cou. Il tenta de l’étrangler et Marcia ne le comprit pas immédiatement. Elle se débattit et il finit par la lâcher. Elle se retourna vers lui mais il fit comme si de rien n’était. Lorsqu’ils se promenaient dans la forêt, il lui arrivait également de ramper derrière elle puis de bondir pour lui faire peur. Et il "faisait semblant" de l’étrangler durant leurs rapports sexuels. Ils déménagèrent en 1978 dans une maison entourée par la forêt, à Burien. Marcia remarqua qu’il fréquentait de moins en moins son église et qu’il lui arrivait souvent de rentrer tard, le soir, les vêtements sales et trempés.
La relation de Marcia avec son envahissante belle-mère commença à s’envenimer et la jeune femme prit encore du poids. Elle décida alors de se faire poser un anneau gastrique. Cela fonctionna au-delà de tous ses espoirs. Elle perdit beaucoup de poids en quelques mois, devint une jeune femme attirante et Ridgway se montra jaloux lorsque d’autres hommes la regardaient. Ils déménagèrent à nouveau, cette fois près de Star Lake Road, au fond d’un cul-de-sac, toujours au sud du comté de King. Marcia commença à sortir avec ses amies, à fréquenter des bars et à profiter de son nouveau physique. Ridgway finit par apprendre qu’elle ne passait pas ses soirées chez ses amies mais à danser dans des bars. Il voulait une "bobonne" qui s’occupe de la maison, de lui et de son fils, et sûrement pas une femme libérée qui allait s’amuser sans lui. Il se sentit de nouveau trahi. En juillet 1980, Marcia porta plainte auprès de la police : son époux la harcelait au téléphone pour obtenir le divorce. A la même époque, Ridgway fut arrêté pour avoir agressé une prostituée, mais, faute de preuve, la police le laissa partir et il ne fut pas inculpé. Marcia le quitta pour s’installer à Kent, et le divorce fut prononcé en mai 1981. Ridgway obtint la garde de Matthew les week-ends et dut verser une pension alimentaire à son ex-épouse, ce qui le rendit fou de rage. Il quitta son église peu après et s’inscrivit dans une association de rencontres pour parents célibataires. Il sortit avec plus d’une dizaine de femmes, parfois en même temps. Il était obnubilé par les femmes et le sexe.
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Crimes et châtiment :
Au début des années 1980, l’autoroute 99 « Pacific Highway » était toujours bondée. Le morceau d’autoroute qui longeait l’aéroport international, surnommé le "Strip", était bordé de commerces divers, de fastfoods, de motels, de magasins, de supermarchés et même d’une petite église. Lorsque les "filles" et leurs souteneurs avaient investi le "Strip" dans les années 1970, la drogue avait inévitablement fait son apparition dans cette zone. L’endroit n’était toutefois pas un coupe-gorge. Un restaurant chinois avait été braqué et il y avait parfois des meurtres tout au long de la Pacific Highway, mais les familles continuaient de pique-niquer et de nager dans le parc Angle Lake. En mai 1981, Ridgway commença à sortir avec une femme de 5 ans son aînée, Darla, qui avait eu une jeunesse difficile et cinq enfants, dont seule la dernière vivait avec elle. Elle le trouva gentil et sympathique, fort, calme et soigné... mais peu attentionné. Ils avaient peu de choses en commun et passaient surtout leur temps à faire l’amour, chez eux, dans la forêt, dans la voiture... Ils faisaient également beaucoup de camping car Ridgway adorait rester dans la forêt, près de la rivière. Leur relation cessa lorsque Ridgway lui annonça son intention d’intenter une action en justice pour obtenir la garde totale de son fils, Matthew. Darla, qui, elle, n’avait pas la garde de quatre de ses enfants, ne put le supporter émotionnellement. Ils se quittèrent sans animosité. En novembre 1981, Ridgway acheta une maison à quelques centaines de mètres du Strip, sur Military Road. Il allait y habiter seul jusqu’en 1985. Il ne l’entretenait pas, les volets étaient souvent clos et ses voisins ne le voyaient presque jamais. Le 11 mai 1982, il fut arrêté pour avoir sollicité les services d’une officier de police qui se faisait passer pour une prostituée. Sa petite amie du moment, Roxanne T., l’apprit, mais Ridgway lui expliqua laconiquement que pour lui, "les putes sont des choses"... Elle ne dut pas lui en tenir rigueur car ils se fiancèrent peu après. Mais elle rompit lorsqu’elle réalisa que Ridgway sortait avec d’autres femmes qu’elle. Le mois de juillet 1982 allait marquer le début d’un cauchemar qui allait durer des années. Le 15 juillet 1982, deux garçons qui faisaient de la bicyclette découvrirent le corps de Wendy Lee Coffield, une toute jeune prostituée de 16 ans, coincé sous un pont, flottant dans la Green River, près de Kent. Elle avait été violée et étranglée avec son pantalon. Elle fut identifiée grâce à un tatoueur qui reconnut ses œuvres sur sa peau, photographiées et publiées par la police. Elle vivait avec sa mère dans un petit appartement à Pullayup, en banlieue de Seattle. Sa mère, qui s’attendait à ce qu’un tel malheur arrive un jour à sa fille, expliqua que Wendy avait été violée à l’âge de 14 ans par un homme qui l’avait prise en stop. A partir de là, elle avait plongé dans une spirale sans fin...
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Le 12 août 1982, un homme qui prenait de l’essence remarqua le corps nu d’une femme flottant dans la Green River, à 300m au sud de l’endroit où le corps de Wendy Lee Coffield avait été retrouvé. Le corps, nu, était bloqué dans un enchevêtrement de branches. L’enquête fut assignée au détective Dave Reichert, un jeune enquêteur du bureau du shérif, qui avait grandi dans la région et la connaissait bien. Le corps fut identifié grâce à ses empreintes digitales : Deborah Bonner, 22 ans, avait déjà été arrêtée pour prostitution. Elle avait été vue pour la dernière fois le 25 juillet sur la Pacific Highway. Debra, une jeune femme mince qui avait grandi dans la ville de Tacoma, avait quitté l’école très jeune et était tombée amoureuse d’un homme qui l’avait conduite à la prostitution et la drogue. Les enquêteurs soupçonnèrent d’abord cet homme violent et déjà condamné pour meurtre 12 ans auparavant, mais il avait un alibi. Ils interrogèrent près de 200 personnes, pour la plupart des prostituées, mais aussi des propriétaires de motels ou de bars, des chauffeurs de taxi et des serveuses. Cela ne les mena à rien. Le 15 août 1982, un homme qui péchait au sud de la Green River, à la limite de Seattle, aperçut le visage d’une jeune femme noire, les yeux grands ouverts, dont le corps affleurait à la surface de l’eau. Pensant que c’était un mannequin, il tenta de rapprocher le visage de sa barque avec un bâton. Mais le corps était coincé contre un rocher et l’homme, à force de tirer, fit chavirer sa barque et se retrouva à l’eau. Terrifié, il réalisa que ce n’était pas un mannequin mais un véritable corps. Quelques secondes plus tard, alors qu’il tentait de remonter dans sa barque, il découvrit un second corps qui flottait, une autre femme noire à moitié nue. Il nagea aussi vite que possible jusqu’à la rive, et resta assis à cet endroit, en état de choc. Une demi-heure plus tard, un père et ses deux enfants s’avancèrent vers lui, à bicyclette. Il les arrêta et leur demanda d’appeler la police. Un adjoint du shérif arriva rapidement mais eut du mal à croire le récit du pêcheur... jusqu’à ce qu’il voit les deux corps flottant dans l’eau.
Dave Reichert et l’officier de patrouille Sue Peters se rendirent sur les lieux, accompagnés du Major Dick Kraske, commandant de l’unité des Crimes Violents. Les enquêteurs établirent un périmètre de sécurité et commencèrent à fouiller les berges. Les rives étaient très pentues et les herbes folles très hautes, formant un véritable rideau végétal. Dave Reichert glissa sur les berges humides et faillit marcher sur un troisième corps de femme, à moitié nu, à 5 m de la rivière. Le tueur avait abandonné là sa troisième victime, sans la mettre à l’eau, peut-être parce qu’il avait entendu quelqu’un approcher. La victime semblait fort jeune et avait le teint "café au lait". Elle avait été étranglée : un pantalon bleu était encore serré autour de son cou. Elle s’était sûrement débattue car on distinguait des hématomes et des griffures sur ses bras et ses jambes. Le médecin légiste déclara que les 3 jeunes femmes avaient été étranglées. On découvrit des cailloux pointus enfoncés dans le sexe des deux femmes trouvées dans l’eau. De grosses pierres avaient été attachées à elles comme des lestes, pour les attirer vers le fond. La décomposition compliqua la tache du médecin légiste qui voulut relever les empreintes des victimes. On parvint toutefois à les identifier. - Marcia Fay Chapman, une petite femme de 31 ans, nourrissait ses 3 jeunes enfants en se prostituant sur le Strip. Elle avait quitté son appartement le 1er août et n’avait plus été revue depuis. Les deux autres victimes furent identifiées grâce à des portraits-robots publiés par la police dans les journaux.
- Cynthia Hinds, 17 ans, était une jolie jeune fille noire que l’on surnommait "Cookie". Elle se prostituait et son souteneur l’avait vue pour la dernière fois le 11 août, sur le Strip, alors qu’elle montait dans une grosse Jeep noire.
- La victime retrouvée dans l’herbe se nommait Opal Mills. Elle avait à peine 16 ans, c’était une adolescente rêveuse et fragile. Ses parents et son grand frère, très inquiets depuis sa disparition, expliquèrent qu’ils l’avaient vu pour la dernière fois le 12 août. Opal Mills était une amie de Cynthia Hinds mais ne se prostituait pas. Elles avaient l’intention de se faire un peu d’argent en repeignant des maisons ensemble. En quelques semaines, cinq corps de femmes avaient donc été découverts dans ou près de la Green River. Le commandant Dick Kraske forma une force spéciale (une "Task Force") dès le 16 août, composée de 25 enquêteurs du comté de King et des départements de police de Seattle, Tacoma et Kent.
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Photos des victimes :
Les policiers tentèrent de comprendre quel genre d’homme le tueur pouvait être. A l’époque, le phénomène des tueurs en série était bien moins connu et médiatisé que de nos jours. Personne n’émit l’hypothèse qu’un "tueur en série" agissait dans le comté de King. Les Bundy, Kemper et consorts, encore rares, étaient plutôt considérés comme des "tueurs de masse" et trop peu étudiés. En août 1982, les enquêteurs ne pouvaient qu’émettre des hypothèses quant à la personnalité du tueur. Il devait être un homme fort car il avait été capable de porter les trois derniers corps de son véhicule jusqu’à la Green River et ses berges glissantes, mais aussi de mettre en place les pierres de "leste". Les enquêteurs eux-mêmes avaient eu bien du mal à sortir les corps de la rivière. Il était intelligent et "s’améliorait". Les corps de Wendy Coffield et Debra Bonner, non "lestés", avaient flotté dans la rivière jusqu’à être coincés à la surface. Le tueur avait dû apprendre par la télévision que les corps avaient été découverts et, réalisant son erreur, il avait lesté les corps de ses victimes suivantes avec des pierres, pour qu’on ne les trouve pas. Il était téméraire car il avait abandonné 5 corps dans le même coin, à seulement quelques semaines d’intervalle. Le tueur connaissait bien le sud du comté de King. Il avait très bien choisi l’endroit où abandonner ses 3 dernières victimes : depuis la route, il était quasiment impossible de voir les cadavres dans la rivière. L’enquête débuta de manière précaire à cause de l’afflux massif d’informations qui inonda la "force spéciale" en peu de temps. Les policiers n’avaient pas les moyens techniques d’analyser, de classer et d’étudier l’immense quantité de renseignements et d’indices qu’ils reçurent : la majorité fut perdue ou négligée. Ils durent même demander l’aide de volontaires pour les aider. De leur côté, pour rassurer la population, les médias locaux voulaient absolument prouver que toutes les victimes étaient des prostituées : ainsi, les femmes "biens" de la région n’avaient rien à craindre. Les victimes étaient toutes mortes en un mois, comme si une tornade avait frappé le comté et s’était éloignée. Certains journaux expliquaient même que le désormais "tueur de la Green River" devait être un chauffeur routier qui avait dû quitter la région... Aucun autre corps ne fut découvert durant ce chaud mois d’août 1982. Il n’était pourtant pas rare que des jeunes femmes soient assassinées dans la région, que ce soit dans les comtés de King, de Pierce ou de Snohomish. Des journalistes du "Seattle Times" publièrent un article sur les meurtres de trois jeunes femmes qui avaient été étranglées dans la région : Lean Wilcox, une jolie prostituée de 16 ans dont le corps avait été retrouvé le 21 janvier 1982 à Seattle ; Virginia Taylor, une danseuse de peep-show de 18 ans, dont le corps avait été découvert le 29 janvier à Seattle ; et Joann Conner, une adolescente de 16 ans qui vivait avec sa mère et cherchait un travail, dont le corps avait été retrouvé le 4 février 1982. Les enquêteurs, quant à eux, s’interrogeaient sur d’autres meurtres qui pouvaient être attribués au tueur de la Green River. Ceux de Theresa Kline, une belle divorcée de 27 ans, mère d’un garçon, qui avait été étranglée alors qu’elle allait voir son petit ami à Seattle ; Patricia Jo Crossman, une jeune prostituée de 15 ans, poignardée à mort le 13 juin 1982 près de Des Moines, tout au sud du Strip ; et Angelita Axelson, 25 ans, étranglée, dont le corps décomposé fut découvert le 18 juin 1982. Certaines victimes furent inscrites sur la liste des victimes du tueur de la Green River, d’autres pas. Il était impossible pour les enquêteurs de savoir si tous ces crimes avaient ou non été commis par le même tueur. Les victimes étaient souvent jeunes, souvent étranglées et souvent prostituées... mais cela ne suffisait pas à relier leurs meurtres entre eux.
Les prostituées qui travaillaient sur le Strip avaient peur, bien sûr, mais elles n’avaient aucun autre moyen de survivre, de subvenir aux besoins de leurs enfants, de payer leur loyer ou leur drogue. Les enquêteurs interrogèrent des centaines de prostituées travaillant sur le Strip. Ils tentèrent d’obtenir des informations sur les hommes "louches", ceux qui s’étaient montrés agressifs ou violents... Mais la plupart des filles refusaient de leur parler car elles ne leur faisaient pas confiance. L’une des prostituées qui travaillaient sur le Strip leur expliqua néanmoins qu’un homme l’avait violée et avait mentionné les meurtres de la Green River. La Force Spéciale se mit immédiatement à la recherche de l’agresseur et, le 20 août 1982, elle annonça l’avoir arrêté. Les enquêteurs ne purent toutefois rien trouver qui le relia aux meurtres et durent le relâcher. D’autres filles finirent par contacter la police pour dénoncer des suspects potentiels. Deux d’entres elles affirmèrent avoir été enlevées dans une camionnette bleue et blanche par un homme qui avait tenté de les tuer. Selon Susan Widmark, 21 ans, un homme d’âge moyen l’avait sollicitée puis avait pointé un pistolet vers elle et avait accéléré sur l’autoroute. Il l’avait emmenée dans une rue déserte où il l’avait brutalement violée. Ensuite, il l’avait laissée se rhabiller et avait redémarré. Tout en conduisant, il avait parlé des meurtres de la Green River, pointant toujours son arme vers elle. Terrorisée, elle était malgré tout parvenue à lui échapper en profitant d’un arrêt à un feu rouge. Elle avait même pu relever une partie de sa plaque d’immatriculation avant qu’il ne file. Debra Estes, 15 ans, raconta que la même chose, à quelques détails près, lui était arrivée fin août. L’homme l’avait relâchée dans les bois, les mains attachées et était parti. La Force Spéciale décida de suivre cette piste et chercha la camionnette bleue et blanche. En septembre, un boucher nommé Charles Clinton Clark fut arrêté dans sa camionnette alors qu’il conduisait sur le Strip. Les enquêteurs apprirent qu’il possédait deux pistolets. Ils montrèrent la photo de son permis de conduire à Susan Widmark et Debra Estes, qui l’identifièrent comme leur violeur. On perquisitionna le véhicule et la maison de Charles Clark, et on trouva ses deux armes. Interrogé par la police, Clark admit les deux agressions mais nia être le tueur de la Green River. Il avait un alibi pour plusieurs des meurtres. Le 15 septembre 1982, alors que Clark était inculpé pour viols, Mary Bridget Meehan, 18 ans, disparut en se promenant sur le Strip. Elle était enceinte de 8 mois et on la vit pour la dernière fois devant le Western Six Motel, un endroit fréquenté par de nombreuses prostituées travaillant sur le Strip... et qui furent victimes du tueur. On ne sait pas si Mary se prostituait et son petit ami, un jeune drogué violent qui la battait, se montra confus sur la question. Mary était proche de ses parents adoptifs, qui vivaient à Bellevue. Elle était intelligente et avait des dons artistiques mais elle était également rebelle et instable. Elle avait fait deux fausses couches avant ses 16 ans et, quelques mois auparavant, elle avait accouché d’un petit garçon qu’elle avait fait adopter. Les journaux recommencèrent à s’interroger sur la réapparition possible du tueur de la Green River. Les réactions de la population aux meurtres des "prostitués" allaient de l’indifférence à l’affliction en passant par le dégoût, l’inquiétude et la sympathie. Certains journalistes accusaient les victimes de "l’avoir bien cherché", comme si elles avaient été responsables de leur propre mort ! D’autres accusaient les politiciens d’être trop laxistes avec les prostituées. Evidemment, personne ne critiqua les clients qui profitaient des charmes de gamines à peine sorties de l’enfance... Les enquêteurs du comté de King avaient interrogé près de 300 personnes, prostituées, témoins, familles et amis des victimes. Les filles du Strip, de plus en plus effrayées, commençaient à coopérer réellement avec la police, et leur rapportaient l’existence de tous les clients "bizarres" qu’elles pouvaient croiser. Ils étaient nombreux. La Force Spéciale avait également demandé l’aide de l’Unité des Sciences du Comportement (le célèbre BSU) du FBI. Le profiler John Douglas avait créé un profil psychologique du tueur. Selon Douglas, le tueur de la Green River était un homme d’âge moyen, sûr de lui mais impulsif, qui revenait sûrement sur les lieux de ses crimes pour les "revivre" en pensée. Il était sûrement familier de la région et avait probablement de profondes convictions religieuses. Douglas pensait que le tueur pouvait s’intéresser au travail de la police et tenter d’approcher les enquêteurs, voire de les aider. Melvyn FosterDick Kraske, quant à lui, pensait que le tueur vivait probablement dans le sud du comté de King car il semblait bien connaître la Green River et les endroits reculés de la région. Le détective Dave Reichert se mit à soupçonner que l’un des volontaires qui travaillaient avec eux, un chauffeur de taxi de 43 ans, soit le tueur de la Green River. Melvyn Wayne Foster correspondait au profil psychologique dressé par John Douglas. Il avait déjà été arrêté pour vol de voiture, s’intéressait vraiment beaucoup à la série de meurtres et voulait que les médias sachent qu’il travaillait avec les enquêteurs. Toute l’enquête se concentra sur lui et il fut interrogé plusieurs fois. Les enquêteurs étaient inquiets : deux semaines avant la disparition de Mary Meehan, deux adolescentes de 16 ans, Kase Ann Lee et Terri Rene Milligan, avaient elles aussi disparu, et on pensait qu’elles étaient également des prostituées, victimes de choix du tueur. Terri Rene Milligan, une jolie adolescente noire, vivait avec son souteneur dans un motel du Strip. Elle avait été une excellente élève, était fort croyante et rêvait d’aller à l’université de Yale. Mais elle était tombée enceinte à 14 ans et avait abandonné l’école pour s’occuper de son petit garçon, qu’elle adorait. Kase Ann Lee, blonde et fort mince, était mariée à un homme qui la battait et vivait dans un appartement au sud du Strip. Le 25 septembre 1982, un motard découvrit le corps nu et décomposé d’une jeune prostituée blonde de 17 ans, Gisele Lovvorn, dans des buissons près de maisons abandonnées, au sud de l’aéroport international de Sea-Tac. Elle avait disparu depuis plus de deux mois et avait été étranglée avec une paire de chaussettes d’homme. Bien que son corps n’ait pas été abandonné près de la Green River, les policiers pensèrent immédiatement que "leur" tueur l’avait assassinée. Gisele Lovvorn était originaire de Californie mais son petit ami, un bonimenteur insensible, l’avait convaincue de le suivre à Seattle, où il était chauffeur de taxi sur le Strip. Solitaire et singulière, elle avait fugué plusieurs fois de chez ses parents et avait abandonné l’école bien que son QI de 145 soit considéré comme "génial". Elle avait fini par se prostituer pour pouvoir se nourrir. Son corps avait été abandonné dans un endroit reculé, loin de la route la plus proche et à plusieurs kilomètres de la Green River. Durant l’automne 1982, la police surveilla étroitement les mouvements de Melvyn Foster, bien qu’il continua de nier être le tueur. Il fit même une conférence de presse pour se plaindre du comportement de la police dont il avait pourtant tellement cherché l’intérêt. Il fut arrêté et interrogé pour des P.V. impayés car les enquêteurs ne possédaient aucune preuve solide le reliant aux meurtres excepté qu’il avait connu 5 des victimes... Il fut rapidement relâché. Finalement, les enquêteurs finirent par comprendre que Foster était juste un mythomane avide de reconnaissance et le retirèrent de leur liste de suspects. Seul Dave Reichert resta persuadé de sa culpabilité. Acharné, déterminé à trouver le tueur de la Green River, Reichert enquêta sur son temps libre, abandonnant sa femme et ses trois jeunes enfants pour suivre Foster jusqu’à Olympia. Reichert était issu d’une famille de policiers forts croyants et adorait son travail. Il désirait plus que tout appréhender le tueur et croyait que celui-ci finirait inévitablement par commettre une erreur qui lui permettrait de l’arrêter. Mais, en cette fin d’année 1982, d’autres jeunes femmes disparurent : - Debra Estes, l’une des deux victimes de Charles Clinton Clark, une jolie blonde de 15 ans, disparut le 20 septembre 1982. C’était une rebelle qui avait fugué plus d’une fois et ses parents avaient déclaré sa disparition en juillet 1982. Elle s’était en fait installée avec une amie dans un appartement et avait rencontré plusieurs hommes, dont Sammy White, un souteneur, qui l’avait menée à la prostitution. - Linda Rule, petite adolescente de 16 ans, était tombée dans la prostitution après le divorce de ses parents. Elle avait quitté l’école très jeune et il lui arrivait de fumer de la marijuana. Elle avait quitté l’appartement sur Aurora Avenue qu’elle partageait avec son "petit ami" de 24 ans, le 26 septembre 1982 pour aller au supermarché et n’était jamais revenue. - Denise Bush, 23 ans, originaire de Portland, allait parfois se prostituer à Seattle durant quelques semaines. Elle fut aperçue pour la dernière fois le 8 octobre sur le Strip. - Shawnda Summers, 18 ans, disparut le 8 octobre, sur le Strip, exactement au même endroit que Denise Bush. - Shirley Sherrill, une jolie fille de 19 ans, était également une prostituée. Il lui arrivait de se rendre à Portland, dans l’Oregon, mais elle vivait à Seattle. Elle disparut le 18 octobre, après un déjeuner avec des amies non loin de l’aéroport Sea-Tac. Le 9 novembre 1982, Ridgway tenta d’étrangler une prostituée, Rebecca Guay, non loin du Strip, mais elle parvint à lui échapper. - Rebecca « Becky » Marrero, 20 ans, la meilleure amie de Debra Estes, disparut à l’ouest du Strip, le 2 décembre 1982. Elle avait laissé son bébé de 12 mois à sa mère. - Colleen Brockman, une adolescente rondelette et naïve de 15 ans, disparut le 28 décembre. Elle vivait avec son père et son frère au nord de Seattle. Elle avait fugué plusieurs fois, durant quelques jours et, en cette fin d’année, était partie pour rejoindre un garçon. Les policiers apprirent qu’elle se prostituait et avait été violée par l’un de ses clients. Avec la nouvelle année 1983, les enquêteurs espérèrent que les victimes se feraient plus rares. Aucune disparition ne fut signalée durant janvier et février mais les policiers continuaient de recevoir des dizaines d’appels téléphoniques inquiets, quotidiennement. A la fin du mois de janvier, un ouvrier découvrit un petit squelette non loin du Northgate Hospital, sous des buissons, au nord de Seattle. Le médecin légiste du comté fut incapable de déterminer la cause de la mort car la peau, les muscles et le moindre indice avaient disparu. La dentition du squelette permit toutefois de l’identifier : il s’agissait de Linda Rule, qui avait disparu en septembre 1982 en allant au supermarché. Les enquêteurs de la police de Seattle s’interrogèrent sur le fait qu’elle avait ou non était assassinée par le tueur de la Green River. Son corps avait en effet été abandonné bien loin de la rivière ou de l’aéroport, et la cause du décès était inconnue. Le 23 février, Gary Ridgway fut interrogé par un policier alors qu’il discutait avec une prostituée, Keli McGuiness, dans son pick-up. Et malheureusement, les disparitions recommencèrent. - Alma Ann Smith, 18 ans, travaillait sur le Strip le 3 mars 1982, près de l’aéroport. Elle était originaire de Walla Walla et les gens la considéraient comme une fille généreuse et gentille. Elle avait fait plusieurs fugues et avait fini par "atterrir" à Seattle, où elle avait dû se prostituer pour survivre. Ses amies la virent monter dans le pick-up bleu d’un homme blanc "à l’air normal". Elle ne revint jamais. - Delores Williams, une petite adolescente noire de 17 ans au joli sourire, se prostituait au même endroit qu’Alma Smith, devant un bel hôtel. Elle disparut le 8 octobre, un jour froid et pluvieux. Pourtant, les médias semblaient moins s’intéresser aux disparitions qu’auparavant. La population s’inquiétait peu de la disparition de prostituées... L’équipe de Dick Kraske travaillait cependant jour et nuit, faisant de son mieux pour avancer dans le brouillard. Mais l’enquête sur les meurtres de la Green River ne menait nulle part. Dave Reichert commençait à réaliser que Melvyn Foster, le chauffeur de taxi, n’était pas le tueur, mais continuait malgré tout à le considérer comme leur principal suspect. Les policiers ne possédaient aucune nouvelle piste et les prostituées continuaient de disparaître à un rythme effrayant. - Sandra Gabbert, 17 ans, travaillait le 17 avril sur le Strip, à un croisement où plusieurs victimes avaient déjà disparu, près de la 144ème rue sud. Les "filles" appréciaient cet endroit car un supermarché se situait à quelques rues et des motels à prix réduits bordaient l’intersection. Sandra avait été la chef de son équipe de basket-ball au lycée mais avait abandonné les études. Elle vivait avec son souteneur dans des chambres de motel dont elle payait le loyer en vendant ses charmes. Sa mère voulait qu’elle cesse et trouve un petit boulot car elle craignait qu’elle ne soit assassinée par le tueur de la Green River... - Kimi-Kai Pitsor, une adolescente naïve et aventurière de 16 ans d’origine hawaïenne, disparut le même soir que Sandra, après être montée dans un vieux pick-up vert sombre, plus au nord de Seattle. Son "petit ami" l’avait regardée s’éloigner avec son dernier client et décrivit le véhicule aux policiers. Kimi-Kai avait quitté la maison de sa mère en février 1983 pour vivre avec son souteneur. - Gail Mathews, 24 ans, loua une chambre le 22 avril dans un motel situé tout au sud du Strip, près de Des Moines. C’était une jolie jeune femme brune au type exotique qui vivait avec un homme de 34 ans qu’elle avait rencontré en 1982. Elle avait été mariée auparavant mais avait divorcé. Ni elle ni son ami n’avaient d’emploi régulier. Il jouait aux cartes pour de l’argent et il arrivait à Gail de se prostituer, pour payer le loyer. Le soir du 22 avril, sur le Strip, son ami la vit monter dans un vieux pick-up vert sombre avec un homme blanc d’une trentaine d’années. Elle ne revint jamais. - Marie Malvar, une belle philippine de 18 ans, disparut au même endroit que Gail Mathews. Son "petit ami", Richie, notait les numéros d’immatriculation des véhicules dans lesquels elle montait, puis les suivait et s’assurait qu’elle revenait dans l’heure. Le 30 avril, elle monta dans le pick-up vert foncé d’un homme blanc. Richie le suivit et il lui sembla que Marie et le client se disputaient. Le pick-up accéléra brusquement et Richie perdit sa trace. Marie ne revint jamais. Richie hésita à contacter la police. Au bout de 4 jours d’inquiétude, il se rendit au département de police de DesMoines mais ses déclarations furent si ambiguës que le détective pensa qu’il avait pu la tuer lui-même. Richie, le père et le frère de Marie décidèrent donc de parcourir le quartier où Marie avait disparu, en espérant revoir le pick-up vert.
Le 3 mai, ils trouvèrent le pick-up garé devant une maison, dans une petite rue résidentielle, Military Road, et appelèrent la police de Des Moines. Des enquêteurs s’y rendirent et discutèrent avec le propriétaire du pick-up. Gary Ridgway, qui avait alors 34 ans, niat avoir jamais rencontré Marie Malvar et avoir jamais sollicité une prostituée. Il se montra sûr de lui et amical. Satisfait, les policiers s’en allèrent et ne cherchèrent pas à en savoir plus sur lui. La famille de Marie Malvar ne put rien y faire. Les enquêteurs de Des Moines ne prévinrent pas non plus leurs collègues de la Force Spéciale, ni la police de Seattle.
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 2 ).
01/10/2011 15:54 par TueursEnSerie
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 2 ).
01/10/2011 15:54 par TueursEnSerie
Crimes et châtiment (suite) :
Le 8 mai 1983, un autre corps fut découvert par une famille qui cherchait des champignons dans les bois non loin de Maple Valley, à environ 30 km à l’est du Strip. C’était celui de Carol Ann Christensen, 22 ans, mère d’une petite fille de 5 ans. Elle vivait près du Strip mais n’était pas une prostituée. Elle avait trouvé un emploi de serveuse dans un bar et espérait bientôt pouvoir s’acheter une voiture. Elle vivait dans un mobile home à quelques rues du bar où elle travaillait. Elle avait disparu le 3 mai et sa mère avait immédiatement prévenu la police : Carol n’aurait jamais abandonné sa fille qu’elle adorait. Les enquêteurs furent abasourdis par la présentation inhabituelle du corps : il fut découvert presque assis. Sa tête était couverte par un sac en papier brun. Lorsque le légiste l’enleva, il découvrit que deux truites avaient été soigneusement placées sur son cou. Ses mains étaient croisées sur son ventre et tenaient une saucisse. Une bouteille de vin vide était posée sur son bas ventre. Elle avait été étranglée avec une cordelette en plastique jaune. Non loin du corps de Carol, on découvrit un sac décoré du logo d’une épicerie située sur le Strip. Le printemps et les beaux jours firent leur apparition, mais les meurtres continuèrent.
- Martina Authorlee, 18 ans, travaillait devant le même motel que Gail Mathews et Marie Malvar, tout au sud du Strip, lorsqu’elle disparut le 22 mai 1983. Né en Allemagne où son père avait été un militaire, elle avait vécu à Tacoma, au sud de Seattle, à partir de 1968. Elle voulait rejoindre l’armée, comme son père, et s’était portée volontaire dans la Garde Nationale en 1982. Malheureusement, elle avait été congédiée pour un problème de santé et avait fait une dépression. Elle avait déménagé dans l’Oregon, où elle avait commencé à se prostituer, et n’était revenue chez ses parents qu’en mai 1983, pour la fête des mères. Ses parents ne signalèrent pas immédiatement sa disparition, pensant qu’elle était repartie dans l’Oregon.
- Cheryl Lee Wims, une jeune fille calme et timide de 18 ans, disparut le 23 mai dans le centre-ville de Seattle, la veille de son 19ème anniversaire. Selon sa mère, Cheryl avait eu des problèmes de drogue et avait abandonné l’école mais elle ne se prostituait pas.
- Yvonne Antosh, une belle jeune femme de 19 ans, était venue de Vancouver pour se prostituer. Elle disparut le 30 mai 1983 sur le Strip.
- Constance "Connie" Naon, une très belle jeune femme de 20 ans, garait souvent sa Chevrolet près du motel devant lequel elle se prostituait, tout au sud du Strip. Sa beauté lui procurait de nombreux clients et elle gagnait bien sa vie mais presque tout son argent disparaissait dans la drogue. Elle travaillait également dans une fabrique de saucisses et, le 8 juin, elle appela son "petit ami" pour lui dire qu’elle aller chercher sa paye avant de le rejoindre. Elle ne vint jamais. Les filles disparaissaient encore plus au sud du Strip et celles qui travaillaient à Des Moines commençaient sérieusement à s’inquiéter.
- Keli McGinness, une belle fille blonde de 18 ans, se prostituait à Portland et à Seattle. Il lui arrivait même de descendre jusqu’en Californie. Elle avait pourtant eu une enfance assez heureuse et sa mère s’était remariée avec un homme d’affaires très riche qui leur avait permis d’avoir "la belle vie". Un divorce sonna le glas de cette existence plaisante et Keli supporta très mal la séparation. A l’adolescence, elle se mit à fuguer. A 13 ans, elle subit un viol collectif par 5 adolescents imbibés d’alcool et, terrifiée, refusa de porter plainte. Peu après, elle fugua de nouveau et commença à se prostituer mais garda contact avec sa mère. Avant ses 18 ans, elle mit au monde 2 enfants qu’elle dut faire adopter. Au début de l’été 1983, elle était revenue à Seattle avec son "petit ami". Keli était une jeune femme pleine d’assurance qui faisait plus que son âge. Elle était également solitaire et, désireuse de se faire le plus d’argent possible, elle montait dans toutes les voitures qui s’arrêtaient près d’elle, sans distinction. On l’aperçut pour la dernière fois le soir du 28 juin, toujours au même endroit, tout au sud du Strip.
- Carrie Ann Rois, une jolie adolescente de 16 ans, disparut au milieu du mois de juillet 1983. Fragile mais têtue, Carrie avait été violée par son beau-père et était partie vivre avec son père. Mais il l’avait battue et elle avait fugué. Elle avait beaucoup d’amis et plusieurs l’avaient hébergée. Sa mère avait quitté son beau-père et Carrie avait passé Noël 1982 avec elle mais n’était pas restée. L’adolescente avait des problèmes avec la drogue et l’alcool. Elle commença probablement à se prostituer au printemps 1983... tout en continuant à suivre les cours au lycée.
- Tammie Liles, une adolescente de 16 ans, disparut au milieu de l’été 1983. D’autres jeunes femmes disparurent durant l’été 1983, victimes ou non du tueur de la Green River. Les journaux de Seattle publièrent plusieurs articles sur les disparitions des jeunes femmes mais en citant des noms et des chiffres différents. Il était bien difficile de savoir quelles étaient les "filles" disparues et celles qui étaient juste parties à Tacoma, Spokane ou dans l’Oregon. Il arrivait à certaines prostituées d’utiliser plusieurs noms différents et on les confondait avec d’autres filles. Certaines des jeunes femmes disparues n’étaient pas des prostituées et les journalistes ne savaient donc pas s’il fallait ou non les considérer comme des victimes du tueur de la Green River. Certains journaux parlaient d’une dizaine de disparues, d’autres annonçaient un chiffre proche de vingt... Mais le nombre ne cessait d’augmenter :
- Kelly Ware, une jolie brune de 23 ans, disparut le 18 juillet 1983, dans le centre de Seattle, non loin du Lac Washington.
- Tina Thompson, 22 ans, disparut le 25 juillet devant un motel du Strip. Un an avait passé depuis la découverte des trois corps dans la Green River et les enquêteurs n’avaient toujours pas la moindre idée de son identité. Ils n’étaient même pas sûrs que les jeunes femmes disparues soient toutes ses victimes car, depuis, seule Gisele Lovvorn - dont le corps avait été découvert non loin de l’aéroport de Sea-Tac - semblait avoir été assassinée par le tueur. Mais le 11 août 1983, un couple qui cherchait des pommes dans le même endroit boisé et envahi de mauvaises herbes où Gisele Lovvorn avait été retrouvée, découvrit un squelette derrière des maisons abandonnées. Il était couvert par des buissons et des détritus et des animaux avaient dispersé les os, mais la police trouva un crâne. Les enquêteurs demandèrent au labo scientifique de comparer la dentition du crâne avec les radios dentaires qu’ils avaient pues obtenir des victimes. Ils identifièrent le squelette comme étant celui de Shawnda Summers, disparue depuis le 8 octobre 1982. Sa famille l’avait cherchée partout mais elle était sûrement décédée le jour même de sa disparition. Deux jours plus tard, un autre squelette fut découvert, enterré près de celui de Shawnda. Il ne restait malheureusement que quelques os et les scientifiques ne purent identifier le corps. Cette victime fut appelée « Jane Doe » (équivalent de "mademoiselle X") et considérée elle aussi comme une victime du tueur. Les enquêteurs n’allaient identifier le squelette que des années plus tard. C’était celui de Gail Lynn Matthews. Les enquêteurs possédaient à présent une liste de plus de 300 suspects, avec leurs noms, leurs descriptions et les témoignages qui les accusaient. Le comté de King comptait un nombre étonnement élevé d’hommes violents, étranges, pervers, effrayants ou franchement délirants.
- April Buttram, une blonde rondelette et naïve de 18 ans, originaire de Spokane, venait de déménager à Seattle. Comme de nombreuses autres, elle était devenue rebelle à l’adolescence, avait abandonné l’école, consommait de l’alcool et des drogues et passait son temps à sortir avec des amis. Elle avait fini par quitter la maison de ses parents et était venue à Seattle avec deux amies, sans savoir ce qu’elle y ferait exactement. Elles s’étaient séparées une fois arrivées et l’on avait aperçu April pour la dernière fois au sud de Seattle en août 1983.
- Debora Abernathy, une jeune femme frêle de 26 ans, était originaire de Waco, au Texas. Elle était venue à Seattle avec son petit ami et leur garçon de 3 ans pour commencer une nouvelle vie. Ils avaient des problèmes d’argent. Elle disparut le 5 septembre 1983, alors qu’elle se rendait dans le centre ville.
- Tracy Ann Winston, une jolie fille de 19 ans, disparut le 12 septembre. Elle était très proche de ses parents et de ses deux frères, mais elle avait connu les problèmes "classiques" à l’adolescence. Elle avait rencontré un délinquant violent dont elle été tombée amoureuse et avait quitté la maison familiale. Elle ne se prostituait qu’occasionnellement. Le 12 septembre, elle sortait de son tout premier séjour en prison, où elle n’avait passé que quelques temps, et avait été tellement traumatisée par l’expérience qu’elle avait téléphoné à ses parents.
- Maureen Feeney, une jeune femme immature et naïve de 19 ans, d’origine irlandaise, disparut le 28 septembre 1983. A l’adolescence, elle avait tenté de se suicider. Elle avait quitté sa grande famille pour emménager dans un petit appartement près de Bellevue en janvier 1983. Elle travaillait dans une école chrétienne à Eastside et était célibataire. Mais ses amies remarquèrent qu’elle s’était mise à boire de l’alcool et à sortir le soir, ce qui était totalement contraire à ses habitudes. En août, elle rencontra un homme et décida de partir avec lui en Californie. Mais elle disparut une semaine avant son 20ème anniversaire. Les victimes du tueur commençaient à réapparaître, alors que d’autres continuaient de disparaître.
- Mary Sue Bello, 25 ans, disparut le 11 octobre 1983. C’était une jeune femme sympathique et charmante que tout le monde appréciait. Comme tant d’autres, sa vie s’était assombrie à partir de l’adolescence malgré l’amour de ses parents. Elle avait des problèmes de drogues et s’était retrouvée en maison de correction dès l’âge de 13 ans. Elle avait commencé à se prostituer à 15 ans pour payer sa cocaïne. Durant l’été 1983, elle avait décidé de surmonter son addiction et prenait de la méthadone. Le 15 octobre 1983, un autre squelette fut découvert près de la Auburn/Black Diamond Road, à Auburn. Il fut identifié comme étant celui d’Yvonne Antosh, qui était venue de Vancouver pour se prostituer sur le Strip.
- Le 20 octobre, Patricia Osbrone, 19 ans, fut aperçue pour la dernière fois sur la Aurora Avenue, au nord de Seattle. Ses parents vivaient dans l’Oregon et ne déclarèrent sa disparition que lorsqu’elle ne revint pas les voir pour Noël.
- Pammy "Annette" Avent, qui se prostituait parfois à Portland, disparut le 26 octobre 1983, dans la Rainier Valley. Le 27 octobre, le squelette de Constance Naon, disparue depuis juin, fut découvert tout près d’une des pistes de l’aéroport Sea-Tac, dans les mauvaises herbes. Le 29 octobre, quelques dizaines de mètres plus loin, des enquêteurs découvrirent un 4ème squelette, celui de Kelly Ware, disparue en juillet. Le 18 septembre 1983, un promeneur découvrit un squelette près d’un arbre, tout proche des berges d’une rivière plongeant dans une crique, non loin de la Star Lake Road, une route traversant un bois touffu, à Auburn. Le squelette n’était pas très loin de la route mais personne ne l’avait aperçu auparavant. Il était couvert de feuilles et de terre. Quelqu’un avait jeté un gros tas de détritus à quelques dizaines de mètres de là, au beau milieu des fleurs sauvages. Les enquêteurs de la Force Spéciale ne savaient plus où donner de la tête. Ils avaient trop de travail et pas assez d’argent. Ils devaient enquêter à la fois sur les disparitions et sur les découvertes de corps. Chaque endroit où un squelette avait été découvert était précautionneusement examiné et tamisé et le moindre indice (cheveux, cailloux, morceaux de vêtements, ongles, papier, cigarette...) préservé. Certains squelettes n’étaient pas entiers, la plupart n’étaient pas vêtus. Les policiers continuaient à s’interroger pour savoir si toutes les victimes étaient ou non celle du tueur de la Green River. Pour les enquêteurs, il était en tout cas "normal" que le tueur ait abandonné ses victimes autour de l’aéroport de Sea-Tac. Il était situé près de la Pacific Highway. Il était entouré de maisons abandonnées, de mauvaises herbes d’une hauteur considérable et de buissons. Et enfin, le bruit incessant des avions qui décollaient pouvait masquer le moindre cri. - Delise Louise Plager, une gentille blonde de 22 ans, disparut le 30 octobre. Elle était attendue à 15h chez une amie, pour l’enfant de qui elle devait apporter un costume d’Halloween. Elle avait elle-même deux enfants et avait bien du mal à les nourrir. Elle vivait temporairement chez un ami et toute sa vie n’avait été qu’une suite d’épreuves physiques et morales.
- Kim Nelson, également connue sous le nom de Tina Lee Tomson, une grande jeune femme de 26 ans, disparut dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Elle était née dans le Michigan et avait quitté le lycée pour se rendre à Seattle. Elle s’était installée au nord de la ville et avait rencontré un homme qui l’avait poussée à se prostituer. Il ne travaillait pas et elle était sa seule source de revenus. Début octobre 1983, elle avait été arrêtée alors qu’elle était enceinte de 4 mois. Lorsqu’elle était sortie, elle s’était rendue dans l’un des motels du Strip avec une amie. Cette dernière la perdit de vue dans la soirée et ne la revit plus jamais. Le 13 novembre 1983, on découvrit un corps à demi-enterré dans un endroit boisé, à quelques centaines de mètres du Strip. La victime, qui fut identifiée comme étant Mary Bridget Meehan, n’avait pas été enterrée bien profondément, à 50 cm de la surface, mais le tueur avait quand même prit la peine de la couvrir de terre. Etait-ce parce qu’elle était enceinte de 8 mois et que, pour la première fois, le tueur avait (peut-être) été pris de remord ? Si plusieurs corps avaient été découverts, il était toutefois évident qu’il en manquait encore beaucoup. Le tueur ne semblait pas, pourtant, avoir pris la peine d’enterrer ses victimes. Il avait juste couvertes certaines avec des branches. Il avait dû abandonner les autres dans des endroits reculés ou difficiles d’accès, afin qu’on ne les voit pas. A la fin de l’année 1983, le shérif Vern Thomas demanda aux responsables politiques du comté de King d’augmenter le budget de la Force Spéciale. L’un d’eux répliqua que l’image du comté ne s’améliorerait sûrement pas en utilisant les impôts des contribuables pour enquêter sur les meurtres de "putes"... D’un autre côté, une partie de la population accusait les enquêteurs de ne pas s’occuper des victimes justement parce qu’elles étaient des prostituées... Et l’autre partie de la population accusait directement les prostituées de rendre dangereuses les rues de Seattle. Bientôt, le tueur de la Green River pourrait s’en prendre à des filles "biens", rendez-vous compte... Le shérif dut organiser une conférence pour expliquer qu’il était impossible de stopper totalement la prostitution. Il suggéra également que, sans clients, les prostituées n’existeraient pas. Cette remarque n’obtint pas un accueil favorable car, pour les personnes présentes ce jour-là, les prostituées étaient toutes des nymphomanes, des fainéantes, des perverses... Elles étaient le problème, pas les victimes. Les enquêteurs Dick Kraske, Dave Reichert, Fae Brooks et Randy Mulligan supportaient mal ces critiques négatives de la part de personnes qui ne connaissaient ni la véritable existence - misérable - des prostituées, ni les efforts désespérés déployés par la Force Spéciale pour appréhender le tueur. Néanmoins, noyée sous une avalanche de "tuyaux", de témoignages et de suspicions, la Force Spéciale était incapable de coordonner l’afflux massif d’informations. Les policiers acceptèrent donc l’aide de Robert Keppel, qui avait autrefois été enquêteur dans le comté de King, pour les aider à organiser leur montagne d’informations. Keppel avait dirigé l’enquête sur Ted Bundy et avait acquis une expérience qui serait sûrement profitable à la Force Spéciale. Il travaillait à présent pour la Division Criminelle du Bureau du Procureur de l’état de Washington. Il supervisait la création d’un programme appelé HITS (qui allait inspirer le futur VICAP) qui devrait "collecter, assembler et analyser les caractéristiques saillantes de tous les meurtres et les viols de l’état de Washington", afin de découvrir des points communs et donc de possibles agresseurs en série. Keppel était un homme intelligent et organisé qui avait un don particulier pour trouver les liens entre les suspects, les dates et les endroits. Il passa trois semaines à examiner toutes les données disponibles concernant les meurtres attribués au tueur de la Green River. Lorsqu’il eut terminé son analyse, il envoya un rapport au shérif du comté de King, Vern Thomas. A la consternation de la Force Spéciale, ce rapport critiquait fortement leur enquête. Selon Keppel, si les enquêteurs voulaient trouver le tueur, ils allaient devoir changer leur manière d’agir. La majorité des informations, des preuves et indices, des dossiers et des témoignages connectés aux meurtres n’étaient absolument pas classés. Il fallait d’abord réorganiser complètement et catégoriser précisément chacune des informations. Ensuite, les similitudes et les différences entre les affaires devraient être identifiées afin de trouver des points communs qui relieraient sans le moindre doute possible les meurtres à un seul tueur. Evidemment, une telle réorganisation allait coûter bien plus de temps et d’argent que ce que le comté avait prévu (2 millions de dollars). L’enquête était déjà la plus grande opération de l’histoire du pays. Mais il fallait absolument faire un effort considérable si l’on voulait arrêter le tueur. John Douglas, le profiler du FBI, revint également à Seattle à la fin de l’année 1983, pour réviser le profil qu’il avait déjà fourni à la Force Spéciale. Toutefois, fin décembre, il s’évanouit dans sa chambre d’hôtel, frappé par une encéphalite virale (inflammation du cerveau) qui faillit le tuer. Il tomba dans le coma et se retrouva paralysé. Il allait mettre six mois à retrouver l’usage de ses membres et de son esprit mais allait remarquablement se rétablir. Au mois de décembre, Dick Kraske fut remplacé par le capitaine Frank Adamson, qui avait auparavant dirigé l’unité des affaires internes de la police. Kraske avait fait du bon travail, quoique les politiques en pensaient, mais on voulait « du sang neuf ». Kraske allait continuer à travailler pour le bureau du shérif du comté durant 6 ans. Adamson fut surpris lorsqu’on lui annonça ses nouvelles responsabilités mais le shérif Vern Thomas lui expliqua qu’il ne s’occuperait que de l’enquête, alors que Thomas s’occuperait des médias, de la population et des politiques. Le 15 décembre 1983, un petit crâne, seul, fut découvert à Auburn, près du cimetière de Mountain View. Il fut identifié grâce à sa dentition : c’était celui de la jeune Kimi-Kai Pitsor. Il avait été découvert à près de 30 km au sud-est de l’aéroport de Sea-Tac. Les enquêteurs fouillèrent les alentours durant des heures mais ne découvrirent aucun autre os du squelette de l’adolescente.
- Lisa Yates, une très jolie fille de 26 ans, disparut le 23 décembre 1983. Gentille et bourrée d’humour, elle était restée proche de sa famille et notamment de sa nièce, à qui elle avait promis de l’emmener se promener au parc. Elle ne vint jamais la chercher. Adamson découvrit que, grâce aux demandes incessantes du shérif Thomas, la Force Spéciale comportait à présent 40 enquêteurs. Ils déménagèrent tous dans des bâtiments plus spacieux et mieux équipés, dans le quartier de Burien, plus proches de l’aéroport et des endroits où les crimes avaient lieu. La Force Spéciale obtint également des crédits supplémentaires. Adamson pensa que le budget devaient d’abord être utilisé pour réexaminer les informations glanées durant les premiers 18 mois d’enquête. Suivant les conseils de Robert Keppel, Adamson divisa les tâches et les assigna chacune à de petits groupes d’enquêteurs. Ainsi, une équipe de 8 personnes enquêta sur les crimes alors qu’une autre se consacrait uniquement à recueillir des informations sur les suspects. Trois enquêteurs furent assignés à une toute nouvelle "section d’analyse du crime", qui devait - entre autre - suivre les pistes et analyser les tendances possibles et les méthodes utilisées par le tueur. Vingt-deux enquêteurs durent développer de nouvelles stratégies pour surveiller l’activité des prostituées et les événements inhabituels sur le Strip. Une nouvelle stratégie fut imposée par Robert Keppel, qui permit aux policiers d’éliminer rapidement des gens soupçonnés mais possédant un alibi et de se concentrer sur des suspects plus intéressants. Ils suivirent la technique utilisée par Keppel lors de l’enquête sur les meurtres commis par Ted Bundy. Les suspects intéressants recevaient une priorité selon la menace qu’ils représentaient : ceux qui étaient reliés aux victimes de manière sûre, qui correspondaient au profil du tueur et à ses mouvements dans la région étaient classés dans la catégorie "A" ; ceux qui étaient reliés aux victimes de manière plus hasardeuse étaient classés dans la catégorie "B" ou "C" avant d’être éventuellement éliminés par la suite. Et, évidemment, les "A" étaient interrogés en priorité. Malheureusement pour la Force Spéciale, les ordinateurs n’en étaient qu’à leurs balbutiements et les analyses d’ADN n’existaient pas encore. Même la base de données des empreintes digitales du FBI (l’AFIS) était seulement en cours de création et il fallait bien 2 mois avant qu’une empreinte ne soit reliée à son propriétaire. Dave Reichert était toujours convaincu de la culpabilité de son chauffeur de taxi, Melvyn Foster. Un autre enquêteur pensait que le tueur était un avocat habitant Kent qui avait de nombreuses prostituées pour clientes. Mais cet avocat fut assassiné par le propriétaire de l’un des immeubles qu’il possédait... et les meurtres continuèrent. Au début de l’année 1984, un responsable du comté de King, Randy Revelle, décida d’organiser une conférence dans la ville de Tukwila, avec le shérif Vern Thomas et le capitaine Frank Adamson. La population "conservatrice" du comté passait son temps à accuser les prostituées de donner une mauvaise image de la région et accusait la police de ne pas agir. Mais seules quatre personnes se rendirent à cette conférence, dont deux journalistes... D’un autre côté, un groupe de féministes et une association d’aide aux prostituées accusaient ouvertement la Force Spéciale de ne pas réellement chercher le tueur car les victimes n’étaient "que" des prostituées.
- Mary Exzetta West, une jolie adolescente de 16 ans, disparut dans la Rainier Valley le 6 février 1984. Elle était enceinte de trois mois et vivait avec sa tante, dont elle était très proche.
Le 14 février 1984, un soldat qui se rendait en convoi sur une air de tir et qui faisait une pause dans la forêt du Mont Washington, découvrit un squelette. Le site était situé près de Change Creek, à quelques kilomètres de l’autoroute I-90 qui relie Seattle à l’est de l’état. Le laboratoire du bureau du shérif tenta de donner un nom au squelette grâce à ses dents, qui présentaient un espace entre les deux dents de devant. Il lui fallut plusieurs mois pour identifier Delise Plager. Le 19 février, un morceau de mâchoire d’un crâne fut découvert dans le cimetière Mountain View d’Auburn, non loin de l’endroit où avait été retrouvé le crâne de Kimi-Kai Pitsor. Le 20 février, Mike Barber, un journaliste du "Post-Intelligencer", qui avait écrit de nombreux articles sur le tueur de la Green River, reçut une enveloppe qui avait été postée à Seattle. La lettre, à l’intérieur, comportait une suite de phrases dont les mots n’étaient séparés par aucun espace. Au départ, Barber n’y comprit rien et pensa qu’il s’agissait d’un code. Mais il finit par comprendre qu’il lui fallait séparer chaque mot et que la lettre était bourrée de fautes d’orthographe et de grammaire. L’expéditeur n’avait pas été à l’école bien longtemps ou tentait de passer pour un analphabète. La première phrase était :
« whatyou eedtonoaboutthegreenriverman »
« ce que vous devez savoir au sujet de l’homme de la greenriver ».
La lettre était signée « Appelez-moi Fred ».
Elle proposait des mobiles aux meurtres, ce qui n’était pas bien original. Mais, Barber remarqua que l’auteur de la lettre décrivait des faits qui n’étaient connus que des enquêteurs et de quelques rares journalistes, et qui n’avaient PAS été rendus publics. Barber confia donc la lettre à Dave Reichert, qui la remit au laboratoire scientifique du bureau du shérif. On n’y découvrit qu’une seule empreinte utilisable, qui fut précieusement archivée. La lettre fut ensuite envoyée au FBI, qui identifia la machine à écrire utilisée comme une Olympia. John Douglas, à peine remis de son encéphalite virale, voulut analyser la lettre. Mal lui en prit car, bien que l’auteur offrit des informations inconnues de la population ("L’une des filles noires dans la rivière avec des cailloux dans le vagin" et "une dans la Maple Valley avait une bouteille de vin rouge lombrosco, des poissons jetés là"), Douglas écrivit dans son rapport que le tueur de la Green River n’avait pas écrit cette lettre. Selon lui, le tueur était plus intelligent que l’auteur de cette lettre, qui essayait seulement de manipuler les enquêteurs pour se sentir important. Les informations confidentielles que l’auteur possédait provenaient sûrement d’un contact qu’il avait eu avec la Force Spéciale. Peut-être était-il l’un des volontaires qui aidaient les policiers. Des années plus tard, il allait s’avérer que c’était bien le véritable tueur de la Green River qui avait envoyé cette lettre. Douglas allait devoir avouer... qu’il avait repris le travail trop vite. Le 13 mars 1984, un autre squelette fut découvert dans la forêt du Mont Washington, près de Change Creek, par un homme qui cueillait des fleurs. Il était situé à quelques centaines de mètres de l’endroit où l’on avait découvert le squelette de Delise Plager, le 14 février. Les enquêteurs ne trouvèrent pas ses mains mais découvrirent des sous-vêtements féminins. La victime était morte depuis 2 à 4 mois. Le laboratoire du shérif identifia ce squelette comme étant celui de Lisa Yates, la jeune femme qui avait promis à sa nièce de l’emmener au parc.
- Cindy Smith, 17 ans, disparut le 21 mars 1984. Elle avait vécu en Californie jusqu’au début du mois, était fiancée et voulait revenir dans sa famille, à Seattle. Sa mère lui avait envoyé de l’argent et, à peine arrivée, Cindy était allée voir son frère. On l’avait aperçue pour la dernière fois au sud de la Pacific Highway, alors qu’elle faisait du stop. Le même jour, un homme qui nettoyait l’un des 3 terrains de baseball situés entre la 16ème Avenue South et la 146ème Rue South, vit son chien revenir avec un grand os dans la gueule. Il prévint la police du port de Seattle, dont dépendent les terrains, qui contacta la Force Spéciale. C’était un os humain. Les enquêteurs utilisèrent alors un chien spécialisé dans la recherche de corps, qui les mena jusqu’à un squelette situé sous des pins, à une centaine de mètres de la palissade du terrain de baseball. Il ne fut jamais identifié. Le lendemain, les policiers passèrent l’endroit au peigne fin et le chien découvrit un autre squelette, celui de Cheryl Lee Wins, 18 ans, qui avait disparu 10 mois plut tôt. Les enquêteurs ajoutèrent le nom de Cindy Smith à leur liste de disparues. Vingt jeunes femmes blanches avaient disparus et quatorze jeunes femmes noires. Impossible de savoir si toutes avaient été victimes du même tueur. Et les disparitions d’autres filles n’avaient peut-être pas été déclarées. Les policiers remarquèrent toutefois que le nombre de disparitions semblait diminuer. Quelque chose avait peut-être changé dans la vie du tueur. Avait-il moins de temps pour tuer ? N’avait-il plus de véhicule ou de logement pour emmener ses victimes ? Etait-il malade, peut-être mourant ? Avait-il trouvé un substitut à ses fantasmes morbides, une femme qui accepterait ses envies perverses ? Ou peut-être, simplement, avait-il peur que les enquêteurs ne l’arrêtent. Car, sans que les policiers ne s’en rendent compte, le tueur de la Green River avait été interrogé par l’un des enquêteurs, Randy Mullinax, qui travaillait sur cette affaire depuis le début. De nouveau arrêté pour avoir sollicité les charmes d’une policière se faisant passer pour une prostituée, Gary Ridgway, calme et presque timide, avait répondu aux questions qu’on lui posait. Mullinax avait remarqué qu’on le voyait souvent sur le Strip et qu’il passait son temps à observer les "filles". Ridgway avait admis devant Mullinax qu’il aimait s’offrir les services des prostituées. Mais c’était un employé modèle, il n’avait jamais été arrêté pour aucun crime violent, il possédait sa propre maison et semblait être un homme tranquille. Mullinax l’avait laissé partir. En plus de Keppel et Douglas, le Capitaine Adamson fit appel à l’agent spécial Gerald Dietrich, du FBI, un spécialiste des enlèvements d’enfants et des meurtres ; Chuck Wright, un superviseur de libération sur parole qui donnait des cours sur les agresseurs sexuels violents à l’université de Seattle ; et au Docteur Chris Harris, un psychiatre spécialiste des criminels violents. Les nouveaux arrivants furent surpris par l’énorme travail fourni par la Force Spéciale et rassurés par le fait que les enquêteurs s’inquiétaient vraiment pour les "filles", bien que les médias affirmaient le contraire. De nombreux policiers parcouraient d’ailleurs le Strip dans des voitures banalisées et suivaient les filles lorsqu’elles partaient avec un client, pour s’assurer qu’il ne leur arrivait rien de mal. Les prostituées commençaient à avoir nettement plus confiance en eux et échangeaient plus facilement des informations. Elles signalaient tous les clients "bizarres" mais aucun ne s’avéra être le tueur de la Green River. Enfin, l’un des meilleurs spécialistes dont la Force Spéciale puisse espérer le concours, Pierce Brooks, vint à Seattle pour évaluer l’enquête menée par les policiers locaux. Il était le pionnier de la recherche sur les tueurs en série et l’instigateur du VICAP (Violent Criminal Apprehension Program, semblable au HIT de Keppel) et travaillait avec le FBI dans leur centre de formation de Quantico. Il passa deux semaines à examiner le moindre détail et conclut que la Force Spéciale faisait du bon travail. Mais qu’il serait encore meilleur avec un ordinateur plus évolué et une équipe élargie, à 80 enquêteurs s’il le fallait. Brooks dressa son propre profil du tueur, qui allait s’avérer saisissant d’exactitude. Selon Brooks, le tueur savait parfaitement où il allait abandonner les corps avant même de tuer ses victimes. Et il connaissait parfaitement ces endroits isolés. L’endroit où avaient été abandonnés les premiers corps, durant l’été 1982, étaient particulièrement familiers au tueur. Il devait vivre ou travailler tout prêt. Il fallait donc chercher qui vivait ou avait vécu ou travaillé dans ce coin précis. Les quatre endroits où avaient été découverts des corps (au nord et au sud de l’aéroport, près de Star Lake et dans la Green River) étaient fortement boisés, isolés, en quelques sortes cachés. Brooks expliqua que le fait de cacher ses victimes n’était pas seulement utile au tueur pour ne pas être arrêté. Psychologiquement, cela lui était essentiel pour son sentiment de domination et de pouvoir : il se sentait particulièrement puissant car lui seul savait où étaient situés les corps. La manière dont les corps étaient abandonnés dans la forêt, la maîtrise de l’environnement, la préparation minutieuse du tueur et sa manière rapide de tuer faisait que Brooks pensait que l’assassin était ou avait été un militaire.
« Il est blanc... Il a des loisirs à l’extérieur, dans la nature...
C’est un solitaire mais il n’est pas totalement introverti...
Ce n’est pas le genre d’homme qui va
facilement draguer dans les bars.
Je crois que ce type est un peu anxieux de ce côté là,
qu’il ne se sent pas à l’aise avec les femmes.
Et c’est pour cela qu’il préfère les prostituées,
qui sont pour lui les victimes les plus faciles ».
Le 31 mars, un homme et son fils qui randonnaient découvrirent le squelette d’une femme dans un nouveau site, loin tant de l’aéroport que de Star Lake Road. Il était situé sur l’autoroute 410, à 18 km à l’est d’Enumclaw, et à 45 km au sud est du Strip. La topographie était toutefois la même que d’habitude : une forêt de pins, des buissons épais, un endroit isolé, une rivière toute proche (la White River). Mais il ne sembla pas aux enquêteurs de la Force Spéciale que ce meurtre puisse être relié au tueur de la Green River. Cet endroit était bien trop loin du Strip ou de l’aéroport. Les ossements, malheureusement éparpillés par les animaux, furent patiemment récoltés et le laboratoire du shérif tenta sans succès de les identifier. Le même jour, un homme qui cueillait des champignons dans les bois, près d’un ravin situé non loin de Star Lake Road, découvrit un crâne humain. Il appela le bureau du shérif et les hommes de Frank Adamson commencèrent à fouiller l’endroit. Comme souvent, l’endroit était très pentu et fort boisé. Peut-être le tueur avait-il pris l’habitude de jeter ses victimes du haut de la colline pour qu’elles roulent jusqu’en bas, invisibles alors aux yeux des passants. Mais cette fois, un arbre avait stoppé la course de ce corps. Les enquêteurs trouvèrent le squelette à qui appartenait ce crâne. Ils continuèrent à chercher et, plus bas, trouvèrent deux autres squelettes, puis, le lendemain, encore deux autres. Cet endroit s’avérait être l’un des coins favoris du tueur pour abandonner le corps de ses victimes. Il était à moins d’1 km à vol d’oiseau de la Green River et assez proche de la Pacific Highway. Le 12 avril 1984, l’inspecteur Randy Mullinax interrogea plusieurs hommes qui avaient eu affaire aux prostitués du Strip et s’étaient faits remarquer.
Parmi eux : Gary Ridgway. Ce dernier ne nia pas avoir connu deux des victimes (Keli Mcguiness et Kim Nelson) et admit avoir une obsession pour les prostituées. Il se montra ouvert, peu nerveux et sembla véritablement désireux d’aider l’enquêteur. Mullinax l’ayant déjà interrogé auparavant, il préféra le faire passer au "détecteur de mensonges" pour s’assurer de son innocence. Le 7 mai, Ridgway accepta et le spécialiste du polygraphe assura qu’il disait la vérité ! La Force Spéciale avait à présent considéré, interrogé et innocenté des centaines de suspects, qu’ils soient classés dans les catégories A, B ou C. Il y avait vraiment de nombreux hommes dangereux, pervers ou étranges dans le sud du comté de King. Mais les enquêteurs n’avaient toujours pas appréhendé "leur" tueur. Officiellement, les enquêteurs avaient découvert en tout 20 corps, et Adamson pensait qu’il y en avait encore beaucoup d’autres. Le tueur avait d’abord utilisé la Green River, puis les alentours de l’aéroport, puis l’autoroute 140 près de Enumclaw, et les pieds de la montagne proche de l’autoroute 18, et enfin Star Lake Road. Il y avait sûrement d’autres endroits. Les squelettes de Star Lake Road furent identifiés comme étant Terry Milligan, disparue le 28 août 1982, Delores Williams, disparue le 8 mars 1983, et Sandra Kay Gabbert, disparue le 17 avril 1983. Le quatrième corps fut identifié à la fin avril grâce à sa dentition : c’était Alma Ann Smith, la jeune femme solitaire qui avait vécu à Walla Walla. Une volontaire qui aidait les enquêteurs et se disait médium, affirma avoir eu la vision du corps d’une autre femme, près de l’autoroute I-90. Barbara Kubik-Patten, une "détective privée médium" d’âge moyen, mère d’une grande fille, avait proposé son aide aux enquêteurs avant même le fameux chauffeur de taxi Melvyn Foster, qu’elle connaissait bien et avec qui elle discutait souvent de l’affaire. En août 1982, lorsque les policiers avaient découvert les trois corps dans la Green River, Dick Kraske avait rencontré Mme Kubik-Patten : elle lui avait affirmé avoir eu des visions de meurtres qui s’étaient réalisés et vouloir aider les enquêteurs. Kraske l’avait remerciée... et congédiée. Kubik-Patten avait par la suite affirmé à Dave Reichert qu’elle avait pris Opal Mills en stop et avait commencé à l’appeler presque chaque jour pour lui parler de ses « visions ». Elle pensait que certaines des victimes lui envoyaient des sortes de messages : Mary Bridget, Kimi-Kai et Opal lui parlaient. Elle avait compris que les policiers ne la croyaient pas et cela la mettait en colère. Au milieu du mois d’avril 1984, un conducteur de tractopelle découvrit des os humains dans des bois qui appartenaient à la compagnie Weyerhaeuser. Ils étaient éparpillés sur plusieurs mètres au nord de l’autoroute 18, près de North Bend et de la I-90, proche d’un endroit où deux autres victimes avaient été découvertes deux mois auparavant. Les radios dentaires permirent d’identifier le squelette : il s’agissait d’Amina Agisheff, 37 ans, qui avait été la première femme à être déclarée disparue. Elle avait trois enfants et ne s’était jamais prostituée. Elle était serveuse dans un restaurant bien loin du Strip. Barbara Kubik-Patten se rendit à l’endroit de la découverte le lendemain et pénétra dans la forêt pour y chercher un autre corps. Elle allait plus tard affirmer que la voix de Kimi-Kai Pitsor lui avait indiqué où aller. Elle découvrit effectivement un squelette et se précipita jusqu’au secteur où le corps d’Amina Agisheff avait été découvert. L’officier qu’elle aborda ne la crut pas et menaça même de l’arrêter pour avoir pénétré un périmètre surveillé. Le capitaine Frank Adamson arriva sur les lieux et accepta de la suivre jusqu’au squelette. Il était recouvert par un grand sac-poubelle vert. Il fallut du temps pour l’identifier comme étant Tina Marie Thompson, 22 ans, qui avait disparu le 26 juillet 1983 et dont la disparition n’avait pas été déclarée. Les enquêteurs, surpris par la découverte de Barbara Kubik-Patten, pensèrent qu’elle en savait peut-être plus des meurtres que ce qu’elle voulait bien en dire. Ils la firent passer au détecteur de mensonges. Puis, certains d’entre eux pensèrent que ce n’était sans doute pas des voix mais un raisonnement déductif qui avait permis à la "médium" de découvrir ce squelette : le tueur avait pris l’habitude d’abandonner plusieurs corps au même endroit et Kubik-Patten avait dû penser qu’elle trouverait sans doute un autre corps non loin de celui d’Amina Agisheff. Cela ne l’empêcha pas de faire les gros titres des journaux de Seattle durant plusieurs jours, pour son plus grand bonheur. Elle affirma au Post-Intelligencer qu’elle avait vu le tueur de la Green River par deux fois et qu’il était un "génie absolu" dans sa manière d’abandonner les corps... En mai, aucune disparition ne fut déclarée. Le 9 mai, on identifia enfin le squelette dispersé qui avait été découvert près d’Enumclaw, non loin de l’autoroute 410. C’était celui de Debora May Abernathy, originaire de Waco, au Texas. Les journaux nationaux commençaient à s’intéresser à l’affaire au point que la Force Spéciale dut faire appel à une porte-parole officielle, Fae Brooks, qui avait travaillé avec Dave Reichert depuis le début de l’enquête. Le 24 mai 1984, deux enfants qui jouaient près du Jovita Boulevard, juste à la frontière du comté de Pierce, découvrirent un squelette. La police locale et la Force Spéciale furent immédiatement alertées. Les dents du crâne portaient encore un appareil dentaire. Le squelette était celui d’une jeune fugueuse de 15 ans, Colleen Brockman, qui se prostituait sur le Strip. Le 16 juin 1984, le décompte officiel des victimes du tueur s’élevait à 26, dont 18 avaient été identifiées. En août 1984, les enquêteurs pensèrent qu’ils avaient peut-être enfin trouvé leur coupable lorsque deux criminels incarcérés à San Francisco avouèrent les meurtres de la Green River. Mais après les avoir longuement interrogés, séparément, les policiers réalisèrent qu’ils mentaient et voulaient se jouer d’eux. Ils admirent que leur but était d’être extradés dans l’État de Washington et de s’enfuir durant le voyage. Les politiques et la population du comté avait du mal à comprendre pourquoi la Force Spéciale ne parvenaient pas à arrêter le tueur. Les autorités pensaient à diminuer le budget (des millions de dollars avaient déjà été dépensés) et le nombre d’enquêteurs. Ces derniers avaient besoin de temps pour suivre toutes les pistes, interroger tous les suspects, obtenir des logiciels spécifiques. Toutefois les policiers remarquèrent avec satisfaction et soulagement que plus aucune disparition suspecte ne leur était signalée.
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 3 ).
01/10/2011 16:03 par TueursEnSerie
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 3 ).
01/10/2011 16:03 par TueursEnSerie
Crimes et châtiment (suite ) :
A la fin de l’été 1984, la Force Spéciale obtint enfin son ordinateur (à l’époque, il avait coûté 200 000 $) qui se révéla être d’une aide précieuse. Il allait indexer et ficher tous les indices et les noms. Grâce à sa base de données, il permettait par exemple de savoir combien de fois le nom d’un suspect apparaissait parmi les milliers de rapports écrits par les enquêteurs. Le 12 octobre 1984, un homme qui cherchait des champignons près de l’autoroute 410, à 12 km à l’est d’Enumclaw, découvrit un squelette. Comme à leur habitude, les enquêteurs examinèrent l’endroit pour retrouver le moindre os. Les dents permirent d’identifier le corps : il s’agissait de Mary Sue Bello, qui avait disparu un an auparavant. Le 14 novembre 1984, un chasseur découvrit un autre squelette, lui aussi proche de l’autoroute 410 et de la White River. Il s’agissait de Martina Authorlee, disparue en mai 1983. Quelques temps plus tard, le tueur en série Ted Bundy (qui avait lui aussi tué dans l’état de Washington) proposa à Robert Keppel (qui l’avait interrogé avec succès) de l’aider dans cette enquête, depuis sa cellule de Floride. Il offrit en fait à Keppel de lui décrire comment "fonctionne" un tueur en série, car il se considérait comme l’expert en la matière... Les 16 et 17 novembre 1984, Robert Keppel et Dave Reichert se rendirent en Floride pour interroger Bundy en prison. La plupart des informations que Keppel et les enquêteurs obtinrent de Bundy étaient intéressantes même si elles n’étaient pas toujours très originales ; certaines informations s’avérèrent inexactes car uniquement basées sur l’ego démesuré de Bundy. Bundy suggérait que le tueur de la Green River connaissait ses victimes, et qu’il pouvait lier la conversation de manière amicale avant de les enlever. Il pensait que le tueur avait abandonné d’autres corps là où les policiers en avaient découverts récemment. Et, tout comme Keppel, il avançait que les endroits où le tueur laissait les corps de ses victimes, tels de petits cailloux, menaient à l’endroit où il vivait. Ted Bundy était en fait très jaloux du tueur de la Green River car celui-ci tuait de très nombreuses femmes sans être arrêté, dans la même région où lui-même avait commencé à tuer. Il ressentait une grande frustration à le voir agir alors que lui était enfermé dans une cellule, à des milliers de kilomètres de là. De plus, Bundy pensait qu’aussi longtemps qu’il serait utile aux enquêteurs, il ne serait pas exécuté sur la chaise électrique... En janvier 1985, le premier corps découvert le 31 mars 1984 à Star Lake fut enfin identifié. Il s’agissait de Gail Mathews, qui avait disparu en avril 1983 et n’avait jamais été arrêtée pour prostitution. En février 1985, Ridgway fut interrogé au sujet de l’agression qu’il avait commise sur une prostituée en novembre 1982, Rebecca Quay, qui venait seulement de contacter la Force Spéciale. Il admit avoir tenté de l’étrangler mais expliqua qu’elle l’avait mordu lors d’une fellation. Comme la jeune femme ne voulait pas porter plainte, aucune charge ne fut retenue contre lui. Peu de temps après, Ridgway rencontra Judith Lynch (qui allait devenir sa troisième épouse) à l’association des parents célibataires. Un an auparavant, elle avait divorcé lorsque son époux lui avait avoué son homosexualité. Elle n’était pas très proche de sa fille et avait un grand besoin d’affection. Ils découvrirent qu’ils avaient beaucoup de points communs, notamment leur goût pour la nature et les vide-greniers. Elle appréciait sa gentillesse et sa force, son calme et son humour. Il aimait sa douceur, son admiration envers lui, son envie de plaire à son fils et son respect pour son envahissante mère. Il l’emmena faire du camping dans la forêt proche de l’autoroute 410, à l’est d’Enumclaw et de la White River... Le 10 mars 1985, un homme qui faisait du vélo près de la Star Lake Road découvrit un crâne au fond d’un ravin boueux. Les enquêteurs de la force spéciale fouillèrent l’endroit, comme à leur habitude, à la recherche d’autres ossements. Des journalistes arrivèrent rapidement sur les lieux. Les os avaient été disséminés par les animaux mais les policiers purent en retrouver 23. Cette victime fut identifiée rapidement : c’était Carrie Ann Rois, 15 ans, disparue durant l’été 1983. Jusqu’au printemps, aucun nouveau corps ne fut retrouvé. Il semblait également qu’il n’y avait plus de disparitions inquiétantes. Les journalistes comme la population du comté de King pensaient que le tueur était parti ou qu’il était mort. Les enquêteurs, eux, réalisèrent que le tueur pouvait simplement avoir changé de "terrain de chasse". Le 23 avril, des ossements furent découverts à Tualatin, dans l’Oregon (au sud de l’état de Washington et de l’autoroute I-5), non loin de Portland. On les identifia comme étant ceux de Tammie Liles. En mai 1985, Judith Lynch vint habiter chez Ridgway sur Military Road. Elle commença à s’installer et à s’occuper de leur budget. Il accepta que la fille de Judith vienne s’installer avec eux durant un moment, avec son petit ami et leur bébé. Ils partirent souvent en camping tous les deux, dans l’état de Washington. Le 13 juin 1985, un homme qui creusait au bulldozer dans un champ de Tigard, dans l’Oregon, déterra les squelettes de deux femmes. Les hommes du bureau du shérif local découvrirent un crâne, deux pelvis et plusieurs côtes. Le premier squelette appartenait à une femme noire d’une vingtaine d’années. La victime fut identifiée le lendemain comme étant Denise Bush, disparue depuis octobre 1982. Étrangement, sa mâchoire allait être retrouvée en 1990 prés de Tukwila, non loin du Strip. - D’autres os furent découverts à Tigard une semaine plus tard et cinq enquêteurs de la Force Spéciale se rendirent sur les lieux. On trouva un autre crâne, un bras et des vertèbres. La victime était Shirley Sherrill, qui avait disparu de Seattle. Son assassin l’avait conduite jusqu’en Oregon pour l’y enterrer. - Deux jours plus tard, deux nouveaux squelettes furent découverts dans les champs de Tigard, mais les victimes ne purent malheureusement pas être identifiées. Les enquêteurs songèrent que leur tueur avait voulu s’éloigner de Seattle. Peut-être l’avaient-ils interrogé, peut-être avait-il senti trop de pression, au point qu’il ait voulu trouver un endroit moins surveillé. En septembre 1985, une adolescente ayant des problèmes de drogue fut brutalement violée et presque assassinée par un chauffeur de taxi à Portland. Il l’emmena dans un endroit reculé pour la violenter et la frapper. Détail horrifiant : il changea de vêtements pour revêtir une combinaison en nylon bleu. Il saisit ensuite sa paire de collants et tenta de l’étrangler mais ils se déchirèrent. Il essaya de nouveau avec un bandana mais celui-ci se déchira également. Il la tira alors par les pieds, sur de gravier, jusqu’au bord d’un remblai et la poussa de l’autre côté. L’adolescente roula sur la pente et fut arrêtée par un arbre. Le violeur alluma une cigarette et l’observa durant un moment, alors qu’elle faisait semblant d’être morte. Puis, il descendit jusqu’à elle et tâta son pouls. Réalisant qu’elle vivait encore, il la poignarda à la poitrine. Il attendit un moment et la couvrit d’herbes hautes. Il décida enfin de s’en aller. Terrifiée, l’adolescente attendit que le jour se lève avant de faire le moindre mouvement. Elle parvint à se lever et à remonter en haut du ravin. Après plusieurs jours à l’hôpital de Portland, elle aida les policiers à dessiner un portrait-robot de l’homme qui avait voulu la tuer. L’adolescente expliqua que son violeur avait entre 25 et 30 ans, était assez grand, mince, avait des cheveux mi-longs clairs, des yeux bleus et une moustache. Un instituteur accompagnant sa classe au Seaward Park de Seattle, le 8 septembre, découvrit un crâne parmi les arbres. L’équipe de recherche trouva rapidement un squelette, qui fut identifié comme étant celui de Mary Exzetta West, 17 ans, qui avait disparu en février 1984, alors qu’elle était enceinte. En novembre 1985, la Force Spéciale reçut un million de dollars supplémentaire mais elle ne parvint toujours pas à arrêter le tueur. Le FBI écrivit un rapport sur cette affaire : la première victime officielle était Amina Agisheff en juillet 1982 et la dernière Cindy Smith, en mars 1984. Vingt-six jeunes femmes blanches avaient été assassinées, dix jeunes femmes noires et une indienne. Parmi les disparues considérées comme de possibles victimes du tueurs, cinq étaient blanches, trois étaient noires, une était hispanique et une dernière asiatique. Les victimes avaient toutes été étranglées, soit manuellement soit avec un vêtement. Le 15 décembre 1985, un employé du cimetière de Mountain View, près d’Auburn, découvrit une Lincoln Continental en piteux état, poussée dans un ravin, recouverte par des feuilles mortes. Il s’avéra qu’elle avait été volée et, en fouillant le site, les enquêteurs découvrirent un crâne humain en contrebas. La voiture n’avait rien à voir avec le tueur, ce n’était qu’une coïncidence, mais un squelette non identifié fut découvert non loin, le 30 décembre. Des recherches permirent de mettre à jour d’autres ossements les 3 et 4 janvier 1986, toujours au même endroit. Ces squelettes ne furent jamais identifiés. Dix agents du FBI rejoignirent les enquêteurs de la force spéciale. Frank Adamson, les politiques et la population pensèrent que le tueur allait enfin être arrêté, au début de l’année 1986. Les policiers se demandaient toutefois pourquoi le tueur avait cessé de tuer, alors qu’il avait fait tant de victimes en 1982 et 1983. Cinq ou six hommes étaient considérés comme des suspects très sérieux par les enquêteurs, sans qu’ils parviennent encore à prouver la culpabilité de l’un d’eux. En février 1986, les enquêteurs espérèrent enfin avoir trouvé "leur" tueur. Un trappeur, chasseur et pêcheur, pervers et sadique connu, William M., fut arrêté et amené dans les locaux de la Force Spéciale, attirant l’attention des médias et des familles. Il connaissait très bien la région, chassait souvent dans les endroits où les corps avaient été découverts, il prenait plaisir à tuer des animaux de manière sadique, il était grand et fort, il fréquentait les prostituées du Strip et détestait les femmes en général... Un agent du FBI et le détective Jim Doyon, de la Force Spéciale, l’interrogèrent longuement. En vain. Il accepta de passer au détecteur de mensonges et l’expert annonça qu’il disait la vérité lorsqu’il niait être le tueur. Les enquêteurs durent admettre qu’il n’avait rien à voir avec les meurtres et finirent par le relâcher. Pour ne pas améliorer les choses, le 27 mars, deux ouvriers qui travaillaient dans Cottonwood Park, au sud de Seattle, découvrirent des os humains près un arbre, ceux d’une jeune femme. Elle n’allait être identifiée que 13 ans plus tard, grâce à l’ADN : il s’agissait de Tracy Winston, 19 ans. Le 2 mai 1986, un homme qui cherchait une fugueuse près de l’autoroute 18 découvrit des os à la jonction entre la 18 et la I-90, près de North Bend. Il s’agissait de Maureen Feeney, qui avait disparu en septembre 1983. Le 14 juin 1986, le crâne et quelques os de Kimberly Nelson furent découverts dans un endroit boisé proche de l’autoroute I-90 et de North Bend, à 3 km de l’endroit où Denise Plager et Lisa Yates avaient été retrouvées en 1984. Plus aucune disparition suspecte n’avait été déclarée et la population du comté de King ne s’intéressait plus vraiment à une enquête qui n’en finissait plus. Une étude universitaire montra même que l’affaire du tueur de la Green River était l’une des moins traitées par les médias nationaux en 1985. Les victimes étaient essentiellement des prostituées, pauvres ou noires... Qui d’autres que leurs familles (et les enquêteurs) se souciaient d’elles ? En novembre 1986, une femme mariée qui n’était pas une prostituée tomba en panne de voiture dans la Maple Valley. Un homme conduisant un pick-up truck lui proposa de la conduire dans une station service pour qu’elle puisse appeler son mari. Elle monta dans son véhicule mais l’homme ne s’arrêta pas à la station et elle commença à s’affoler. Elle l’insulta en lui ordonnant de s’arrêter et il devint fou de rage. Il s’arrêta finalement dans un cul de sac. Ils se battirent dans le pick-up et la jeune femme, qui était en bonne condition physique, parvint à le repousser puis à sortir de la voiture. Il la rattrapa et la fit tomber à terre. Il tenta de saisir une pierre pour lui fracasser le crâne, alors elle lui mordit la main de toutes ses forces et il la lâcha. Elle se mit à courir dans l’obscurité, vers les bois et parvint à le semer. Des années plus tard, elle allait reconnaître son agresseur à la télévision... Le gouverneur du comté de King pensait que trop d’argent était dépensé sans aucun résultat, et il le fit savoir à la Force Spéciale. A la fin de l’année 1986, l’équipe de la Force Spéciale fut diminuée de 25% et Adamson (qui devint shérif de la Maple Valley) fut remplacé par le capitaine James Pompey, qui travaillait dans la police depuis 1972 et avait commandé l’équipe SWAT du comté. Il réorganisa immédiatement l’équipe, ne gardant que les policiers qui enquêtaient sur le tueur depuis le début, 20 personnes en tout. - Le 17 octobre, Patricia Barczak, 19 ans, disparut près d’un motel proche de l’aéroport, sur le Strip. L’ordinateur doté du précieux programme conçu par Adamson, Keppel, Thomas et Revelle tournait à présent à plein régime et analysait les moindres connections existantes entre les victimes et les suspects. Un nom captura enfin l’attention des enquêteurs, celui d’un homme à l’air sympathique, qui conduisait un pick-up truck et fréquentait souvent le Strip. Un homme dont le nom apparaissait très souvent, parfois pour d’infimes détails, dans les très nombreux dossiers d’enquête que l’on avait informatisés.
- Cet homme avait tenté d’étrangler une prostituée, près de l’aéroport SeaTac en juillet 1980, mais avait plaidé la légitime défense, affirmant que la jeune femme l’avait frappé pour le voler, et il avait été relâché.
- Il avait été interrogé par un policier du port de Seattle en 1982 alors qu’il était dans sa voiture avec une jolie jeune femme blonde du nom de Keli McGinness, l’une des victimes présumées du tueur. Randy Mullinax l’avait interrogé en février 1983. Jim Doyon lui avait parlé sur le Strip, près du carrefour où la majorité des victimes avait disparue, en 1984. Ralf McAllister l’avait interrogé en février 1985, après qu’une prostituée, Rebecca Quay, l’ait accusé d’avoir voulu l’étrangler.
- Il vivait au sud de Military Road, dans une maison où le père et le petit ami de Marie Malvar avaient affirmé avoir vu l’homme qui l’avait enlevée.
- L’homme conduisait des pick-up trucks dont les descriptions correspondaient à celles fournies par les témoins. Toutefois, il ne correspondait pas au profil "type" du tueur en série. Il était fiancé et heureux, il possédait sa propre maison et avait un jeune fils. En mai 1985, il était passé au détecteur de mensonges et la machine avait indiqué qu’il ne mentait pas... Il était employé depuis des années dans la même entreprise et ses supérieurs le considéraient comme un homme de confiance. Ce n’était pas un solitaire ni un paumé. Ses parents n’avaient jamais divorcé et ne l’avaient jamais battu ou violé. Il avait grandi calmement dans le sud du comté de King. Cet homme se nommait Gary Leon Ridgway, 37 ans. Il avait divorcé deux fois et avait vécu seul durant les 3 années où le Tueur de la Green River avait fait le plus de victimes, entre 1982 et 1984. Les enquêteurs décidèrent qu’il faisait un suspect intéressant et cherchèrent à en savoir plus sur lui. Ils se mirent à le surveiller mais Ridgway, bien qu’il fréquenta assez souvent le Strip, ne commit pas le moindre délit. Matt HaneyL’un des enquêteurs de la Force Spéciale, Matt Haney, continuait pourtant de suspecter Ridgway et chercha à en savoir plus sur lui. Il interrogea l’ex-épouse du suspect, qui lui expliqua qu’il connaissait les endroits où la majorité des victimes avaient été découvertes et qu’il l’y avait souvent emmenée. Nombre de prostituées affirmèrent avoir vu régulièrement sur le Strip cet homme ou un homme lui ressemblant, entre 1982 et 1983. Ridgway passait en fait presque tous les jours sur cette avenue pour se rendre à son travail. Cerise sur le gâteau, Ridgway avait été absent de son travail ou en congé à chaque fois qu’une victime avait disparu.
Le 8 avril 1987, la police obtint un mandat de perquisition pour fouiller sa maison, son casier à la Kenworth Trucking et les trois véhicules qu’il utilisait (son pick-up truck, le pick-up de son père et la Dodge Dart de sa fiancée, Judith Lynch). Les experts découvrirent plusieurs cordes et des bâches, mais surtout d’innombrables éclats de peintures et des fibres de moquette : Ridgway travaillant comme peintre à la compagnie Kenworth, il n’y avait là rien de surprenant. Ridgway fut stupéfait lorsque Matt Haney, Jim Doyon et d’autres policiers se présentèrent devant chez lui. Les enquêteurs agirent rapidement et les deux détectives emmenèrent Ridgway au quartier général de la Force Spéciale. Ils le photographièrent et lui prélevèrent des cheveux et des poils pubiens. Finalement, ils prélevèrent un peu de sa salive, qui fut congelée (Haney avait lu un article sur une enquête qui s’était déroulée en Angleterre et avait été résolue grâce à une découverte particulièrement prometteuse mais aussi terriblement coûteuse : l’ADN). Puis, ils le laissèrent rentrer chez lui. Tout cela se déroula sans que les médias ne s’en mêlent, au grand soulagement de la Force Spéciale, qui avait gardé un fort mauvais souvenir de "l’affaire William M." Les collègues de Ridgway, qui le considérait parfois comme quelqu’un d’un peu étrange mais sûrement pas comme un tueur, commencèrent à le taquiner en le surnommant "Green River Gary". Ridgway, qui se croyait intouchable et ne parvenait pas à croire que les enquêteurs soient venus jusqu’à lui, ne trouva pas cela très amusant. Judith Lynch, quant à elle, le crut sur parole lorsqu’il lui affirma que les enquêteurs l’avaient confondu avec un autre homme... Quelques semaines plus tard, les résultats des analyses furent envoyés aux enquêteurs. Ils n’étaient pas concluants. Les preuves physiques n’étaient pas assez nombreuses pour que l’on puisse arrêter Ridgway. Le procureur du comté ne voulait pas prendre de risque : si Ridgway était jugé dans un tribunal et que le manque de preuve poussait un jury à le déclarer innocent, selon les lois américaines, il ne pourrait pas être jugé une seconde fois pour les mêmes crimes. Il ne serait donc jamais condamné ! Mieux valait donc tenter d’obtenir des preuves plus solides. Peu après, le Capitaine Pompey mourut d’une embolie pulmonaire après un accident de plongée, et fut remplacé par le Capitaine Bobby Evans, en décembre 1987. Les médias firent de ce triste incident les gros titres de leurs journaux, insinuant que le tueur de la Green River était un policier, qui avait assassiné Pompey afin de cacher son identité... bien qu’ils ne possédaient pas la moindre preuve. L’opinion publique était sur les nerfs après des années de meurtres. Durant le début de l’année 1987, la Force Spéciale perdit d’autres membres de son équipe, à cause de la fatalité (deux cancers) ou du stress (une crise cardiaque, une démission pour cause de dépression). En juin 1987, trois garçons découvrirent le squelette à moitié enterré d’une jeune femme, Cindy Ann Smith, 17 ans, dans un ravin proche du Green River Community College. Elle avait disparu près de 3 ans auparavant. Près d’un an plus tard, le 30 mai 1988, des ouvriers qui creusaient le sol pour construire un complexe d’appartements dans le sud de Seattle découvrirent des ossements. Les enquêteurs du Comté de King furent rapidement sur les lieux. Ils trouvèrent quelques os, des vêtements décomposés et, surtout, un crâne qui possédait encore toute ses dents. Le médecin légiste remarqua également de petits éclats de peinture blanche sur le soutien-gorge et le pull de la victime. Le crâne appartenait à Debra Estes, 15 ans, qui avait disparu 5 ans et demi ans auparavant. La construction du complexe avait commencé en 1981 mais avait été arrêtée fin 1982 par manque de financement. Elle n’avait repris qu’en 1987. Un professeur Italien, spécialiste des sols, affirma après analyses que Debra Estes avait été enterrée là en 1982. Les enquêteurs demandèrent à la société Skip Palenik, qui possédait un excellent laboratoire dans l’Illinois, d’analyser les éclats de peinture blanche trouvés sur ses vêtements. Le laboratoire affirma que la peinture, de grande qualité et d’un prix exorbitant, était de marque Imron. Elle était utilisée pour peindre les véhicules. La Kenworth Truck Company utilisait de la peinture de la marque Imron. Le 12 juin 1988, Gary Ridgway se maria pour la troisième fois, avec Judith Lynch, de 5 ans son aînée. En août 1988, la police de San Diego, en Californie, contacta la Force Spéciale de Seattle. Depuis juillet 1985, de nombreuses femmes (des prostituées, des femmes aux foyers, des serveuses, des employées...) avaient disparues dans le "quartier chaud" de la ville. Les policiers de San Diego étaient pour la plupart inexpérimentés dans ce genre d’affaire, aussi demandèrent-ils l’aide la Force Spéciale pour organiser leur enquête. Elle leur fournit plusieurs excellents conseils. Les policiers réalisèrent qu’ils cherchaient peut-être le même homme. Le tueur de la Green River avait agit entre 1982 et 1984, celui de San Diego avait agit à partir de 1985. En août 1988, les autorités du comté de San Diego avaient découvert, en tout, les corps et squelettes de 26 femmes. Huit autres corps avaient été découverts dans la ville même de San Diego. Reichert analysa les points communs et les différences... et conclut que "leur" tueur n’était pas le même. En septembre 1988, les enquêteurs de San Diego arrêtèrent un mécano, ancien marine, qui voyageait souvent sur la côte ouest : Ronald Elliott Porter. C’était un homme violent qui pouvait pourtant paraître charmant. Grâce à des fibres et d’autres preuves physiques, ils parvinrent à le relier à 14 meurtres (il était suspecté de près de 45 homicides) mais il ne fut reconnu coupable que d’un seul et condamné à la perpétuité en 1991. Après son arrestation, le nombre de prostituées disparues ou agressées à San Diego diminua radicalement. En 1992, Brian Maurice Jones, un violeur déjà condamné à 22 ans d’emprisonnement, fut inculpé de 4 des meurtres de San Diego et condamné à la peine capitale en 1992. Trois autres meurtres furent attribués à Blake Raymond Taylor, qui avait déjà été condamné à 9 ans de prison pour une tentative de meurtre sur une prostituée. Un dernier suspect, Allan Michael Stevens, un biker, fut condamné pour le meurtre d’une femme en 1988 et soupçonné de trois autres meurtres. William StevensEn décembre 1988, les enquêteurs de la Force Spéciale du comté de King commencèrent à soupçonner un autre suspect, William Stevens (de son vrai nom Ferdinand Demara), 38 ans, que plusieurs personnes avaient désigné comme un suspect potentiel après l’émission "Manhunt", diffusée dans tout le pays, consacré au tueur de la Green River. Stevens s’était évadé de prison 8 ans auparavant après y avoir passé 2 ans pour un cambriolage. Lorsque la police l’arrêta, il s’était inscrit à l’Université de droit de Spokane et était président de l’association des étudiants. Les enquêteurs apprirent qu’il avait déjà été suspecté des meurtres de la Green River, qu’il détestait les prostituées et avait parlé à son meilleur ami (un avocat) de son intention de les tuer. Lorsque la police perquisitionna sa maison, un an plus tard, en automne 1989, les enquêteurs y trouvèrent de nombreuses armes à feu, plusieurs permis de conduire, des plaques d’immatriculation, des cartes de crédits, des photos de prostituées dans des poses explicites et 800 cassettes vidéos pornographiques. Il avait également acheté aux enchères une voiture de police banalisée, qu’il avait équipée d’une radio et de menottes. Stevens utilisait le cambriolage et la fraude à la carte de crédit pour vivre. Les policiers l’interrogèrent au sujet des meurtres et fouillèrent également la maison de son père mais ne trouvèrent absolument rien qui aurait pu le relier aux meurtres. Les reçus de cartes de crédit et les photographies du frère de Stevens lui fournissaient un alibi pour plusieurs des crimes. Stevens avait voyagé à travers le pays durant l’été 1982, époque à laquelle beaucoup des meurtres avaient eu lieu. Stevens était un psychopathe, un escroc de haut vol, un menteur et un imposteur. Mais il n’était pas le tueur de la Green River. Il ne fut inculpé d’aucun des meurtres et dut seulement terminer sa peine pour le cambriolage. Mais on lui diagnostiqua bientôt un cancer du foie et il fut libéré sur parole. Il mourut en 1991. En septembre 1989, Gary et Judith Ridgway quittèrent la petite maison de Military Road pour aller s’installer à Des Moines (au sud de SeaTac). Elle recommença à travailler pour l’aider à payer la maison, beaucoup plus belle et plus grande que la précédente. Influencé par son épouse, Ridgway tenta de nouer des relations avec ses voisins, de se montrer plus amical. Mais il se considérait comme l’informateur auto-désigné du voisinage : il informait ses voisins des cambriolages ou de la présence de prostituées dans le quartier. Il était obsédé par les prostituées et, selon ses voisins, il en voyait partout, dans les voitures et dans les rues sombres, alors que leur quartier était "tout ce qu’il y a de plus calme". Il frappait aux portes pour expliquer que les prostituées vendaient leur corps en pleine rue. Plusieurs de ses voisins s’inquiétaient de sa fixation sur les prostituées. En octobre 1989, un ouvrier qui coupait des buissons découvrit un crâne et quelques os au sud de l’aéroport SeaTac, non loin de l’endroit où l’on avait découvert les corps de Mary Bridgett Meehan, Connie Naon et Kelly Ware. Le crâne était celui d’Andrea Childers, 19 ans, une excellente danseuse, disparue en avril 1983. La Force Spéciale semblait incapable de trouver le tueur. En 1990, l’équipe fut à nouveau réduite et ses crédits diminués. Moins de vingt personnes travaillaient à présent dans la Force Spéciale et les politiques parlaient de la faire disparaître... 15 millions de dollars avaient été dépensés en vain. Dave Reichert lui-même, l’un des enquêteurs qui faisait partie de la Force depuis les premiers jours, fut promu au rang de sergent et quitta l’équipe. En 1991, l’équipe fut réduite à... un seul enquêteur, Tom Jensen. Après 9 ans d’enquête, la Force Spéciale n’avait pas arrêté le tueur de la Green River. L’enquête était devenue la plus grande affaire non résolue du pays. Et pourtant, les enquêteurs possédaient de nombreux indices physiques, des fibres à foison, le sperme de l’assassin, des particules de peinture de couleurs différentes, des cheveux du tueur, des descriptions de pick-up de couleur sombre... Mais plus aucune victime ne disparaissait et la plupart des gens pensait que le tueur de la Green River était mort ou avait été emprisonné pour un autre crime. Durant 10 ans, plus rien ne fut accompli pour tenter d’appréhender l’assassin. L’évolution des techniques et l’acharnement de plusieurs enquêteurs allaient pourtant permettre de rouvrir le dossier. David ReichertEn avril 2001, presque 20 ans après le 1er meurtre connu du tueur, le détective Dave Reichert, devenu en 1997 le shérif du comté de King, décida de recommencer l’enquête. Il voulait absolument trouver le coupable et possédait à présent un atout technologique fabuleux : l’ADN. Reichert forma une nouvelle Force Spéciale composée de 6 membres, parmi lesquels des experts en ADN et en sciences légales, ainsi que deux enquêteurs : Tom Jensen et Jim Doyon. Toutes les preuves prélevées lors des enquêtes furent réexaminées. Certains prélèvements furent même envoyés dans des laboratoires privés pour être re-analysés avec les techniques modernes. Les premiers prélèvements, du sperme du tueur, étaient ceux trouvés sur trois victimes assassinées entre 1982 et 1983, Opal Mills, Marcia Chapman et Carol Christensen. Grâce à une méthode de test ADN développée peu auparavant pour analyser un "vieil" ADN, ces prélèvements permirent de dresser le profil ADN du tueur, qui fut comparé aux ADN prélevés sur les principaux suspects des années auparavant. Il fallut plusieurs semaines pour mener à bien tous ces examens car la nouvelle Force Spéciale n’était pas la seule à demander des analyses ADN. Le laboratoire de l’état était débordé... En septembre 2001, Reichert reçut finalement les résultats du labo : l’ADN provenant du sperme prélevé sur les 3 victimes correspondait à celui de la salive de Gary Leon Ridgway, prélevée en 1987. Reichert "embaucha" alors beaucoup d’anciens enquêteurs-collègues et l’équipe comprit bientôt 30 membres. Ils tentèrent de rassembler le plus de preuves possibles contre Ridgway, afin de permettre à la justice de l’inculper de tous les meurtres dont il était responsable. Ils interrogèrent les deux ex-épouses de Ridgway. Elles expliquèrent toutes les deux que la mère de Ridgway, autoritaire et brutale dans ses relations, avait beaucoup d’influence sur son fils. Ridgway, quant à lui, était un "coucou". Sa deuxième épouse, Marcia, affirma qu’elle devait tout faire pour lui, qu’il était macho et ne l’aidait jamais. Elle s’occupait de tout et payait même la maison. Pour lui, elle n’était pas une épouse mais une cuisinière, une blanchisseuse, une femme de ménage. « Tout ce qu’il voulait, c’était de la nourriture et du sexe ». Elle expliqua que le comportement de Ridgway avait changé, qu’il était devenu bizarre et violent... Elle conduisit Matt Haney et Jim Doyon aux endroits où Gary Ridgway l’avait emmenée pour faire l’amour, près de la Green River, de la I-90, à Enumclaw, Star Lake, le SeaTac... Ils réalisèrent avec effroi que presque toutes les victimes avaient par la suite été découvertes à ces mêmes endroits. La troisième épouse de Ridgway, Judith, s’entendait très bien avec la mère de celui-ci car elle l’admirait. Judith s’occupait de Ridgway comme s’il était son enfant plutôt que son mari. Elle payait les factures et donnait de l’argent à Ridgway pour qu’il puisse faire le plein d’essence ou s’acheter des vêtements. Lorsqu’elle avait rencontré Ridgway, elle vivait à quelques pâtés de maisons des endroits où de nombreuses victimes avaient été retrouvées. En 1997, ils avaient déménagé dans une belle maison à Auburn, entourée d’un grand jardin où Judith Ridgway faisait pousser ses fleurs. Leur énorme camping-car était garé dans l’allée, à côté d’un pick-up neuf. Ridgway vivait paisiblement avec une épouse qui lui convenait. Il pensait ne jamais être arrêté et se sentait en sécurité, persuadé d’être "plus malin" que les enquêteurs et n’avoir commis aucune erreur. Le 16 novembre 2001, Ridgway, qui avait alors 52 ans, fut arrêté par une policière qui se faisait passer pour une prostituée. Ce n’était pas la première fois et Ridgway s’en tira avec une amende. Craignant qu’il ne soit sur le point de recommencer à tuer, la nouvelle Force Spéciale décida d’agir. Sue Peters et Jon Mattsen allèrent l’interroger chez Kenworth, au sujet de la disparition de Carol Christensen. Ridgway affirma l’avoir connue dans un bar et n’être jamais sorti avec elle (alors que son sperme avait été découvert sur elle). Ils discutèrent durant deux heures et Ridgway leur expliqua très calmement sa théorie sur le tueur de la Green River. Ils quittèrent la Kenworth sans que Ridgway ne se doute de quoi que ce soit. Il fut donc abasourdi lorsque, le 30 novembre 2001 vers 15h, il fut arrêté par Randy Mullinax et Jim Doyon dans le parking de la Kenworth Company, et fut accusé de quatre "meurtres aggravés" : ceux d’Opal Mills, Marcia Chapman, Carol Christensen et Cynthia Hinds. Il fut conduit au Centre Judiciaire Régional de Kent où on le photographia sous toutes les coutures avant de l’interroger. Sue Peters et Matt Haney rendirent visite à son épouse, Judith, pour lui annoncer son arrestation et lui poser quelques questions. Elle affirma que Ridgway était un bon mari, un excellent père, un homme doux, gentil, qui ne se mettait jamais en colère. Elle ne crut pas les enquêteurs lorsqu’ils lui annoncèrent que Ridgway avait été arrêté quelques jours plus tôt pour avoir sollicité une prostituée. « Ce n’est pas possible. Il ne ferait pas ça ». Judith se révéla être une épouse incroyablement soumise, crédule et passive. Elle avait une confiance aveugle en son époux. Elle ne se souvenait même pas de la perquisition qui avait eu lieu chez eux en 1987 et ne s’en était jamais inquiétée. Lorsque Peters et Haney lui annoncèrent que Ridgway avait été arrêté pour les crimes du tueur de la Green River, Judith se mit à pleurer, stupéfaite, en état de choc. Ridgway ne voulut répondre à aucune question et fut placé dans une cellule particulière, surveillée 24h/24. Sa photo faisait la une de tous les journaux du pays et quelqu’un pouvait en vouloir à sa vie. Les enquêteurs perquisitionnèrent la maison des Ridgway à Auburn et creusèrent même le jardin. Chaque pièce de la maison était remplie d’un tas d’objets disparates : ils aimaient parcourir les vide-greniers, acheter puis revendre des choses... Il y en avait vraiment partout et cela ne facilita pas la tâche des policiers.
Les maisons où Ridgway avait vécu auparavant, seul ou en couple, furent également fouillées du sol au plafond. Particulièrement la petite maison où Ridgway avait habité entre 1982 et 1984, sur Military Road, tout près du Strip. Mais les techniciens de la police scientifique ne trouvèrent rien, absolument rien. Pas de fibres, de traces de sang, ni même de cheveux, de photos, d’empreintes ou de "trophées" (des bijoux, des papiers d’identité, des vêtements ayant appartenu aux victimes). Ils emmenèrent donc tous les objets qu’ils trouvèrent sur place (des détritus, des boutons, des mégots de cigarettes, des bouteilles cassées, des fragments d’os, de vieux vêtements, des bracelets...) pour les analyser en laboratoire. Le 5 décembre 2001, Ridgway fut officiellement inculpé des 4 meurtres pour lesquels il avait été arrêté. Il plaida non coupable. Le procureur Norm Maleng annonça aux médias qu’il ne passerait aucun "marché" avec Ridgway et qu’il allait sans doute tenter d’obtenir la peine capitale. Le procès n’aurait pas lieu avant des mois et des mois, vu le nombre de victimes, et allait sûrement coûter plus de 10 millions de dollars. L’équipe d’avocats (ils étaient cinq !) de Ridgway voulait obtenir les milliers et milliers de pages des rapports que la Force Spéciale avait écrits depuis 1982. Cela allait prendre des années... Le procureur espérait juger Ridgway en 2004 et s’attendait à devoir faire face à un cirque médiatique.
En mars 2002, grâce à de nouvelles analyses, les enquêteurs apprirent que les objets qui avaient été saisis dans le casier de Ridgway en 1987, à la Kenworth Company, étaient couverts de minuscules éclats de peinture "Imron" qui étaient totalement identiques à ceux découverts sur les corps de Wendy Coffield, Debra Estes et Debra Bonner. Ridgway fut donc inculpé de leurs meurtres. Les avocats de Ridgway se rapprochèrent alors du procureur Norm Maleng pour tenter de passer un marché : Ridgway ne serait pas condamné à mort et, en échange, non seulement il plaiderait coupable pour tous les meurtres, mais il aiderait la Force Spéciale à retrouver les corps des victimes qui n’avaient pas encore été localisés. Maleng pesa le pour et le contre, et décida que la vérité était plus importante pour les familles comme pour la justice qu’une peine de mort. Norm Maleng ajouta toutefois une close à leur marché : celui-ci ne couvrait que les crimes commis dans le comté de King. Il n’aurait donc plus de valeur si Ridgway "oubliait" une victime qu’il avait pu tuer dans un autre comté ou un autre état... En juin 2003, le bureau du procureur et les avocats de Ridgway se mirent d’accord : Ridgway devrait admettre tous les meurtres et avouer s’il avait tué avant 1982 et après 1985.
Durant l’été et l’automne 2003, des enquêteurs de la Force Spéciale et des équipes de "recherche et sauvetage" accompagnèrent Ridgway dans le comté de King, afin qu’il leur indique où il avait abandonné des corps. Ils ne le lâchèrent pas d’une semelle et il vécut avec eux, dans leur quartier général, durant quatre mois ! La mémoire de Ridgway n’était pas toujours très nette et lui jouait des tours, aussi fallut-il beaucoup de patience aux enquêteurs de la police et du FBI pour faire remonter ses souvenirs à la surface. Parfois, Ridgway faisait également preuve de mauvaise volonté : tant qu’une victime n’était pas retrouvée, elle lui appartenait, et ce sentiment de possession était son dernier plaisir... Il adorait discuter, pontifier et se vanter des meurtres qu’il avait commis.
- Le 16 août 2003, les enquêteurs trouvèrent des ossements humains près d’Enumclaw. Ils s’avérèrent être ceux de Pammy Avent, 16 ans, disparue en octobre 1983.
- Le 23 août 2003, ils découvrirent des os humains près de la route allant de Kent à Des Moines. Il allait falloir du temps pour les identifier.
- En septembre 2003, ils localisèrent des ossements à Snoqualmie, près de l’autoroute I-90. C’étaient ceux d’April Buttram, 17 ans, originaire de Spokane.
- Peu après, ils trouvèrent les ossements de Marie Malvar dans un ravin profond près d’Auburn. Ridgway avait "rempli" son contrat et pouvait donc être jugé sans craindre la peine capitale. Le 5 novembre 2003, en présence des familles des victimes, il plaida coupable de 42 des 48 meurtres dont il était accusé, ainsi que de 6 meurtres qui n’étaient pas sur la "liste officielle". L’accusation lut patiemment les charges retenues contre Ridgway et les noms de toutes les victimes. Sans montrer le moindre remord, Ridgway avoua d’une voix sans émotion qu’il avait tué 48 jeunes femmes et adolescentes vulnérables, de manière préméditée. Il avait continué à tuer après 1985, après avoir rencontré sa future épouse, Judith :
- En octobre 1986, il avait tué Patricia Barczak, 19 ans, qui étudiait pour devenir pâtissière. Son crâne n’avait été découvert qu’en février 1993, près de l’autoroute 18.
- En février 1987, il avait assassiné Roberta Hayes, une petite blonde de 21 ans, surnommée « Bobby Joe » par sa famille. Fugueuse depuis l’âge de 13 ans, elle avait eut 5 enfants, tous confiés à l’adoption.
- En mars 1990, il avait tué Marta Reeves, une jolie brune de 36 ans, mère de 4 enfants et malheureusement accro à l’héroïne. Elle se prostituait pour acheter sa drogue. Des cueilleurs de champignons avaient retrouvé son corps en septembre 1990 près de l’autoroute 410, à Enumclaw.
- En août 1998, il avait assassiné Patricia Yellow Robe, une très belle jeune femme brune de 38 ans, d’origine indienne, mère de 3 enfants. Elle était drôle et gentille mais devait se prostituer pour payer sa drogue. Son corps, entièrement habillé, avait été découvert par le propriétaire d’une société dans le South Park, à Seattle, sur un petit parking. L’autopsie avait conclu à une overdose mais Ridgway l’avait bien étranglée.
Aux enquêteurs de la Force Spéciale, Ridgway parla en tout de 71 meurtres, mais il ne donna que de vagues indices et décida de n’en avouer "que" 48. Le 18 décembre 2003, le juge Richard Jones condamna 48 fois Ridgway à la perpétuité, en présence de tous les enquêteurs qui avaient travaillé sur l’affaire depuis 1982. Les familles des victimes furent invitées à parler à Ridgway durant une dizaine de minutes, chacune. Lors d’une audience exceptionnelle, chacune des familles, frères, sœurs, parents, petits amis, époux, enfants, tous purent s’adresser à Ridgway pour lui dire enfin ce qu’ils avaient sur le cœur. Les jeunes femmes qu’il considérait comme des « détritus », des « saletés » étaient des êtres humains qui avaient aimé et avaient été aimées. Leurs morts avaient provoqué une tristesse infinie, des cauchemars, des suicides, des dépressions...
La plupart des familles étaient très en colère et espéraient que Ridgway « brûlerait en Enfer » mais elles s’exprimèrent avec beaucoup de dignité. Certaines étaient tristes, mais Ridgway n’eut aucune réaction à l’écoute de leurs paroles. Pas une fois, il ne sembla touché par leur souffrance. En fait, les seules personnes qui parvinrent à l’émouvoir, jusqu’aux larmes, furent celles qui lui affirmèrent lui avoir pardonné : - la mère d’Opal Mills « Gary Leon Ridgway, je vous pardonne. Vous n’avez plus de pouvoir sur moi » - le père de Linda Rule « Dieu a dit de pardonner à tous, alors je vous pardonne » - et les sœurs de Patricia Yellow Robe Ridgway n’a été ému que lorsque l’on a parlé de lui. Ses larmes n’étaient que pour lui-même, pas pour ses victimes. Ensuite, vint son tour de lire un texte écrit par ses avocats. Il s’y excusait d’avoir tué toutes ces « ladies », un terme bien respectueux pour des femmes qu’il considérait comme des « déchets ». Il ne regarda pas les familles des victimes en lisant, mais le juge Jones. Ce dernier rétorqua : "Ce qu’il a de remarquable en vous, ce sont vos émotions recouvertes de Teflon et votre absence complète de compassion réelle pour les jeunes femmes que vous avez tuées". En janvier 2004, Ridgway fut transféré au pénitencier d’état de Walla Walla, où il est confiné dans une petite cellule, seul, surveillé 24h/24 pour sa propre sécurité. Les autorités du Comté de King considèrent l’affaire du tueur de la Green River comme close. Toutefois, la Force Spéciale continue ses recherches pour identifier les ossements qui n’ont toujours pas de nom. Il semble presque impossible que Ridgway ait tué tant de femmes entre 1982 et 1985, puis n’ait plus commis "que" 4 meurtres jusqu’en 1998. Les tueurs en série peuvent s’arrêter de tuer durant un certain laps de temps, s’ils pensent par exemple que la police les soupçonne et ne veulent plus se faire remarquer ou s’ils parviennent à trouver un substitut au plaisir de tuer. Mais ce laps de temps ne s’étale pas sur de si longues années. Ridgway était atteint d’une sorte de frénésie de meurtre, assassinant plus de 40 femmes en deux ans, et il se serait arrêté d’un seul coup ? Personnellement, j’en doute. D’autres victimes sont sans doute encore enterrées dans l’état de Washington, au Canada et dans l’Oregon. Elles ne demandent qu’à être retrouvées.
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 4 ).
01/10/2011 16:23 par TueursEnSerie
Gary Leon Ridgway . "The Green River Killer" . ( parti 4 ).
01/10/2011 16:23 par TueursEnSerie
Les Victimes :
_ Amina Agisheff (37 ans) Disparue début juillet 1982.
Son corps fut découvert dans un bois,
près de l’autoroute 18, en avril 1984.
_ Wendy Lee Coffield (16 ans) Disparue le 8 juillet 1982.
Son corps fut découvert dans la Green River le 15 juillet 1982,
près de Kent.
_ Gisele Lovvorn (17 ans) Disparue le 17 juillet 1982
près de l’aéroport international Seattle-Tacoma (SeaTac).
Son corps fut découvert le 25 septembre 1982
au sud de l’aéroport.
_ Debra Lynn Bonner (23 ans) Disparue le 25 juillet 1982,
au sud de l’aéroport Sea-Tac.
Son corps fut découvert le 12 août 1982 dans la Green River,
près de Kent.
_ Marcia Chapman (31 ans) Disparue le 1er août 1982 près du SeaTac,
au sud de Seattle. Son corps fut découvert le
15 août 1982 dans la Green River,
dans la région de Kent.
_ Cynthia Jean Hinds (17 ans) Disparue le 11 août 1982
au sud de Seattle, près du Sea-Tac.
Son corps fut découvert le 15 août 1982,
dans la Green River, dans la région de Kent.
_ Opal Mills (16 ans) Disparue le 12 août 1982
au sud de Seattle, près du Sea-Tac.
Son corps fut découvert le 15 août 1982,
le long de la Green River, dans la région de Kent.
_ Terry Milligan (16 ans) Disparue le 29 août 1982
le long du Strip.
Son corps fut découvert le 1er avril 1984,
près de la Star Lake Road, au sud du comté de King.
_ Mary Meehan (18 ans) Disparue le 15 septembre 1982
le long du Strip. Son corps fut découvert le 13 novembre 1983,
au sud de Seattle.
_ Debra Estes (15 ans) Disparue le 20 septembre 1982.
Son corps fut découvert le 30 mai 1988,
près de la Federal Way.
_ Linda Rule (16 ans) Disparue le 26 septembre 1982, à Seattle, sur Aurora Avenue. Son corps fut découvert en janvier 1983 au nord de Seattle.
_ Denise Bush (22 ans) Disparue le 8 octobre 1982 sur le Strip.
Son corps a été abandonné dans un endroit boisé à Tukwila,
au sud de Seattle. Des parties de son squelette y
ont été découvertes le 10 février 1990.
Son crâne a été retrouvé le
12 juin 1985 à Tigard, dans l’Oregon :
Ridgway avait séparé son corps en deux
pour confondre les enquêteurs.
_ Shawnda Summers (17 ans) Disparue le 9 octobre 1982 à Seattle.
Son corps fut découvert le 11 août 1983
au nord de l’aéroport Sea-Tac.
_ Shirley Sherrill (18 ans) Disparue entre le 20 octobre
et le 7 novembre 1982,
autour de l’aéroport SeaTac.
Son corps fut découvert le 14 juin 1985
à Tigard, dans l’Oregon,
avec le crâne de Denise Bush.
_ Rebecca Marrero (20 ans) Disparue le 2 décembre 1982.
_ Colleen Brockman (15 ans) Disparue vers
le 24 décembre 1982.
Son corps fut découvert le 26 mai 1984
près de Summer, à la frontière avec le
comté de Pierce.
_ Alma Ann Smith (18 ans) Disparue le 3 mars 1983,
sur le Strip. Son corps fut découvert le 2 avril 1984,
près de Star Lake.
_ Delores LaVerne Williams (17 ans) Disparue le 8 mars 1983,
à un arrêt de bus du Strip.
Son corps fut découvert le 31 mars 1984,
près de la Star Lake Road.
_ Gail Mathews (24 ans) Disparue le 10 avril 1983,
sur le Strip. Son corps fut découvert le
18 septembre 1983 près de Star Lake.
_ Andrea Childers (19 ans) Disparue le 19 avril 1983.
Son corps fut découvert le 11 octobre 1989
au sud de l’aéroport Sea-Tac.
_ Sandra Gabbert (17 ans) Disparue le 17 avril 1983,
sur le Strip. Son corps fut découvert le 1er avril 1984,
près de Star Lake.
_ Kimi-Kai Pitsor (16 ans) Disparue le 17 avril 1983,
à Seattle. Son crâne fut découvert le 15 décembre 1983,
près du cimetière d’Auburn. D’autres parties de son
squelette furent retrouvées au même endroit en janvier 1986.
_ Marie Malvar (18 ans) Disparue le 30 avril 1983,
dans un magasin sur le Strip. Son corps fut découvert le
29 septembre 2003 près d’Auburn.
_ Carol Ann Christensen (21 ans) Disparue le 3 mai 1983
au sud de la Pacific Highway.
Son corps fut découvert le 8 mai 1983,
dans la Maple Valley.
_ Martina Authorlee (18 ans) Disparue le 22 mai 1983
dans un hôtel sur le Strip.
Son corps fut découvert le 14 novembre 1984
près d’Enumclaw.
_ Cheryl Lee Wims (18 ans) Disparue le 23 mai 1983
à Seattle. Son corps fut découvert le 22 mars 1984,
au nord de l’aéroport Sea-Tac.
_ Yvonne Antosh (19 ans) Disparue le 31 mai 1983 sur le Strip.
Son corps fut découvert le 15 octobre 1983,
près de Lake Sawyer.
_ Carrie Rois (15 ans) Disparue entre le 31 mai et
le 13 juin 1983 au sud de Seattle.
Son corps fut découvert le 10 mars 1985 près
de Star Lake.
_ Constance Naon (21 ans) Disparue le 8 juin 1983
sur le Strip. Son corps fut découvert le
27 octobre 1983 au sud de l’aéroport Sea-Tac.
_ Kelly Ware (22 ans) Disparue le 19 juillet 1983
à un arrêt de bus de Seattle.
Son corps fut découvert le 29 octobre 1983
au sud de Seattle.
_ Tina Marie Thompson (22 ans) Disparue le 25 juillet 1983,
devant un motel proche de l’aéroport SeaTac.
Son corps fut découvert le 20 avril 1984,
près de la l’autoroute 18 et de l’autoroute I-90,
à l’est d’Enumclaw.
_ April Buttram (17 ans) Disparue le 18 août 1983,
dans le sud de Seattle. Ses ossements furent
découverts entre le 30 août et le 2 septembre 2003,
dans un bois proche de Snoqualmie, près de l’autoroute I-90,
à environ 40 km à l’est de Seattle.
_ Debbie Abernathy (26 ans) Disparue le 5 septembre 1983,
alors qu’elle quittait son appartement
pour se rendre dans le centre de Seattle.
Son corps fut découvert le 31 mars 1984,
à 18 km à l’est d’Enumclaw.
_ Tracy Winston (19 ans) Disparue le 12 septembre 1983,
au nord de Seattle. Ses ossements furent découverts
le 27 mars 1986, à Cottonwood Park.
Son crâne a été retrouvé en novembre 2005
par un promeneur, dans un bois, au sud-ouest de Seattle,
près de la Highway 18 et d’Issaquah.
_ Maureen Feeney (19 ans) Disparue le 28 septembre 1983,
à un arrêt de bus de Seattle.
Son corps fut retrouvé le 2 mai 1986,
près de l’autoroute I-90 et de North Bend.
_ Mary Sue Bello (25 ans) Disparue le 11 octobre 1983,
sur le Strip.
Son corps fut découvert le 12 octobre 1984,
à l’est d’Enumclaw.
_ Pammy Avent (16 ans) Disparue le 26 octobre 1983,
au sud de Seattle. Son corps fut découvert le 16 août 2003,
près de l’autoroute 410, non loin d’Enumclaw.
_ Delise Plager (22 ans) Disparue le 30 octobre 1983,
à un arrêt de bus du sud de Seattle.
Son corps fut découvert le 14 février 1984,
près de l’autoroute I-90 et de North Bend.
_ Kimberly Nelson (26 ans) Disparue le 1er novembre 1983,
à un arrêt de bus sur le Strip.
Son corps fut découvert le 14 juin 1986,
près de l’autoroute I-90 et de North Bend.
_ Lisa Yates (26 ans) Disparue le 23 décembre 1983,
dans le sud de Seattle.
Son corps fut découvert le 13 mars 1984
près de l’autoroute I-90 et de North Bend.
_ Mary Exzetta West (16 ans) Disparue le 6 février 1984,
dans le sud de Seattle.
Son corps fut découvert le 8 septembre 1985,
dans le Seward Park.
_ Cindy Smith (17 ans) Disparue le 21 mars 1984
alors qu’elle faisait du stop sur le Strip.
Son corps fut découvert le 27 juin 1987,
près de l’autoroute 18 et du Green River Community College.
_ Patricia Barczak (19 ans) Disparue en octobre 1986,
sur le Strip, non loin de l’aéroport SeaTac.
Son crâne fut découvert en février 1993
près de l’autoroute 18,
à Auburn.
_ Roberta Hayes (21 ans) Vue pour la dernière fois alors
qu’elle quittait une prison de Portland,
dans l’Oregon, en février 1987.
Son corps fut découvert le 12 septembre 1991
près de l’autoroute 410, à l’est d’Enumclaw.
_ Marta Reeves (36 ans) Disparue en mars 1990.
Son corps fut retrouvé en septembre 1990,
près de l’autoroute 410, à l’est d’Enumclaw.
_ Patricia Yellow Robe (38 ans) Disparue en août 1998.
Son coprs fut retrouvé le 6 août 1998,
dans un parking du South Park, non loin de l’autoroute 99.
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Photos des Victimes :
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Ridgway a admis avoir tué 4 autres femmes jamais identifiées :
Jane Doe B-10, décédée entre le 1er janvier 1982 et le 21 mars 1984.
Jane Doe B-16, décédée entre le 1er décembre 1982 et le 31 décembre 1985.
Jane Doe B-17, décédée entre le 1er décembre 1982 et le 31 décembre 1985.
Jane Doe B-20, décédée entre le 6 juillet 1976 et le 31 août 1993.
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Mode opératoire :
Les victimes, qui étaient pour la plupart des prostituées, ont toutes été étranglées.
« Parce que c’était plus personnel et plus gratifiant que de leur tirer dessus ».
Ridgway se souciait peu de la couleur ou du physique de ses victimes. Il voulait juste « tuer des femmes ». Gary Ridgway proposait souvent à ses victimes plus que le "tarif habituel" pour être sûre qu’elles montraient dans son véhicule. « Ca n’avait pas d’importance parce que je savais que je n’aurais pas à les payer de toutes façons ». Souvent, il gardait un pack de bière dans son pick-up et en proposait une à sa victime pour qu’elle se détende. Il mettait en évidence quelques jouets de son jeune fils, sur le tableau de bord. Il lui arrivait également de "sortir" avec une fille plusieurs fois avant de décider de la tuer, pour qu’elle lui fasse confiance. « Les femmes, elles me prenaient pour un pauvre type... Je ressemble à quelqu’un d’ordinaire... Et je faisais tout pour que les prostituées se sentent à l’aise avec moi... Mon apparence contredisait ce que j’étais vraiment. » Il rencontra beaucoup de prostituées qu’il ne tua pas afin qu’elles lui servent d’alibi au cas où il aurait été soupçonné par les enquêteurs. Certaines victimes ont été assassinées dans la nature, sur le sol, après que Ridgway ait étendu une couverture qu’il transportait dans son pick-up. Certaines victimes ont été assassinées à l’arrière de son véhicule. Lorsqu’il vécut près du Strip, dans sa petite maison de Military road, Ridgway emmena souvent ses victimes chez lui. Il leur montra la chambre de son fils pour leur "prouver qu’il était un homme "normal" qu’elles n’avaient pas à craindre. Là, il leur demandait d’uriner avant de coucher avec lui. Certaines filles pensèrent sans doute que c’était là un fantasme bizarre. En fait, il ne voulait pas qu’elles urinent sur son lit lorsqu’il les étranglerait (les victimes de strangulation souffrent souvent d’incontinence). Il avait un rapport sexuel en se plaçant derrière elle. De cette manière, il était plus simple pour lui de les surprendre en passant son bras autour de leur cou pour les asphyxier : une technique qu’il avait apprise à l’armée. Il avait été fou de rage lorsque certaines de ses victimes l’avaient mordu ou griffé. Il avait alors décidé de les attacher avec des cordes, un t-shirt, une ceinture ou une serviette. Il avait même fait couler de l’acide de batterie sur son bras après que Marie Malvar l’ait griffé au sang, pour cacher sa blessure. Il planifiait à l’avance comment et où il allait se "débarrasser" des corps de ses victimes. « Je les traînais en dehors de ma maison dans un plastique ou sur une vieille couverture et je les mettais dans mon pick-up. Je m’en débarrassais immédiatement ». Ridgway déshabillait souvent ses victimes une fois qu’elles étaient mortes, avant d’abandonner leur corps, puis jetait les vêtements dans des bennes destinées à recueillir les habits usagés pour des associations caritatives, afin que les policiers ne trouvent pas son sperme. Il coupait les ongles des victimes qui l’avaient griffé pour ne pas laisser le moindre morceau de peau. Il prenait également le temps de nettoyer ses pick-up et sa maison afin d’effacer toutes traces de ses victimes. Il abandonnait les corps dans des endroits isolés, dans des ravins, dans les bois ou près d’autoroutes non loin de la Green River ou de l’aéroport de Sea-Tac. Il a souvent abandonné plusieurs victimes dans un même endroit. Il laissait également des mégots de cigarettes et des chewing-gums usagés, trouvés ça et là, sur les lieux où il abandonnait les corps, pour embrouiller les enquêteurs. Il prenait également des publicités de motels ou de location de voiture à l’aéroport et les laissait là aussi, pour faire croire qu’il était un voyageur. Ridgway n’a jamais gardé aucun trophée ou souvenir de ses meurtres chez lui, contrairement à la majorité des tueurs en série. Il lui arrivait toutefois de voler les bijoux de ses victimes, puis de les laisser dans les toilettes des femmes de l’entreprise Kenworth, où il travaillait. « J’adorais lorsque je voyais quelqu’un marcher avec l’un des bijoux qu’elle avait trouvés dans les toilettes ».
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Motivations :
Ridgway n’est pas fou. Ces avocats n’ont même pas tenté de le suggérer. Il n’est pas non plus un génie et a même un QI légèrement en dessous de la moyenne. Il était pourtant doté d’une excellente mémoire... pour certaines choses et pas d’autres. Et il a été capable de préméditer ses meurtres longtemps à l’avance. C’est parce qu’il est un sociopathe que Ridgway est parvenu à confondre le détecteur de mensonges, un appareil qui détecte le stress. Il ne ressentait aucun remord, aucun regret, et était même fier de ses crimes. « J’étais très relax... J’étais tranquille et j’ai répondu aux questions sans me faire de mouron... » Ridgway a admis aux psychologues qui l’ont interrogé qu’il aurait tué son épouse, sa mère, son fils et quiconque l’aurait empêché de "survivre" ou de continuer à tuer. Il ne l’avait pas fait parce qu’il ne voulait pas se faire prendre et aller en prison. Ridgway est un être froid, totalement dénué d’émotion, une machine à tuer. Nombreuses furent les victimes qui le supplièrent de ne pas les tuer, en parlant de leurs enfants ou de leur famille. Mais Ridgway s’en moquait. Le sociopathe typique, Gary Ridgway ne se souvenait pas de toutes ses victimes. Selon lui, il en avait tué tellement qu’il « avait du mal à faire le compte ». Il n’a jamais voulu connaître leur nom, ni quoi que ce soit d’elles, car il les considérait uniquement comme des "objets jetables après utilisation". Ridgway ne se souvenait ni des visages ni des noms de ses victimes. Il se rappelait de tous les véhicules qu’il avait possédés, des maisons où il avait vécu étant enfant, de ses changements de postes à la Kenworth, des endroits précis où il avait abandonné les corps, de la météo les jours où il avait tué. Il se souvenait des objets mais pas des personnes vivantes. Ses victimes n’avaient pas la moindre importance pour lui. Elles n’avaient eu pour lui que quelques minutes d’existence, le temps qu’elles le satisfassent sexuellement, puis étaient devenues des "objets jetables". Il reconnaissait les endroits sur des photos mais jamais les visages. Il affichait un mépris immense pour les femmes, et plus particulièrement pour les prostituées. Il était littéralement obsédé par les prostituées, une fixation qui ressemblait à une relation amour / haine. Ses voisins l’entendaient souvent se plaindre des prostituées qui travaillaient dans son quartier, mais il lui arrivait très souvent de requérir leurs services. Ridgway avait un appétit sexuel inhabituel. Ses 3 ex-épouses (Judith Lynch a divorcé en 2003) et plusieurs de ses petites amies expliquèrent aux journalistes qu’il était sexuellement insatiable et qu’il voulait coucher avec elle plusieurs fois par jour (comme Albert DeSalvo). Il lui arrivait souvent de vouloir le faire dans un endroit public ou dans les bois, même dans les endroits où certains corps avaient été découverts. Ridgway a expliqué avoir eu des rapports avec des centaines de femmes durant sa vie et ne se souvenait plus lesquelles avaient été ses victimes et lesquelles il avait laissées partir sans leur faire de mal. Ridgway avait le comportement classique des tueurs en série : il aimait tuer et tuer encore, car le meurtre lui donnait une sensation de pouvoir et de domination qui lui manquait dans sa vie de tous les jours. Il se sentait dominé par sa mère et ses épouses, et il voulait redevenir "le maître". Il enterrait les corps de ses victimes dans des endroits isolés afin que les corps ne soient pas retrouvés et qu’il puisse revenir sur les lieux pour se souvenir du plaisir qu’il avait ressenti en les assassinant. Ridgway pensait que les corps de ses victimes lui appartenaient, aussi longtemps qu’ils n’étaient pas découverts par la Force spéciale. « Une personne très belle qui était ma propriété... heu... ma possession, quelque chose que j’étais le seul à savoir, et qui me manquait lorsqu’elle était retrouvée ou que je la perdais ». Il expliqua que c’était la raison pour laquelle il avait transporté certains squelette jusqu’en Oregon. Il ne voulait plus que la Force Spéciale trouve aucune de ses "possessions". Les cadavres étaient à la fois un fardeau dont il voulait se débarrasser et un trésor qu’il voulait garder. Lorsque les policiers l’interrogèrent en 2001 et 2003, Ridgway prit plaisir à leur raconter ses crimes. Il parlait d’une manière mécanique et très froide, n’éprouvait pas le moindre remord et tenta de minimiser ses actes. Il nia avoir prémédité ses meurtres. De manière très classique pour un tueur en série, il accusa les victimes de l’avoir provoqué en lui demandant de se presser ou en ne semblant pas apprécier le rapport sexuel. Elles l’avaient « rendu fou », c’était de leur faute... C’était également de la faute de ses collègues féminines s’il n’avait jamais obtenu de promotion à la Kenworth Company. C’était la faute de ses deux premières épouses s’il avait divorcé. Rien n’était jamais de sa faute. Certaines choses l’énervaient énormément et la seule manière qui existait pour relâcher la pression était de tuer de femmes... En fait, il finit par admettre qu’il aimait tuer et qu’il le faisait uniquement par plaisir. « Je voulais seulement coucher avec elles et les tuer ». Ridgway, comme de nombreux autres tueurs en série, est devenu graduellement de plus en plus pervers et ses perversions ont empiré. Adolescent, il s’est frotté aux filles et s’exposait devant ses voisines, puis, il est devenu voyeur et s’est mis à suivre des jeunes femmes. A l’âge adulte, il a violé et tué pour ressentir un plaisir sexuel. Et finalement, il est devenu nécrophile. Ridgway a admis avoir eu des rapports sexuels avec les cadavres d’environ dix de ses victimes. « Je devais les enterrer et les emmener très loin pour ne pas revenir et avoir un rapport sexuels avec elles. J’avais un besoin de faire ça. C’était un soulagement sexuel pour lequel je n’avais pas besoin de payer. Peut-être que ça me donnait un pouvoir sur elles ». « Je sortais du boulot et j’allais coucher avec elles. Et ça pouvait durer un ou deux jours jusqu’à ce que je ne puisse plus, jusqu’à ce que les mouches arrivent. Alors je les enterrais et les recouvrais. Et alors j’en cherchais une autre. Parfois, j’en tuais une un jour et une autre le lendemain, alors je n’avais pas à revenir à la première ». Ridgway a expliqué qu’un week-end, il avait tué une victime alors que son fils, qui avait alors 8 ans, était dans la voiture. Il l’avait emmenée près de l’aéroport de SeaTac et, alors que le garçon était resté dans la voiture, il avait étranglé la jeune femme. Lorsqu’il était revenu à la voiture, son fils lui avait demandé où était « allée la femme » et il lui avait répondu qu’elle était repartie chez elle. Une autre fois, il était revenu à un endroit où il avait abandonné un corps pour avoir un rapport nécrophile. Son fils dormait dans son pick-up, à 10 m de là. Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il aurait fait si son fils s’était réveillé et l’avait menacé de tout raconter, Ridgway a hésité. « L’auriez vous tué ? » « Non... Enfin... Peut-être que je l’aurais fait » Il expliqua qu’il ne revenait pas vers toutes ses victimes. Il « punissait » celles qui s’étaient débattue et l’avaient mis en colère en les abandonnant seules dans un endroit désert et reculé. Ridgway affirmait que sa colère était une réaction normale envers sa seconde épouse, qui n’avait plus voulu de lui. Mais après son divorce, Ridgway était sorti avec plusieurs femmes et avait eu de nombreuses partenaires sexuelles. Il ne s’était pas arrêté de tuer pour autant. « Parfois, le besoin de tuer n’était pas là. C’était parce que ça avait été un bon jour au travail. Quelqu’un me tapait dans le dos en me disait que j’avais bien travaillé, ce qui était rare. Ou bien c’était le jour de mon anniversaire... ou simplement parce que je n’avais pas le temps de les tuer et de les emmener quelque part ». Gary Ridgway avait une relation "inappropriée" avec sa mère, Mary. Un jour, alors qu’il avait 13 ou 14 ans, elle l’avait humilié et stimulé sexuellement en le lavant après qu’il ait mouillé son lit. « Elle m’a dit ‘Seuls les bébés mouillent leur lit’. Elle m’a humilié. Je ne ressentais pas beaucoup d’amour à cette époque ». Mais sa mère avait passé plus d’un quart d’heure à laver et essuyer son sexe, se souciant peu de son érection. Il lui était également arrivé de se présenter à lui à moitié nue. Ridgway eut du mal à admettre qu’il avait été excité sexuellement en la voyant. Il insistait sur le fait qu’il n’avait jamais touché sa mère mais qu’il en avait eu envie. Tout comme il avait eu envie de la poignarder, bien qu’il n’ait -soi disant- jamais ressenti de colère envers elle ! Ridgway connaissait Carol Christensen et l’appréciait car elle avait été « gentille et patiente » avec lui. Il savait qu’elle avait une petite fille et un nouvel emploi. Le 3 mai, il l’avait emmenée chez lui mais, contrairement aux fois précédentes, elle lui avait demandé de se dépêcher car elle était pressée de rentrer chez elle. Cela l’avait rendu fou de rage et il l’avait étranglée. « J’ai été obligé de la tuer... » Il l’avait ensuite rhabillée et avait tranquillement bu la bouteille de Lambrusco pour se détendre. Il avait prit la bouteille vide, les truites que quelqu’un lui avait offertes ainsi qu’une saucisse dans son frigo, et avait conduit le corps de Carol Christensen jusqu’à la Maple Valley. « J’ai laissé le poisson et la saucisse pour attirer les animaux. Je n’en voulait pas parce que je ne cuisine pas ». Il voulait également que la scène du crime soit différente des autres, afin de confondre les enquêteurs. Elle est la seule victime qui a provoqué une once de remord chez Ridgway. « J’ai mis le sac à provisions sur sa tête et je me suis allongé à côté d’elle... J’ai pleuré parce que je l’avais tuée ». (Ce jour là, Ridgway a eu énormément de chance. Il a croisé une voiture de police qui n’a pas tourné dans la rue qu’il venait de quitter et Matt Haney a garé sa voiture à moins d’1 km de l’endroit où Ridgway avait laissé le corps de la jeune femme). Ridgway a affirmé ne plus avoir tué après 1985... puis a avoué avoir menti. « Après 1985, j’avais une nouvelle femme qui s’occupait de moi ». Selon lui, lorsqu’il se sentait en colère, il tondait la pelouse. Quand on lui demanda pourquoi il n’avait pas admis où se trouvaient les corps dès 1985, il répondit qu’il ne voulait pas aller en prison. Tout se rapporte toujours à lui. Lorsque les familles des victimes l’ont traité de « démon », de « mal absolu », Ridgway a répondu qu’elles avaient raison. Mais ça n’était « pas sa faute ». Il avait tué « par manque d’amour »... Et pourtant, il avait expliqué à Reichert quelques semaines plus tôt qu’il a tué ses victimes parce que : « J’avais un appétit insatiable, parce qu’elles étaient prostituées. Je voulais les tuer... Je voulais les contrôler... Vous ne pouvez pas contrôler les gens sans les tuer... Je les détestais ». Pour Ridgway, son manque de compassion pour les autres était dû à son « incapacité à lire » ! Il voulait trouver n’importe qu’elle excuse pour ne pas assumer la responsabilité de ses crimes. Ridgway est un homme banal et minable qui prenait plaisir à assassiner des femmes sans défense, dans un tel état de désespoir qu’elles montaient dans le véhicule d’un homme qui leur était totalement étranger, afin de vendre leur corps pour 30 petits dollars.
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Citations :
- « J’en ai tué quelques unes dehors. Je me souviens avoir laissé les corps de chaque femme aux endroits où on les a trouvés. J’ai tué la plupart dans ma maison près de Military road et j’en ai tué beaucoup dans mon camion, pas loin de là où je les avais ramassées » : Ridgway, parlant nonchalamment de ses victimes.
- « J’ai choisi des prostituées comme victimes parce que je déteste la plupart des prostituées et je ne voulais pas les payer pour du sexe. Je les ai aussi choisies parce qu’elles étaient faciles à prendre sans se faire remarquer. Je savais qu’on ne déclarerait pas leur disparition avant un bon moment, voir jamais. J’ai choisi des prostituées parce que je pensais que je pourrais en tuer autant que je voulais sans jamais être arrêté » : déclaration de Ridgway au juge.
- « > Je les détestais... Je m’en foutais totalement d’elles... Elles étaient toutes des détritus pour moi, des ordures... > Pourquoi ? > Les femmes ont toujours eu le contrôle sur moi. Elles m’ont utilisé... Je n’ai jamais eu d’amour. Personne ne m’a aimé. Alors je les ai toutes baisées » : Ridgway, interrogé par un enquêteur.
- « Je vais avec une personne qui est d’accord pour avoir un rapport et ensuite je la tue. Je ne suis pas un de ces gars qui viole et qui tue des femmes. Ca, c’est des pauvres types. Je n’ai aucune considération pour eux. Je ne suis pas un violeur. Je suis un meurtrier, pas un violeur » : Ridgway expose son sens des valeurs...
- « Vous savez, je vous ai rendu un service, à vous, les flics. Tuer des prostituées que vous n’arriviez pas à contrôler, alors que moi, j’y arrive. Vous pouvez pas leur faire de mal. Vous les arrêtez, vous leur passez les menottes, peut-être que vous les secouez de temps en temps, mais ça s’arrête là. Mais vous n’arrivez pas à stopper le problème. Moi, je vous faisais une fleur... Dès qu’elles sont dehors après avoir payé une amende, elles se retrouvent sur le trottoir avec une nouvelle identité et vous, vous avez toujours le même problème. Moi, j’avais trouvé la réponse. » : Ridgway, interrogé par un enquêteur.
- « Bien sûr, je suis désolé d’avoir fait ça, mais je ne tuais pas des personnes » : le tueur en série dans toute sa splendeur...
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David Koresh .Waco les Davidiens . Parti 1 .
30/09/2011 17:49 par TueursEnSerie
David Koresh .Waco les Davidiens . Parti 1 .
30/09/2011 17:49 par TueursEnSerie
David Koresh, de son vrai nom Vernon Wayne Howell (17 août 1959-19 avril 1993) est le leader du groupe religieux des « Davidiens », dont 82 membres périssent, lors du siège de leur résidence par les ATF et le FBI, à Waco (Texas), le 19 avril 1993.
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Enfance :
Vernon naît à Houston, au Texas, d'une mère célibataire (Bonnie Sue Clark) et d'un père charpentier (Bobby Howell), qui disparaît, alors qu'il a deux ans. Koresh rapporte que son enfance est solitaire ; certaines sources disent qu'il aurait été violé par des garçons plus âgés. Dyslexique, avec de mauvais résultats scolaires, qui lui valent le sobriquet de « mister retardo » (« monsieur le demeuré »), il quitte rapidement l'école. À l'âge de 12 ans, il connaît le nouveau testament par cœur. À 19 ans, il a une liaison avec une jeune femme qui, découvrant qu'elle est enceinte, l'abandonne parce qu'elle le juge incapable de s'occuper d'un enfant. Il rejoint alors l'église de sa mère, l'Église adventiste du septième jour où il tombe amoureux de la fille du pasteur. Le pasteur l'expulse de la congrégation à cause de son insistance à vouloir épouser sa fille.
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L'accession au trône :
En 1981, il déménage à Waco où il se joint à la communauté des Davidiens, un groupe religieux résultant d'une première division avec les adventistes du septième jour dans les années 1930 et d'une autre dans les années 1950. En 1983, il déclare avoir acquis le don de prophétie. C'est alors qu'il débute une liaison avec Lois Roden, la femme d'une soixantaine d'années qui est alors leader du groupe. Cette dernière autorise Koresh à enseigner en son nom propre au sein de la communauté. Mais son fils, George Roden, qui avait été pressenti pour être le futur leader, chasse Koresh de la résidence, l'arme au poing. Avec 25 membres, Koresh s'établit à deux kilomètres de la résidence pendant deux ans. Lois Roden meurt en 1986. C'est à cette époque que Koresh, qui avait été un ardent défenseur de la monogamie, décide que la polygamie est bonne pour lui. En septembre 1986, il prêche que 140 femmes lui sont destinées, 60 en tant que ses « reines » et 80 en tant que concubines. Il a alors une relation avec Karen Doyle, une jeune fille de 14 ans qu'il nomme sa seconde femme. Selon David Bunds, un ancien Davidien, cette nouvelle doctrine de polygamie est établie à son profit, afin qu'il puisse avoir des rapports sexuels avec de jeunes filles sans souffrir de culpabilité. George Roden, fin 1987, peine à conserver une quelconque autorité sur le groupe des davidiens. Il aurait dès lors décidé de défier Koresh dans un concours de « résurrection des morts ». Koresh débarque alors à la résidence, avec 7 de ses amis armés ; des échanges de tirs ont lieu entre Roden et les hommes de Koresh. Un procès pour tentative de meurtre conduit à l'acquittement de Koresh et de ses hommes, notamment en raison d'un vice de procédure.
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Koresh :
Au cours d'un voyage qu'il fait en Israël, en 1985, Koresh dit avoir la vision qu'il est le Cyrus moderne et que la résidence du Mont Carmel à Waco est le centre du royaume de David. Koresh est une translittération, en hébreu, du nom Cyrus, le roi Perse qui avait permis aux Juifs dispersés à travers Babylone de retourner à leurs terres. Le roi David est également mentionné comme « Messiah » dans la Bible hébraïque ; le choix d'associer les deux noms lui apparaît alors. Durant le siège de Waco, il en donne une autre explication à un négociateur du FBI :
Koresh : « Comment le Christ se révèle-t-il dans le quatrième sceau ? »
FBI : « Comme un cavalier sur un cheval pâle. »
Koresh : « Et quel était son nom ? »
FBI : « Mort ! » Koresh : « Vous savez ce que signifie Koresh ? »
FBI : « Dites-le moi ! »
Koresh : « Cela veut dire : mort ! »
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La domination de Koresh :
Selon Jeannine Bunds, ancienne membre de la communauté, Koresh a « au moins 15 enfants, issus de différentes femmes et jeunes filles de la résidence ». Certaines n'ont pas plus de 12 ans. Bunds a mis au monde 7 de ces enfants. Un test ADN – effectué sur des femmes et des enfants qui apparaissent dans une vidéo – confirme la paternité. Les tests médicaux qui sont opérés sur les enfants qui ont pu quitter la résidence avant l'incendie conduisent à un bilan indiquant que l'autorité de Koresh est « un environnement psychologique destructeur pour les enfants ». Les enfants doivent appeler leurs parents biologiques des « chiens », Koresh est le « père » et les enfants qui ne sont pas de lui des « bâtards ». Les enfants, dès l'âge de 6 ans, ont connaissance de l'existence, du nom et de l'efficacité d'un nombre considérable d'armes à feu ; ils sont astreints à un entraînement paramilitaire intensif, mais ils ne connaissent pas ce qu'un enfant scolarisé et du même âge est supposé connaître.
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La chute :
Article détaillé : Siège de Waco. Le 28 février 1993, les ATF se présentent à la communauté avec un mandat de perquisition. Le siège qui s'ensuit, afin de déloger les membres de la communauté de leur résidence, dure 51 jours et se termine par un incendie, dont la cause est encore controversée ; le bilan mortifère de la tragédie se chiffre à 82 morts, dont celui David Koresh et de 21 enfants. Il s'agit d'une des grandes affaires dites de « suicide collectif ». Pourtant, il semblerait que, dans quelques cas, certaines causes invoquées de décès divergeraient singulièrement, bien que prétendument imputables aux conséquences réactionnelles du raid policier
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Siège de Waco :
" La résidence durant le second assaut.
On distingue deux chars au milieu des décombres. "
Le siège de Waco est une tragédie qui s'est déroulée du 28 février au 19 avril 1993 dans la résidence du groupe religieux des « Davidiens » près de la ville de Waco au Texas, États-Unis. 82 personnes dont 21 enfants et le leader du groupe, David Koresh, périrent, principalement dans l'incendie qui mit un terme aux 51 jours de siège par les forces de police. L'affaire est considérée comme un des événements les plus catastrophiques de l'histoire américaine moderne, l'action la plus meurtrière du gouvernement américain contre ses propres citoyens depuis la guerre de Sécession. Les controverses soulevées par la gestion du conflit se poursuivent à ce jour.
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Les Branch Davidians :
Les Davidiens (Branch Davidians) est le nom donné à un groupe religieux issu de l'Église adventiste du septième jour et fondé au début des années 1930 en Californie. Le groupe, de plus d'une centaine de membres, s'établit plus tard dans une propriété baptisée « Mont Carmel » près de Waco dans le Texas, lieu de l'événement en question. Leur leader, depuis les années 1980, avait pour nom Vernon Howell et se faisait appeler David Koresh.
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Origine de la tragédie :
En 1992, l'ATF (Bureau fédéral des alcools, tabacs, armes à feu et explosifs), dépendant du ministère de la Justice des États-Unis, reçut des plaintes concernant des tirs d'essai d'armes automatiques à la résidence des Davidiens. L'enquête révéla que le groupe possédait environ 150 armes. Les Davidiens affirmaient qu'elles étaient toutes détenues légalement, comme la loi américaine l'autorise, mais l'ATF prétendait que certaines avaient été converties d'armes semi-automatiques en armes automatiques. L'ATF, après quelques mois de surveillance, obtint un mandat de perquisition et d'arrêt pour le leader David Koresh ainsi que quelques-uns de ses adeptes à cause des armes illégales que le groupe aurait possédé. Le premier assaut, nom de code « Showtime », fut donné le 28 février 1993.
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Le premier assaut :
Le dimanche matin du 28 février 1993, à 9h45, un important groupe de l'ATF (environ 76 agents et 80 véhicules) se positionne autour de la résidence du Mont Carmel. David Koresh se serait alors présenté à la porte avec son beau-père, sans arme, en s'écriant : « Discutons, il y a des femmes et des enfants ici ! ». Pour une raison non élucidée, les agents de l'ATF ont alors tiré, blessant Koresh à deux endroits et blessant mortellement son beau-père, Perry Jones, qui succombera quelques instants plus tard. L'ATF a prétendu qu'ils avaient tiré parce qu'ils avaient entendu des tirs venant de la résidence. Les Davidiens déclarèrent que les agents de l'ATF avaient tiré sans raison alors que leur leader s'était présenté à la porte pour discuter. Quelques minutes après cette prise de contact catastrophique, à 9 h 48, un Davidien, Wayne Martin, a appelé le 911, implorant les autorités de faire cesser les tirs contre eux (des bandes audio officielles confirment cet appel). Un groupe de 8 agents de l'ATF fut alors envoyé pour investir les lieux par les toits, soutenus par un hélicoptère qui aurait accompagné leur assaut par des tirs depuis le ciel. Cette seconde phase de l'assaut a coûté la vie à Steve Willis, Robert Williams, Todd McKeehan et Conway LeBleu, quatre agents de l'ATF. Winston Blake, Peter Gent, Peter Hipsman et Jaydean Wendel, des Davidiens, furent tués dans cette même phase. Là encore, les versions diffèrent. L'ATF affirme que leurs agents furent tués par les Davidiens, une fois à l'intérieur, alors que les Davidiens prétendirent eux que les supposés tirs de l'hélicopère avaient tué les agents ainsi que les leurs. Un autre Davidien, Michael Schroeder, qui était à l'extérieur de la résidence et qui tenta de rejoindre son groupe, fut abattu par l'ATF à 16h55. À nouveau, les versions diffèrent, les forces de l'ordre prétendant qu'il avait tenté de pénétrer les lieux en tirant sur la centaine d'agents présents, et les Davidiens prétendant, eux, que l'homme avait été abattu froidement, comme vengeance de l'ATF contre leur groupe. Sa femme déclara ensuite qu'il revenait simplement de son travail et avait été tué sans sommation, son corps abandonné pendant trois jours sur le terrain découvert entre la résidence et les véhicules de l'ATF. À 19h30 de ce même jour, David Koresh est interviewé par CNN. Le FBI, qui reprendra alors les opérations en main, après le fiasco de l'ATF, demandera aux journalistes de ne plus faire d'interviews.
David Koresh .Waco les Davidiens . Parti 2 .
30/09/2011 18:06 par TueursEnSerie
David Koresh .Waco les Davidiens . Parti 2 .
30/09/2011 18:06 par TueursEnSerie
Le siège :
Durant les 51 jours de siège qui suivirent, les Davidiens demeurèrent retranchés à l'intérieur de la résidence, à l'exception de quelques-uns qui sortirent et se rendirent aux autorités. 25 négociateurs du FBI restèrent successivement en contact avec Koresh par téléphone. L'équipe était dirigée par Richard Rogers, un agent qui avait pourtant été sévèrement critiqué pour son attitude à l'assaut de Ruby Ridge. David Koresh argumentait son repli par le fait qu'il serait abattu s'il sortait alors qu'il devait terminer son travail en cours, le commentaire d'un texte biblique : les sept sceaux de l'Apocalypse. Le dialogue surréaliste entre Koresh et les négociateurs (qui n'étaient pas formés pour comprendre le langage utilisé par le leader), conduisit à de nombreuses méprises et irritations. Les agents n'étaient pas plus préparés à la détermination des membres du groupe à ne pas céder. Koresh prétendait avoir demandé à ceux qui voulaient sortir de quitter la résidence (ce que certains ont fait) et que ceux qui étaient restés l'avaient fait de leur plein gré. Les négociateurs ont accepté au début l'idée que Koresh termine son commentaire écrit, mais les négociations ont dégénéré ensuite. Le siège a rapidement provoqué la frustration des deux côtés. Dans un premier temps, Koresh fut autorisé à diffuser un message à la radio, afin de l'inciter à une reddition pacifique. Mais après le message, Koresh déclara que « Dieu lui avait demandé de rester, et d'attendre ». Cependant, dans le même temps, les négociateurs parvinrent à faire sortir 19 enfants de moins de 12 ans, sans leurs parents. Le neuvième jour, les Davidiens produisirent une bande vidéo qui tentait de démontrer que personne n'était retenu en otage à l'intérieur du bâtiment. La bande montrait les 21 enfants qui étaient encore dans la résidence. Mais la vidéo ne fut montrée au public que beaucoup plus tard après la fin du siège, les agents jugeant qu'elle « attirerait la sympathie du public » si elle était montrée à ce stade de l'assaut. Les agents du FBI, dont certains étaient partagés sur la méthode à employer, décidèrent de harceler les occupants de la résidence, jour et nuit, par de fausses charges de char d'assaut, par des sons stridents et des lumières permanentes qui devaient empêcher tout le monde de fermer l'œil à l'intérieur du bâtiment. Plus tard dans le déroulement de l'événement, l'électricité et l'eau furent également coupées. À ce stade, Koresh demanda à 11 membres du groupe de quitter le bâtiment. Plusieurs universitaires, spécialisés dans les questions religieuses et bibliques, tentèrent d'alerter les forces de l'ordre en leur indiquant que leur assaut ne pourrait que conforter Koresh et ses disciples dans leur vision apocalyptique et faire d'eux des martyrs. Cette erreur d'appréciation semble avoir été une cause centrale de la dérive de l'assaut.
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Le second assaut :
Char abattant le mur et le toit du gymnase Après 51 jours, le FBI prétendit alors qu'il avait l'assurance que le groupe allait commettre un suicide collectif. Le procureur général, Janet Reno, approuva alors l'idée d'un assaut final. Des gaz lacrymogènes furent alors insufflés dans le bâtiment par des chars qui percèrent des trous directement dans les murs (effondrant quelques façades fragiles au passage). L'utilisation de ces gaz a été critiquée par la suite, puisqu'elle condamnait les jeunes enfants à une mort immédiate, alors que les adultes pouvaient les supporter pendant quelques minutes. Personne ne sortit, les occupants ayant trouvé un lieu de repli dans la résidence (dans un bunker/garde manger où les corps furent retrouvés ensuite). À 12h07, les premières flammes visibles apparurent sur le bâtiment. À 12h55 le brasier avait consumé la totalité du bâtiment. Le FBI défend la thèse que les Davidiens se sont suicidés en versant de l'essence dans le bâtiment. Les quelques Davidiens survivants et d'autres témoins disent que ce sont les gaz qui ont mis le feu à l'intérieur, simplement parce que les occupants n'ayant plus d'électricité, les lampes à pétroles auraient été renversées par les chars et auraient mis le feu au bâtiment alors que tous les membres étaient regroupés dans la chambre froide au centre de la résidence. D'autres témoins parlent de missiles incendiaires envoyés sur le bâtiment. Cette thèse a fait couler beaucoup d'encre, d'autant plus qu'il fut prouvé que de telles armes avaient effectivement été utilisées26, sans démontrer cependant qu'elles avaient bien déclenché l'incendie général. À 15h45, la mort de David Koresh est confirmée (certaines photos montrent un impact de balle dans le crâne).
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Le bilan :
86 morts, incluant les agents de l'ATF, 20 blessés, 9 Davidiens survivants condamnés pour possession illégale d'armes. Plusieurs des Davidiens innocentés et les familles des morts ont porté plainte contre le gouvernement des États-Unis et autres organes officiels. Ils furent déboutés. L'ATF a cependant été sévèrement critiqué à la suite de l'assaut, à la fois sur le contenu du mandat de perquisition et d'arrêt (le 13 juillet 1995, le Treasury department a fait connaître la liste des armes détenues par les Davidiens, aucune n'était une arme automatique, l'accusation à l'origine de l'assaut) et sur les méthodes (en particulier l'utilisation d'hélicoptères qui, selon la législation américaine, ne peuvent être utilisés qu'en cas de guerre ou de trafic de drogue, ce qui n'était pas le cas de cette affaire, ainsi que plusieurs mensonges sur les types d'armes utilisés pendant l'assaut qui ont conduit à des condamnations parmi les forces de l'ordre). Le fait que le FBI ait fait raser les restes du bâtiment le 12 mai 1993, soit moins d'un mois après l'assaut final, a été également critiqué comme un acte qui pourrait être considéré comme suspect de la part des autorités avant qu'une enquête puisse être conduite sur les lieux. La question « qui a tiré en premier ? » reste ouverte depuis des années, puisqu'aucune des enquêtes, contradictoires selon ceux qui les menaient, n'ont pu déterminer précisément ce qui s'est passé ce jour-là, d'autant plus que les médias avaient été tenus à distance. Malgré les controverses qui n'ont pas cessé jusqu'à ce jour, il semble clair qu'au moins un certain nombre des Davidiens ont répondu aux tirs de l'ATF et se seraient défendus contre le FBI lors de l'assaut final. Il semble également que les multiples erreurs tactiques, psychologiques et la pression que subissaient les forces de l'ordre aient joué une large part dans la fin tragique de ce qui devait être une simple perquisition au départ. L'autopsie des corps retrouvés dans la résidence a ouvert un nouveau débat, car elle démontra que plusieurs enfants étaient bien morts à cause des gaz lacrymogènes, plusieurs adultes étaient morts de balles dans la tête, et d'autres avaient eu le crâne fracassé. Qui avait commis ces crimes ? Une escouade de forces d'intervention est entrée dans le bâtiment pendant l'incendie et en est ressortie ensuite. Des images de cet assaut non officiel montrent que des échanges de tirs auraient eu lieu à ce moment-là. Certains Davidiens soutiennent que ce groupe avait été envoyé pour abattre Koresh et ses proches collaborateurs. La présence de deux officiers de la Delta Force auprès de Janet Reno lors de l'étude des plans d'assaut a jeté un trouble, de même que la présence de membres du Special Air Service britannique au siège de Waco mais on ignore toujours le rôle exact qu'il a joué.
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Liste des victimes :
1. Katherine Andrade, 24 ans
2. Chanel Andrade, 1 an
3. Jennifer Andrade, 19 ans
4. George Bennett, 35 ans
5. Susan Benta, 31 ans
6. Mary Jean Borst, 49 ans
7. Pablo Cohen, 38 ans
8. Abedowalo Davies, 30 ans
9. Shari Doyle, 18 ans
10. Beverly Elliot, 30 ans
11. Yvette Fagan, 32 ans
12. Doris Fagan, 51 ans
13. Lisa Marie Farris, 24 ans
14. Raymond Friesen, 76 ans
15. Sandra Hardial, 27 ans
16. Zilla Henry, 55 ans
17. Vanessa Henry, 19 ans
18. Phillip Henry, 22 ans
19. Paulina Henry, 24 ans
20. Stephen Henry, 26 ans
21. Diana Henry, 28 ans
22. Novellette Hipsman, 36 ans
23. Floyd Houtman, 61 ans
24. Sherri Jewell, 43 ans
25. David M. Jones, 38 ans
26. David Koresh, 33 ans
27. Rachel Koresh, 24 ans
28. Cyrus Koresh, 8 ans
29. Star Koresh, 6 ans
30. Bobbie Lane Koresh, 2 ans
31. Jeffery Little, 32 ans
32. Nicole Gent Little, 24 ans
33. Dayland Gent, 3 ans
34. Page Gent, 1 an
35. Livingston Malcolm, 26 ans
36. Diane Martin, 41 ans
37. Wayne Martin, Sr., 42 ans
38. Lisa Martin, 13 ans
39. Sheila Martin, Jr., 15 ans
40. Anita Martin, 18 ans
41. Wayne Martin, Jr., 20 ans
42. Julliete Martinez, 30 ans
43. Crystal Martinez, 3 ans
44. Isaiah Martinez, 4 ans
45. Joseph Martinez, 8 ans
46. Abigail Martinez, 11 ans
47. Audrey Martinez, 13 ans
48. John-Mark McBean, 27 ans
49. Bernadette Monbelly, 31ans
50. Rosemary Morrison, 29 ans
51. Melissa Morrison, 6 ans
52. Sonia Murray, 29 ans
53. Theresa Nobrega, 48 ans
54. James Riddle, 32 ans
55. Rebecca Saipaia, 24 ans
56. Steve Schneider, 43 ans
57. Judy Schneider, 41 ans
58. Mayanah Schneider, 2 ans
59. Clifford Sellors, 33 ans
60. Scott Kojiro Sonobe, 35 ans
61. Floracita Sonobe, 34 ans
62. Gregory Summers, 28 ans
63. Aisha Gyrfas Summers, 17 ans
64. Startle Summers, 1 an
65. Lorraine Sylvia, 40 ans
66. Rachel Sylvia, 12 ans
67. Hollywood Sylvia, 1 an
68. Michelle Jones Thibodeau, 18 ans
69. Serenity Jones, 4 ans
70. Chica Jones, 2 ans
71. Little One Jones, 2 ans
72. Neal Vaega, 38 ans
73. Margarida Vaega, 47 ans
74. Mark H. Wendell, 40 ans
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Le siege de Waco , parti 1:
Le siege de Waco , parti 2:
Le siege de Waco , parti 3 :
Le siege de Waco , parti 4:
Le siege de Waco , parti 5:
Le siege de Waco , parti 6:
Affaire Dominici .Parti 1.
30/09/2011 13:29 par TueursEnSerie
Affaire Dominici .Parti 1.
30/09/2011 13:29 par TueursEnSerie
L’affaire Dominici est une affaire criminelle survenue en France. Dans la nuit du 4 au 5 août 1952, trois Anglais, Jack Drummond, sa femme Anne et leur fille Elizabeth sont assassinés près de leur voiture à proximité de La Grand'Terre, la ferme de la famille Dominici, sur la commune de Lurs dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le patriarche Gaston Dominici a été accusé du triple meurtre, condamné à mort sans que sa culpabilité ait jamais été clairement établie, puis gracié en 1960 par le général de Gaulle. L'affaire fut suivie par plusieurs journalistes, tant français qu'étrangers.
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Historique :
_ Le triple meurtre :
Au soir du 4 août 1952, alors qu'ils sont en vacances en France avec leur voiture, une Hillman vert amande immatriculée NNK 686, les Drummond font une étape au bord de la route nationale 96, à 165 mètres de La Grand'Terre, une ferme modeste malgré son nom, située sur le territoire de la commune de Lurs dans les Basses-Alpes (aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence). L'emplacement est proche d'une borne kilométrique, le kilomètre 32, indiquant d'une part que Peyruis est distant de 6 km au nord, d'autre part que La Brillanne se trouve à 6 km au sud. Un large chemin empierré permet de descendre jusqu'aux rives de la Durance. Un pont enjambe la voie ferrée à 60 m de la route. Un sentier serpente de part et d'autre de la voie ferrée et de la pente de la Durance.
La Grand'Terre est occupée par les Dominici, une famille d'agriculteurs comprenant Gaston, le patriarche, 75 ans, Marie son épouse, 73 ans, Gustave leur fils, 33 ans, Yvette, 20 ans, la femme de Gustave et leur bébé Alain, 10 mois. La famille est d'origine italienne, l'arrière-grand-père piémontais de Gaston s'étant installé à Seyne (Alpes-de-Haute-Provence) comme cultivateur en 1800.
Dans la nuit du 4 au 5 août 1952, six coups de feu sont tirés à 1h10. Passant à 4h30 sur les lieux du crime, Marceau Blanc remarque un lit de camp devant la Hillman de la famille Drummond, ainsi qu'une couverture ou une toile qui masque les vitres droites et le pare-brise de la voiture. À 4h50, passant à son tour, Joseph Moynier ne voit rien de cela. À 5h20, Jean Hébrard aperçoit un lit de camp dressé contre la voiture. Les lieux du crime sont en constante évolution, ce qui semble contredire la thèse de l'intervention brève d'un commando extérieur venu exécuter un contrat.
Gustave Dominici déclare s'être levé à 5h30 et n'avoir découvert que le cadavre de la petite Elizabeth Drummond vers 5h45, le crâne fracassé, à 77 mètres de la voiture sur la pente menant à la Durance ; les cadavres des parents, Anne et Jack Drummond gisent près de leur voiture. Vers 6h00, Gustave interpelle le motard Jean-Marie Olivier et le délègue pour avertir les gendarmes d'Oraison de sa découverte. Alors qu'il possède une moto, il préfère donc faire appel à un passant pour prévenir la gendarmerie.
Vers 6h30, venant de Peyruis, Faustin Roure dépasse à vélomoteur Clovis Dominici et son beau-frère Marcel Boyer sur leurs bicyclettes ; il se rend directement au pont de la voie ferrée pour constater l'état d'un éboulement sur celle-ci, que Gustave lui a signalé la veille, en se déplaçant chez lui vers 21h00. Au même instant, les deux beaux-frères qui se sont arrêtés à La Grand'Terre, apprennent par Gustave que des coups de feu ont retenti vers une heure du matin et qu'il a découvert le cadavre d'une fillette sur la pente menant à la Durance. Les deux hommes se précipitent vers l'endroit et rencontrent F. Roure qui remonte de la tranchée de la voie ferrée. À 15 m de la sortie du pont, ils découvrent le corps de la petite Elizabeth et M. Boyer remarque que Clovis semble connaître la position exacte du petit cadavre et empêche ses compagnons d'approcher au plus près. En revenant sur la route, les trois hommes découvrent les corps des parents ; la mère, sur le dos, entièrement recouverte d'une couverture est en parallèle à gauche de la voiture ; son mari gît sur le dos, recouvert d'un lit de camp, de l'autre côté de la route. Inquiété par ce qu'il a entendu de la conversation à voix basse entre les deux frères lors du retour à la ferme, M. Boyer va nier s'y être arrêté lorsqu'il est interrogé sur son lieu de travail par le gendarme Romanet le 16 août 1952.
Avant de renoncer à ce mensonge, désavoué par F. Roure, le 20 août, quand il est entendu par le commissaire Sébeille, il dit ne pas savoir expliquer pourquoi il a menti. On en saura la raison le 13 novembre 1953, quand Clovis Dominici révèle que Gustave lui parlait des cris d'épouvante et de douleur des Drummond en présence de Marcel Boyer et de Roger Drac.
Entre 6h50 et 7h00, Jean Ricard qui a campé la veille sur le plateau de Ganagobie, passe à pied sur le lieu du drame et son attention est attirée par la voiture et par le désordre qui règne autour de celle-ci ; il contourne la Hillman et voit un lit de camp vide le long de la voiture ; à deux mètres environ à gauche, en parallèle, il découvre une forme humaine à même le sol, recouverte d'une couverture de la tête jusqu'en dessous des genoux avec les pieds en direction de La Grand'Terre.
Vers 7h00, ne voyant pas venir les gendarmes, Yvette Dominici, quoique enceinte de son deuxième enfant, enfourche son vélo et se dirige vers la ferme Sylve, négociant à Giropey, pour téléphoner à la gendarmerie. À la hauteur de la ferme Guillermain, située 350 m au sud de La Grand'Terre, elle rencontre Aimé Perrin et lui apprend que Gustave a découvert une petite fille, massacrée sur le talus de la Durance et mentionne la présence d'une femme habillée de noir, en compagnie des Drummond, vue par Gustave la veille au soir. Yvette demande à Aimé Perrin d'aller téléphoner à sa place. Ce dernier s'en retourne et rencontre au quartier de la Croix les gendarmes Romanet et Bouchier, avant de les accompagner sur les lieux du crime.
Vers 7h30, les deux gendarmes et Aimé Perrin arrivent sur place. Selon ce dernier, Gustave est venu à pied et sans son vélo ; il surgit dans le dos des gendarmes qui viennent de découvrir le corps d'Anne Drummond. Ils trouvent un lambeau de peau de main de 4 cm2 accroché à gauche du pare-choc arrière de la voiture ; il sera remis au commissaire Sébeille dès son arrivée. Les portières avant sont fermées alors que la double portière arrière est poussée, avec la clef à l'extérieur sur la serrure. Ceci exclut que la fillette s'y soit enfermée de l'intérieur. À 6,40 m de l'arrière de la Hillman se situe un puisard d'écoulement derrière lequel les gendarmes remarquent une énorme flaque de sang d'un m² de superficie. Aucun prélèvement sanguin ne sera effectué et on ne saura jamais qui a perdu autant de sang à cet endroit. Les gendarmes trouvent deux douilles et deux cartouches pleines, groupées en paires insolites comprenant chacune une douille et une cartouche intacte. Une paire se trouve à 3 m de l'arrière de la voiture ; l'autre paire se situe à 5 m en perpendiculaire de l'avant-gauche de la voiture et à 1,50 m de Lady Anne. Les deux paires sont distantes d'environ 9 m l'une de l'autre. Les douilles sont marquées LC4 et sont différentes des cartouches pleines marquées WCC 43 et 44. Gustave leur signale le corps de J. Drummond de l'autre côté de la route et indique celui de la fillette sur le talus de la Durance. Les deux gendarmes découvrent des empreintes de pas faites par des semelles de crêpe neuve, allant et venant près du corps d'Elizabeth. Ces empreintes sont protégées avec des branchettes et photographiées.
Romanet emprunte le vélo de Madame Perrin, venue rejoindre son mari, pour aller téléphoner chez le négociant Sylve et demander des renforts. Après 7h45, Faustin Roure revenant de Peyruis, où il est parti informer son chef de district, s'arrête de nouveau à la ferme. Il voit Gaston rentrer ses chèvres et surprend les propos du vieillard et d'Yvette qui lui apprend la tuerie. Nul ne peut affirmer s'il s'agit d'un véritable entretien ou d'un échange feint entre les deux protagonistes à l'attention de Roure, qu'ils ont repéré caché derrière la treille.
Vers 8h00, Bouchier, resté seul sur le bivouac, voit passer Roger Perrin en vélo se dirigeant vers La Grand'Terre. Peu de temps après, ce dernier revient à pied, le vélo à la main, accompagné de son grand-père et de Gustave. Gaston demande au gendarme la permission d'aller recouvrir le corps d'Elizabeth avec une couverture qu'il prend sur le lit de camp. Il sait donc que la fillette n'est pas recouverte.
À 8h15, le capitaine Albert arrive sur les lieux avec les gendarmes Crespy, Rebaudo et Romanet qu'il a récupérés devant chez les Perrin à Giropey. Dès son arrivée le capitaine Albert remarque un vélo au pied du mûrier ; la plaque d'identité lui indique que c'est celui de Gustave. Interrogé, celui-ci dit qu'il est allé chercher de la craie à la demande des gendarmes et qu'il a pris son vélo pour aller au plus vite, ce qui est réfuté par les gendarmes Romanet et Bouchier. De plus, le vélo disparaît sans que personne remarque qui est parti avec, ni quand.
Vers 8h30, arrivent le maire de Lurs, Henri Estoublon, qui a prévenu d'autres édiles, et le docteur Dragon qui commence ses constatations sur les corps des parents Drummond. Lorsqu'il se penche sur celui d'Elizabeth à 9h15, il constate d'une part que les membres et le torse sont encore souples et d'autre part que les pieds sont propres.
Vers 9h15, les Barth, parents d'Yvette, arrivent à la ferme Dominici. Yvette n'étant pas prête, elle sera emmenée par le boucher Nervi au marché d'Oraison et ne reviendra qu'après 16h00, accompagnée par ses parents, alors que d'habitude elle fait ses achats à Forcalquier et rentre pour le repas de midi.
À 9h30, venant de Digne, apparaissent le procureur Louis Sabatier, le juge d'instruction Roger Périès et son greffier Émile Barras.
Vers 10h00, surgit le gendarme maître-chien Legonge avec sa chienne Wasch. Mise en présence d'Elizabeth qu'elle flaire, alors que Gaston, Gustave et Roger observent la scène, la chienne suit le sentier côté Durance sur environ 50 m en progressant vers le nord, puis descend sur la voie ferrée qu'elle suit sur une centaine de mètres en s'éloignant de la ferme, vers Peyruis, puis elle remonte sur la RN 96, traverse la route et monte jusqu'au canal d'arrosage qui se situe 30 m au-dessus de la chaussée et s'arrête là. Personne ne peut comprendre à quoi correspond cet itinéraire. Les constats se font au milieu de dizaines de badauds et d'officiels qui piétinent et perturbent le vaste périmètre du crime ; on ne peut pas exclure l'hypothèse de quelques manipulations ou de menus larcins commis au titre de souvenirs macabres.
Pour le repas de midi, Gustave, Clovis et Paul Maillet se retrouvent dans la cuisine de Gaston ; au cours du repas, P. Maillet apprend qu'Elizabeth a été découverte encore vivante par Gustave. Il dira avoir été choqué que personne n'ait tenté de lui porter secours.