Affaire Dominici .Parti 2 .

30/09/2011 13:38 par TueursEnSerie

  • Affaire Dominici .Parti 2 .

    Affaire Dominici .Parti 2 .

    30/09/2011 13:38 par TueursEnSerie

Les débuts de l'enquête:

 

 L'enquête est confiée au commissaire de police Edmond Sébeille de la 9e Brigade mobile de Marseille. À 15h00, le juge Périès ne voyant pas venir les policiers de Marseille, décide de la levée des corps qui s'effectue à 15h30. Lors de la levée du corps de la fillette, le fossoyeur Figuière découvre un éclat de bois de crosse à dix centimètres de la tête d'Elizabeth et cet éclat passe de main en main sans savoir à quoi il correspond. À l'arrivée des policiers, une altercation éclate entre le commissaire Sébeille, le juge Périès et le capitaine Albert à qui il reproche de ne pas avoir contenu la foule de badauds et de journalistes qui piétine et fouille le périmètre du crime. Selon Sébeille, lui et son équipe sont arrivés à 13h30 à Lurs ; de nombreux journalistes dont André Sevry, correspondant du quotidien Le Monde, situent l'arrivée des policiers marseillais après 16h30. Le 5 août vers 18h00, les inspecteurs Ranchin et Culioli repêchent dans la Durance une carabine de guerre cassée en deux, une US M1 calibre 30. L'arme est en très mauvais état. Il manque plusieurs éléments et elle a été réparée avec des moyens de fortune : le guidon a été remplacé par une demi pièce de un franc de l'époque, le couvre-main en bois qui coiffe le canon est manquant, l'anneau grenadier est remplacé par une bague en duralumin de plaque d'identité de vélo qui maintient le canon au fût et fixé par une vis dans le bois, la dragonne est absente et l'ergot de queue de la culasse est cassé. Il ne peut donc s'agir en aucun cas de l'arme d'un tueur chevronné mais désigne plutôt un bricoleur1. Ce même jour, le camionneur Ode Arnaud déclare à la gendarmerie de Château-Arnoux avoir vu un homme assis à gauche à l'arrière de la Hillman lors de son passage à 23h15 et dépassé vers minuit, trois kilomètres avant Manosque, un side-car dont le side était gauche. Plus tard, les Dominici prétendront que ce side-car s'est arrêté chez eux mais ils situeront sa halte à 23h30. Il s'agit d'une manœuvre destinée à discréditer le témoignage du dénonciateur anonyme qui affirme avoir vu Gustave hors de la ferme en compagnie d'un inconnu entre 23h30 et minuit mais aussi à semer le trouble sur celui d'Ode Arnaud. Vers 19h30, le commissaire Sébeille rencontre pour la première fois Gaston Dominici près de l'endroit où gisait la petite Elizabeth quelques heures plus tôt. Les tatouages et les propos que lui tient le vieux chevrier impressionnent défavorablement le policier. Le 6 août 1952 ont lieu les premières auditions des Dominici et les premières invraisemblances apparaissent. Les Dominici disent avoir entendu les coups de feu mais non les cris et les appels de détresse des victimes. Gaston s'attribue la découverte de l'éclat de crosse de la US M1 et prétend l'avoir trouvé à 30 cm de la tête de la petite victime, peu après 8h00, en recouvrant le corps de la fillette avec une couverture ; il dit aussi l'avoir remis au gendarme Bouchier. Les inspecteurs Culioli et Ranchin découvrent une culotte de fillette dans un fourré du talus de la voie ferrée à 450 m de La Grand'Terre près de la gare sise au sud. L'inspecteur Ranchin le confirmera par écrit, lors de la contre-enquête, au capitaine Albert le 25 août 1955. Francis Perrin, le facteur de Lurs, déclare aux gendarmes qu'il a suivi les Drummond descendant de Lurs en voiture entre 11h30 et midi. Il renouvellera ce témoignage au commissaire Constant le 3 octobre 1952. Les 6 et 7 août, Lucien Duc, camionneur à La Roche-de-Rame témoigne à la gendarmerie de La Bessée (Hautes-Alpes). Il déclare être passé à 0h20 sur les lieux du crime en compagnie de son frère Georges, ils ont vu un inconnu « au visage inquiétant » qui s'est figé sur place à leur approche, à une centaine de mètres de la Hillman en direction de la ferme Dominici. L'inconnu est décrit comme âgé d'environ quarante ans, corpulent, mesurant environ 1,80 m et pourvu d'une chevelure abondante. Les 6 et 13 août 1952, le commissaire Sébeille recueille les témoignages de Henri Conil, entrepreneur de bâtiments, et de Jean Brault, étudiant en vacances à Peyruis. H. Conil dit être passé avec son camion devant la Hillman entre 1h30 et 1h35 en compagnie de l'étudiant en médecine. Les deux hommes disent avoir vu une silhouette bouger dans l'ombre près de la voiture, ce qui voudrait dire que l'assassin ou un complice était encore présent sur place. Le 7 août 1952, une perquisition à la ferme permet de saisir un fusil de chasse de calibre 12, un vieux fusil de guerre Gras rechambré pour la chasse au gros gibier et une carabine 9 mm. Gustave refuse de répondre aux questions des policiers en présentant un certificat de maladie de complaisance. En fin d'après-midi, à 17h00, les obsèques des Drummond ont lieu à Forcalquier. Le matin du 8 août 1952, Gustave est interrogé pendant quatre heures par Sébeille à Peyruis. Le fermier maintient ses précédentes déclarations. Le commissaire Sébeille entend Lucien Duc qui renouvelle ses dépositions des 6 et 7 août. Roger Roche qui habite Dabisse, un hameau à 1 800 m au nord-est de La Grand'Terre, dépose à la gendarmerie de Malijai. Il déclare qu'il était dans son jardin au moment du drame et qu'il a entendu quatre ou cinq coups de feu en provenance de la ferme. Il dit, sans être catégorique, avoir entendu des cris. Il poursuit en disant être resté dehors un quart d'heure et ne pas avoir entendu de bruit de moteur ni vu de lueur de phares de véhicule sur la nationale 96. Dans l'après-midi, le commissaire Sébeille présente la carabine US M1 à Clovis Dominici qui s'effondre sur la voie à sa vue. Emmené à Peyruis et interrogé deux heures durant, il nie connaître l'arme du crime. Les gendarmes Romanet et Bouchier recueillent le témoignage de J.-M. Olivier à son domicile. Selon lui, Gustave l'a hélé de derrière la Hillman à hauteur du capot. Surpris, Olivier s'est arrêté une trentaine de mètres plus loin. Gustave l'a rejoint en courant et lui a demandé d'avertir la gendarmerie d'Oraison. Gustave lui aurait dit : « Il y a un type mort sur le talus au bord de la route ». Selon Gustave, il aurait seulement dit qu'il y avait « un mort là-bas » en désignant la Durance d'un geste. Or, selon sa propre version, vers 6h00, il savait qu'Elizabeth n'était pas encore morte. Le 9 août, le quotidien France Soir publie le carnet de voyage d'Elizabeth Drummond : il s'agit en réalité d'un faux réalisé par le journaliste Jacques Chapus. Le 12 août, Aimé Perrin, demeurant à Giropey, est interrogé par le gendarme Romanet sur les conditions de sa rencontre avec Yvette Dominici le matin du 5 août. Aimé Perrin lui rapporte les propos d'Yvette, qui a évoqué, entre autres, la présence d'une femme en noir. Aimé Perrin affirme avoir été prévenu qu'un crime avait été commis près de la ferme Dominici par le poseur de voies Bourgues, avant 07h00, le matin du 5 août ; cela n'est pas crédible puisque le dénommé Bourgues n'était pas présent à La Grand'Terre ce matin-là et sûrement pas dans cette tranche horaire. Le quotidien L'Humanité publie une photo de Jack Drummond, en uniforme d'officier de la Home Guard, parlementant avec des officiers de la Wehrmacht derrière les lignes allemandes, aux Pays-Bas, début mai 1945. Le PCF tente d'accréditer la thèse selon laquelle le massacre des Drummond serait la conséquence de la lutte acharnée entre les services secrets anglais et américains, dans les Basses-Alpes. Le 13 août, Yvette est interrogée à La Grand'Terre par les gendarmes Romanet et Bianco mais ne parle plus de la femme en noir vue par Gustave. Le 16 août, le commissaire Sébeille recueille le témoignage de Raymond Franco, maroquinier marseillais, en vacances au Plan-des-Mées : il dit avoir entendu comme un doublé de chasse puis trois ou quatre coups de feu plus espacés, au moment du drame depuis la fenêtre ouverte de sa chambre. Yvette est également interrogée par le commissaire Sébeille. Elle rapporte que Gustave, rentrant de la ferme Girard, lui aurait appris que les Drummond campaient sur la décharge des Ponts et Chaussées ; par la suite, en 1955, elle niera avoir fait cette déclaration. Elle soutient qu'elle n'a pas bougé de sa cuisine et que personne ne lui a demandé d'eau ni de nourriture, ni d'autorisation de camper. Elle confirme, mot pour mot, la déposition de Gustave du 8 août, ce qui trahit une entente préalable entre les époux sur ce qu'il convenait de dire à ce sujet. En effet, venant d'une direction opposée, Gustave ne pouvait deviner à 20h00, apercevant la Hillman, que ses occupants, sans monter de tente, allaient bivouaquer à cet endroit si peu propice au campement. Interrogé par le gendarme Romanet, M. Boyer prétend ne pas s'être arrêté à La Grand'Terre le matin du 5 et s'être rendu directement à la gare de Lurs. Mais les 20 août et le 25 juin 1953, devant Sébeille, il reviendra sur ce mensonge sans s'en expliquer. En fait, c'est ce qu'il a entendu de la conversation entre Gustave et Clovis qui a inquiété Boyer au point de lui faire carrément nier sa présence à la ferme ce matin-là, puis quand il a admis s'y être arrêté, nier avoir entendu autre chose que « cadavre » à propos de la fillette. Le 17 août 1952, Mme Jeanne Christianini de Marseille déclare à la gendarmerie de Marseille-Nord que, passant à 20h30 sur les lieux du crime, elle a vu un homme assez grand, qui pourrait être J. Drummond, regardant sous le capot levé de la Hillman. Ceci expliquerait qu'Anne et Elizabeth Drummond se soient rendues à la ferme pour quémander de l'eau afin de remplir le radiateur, dont le système de refroidissement, conçu pour le climat britannique, s'est montré déficient sous la canicule provençale. Dans la nuit du 17 au 18 août, une reconstitution est organisée sur les lieux du massacre par une nuit sans lune, alors que la lune était pleine la nuit du crime. La reconstitution implique les frères Duc, qui ont vu à 0h20 un inconnu à 58 m de la ferme, et Marceau Blanc qui confirme son témoignage sur son passage à 4h30. Le 19 août, Jean Garcin, cultivateur à Ribiers (Hautes-Alpes) dépose à la gendarmerie du même lieu ; il dit avoir vu des coussins disposés autour de la Hillman lors de son passage à 3h45 sur les lieux du drame. Le 20 août, Gustave se déplace à Peyruis pour remettre à Sébeille une lettre qu'il a reçue de son frère Aimé demeurant à Eygalières (Bouches-du-Rhône). Celui-ci explique que les initiales RMC sur la crosse de la US M1 correspondent à René-Marcel Castang, habitant à Lurs et décédé en 1946. Il écrit que le jour des obsèques de Castang des armes ont été volées dans sa ferme, voisine de celle de Paul Maillet. Ce même jour, une lettre anonyme parvient à Sébeille : elle dit que le jour de l'enterrement de Castang, P. Maillet a volé la US M1 dans la ferme du défunt. Ce même jour encore, Giovani Colussel déclare à la gendarmerie de La Saulce (Hautes-Alpes) que, venant de Peyruis, il est passé à 5h00 devant les lieux du crime ; il a vu une couverture étendue à plat, à environ 1,50 m devant la Hillman. Toujours ce 20 août 1952, Germain Garcin, parent de Jean Garcin et camionneur à Laragne (Hautes-Alpes) dépose à la gendarmerie du lieu ; il déclare avoir vu une portière de la Hillman ouverte ainsi qu'un homme assez grand penché sous le capot levé, avec une lampe à la main lors de son passage, à 3h50, sur les lieux du crime. Le 21 août, paraît une tribune libre dans le quotidien Le Monde : Maître Garçon, avocat parisien, dénonce les bavardages inconsidérés de Sébeille aux journalistes et l'accuse de chercher une notoriété de mauvais aloi. Ce même jour, le chauffeur de car Joseph Juliany dépose à la gendarmerie de Manosque, disant qu'en revenant de Corps (Isère) vers Manosque, il a vu vers 23h30, un homme assez grand penché sous le capot levé de la Hillman avec une lampe à la main, ce qui confirmerait un problème mécanique. Le 24 août, les gendarmes identifient l'auteur de la lettre anonyme ; il s'agit d'une lavandicultrice qui déclare que, pendant l'été 1950, elle a rendu visite aux Maillet et a vu l'arme du crime pendue à un clou dans leur cuisine. Une lettre anonyme, postée à Sisteron (Basses-Alpes) en date du 25 août 1952, apprend au commissaire Sébeille que Gustave était à l'extérieur de la ferme en compagnie d'un inconnu entre 23h30 et minuit le 4 août. Les 18 et 27 août 1952, un certain Panayoutou prétend avoir assisté au triple meurtre mais son témoignage se révèle faux. On ne saura jamais s'il s'agit d'un indicateur-provocateur de la police ou d'un affabulateur alléché par la prime d'un million d'anciens francs promise par le Sunday Dispatch et Samedi Soir à qui permettrait de découvrir le ou les coupables. Le 29 août, une perquisition chez Paul Maillet, un temps soupçonné, permet la saisie de deux PM Sten avec chargeurs et munitions dissimulés dans le four de sa cuisinière. Interrogé jusqu'à 19h00, à Forcalquier, sur l'origine de ces armes, P. Maillet ne donne aucune explication crédible. Il se souvient brusquement que, dans l'après-midi du 4 août, il a entendu une détonation de fusil de guerre provenant des buissons de la Durance alors qu'il travaillait sur la voie près de la gare de Lurs. En accord avec le parquet, P. Maillet ne sera pas poursuivi pour détention illégale d'armes de guerre, en contrepartie de services à rendre aux enquêteurs. Ce même jour, Paul Delclite, chef de station à la mine de Sigonce, qui couche occasionnellement à la ferme Guillermain, située à 350 m au sud de la ferme Dominici, déclare aux gendarmes Romanet et Bouchier s'être rendu le lundi 4 août vers 22h00 à son jardin situé au quartier de St-Pons, environ un kilomètre au nord de La Grand'Terre. Il raconte que, passant à bicyclette devant la Hillman, il a remarqué sur le côté gauche du véhicule un amas de couvertures mais n'a vu ni toile de campement, ni lit de camp.

 

 

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Photos du procès  :

 

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Photos de la reconstitution :


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Affaire Dominici .Parti 3.

30/09/2011 13:42 par TueursEnSerie

  • Affaire Dominici .Parti 3.

    Affaire Dominici .Parti 3.

    30/09/2011 13:42 par TueursEnSerie

Les contradictions et la condamnation de Gustave Dominici :

 

 Le 1er septembre 1952, le radiesthésiste Jean-Claude Coudouing visite les lieux du drame. Avec la permission d'un gendarme, il arpente avec son pendule la voie ferrée. Il revient à 16h10 avec une balle écrasée qu'il déclare avoir trouvée au bas du talus de la voie ferrée, à 100 m au nord du pont, vers Peyruis. Après expertise, il s'avère qu'il s'agit d'une munition tirée par la US M1. Le 2 septembre, une perquisition de la ferme de François Barth, père d'Yvette, est menée sans succès. Les 3 et 4 septembre, à la gendarmerie Forcalquier, Gustave Dominici est en contradiction avec les déclarations du motard J.-M. Olivier. Auparavant, une reconstitution a été organisée sur les lieux du drame avec le motard Olivier. Les gendarmes sont obligés de repousser des groupes d'anciens FTP qui tentent d'empêcher l'opération. Selon Olivier, Gustave a surgi devant le capot de la Hillman. Gustave prétend qu'il sortait du chemin, une quinzaine de mètres plus loin, après le mûrier et qu'il s'en retournait déjà vers la ferme sans être allé sur le bivouac. Olivier et Gustave campent sur leurs positions. L'interrogatoire durera sept heures. Fatigué, le commissaire Sébeille, laisse la main à son collègue Constant ainsi qu'au commissaire Mével, adjoint du divisionnaire Harzic. Il concède avoir interpellé Olivier à hauteur du capot de la Hillman et non au-delà du mûrier. Il reconnaît avoir vu les deux lits de camp mais non les corps des époux Drummond. Si Gustave avait eu la présence d'esprit de prendre sa moto dès l'aube pour aller prévenir les gendarmes, personne n'aurait eu l'idée de soupçonner les Dominici. Il est évident qu'au moment où il a été surpris par le passage d'Olivier, il a réagi en improvisant. Puis, à la façon dont il s'est entêté à contester le témoignage d'Olivier, malgré l'évidence, montre bien que ce témoignage contrariait une stratégie qui n'avait pas prévu ce cas de figure. Cette stratégie avait donc probablement été élaborée dans la nuit. À part les coups de feu, ni lui ni Yvette ne devaient avoir rien entendu ni vu, et surtout ne rien savoir en les dégageant de toute implication dans le drame. Contre toutes les évidences et témoignages, Gustave et Yvette, vont contester constamment pour tenter de remettre en selle la stratégie originelle. Or, celle-ci avait déjà été contrariée par la survie d'Elizabeth. Les fermiers ont, sans doute, espéré qu'un passant découvrirait les corps et irait de lui-même avertir les gendarmes, sans même faire la relation avec la proximité de La Grand'Terre. Les Dominici pourraient prétendre tout ignorer si ce n'est avoir entendu des coups de feu de braconnier(s) dans la nuit, comme Gaston tentera de l'accréditer lors de sa première audition recueillie par Sébeille. Du 5 septembre à fin décembre 1952, le commissaire principal Fernand Constant remplace provisoirement son collègue Sébeille à Lurs. Le 16 septembre, le quotidien du PCF, L'Humanité, fait état d'un carnet de notes ayant appartenu à Jack Drummond. Le document, en partie calciné, aurait été trouvé par des écoliers sur un tas d'ordures à Long Eaton, près de Nottingham où résidaient les Drummond. Il y serait noté à un jour non précisé de juillet 1947 : « 18h00, rendez-vous à Lurs avec… » suivi d'un nom brûlé. Cette source a pour origine une information invérifiable lancée par la presse anglaise. Le 29 septembre, Henri Chastel, camionneur à Orpierre, déclare à l'inspecteur Ranchin avoir vu le 4 août vers minuit, un homme mince, de taille moyenne, les manches de chemise retroussées, les mains appuyées sur la carrosserie de l'une des portières arrières de la Hillman et regardant à travers la vitre ; ce ne peut être Sir Drummond, plutôt bedonnant, et cela concorde avec l'homme vu à 23h15 par Ode Arnaud. Le 30 septembre, Paul Maillet est suspendu de ses fonctions de secrétaire de cellule locale du PCF de Lurs par la fédération départementale. Le parti, soupçonné depuis des années de préparer un soulèvement armé et de soutien actif au Việt Minh en Indochine, ne veut pas prendre le risque d'être pris en défaut à cause d'un obscur militant de province chez qui on a saisi des armes de guerre et convaincu de vol de courant au détriment de EDF. Le professeur Ollivier dépose un premier rapport d'expertise sur le graissage de la Rock-Ola : celui-ci est formel, le lubrifiant de la carabine est très différent de celui des fusils de Gustave et de P. Maillet. Le 2 octobre, un fusil Springfield ou Garand, on ne sait, appartenant à Aimé Perrin, demeurant à la Côte de Giropey et frère de Roger Perrin père, est confisqué. Aimé Perrin est l'auteur du coup de feu entendu par P. Maillet dans l'après-midi du 4 août ; il déclarera avoir tiré sur un vol de corbeaux qui attaquait sa vigne. Ce même jour, le commissaire Constant enregistre les déclarations de Germain Champsaur, radioélectricien à Peyruis et propriétaire d'un cinéma ambulant qu'il promène dans les alentours. Il dit être passé vers 0h50 devant la Hillman, en venant de Lurs, et n'a rien remarqué d'anormal, notamment pas de couverture sur le côté droit de la voiture ni de lampe allumée. Il ajoute n'avoir croisé aucun véhicule jusqu'à son arrivée à Peyruis. Vers le 15 octobre, Paul Maillet informe le commissaire Constant que Gustave a été attiré par les râles de la petite Elizabeth lors de sa découverte. Selon le dossier, Maillet s'est confié à Émile Escudier, épicier à La Brillanne, un mois après le crime. Non seulement Maillet lui aurait révélé la survie d'Elizabeth, mais également une autre information qu'il livrera plus tard : Gustave aurait été témoin de la tuerie. Escudier lui aurait conseillé d'aller le dire à la police. Bien que Constant ne cite pas le nom du membre du PCF par qui le renseignement filtre à travers les RG de Digne, il peut s'agir d'Escudier. Le 15 octobre, Gustave est emmené à Digne où il est interrogé avec Clovis et Maillet qui confirme sa version. Gustave admet avoir entendu un « ronron » irrégulier et vu le bras gauche replié se détendre, mais nie l'avoir dit à Maillet lors du repas de midi du 5 août à La Grand' Terre. Il précise que c'est le râle qui l'a attiré au-delà du pont et qu'il serait revenu le dire à Marie et Yvette ; elles ne seraient pas allées voir. Gustave soutient qu'il n'est pas sorti de la nuit et maintient qu'il s'est levé à 5h30, ce qui est faux comme on le saura plus tard. Clovis admet avoir conseillé à son frère de ne rien dire. Sébeille et Constant se rendent chez les Dominici pour interrogatoire, pendant que Sébeille interroge Yvette puis Gaston, Constant s'occupe de Marie. Tous les trois nient avoir su que la fillette vivait encore. Le 16 octobre 1952, face à Constant, Gustave refuse d'admettre avoir été présent sur le bivouac lors du passage d'Olivier et d'avoir vu Elizabeth agonisante. Les raisons qu'il donne sont absurdes : il craignait que les parents ne soient les meurtriers de la fillette et ne s'en prennent à lui. En attendant les gendarmes, il dit s'être posté en haut du petit escalier d'accès à la cour sud pour guetter un éventuel départ de la Hillman pour en relever le numéro. Outre cette allégation absurde, en passant, les gendarmes Romanet et Bouchier ne l'ont pas vu à cet endroit, et s'étonneront même de son absence en découvrant déserts les lieux du crime vers 7h 30. On ne peut pas dire formellement à quelle heure Gustave s'est aperçu que la fillette vivait encore, car rien ne prouve qu'il l'a découverte, comme il l'a prétendu, peu de temps avant le passage d'Olivier. Plus tard, il donnera d'autres versions qu'il contredira en se rétractant, et cette question ne sera jamais élucidée. Gustave Dominici est incarcéré en fin d'après-midi, à la prison Saint-Charles de Digne-les-Bains, inculpé par le juge Périès pour non-assistance à personne en danger de mort après avoir reconnu que la petite Elizabeth Drummond était encore vivante lorsqu'il l'a découverte vers 5h45, le matin du 5 août 1952. Le commissaire Constant entend le docteur Dragon sur son examen des corps des victimes ; selon lui, Elizabeth n'a pas été poursuivie mais transportée par son assassin, ses pieds ne présentant nulle trace d'écorchure ou de poussière. Selon le docteur, sa mort serait survenue trois heures après celle de ses parents. Le 20 octobre, Gustave, assisté de Me Pollack, réitère ses précédentes déclarations. L'incarcération n'a pas eu l'effet escompté et sa demande de mise en liberté provisoire est refusée. Le 29 octobre, le commissaire Constant reçoit une information de la Sûreté marseillaise qui lui apprend qu'un mois après le drame, Clovis et Jacky Barth, cadet d'Yvette, auraient été vus dans la bergerie de La Grand'Terre en compagnie d'un certain Jo. Marie Dominici aurait insisté pour qu'on paie celui-ci au plus vite, sous peine de leur créer des ennuis. Jo aurait également été vu par Maître Pollack et sa compagne Nelly Leroy. Le 5 novembre, Gaston et Marie Dominici, François Barth et sa fille Yvette sont interrogés par le commissaire Constant. Tous affirment ignorer l'existence du dénommé Jo ainsi que sa présence à la ferme. Le 6 novembre 1952, le commissaire Constant interroge sans succès toute la journée Marcel Chaillan, qui est l'inconnu à la mine patibulaire vu par les frères Duc à 0h20 le 5 août. Son neveu Fernand et son frère Louis sont également interrogés sans suite. À l'inverse de son collègue Sébeille, le commissaire Constant pense que Marcel Chaillan est l'homme vu par Ode Arnaud à 23h15, puis par Chastel vers minuit, ainsi que par les frères Duc à 105 mètres de la Hillman à minuit vingt, et qui serait donc l'inconnu vu en compagnie de Gustave, entre 23h30 et minuit le 4 août, celui-là même qui est désigné par le délateur anonyme de Sisteron. Le 7 novembre, Gustave est interrogé à son tour en prison. Il se montrera plus évasif au sujet dudit Jo. Étant allé sur les lieux du drame en compagnie de Maîtres Pollack et Charrier, il dit ignorer ce qui a pu se passer dans la bergerie ni avec qui. Évidemment, il ne connaît pas de Jo avec une mauvaise dentition. Par contre, il dit que Francis Perrin, le facteur de Lurs, est venu ce jour-là à la ferme. Ce même jour, le facteur est interrogé ; il dit avoir vu les avocats et un journaliste, ainsi que son père Louis sur la route, mais non les Barth. À la suite de son fils Francis, Louis Perrin dit qu'il est passé à La Grand'Terre, où il a pénétré dans la cour sud de Gaston. Il affirme avoir vu Nelly Leroy et sa fille à l'entrée de la bergerie en compagnie de Jacky mais non son père François Barth. Il poursuit, disant qu'il n'est pas surnommé Jo. Il exhibe une dentition métallisée, comportant un chicot, et qui peut passer pour le visage effrayant dont il a été question. Le 12 novembre, Nelly Leroy, compagne de Maître Pollack, est interrogée par le commissaire Constant. D'après elle, leur visite à la ferme se serait déroulée le lundi 8 septembre. Hormis les Dominici, elle ne se souvient que de Jacky Barth ; elle se rappelle qu'à un moment, un homme à la dentition métallisée s'est approché de la bergerie et est reparti aussitôt. Bien sûr, les avocats Pollack et Charrier ne seront pas interrogés. Ce même 12 novembre 1952, Gustave Dominici est condamné à deux mois d'emprisonnement pour non-assistance à personne en danger par le tribunal de Digne. Ses antécédents de FTP lui épargnent d'encourir la peine maximum prévue à cet effet. Il sera libéré le 15 décembre 1952. Ce même jour, un certain Wilhelm Bartkowski, détenu à la prison de Stuttgart depuis le 9 août 1952, prétend avoir conduit la voiture d'un commando de tueurs à gages recruté en RFA par un service secret de l'Est et chargé d'exécuter les Drummond. Il devait se rétracter quelque temps après avoir été auditionné par le commissaire Gillard. Depuis l'incarcération de Gustave, Paul Maillet reçoit des lettres de menaces de mort. Le matin du 17 novembre, il échappe de peu à une tentative d'attentat, artisanal mais efficace, un fil de fer tendu en travers du chemin qu'il dévalait en vélomoteur et qui aurait pu le décapiter. Un peu avant Noël, des inconnus rôdent toute la nuit autour de la maison et dans la cour de La Maréchale, la ferme de Maillet. Le 17 novembre, le docteur Morin complète son témoignage du 6 août. Ce jour-là, il avait seulement parlé de son changement de campement vers la plateforme à la sortie du pont de la voie ferrée à l'invitation de Gustave pendant l'été 1951. Il dit qu'au moment de partir, il est allé prendre congé à La Grand'Terre, mais il ne sait plus s'il s'est rendu chez Gaston ou chez Gustave. Gustave lui aurait présenté deux armes de chasse, dont l'une utilisée pour la chasse au sanglier. La hausse de celle-ci - en fait le guidon manquant - aurait été remplacée par une demi pièce d'un franc de l'époque, soudée par Gustave. Sur présentation de la photo de la US M1, Morin ne reconnaît pas la carabine sans chargeur que Gustave lui a présentée, différente de la carabine US qui en possède un. À ce stade de l'enquête, son témoignage est considéré comme flou et n'est pas retenu. Le 30 novembre, Paul Maillet est exclu du PCF pour « collaboration avec la police » par le secrétaire départemental Roger Autheville, ancien chef FTP et ami de Gustave. Le 4 décembre, le professeur Ollivier dépose un nouveau rapport d'expertise sur le graissage du Springfield saisi chez Aimé Perrin. Le spectre du lubrifiant de ce fusil est très différent de celui de la Rock-Ola. Le 20 janvier 1953, le commissaire Sébeille reprend officiellement l'enquête. Il lui est recommandé d'éviter de faire des déclarations intempestives à la presse. Paul Maillet révèle aux gendarmes de Forcalquier le 23 janvier, puis au commissaire Sébeille le 27 janvier 1953, que Gustave Dominici a assisté aux meurtres des Drummond depuis le champ de luzerne. Une énigmatique femme habillée de noir, présente sur le terre-plein de la halte des Drummond, vue par Yvette et Gustave Dominici le soir du 4 août 1952 vient embrouiller un peu plus une affaire déjà compliquée. Le 27 janvier, Aimé Perrin vient apprendre à Sébeille que Gustave et Yvette auraient vu une femme vêtue de noir, le soir du 4 août, aux abords de la Hillman. Yvette le lui aurait appris lors de leur rencontre au matin du 5 août et prétend que Clotilde Araman, une fille Dominici, le sait aussi. Le 14 février, interrogée à son tour, confirme et dit qu'elle le tient également d'Yvette. Mais elle dit aussi que Gustave nie cette présence. Clotilde pense qu'il pourrait s'agir de sa mère, mais ce n'est pas crédible, Gustave n'aurait pas manqué de reconnaître sa mère. Ce fait est répété le 29 janvier 1953 au commissaire Sébeille par Roger Perrin fils, l'un des petit-fils de Gaston Dominici ; le lendemain, Roger renouvelle ses déclarations à la gendarmerie de Forcalquier. Le 2 février, le commissaire Sébeille interroge le gendarme Bouchier. Celui-ci dit avoir vu Roger Perrin passer à vélo vers 8h 00, le matin du 5 août, et le gendarme est affirmatif : il a vu Roger revenir un instant plus tard à pied, le vélo à la main, en compagnie de son grand-père et de Gustave, tous trois sortant de la ferme pour venir sur le campement. Alors que cet épisode semble insignifiant, Gaston autant que Gustave, vont le contester à l'unisson devant le juge Batigne le 19 novembre 1955. Pourquoi sortir ensemble de La Grand' Terre devait-il être caché ? Lors de sa première déposition, Gaston dit avoir appris le crime par Gustave, mais comme la version de Roger menace le témoignage de Roure qui intervient à décharge, le père et le fils vont nier. En fait, Roger l'avait fait savoir à Sébeille dès le 29 janvier 1953. La réponse semble être double : le retour de F. Roure à la ferme à 7h45 et brouiller les pistes sur l'identité du véritable propriètaire du vélo utilisé par Roger. Bouchier ayant demandé à Roger de tenir le décamètre, Gaston, furieux, intervient et le renvoie à la ferme. Mais, Roger rechignant à obéir, restera un moment sur les lieux avant de repartir avec son grand-père. Ils reviennent vers 11h 00 ; Gaston présente alors son petit-fils au procureur Sabatier, ce qu'il niera farouchement à son procès. Le 19 mars 1953, le capitaine Albert recueille les déclarations du gendarme Émile Marque de la brigade de Valensole. Celui-ci déclare avoir vu les Drummond arriver à l'hôtel L'Ermitage vers 18h15 et en repartir environ une heure après. Le gendarme poursuit, disant qu'une heure après leur départ, est arrivé un couple anglais dont la femme était vêtue de noir. L'homme a demandé au gendarme s'il avait vu une voiture anglaise, celle des Drummond ? Marque a répondu par l'affirmative et l'homme est allé téléphoner dans l'hôtel pendant que la femme est restée près de la voiture. Le couple est reparti un quart d'heure plus tard. Pour la seconde fois, la présence de la mystérieuse femme habillée de noir est mentionnée. Bien qu'il soit le fait d'un gendarme, ce témoignage sera considéré comme tardif et ne sera pas retenu par l'instruction. Le gendarme ne sera même pas convoqué au tribunal pour déposer à la barre. Le 3 mai, le commissaire Constant remet son rapport final au divisionnaire Harzic. Il souligne la parfaite coopération des communistes locaux avec les enquêteurs, ce qui n'est pas sans étonner dans la mesure où Jean-Pierre Chabrol avait surnommé le commissaire Sébeille « commissaire Tournenrond » dans [L'Humanité-Dimanche]. En même temps, la fédération bas-alpine du PCF avait organisé des comités de défense des Dominici, courant août 1952, et programmé une manifestation de protestation anti-policière pour le début septembre. Toutes ces initiatives avaient été interdites par arrêté préfectoral. Le 7 mai 1953, à Digne, où depuis quelque temps il est employé comme commis-boucher, Roger Perrin fils révèle au commissaire Sébeille l'existence d'un seau d'eau en toile dont les Anglaises se seraient servi pour aller prendre de l'eau à la ferme. Le lendemain, sa mère Germaine, à qui Yvette s'est confiée aussi, confirme la venue des Anglaises à la ferme au commissaire Sébeille. Par ailleurs, l'argent des Drummond ainsi qu'un certain nombre d'objets dont un appareil photographique leur appartenant ont disparu. Le 13 mai 1953, le commissaire Sébeille recueille à Marseille le témoignage discordant de Jean Ricard qui a campé la veille du meurtre sur le plateau de Ganagobie. Il déclare être passé sur les lieux du drame le 5 août 1952, vers 7h00, et dit avoir vu Anne Drummond allongée sur le dos parallèlement au côté gauche de la voiture, les pieds au sud vers la ferme et le corps partiellement recouvert d'une couverture, jusqu'en dessous des genoux. Alors qu'à 7h30, les gendarmes Romanet et Bouchier accompagnés d'Aimé Perrin, rencontré en route, découvrent le corps sur le ventre entièrement recouvert et en oblique par rapport à la Hillman, à plusieurs mètres, les pieds au nord-est vers la Durance. Ce déplacement du corps ne peut être le fait de Gaston Dominici qui rentre à La Grand'Terre après 7h45, ramenant ses chèvres qui ont brouté dès l'aube à la Côte de Giropey, environ 2 km au sud. Le 21 août 1953, le commissaire Sébeille enregistre la nouvelle déposition de J.-M. Olivier. En effet, le gendarme Gibert d'Oraison n'a consigné que partiellement la déposition du motard le 5 août 1952 ; il en parle au capitaine Albert qui l'envoie au policier et celui-ci entend à nouveau Olivier, qui lui apprend que les deux femmes Dominici étaient postées au débouché de la ferme et surveillaient le renfoncement où agissait Gustave. En plus de cette nouvelle déposition, il ressort plusieurs informations : L'homme qui a été vu à quatre reprises entre 23h15 et minuit 20 (à moins qu'il s'agisse de plusieurs individus différents), rôdant sur les lieux, ne ressemble ni à Sir Jack, ni à Gaston ; Gustave a été vu en compagnie d'un inconnu entre 23h30 et minuit ; M. Chaillan est probablement l'inconnu vu par les frères Duc à 0h20 ; sans parler du mystérieux Jo dont la présence est attestée à la ferme début septembre. Les témoignages des Dominici sur le nombre des coups de feu ne sont pas concordants ; celui de Gaston concorde avec celui de R. Roche tandis que ceux de Gustave et d'Yvette concordent avec celui de R. Franco. L'état des lieux a été modifié à plusieurs reprises peu après la tuerie par l'un ou par les deux fermiers, du moins aux alentours de 4h00, par Gustave, Gaston étant parti avec ses chèvres à Giropey. Gustave refuse d'admettre sa présence sur le bivouac, alors même qu'il y a été surpris par Olivier. Gustave a parlé de plusieurs cadavres et non pas du seul cadavre de la fillette sur le talus de la Durance ; il prétend avoir désigné la seule Elizabeth, la disant morte, alors qu'il la savait encore vivante. Marie et Yvette Dominici se tenaient aux aguets à l'entrée de la ferme ; elles savaient donc que Gustave était en train d'opérer sur les lieux du crime. Les Dominici n'avaient donc ni l'intention de secourir la petite Elizabeth, ni de donner l'alerte, et cela pour une raison évidente : il fallait laisser le temps à Gustave pour modifier à nouveau les lieux, même après le passage de J. Ricard après 7h 00. Gustave ne cesse donc de mentir depuis sa première audition le 6 août 1952.

 

 

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" Les Dominicis "

Affaire Dominici .Parti 4 .

30/09/2011 13:43 par TueursEnSerie

  • Affaire Dominici .Parti 4 .

    Affaire Dominici .Parti 4 .

    30/09/2011 13:43 par TueursEnSerie

De mensonge en mensonge :

 

 Lorsqu'il est interrogé par les gendarmes sur son emploi du temps au matin du 5 août 1952, Roger Perrin déclare s'être levé à cinq heures pour s'occuper du bétail avant de partir à six heures pour Peyruis chercher sa bouteille de lait chez le père Puissant. Celui-ci lui aurait dit que son ami Jean Galizzi avait emporté par mégarde la bouteille à Pont-Bernard et c'est là qu'il aurait appris la mort des Anglais. Interrogé à son tour, J. Galizzi va confirmer dans un premier temps. C'est en se rendant à Peyruis que les gendarmes vont s'apercevoir que le père Puissant est décédé depuis novembre 1951. Entendu à nouveau, Galizzi va s'effondrer et reconnaître avoir fait un témoignage de complaisance. Selon Daniel Garcin, employeur de Galizzi, ce dernier aurait couché la nuit du 4 au 5 août à La Cassine, une ferme située au-delà de Peyruis et que les Perrin de La Serre venaient de prendre en métayage. Roger Perrin va avancer une nouvelle version : c'est Faustin Roure, chef d'équipe des poseurs de voie de la gare de Lurs, qui l'aurait informé lors d'une halte à La Serre. Auditionné par les gendarmes, Faustin Roure va démentir avant de revenir sur ses déclarations pendant le procès. Quand il lui est demandé comment il s'est rendu sur les lieux des meurtres, Roger Perrin déclare avoir utilisé le vélo de course de son cousin Gilbert, fils de Clovis Dominici. Entendu sur ce point, Clovis Dominici affirme n'avoir prêté le vélo de son fils que le 18 août 1952. Mais les gendarmes n'ont vu que la bicyclette de Gustave Dominici au pied du mûrier dans la matinée du drame. Postérieurement, Roger prétendra avoir emprunté la bicyclette de sa mère Germaine ; celle-ci a toutefois passé la nuit du 4 au 5 août à La Cassine et son fils affirme avoir dormi seul à La Serre. Édifiés sur ses capacités de mensonge, les gendarmes vont alors l'interroger sur son emploi du temps la veille du drame. Il prétend s'être rendu en début de soirée au quartier de Saint-Pons, un lieu-dit situé à environ 1 km au nord de la ferme Dominici, pour y arroser des plants de haricots et bavarder avec Paul Delclite qui travaillait dans une parcelle voisine. Auditionné, P. Delclite va démentir avoir rencontré le petit Perrin. Réentendu, Roger va fournir un nouvel alibi : c'est sa mère Germaine Perrin, née Dominici, qui l'a aidé à arroser ses plantations. Cette dernière va confirmer cette version. Toutefois, Roger a oublié qu'il a affirmé au commissaire Constant, le 23 septembre 1952, que sa mère était partie, en bicyclette, rejoindre son mari Roger à La Cassine, au-delà de Peyruis, le 4 août 1952 à 14h. Ces mensonges successifs auraient dû alerter les enquêteurs, malgré un faisceau de présomptions réuni par les gendarmes. En dépit de cela, le commissaire Sébeille considère le jeune Perrin comme un hâbleur sympathique. Contrairement à une opinion répandue par la presse, Roger Perrin n'est pas un mythomane. Il ne ment que sur trois points : sur sa présence éventuelle à La Grand'Terre la nuit du drame ; sur la façon par laquelle il a appris le meurtre des Drummond et sur la bicyclette avec laquelle il s'est rendu sur les lieux du crime, au matin du 5 août, quand le gendarme Bouchier l'a vu arriver vers 8h00. Le matin du 12 novembre 1953, une reconstitution est organisée sur les lieux du crime avec la participation de M. Boyer, J. Ricard, F. Roure et C. Dominici ; le docteur Dragon et le motard J.-M. Olivier sont également requis. La première partie concerne la position exacte du corps d'Anne Drummond : les trois premiers témoins confirment la position du corps en parallèle à gauche de la voiture, sauf J. Ricard qui maintient que la couverture était relevée jusqu'aux genoux. Quant à Clovis, il indique une position en diagonale, à 6 m de la Hillman, avant d'admettre une position sur le dos parallèle à la voiture. Gustave est amené ensuite ; réticent, il dispose la couverture en oblique loin de la voiture. Il est confondu devant les autres témoins, ainsi que concernant la position où il a exactement hélé J.-M. Olivier lors de son passage vers 6h00. Pris en flagrant délit de mensonge, Gustave est emmené au palais de justice de Digne, suivi en fin de matinée par J. Ricard, F. Roure, C. Dominici, P. Maillet, Germaine Perrin et son fils Roger. Contrairement à ce qu'il prétendra a posteriori, pour le commissaire Sébeille Gustave est bien le suspect n°1. En effet, Gaston Dominici est resté cantonné à la ferme et n'a pas été inquiété. Confronté à Maillet et Olivier, Gustave commence par nier avant de reconnaître les faits. Vient le tour de Roger Perrin qui tient tête et se montre arrogant envers son oncle. On se demande ce qui serait ressorti d'un véritable interrogatoire de Roger mais le commissaire Sébeille n'y a pas pensé. Gustave admet que les Anglaises sont bien venues à la ferme, mais en son absence. Il prétend avoir découvert Elizabeth râlant à 4h00. C'est seulement à 5h45 qu'il aurait découvert les corps des parents, sans y toucher - ce qui laisse supposer que d'autres l'ont fait - après s'être occupé de son bétail. L'interrogatoire est suspendu à 19h00 avant de reprendre à 20h30. Dans la nuit, Gustave reconnaît avoir déplacé le corps d'Anne Drummond sans fournir d'explication crédible : il prétend l'avoir fait pour rechercher sous le corps des cartouches provenant de la ferme. Gustave finit par avouer : « Je cherchais les balles ou douilles. J'avais peur qu'il s'en trouve provenant de la maison. »2 Cette phrase aurait dû alerter le commissaire mais il passera outre : elle signifie implicitement que d'autres munitions, présentes sur le terrain, ne sont pas originaires de la ferme. Son explication est d'autant plus invraisemblable qu'il déclare avoir vu les deux douilles et les deux cartouches groupées par paires - ce qui correspond à une mise en scène - mais qu'il n'y a pas touché alors qu'il manque quatre douilles. Il ajoute avoir été dérangé par l'arrivée impromptue de Jean Ricard et n'avoir eu que le temps de se cacher dans la ravine au bout du terre-plein. D'autres mises en scènes ne seront pas abordées non plus, notamment concernant les sandales de lady Drummond, camouflées sous un coussin sur le petit sentier qui part en oblique du phare gauche de la voiture vers le chemin de la voie ferrée, ou la couverture coincée sous le corps de l'Anglaise, en plus de celle qui la recouvrait, ce qui laisse supposer que deux personnes ont opéré pour effectuer le déplacement du corps. Clovis serait-il resté à la ferme après le départ des poseurs de voie pour assister son cadet Gustave ? Le matin du vendredi 13 novembre, le juge Périès fait amener par les gendarmes Germaine Perrin et son fils Roger mais aussi Yvette Dominici. À 9h30, le juge interroge cette dernière sur la venue des Anglaises à la ferme. Yvette nie, même lorsque le juge lui dit que Gustave a fini par l'admettre. À 10h00, le juge confronte sans résultat Yvette à Roger. Il envoie chercher Gustave chez le commissaire, puis il y ajoute Germaine Perrin. En vain : Yvette tient bon devant les trois autres et refuse d'admettre le fait. Dans l'après-midi, vers 14h45, Gustave s'effondre en pleurs et accuse son père Gaston d'être l'auteur du triple meurtre des Drummond. Le commissaire Sébeille se contente de rédiger un procès verbal de sept lignes, notant les accusations de Gustave sans lui poser aucune question. A 16h30, Gustave est interrogé par Périès. Il déclare avoir été réveillé par les coups de feu et ne pas s'être rendormi. Vers 4h00, il a entendu son père se lever et l'a rejoint dans la cuisine du vieux couple. Comment se fait-il alors qu'il n'ait entendu Gaston rentrer après la fusillade ? Son père lui aurait révélé être l'auteur des coups de feu avec une carabine qu'il tenait camouflée, dans sa chambre ou dans la bergerie. Il n'est pas encore question de la remise, une trouvaille de Clovis comme on le saura plus tard. Gustave prétend avoir ignoré l'existence de la carabine. Gaston serait parti faire un tour de chasse au lapin avec une arme de guerre. Gaston lui aurait avoué avoir tué les Anglais, en tirant d'abord sur le père. Par contre, il ne lui aurait pas dit comment il avait tué Elizabeth. Ensuite Gaston se serait débarrassé de l'arme sans préciser où ni comment. À une question du juge, Gustave précise que son père aurait assommé la fillette en contrebas du pont, alors que précédemment, il disait ignorer l'emplacement du corps. Il s'y serait rendu après avoir quitté son domicile (et non la cuisine de Gaston comme il l'affirmait auparavant), découvrant alors que la fillette vivait encore. Selon les légistes, interrogés par le commissaire Constant en octobre 1952, Elizabeth n'a pu survivre plus d'une heure à ses blessures. De là, il serait remonté vers le campement et aurait vu les cadavres des parents recouverts, mais non celui de la fillette. Gustave serait revenu à la ferme, entre 4h30 et 4h45, pour informer Yvette et Marie, qui s'affairaient dans la cour, qu'il venait de découvrir Elizabeth qui vivait et remuait encore. Cette séquence est peu probable ; si l'on suit les déclarations de Gustave, il n'a pu mettre plus de dix à quinze minutes pour découvrir les corps. Comment se fait-il alors que Gaston, poussant ses chèvres vers Giropey, n'ait pas croisé les femmes qui s'activaient dans la cour, debout bien avant leur lever habituel ? Gustave poursuit en disant qu'il s'est occupé de son bétail avant de revenir sur le campement à la recherche de quelque objet appartenant à son père. Il a vu les douilles mais n'y a pas touché. C'est alors qu'Olivier est passé. Il s'est passé environ 1h30 entre la découverte des corps et l'irruption d'Olivier, ce qui ne suscite aucune réaction du juge alors que les propos de Gustave présentent des invraisemblances. Il continue de mentir en affirmant que son père lui avait ordonné de se taire alors que dans les semaines qui ont suivi le drame, plusieurs personnes étaient partiellement informées, dont Clovis et P. Maillet. L'accusation et les aveux de Gaston Dominici[modifier] Les fils de Gaston Dominici, Gustave et Clovis, accusent leur père dans l'après-midi du 13 novembre 1953. À son tour, celui-ci les accusera d'avoir fomenté un complot contre lui avant de rejeter la responsabilité du triple meurtre sur son fils Gustave et Roger Perrin, lors de la contre-enquête de 1955. Gaston arrive vers 19h00 à Digne, emmené par le commandant de gendarmerie Bernier. Il est officiellement interrogé jusqu'à 22h30, toute la nuit selon d'autres sources[réf. souhaitée]. En milieu de matinée du 14 novembre 1953, emmenés à La Grand'Terre, Gustave et Clovis Dominici désignent l'étagère du bas dans la remise comme lieu où aurait été entreposée la US M1 ; cet épisode est précédé d'un pugilat entre les femmes et filles Dominici d'une part, les représentants de la force publique d'autre part, qui ont dû se résoudre à les repousser dans un local de la ferme. Dans la journée du 14 novembre, Gaston est interrogé sans succès jusqu'à 18h00. Sa garde est confiée au gardien de la paix Guérino. À 19h00, Gaston en tête-à-tête avec le policier, s'accuse du meurtre des Drummond tout en précisant qu'il s'agit d'un accident : les Anglais l'ont pris pour un maraudeur et l'ont attaqué. Gaston demande à Guérino d'aller chercher le commissaire Prudhomme de Digne, qu'il prend pour le président du tribunal, refusant d'avouer devant le commissaire Sébeille. Relevé à 20h00 par son collègue Bocca, Guérino s'empresse d'aller informer son supérieur pendant que Gaston se met à varier sur ses premiers aveux à l'intention de Bocca. À l'arrivée de Prudhomme, Gaston lui demande de rédiger « la feuille qu'il est coupable » tout en se proclamant innocent et prétendant se sacrifier pour sauver l'honneur de ses petits-enfants. Agacé, Prudhomme lui rétorque qu'il n'est pas là sur un marché pour marchander ; il est coupable ou il ne l'est pas. Le commissaire Prudhomme ne demande pas de quels petits-enfants il s'agit, à savoir l'ensemble de ses petits-enfants ou les enfants de Gustave et/ou celui de Germaine Perrin. Au lieu de cela et compte tenu des difficultés rencontrées par le vieillard pour s'exprimer, Prudhomme lui suggère le mobile du crime sexuel. Dès lors, sur le thème de la paillardise, Gaston va modifier complètement sa version initiale : il n'est plus question de maraude et d'accident mais d'attirance sexuelle pour Anne Drummond. Plus tard dans la nuit, il renouvelle ses déclarations au commissaire Sébeille pendant que Prudhomme tient le rôle de greffier. Gaston prétend avoir vu Mme Drummond se déshabiller et lui avoir proposé un rapport sexuel. Le bruit de leurs ébats aurait réveillé le mari. Une bagarre aurait suivi et Gaston aurait fait taire le mari ulcéré par trois tirs, dont deux de face, avant de tirer une fois ou deux sur l'épouse Drummond. Elizabeth qui s'était enfuie vers le pont, aurait été rattrapée par Gaston, et il l'aurait assommée d'un seul coup de crosse sur la pente de la Durance. Les aveux formulés par Gaston et le mobile sexuel sont en contradiction avec les rapports d'autopsie : le cadavre d'Anne Drummond a été retrouvé entièrement habillé, avec la robe qui portait les impacts de balles. Par ailleurs, l'autopsie a démontré l'absence de rapport sexuel avant la mort. Le matin du 15 novembre, le juge Périès arrive tôt à son bureau, ignorant les aveux de Gaston. Le concierge Giraud l'en informe à son arrivée au Palais, Sébeille s'étant abstenu de le faire. Au lieu de faire amener Gaston pour l'auditionner, Périès interroge Giraud jusqu'à 9h15. Sébeille arrive à 9h30 et, au lieu de se rendre chez le juge, va dans la Chambre du Conseil où Gaston est détenu. À 10h15, Sébeille présente Gaston au juge Périès. Le suspect clame son innocence et accuse Gustave d'être le véritable auteur de la tuerie. Dans ces conditions, le juge préfère se retirer avec son greffier Barras. À 11h15, Périès revient vers Gaston qui accepte de se reconnaître comme le seul auteur du massacre. Il précise que c'est la première fois qu'il utilisait la US M1 et qu'il l'a emportée à tout hasard pour faire un tour de chasse dans l'espoir de tirer un blaireau ou un lapin. Quand on connaît les difficultés du tir de nuit avec un fusil de chasse, à plus forte raison, cela relève de la gageure quand il s'agit de tirer du petit gibier avec une arme de guerre. Le juge ne se posera pas la question. De plus, Gaston soutient que le chargeur de la US M1 était plein, soit quinze cartouches, et qu'il a grappillé en plus deux ou trois cartouches parmi d'autres qui étaient éparpillées sur l'étagère. L'arme et ses munitions se seraient donc trouvées sur une étagère, à portée du premier venu dans une remise ouverte, ce qui n'est pas crédible. Par ailleurs, personne ne s'est inquiété de savoir comment Gaston a pu récupérer cette arme dans la totale obscurité de la remise. Six coups de feu ont été tirés et deux cartouches pleines et deux douilles vides ont été retrouvées sur le terre-plein : en d'autres termes, il manque une dizaine de cartouches alors que le chargeur a été retrouvé vide. Gaston soutient qu'il utilisait l'arme pour la première fois et ne connaissait pas son fonctionnement semi-automatique. Comment dans ces conditions, Gaston a-t-il pu abattre deux adultes alertes avant de tirer, à plus de 60 m de distance, sur Elizabeth qui s'enfuyait à l'entrée du pont, la blessant à l'oreille droite ? Il avait, certes, tiré sous la clarté de la pleine lune, mais Gaston est myope et ne porte pas de lunettes. Périès évitera de se poser ces questions dérangeantes, tout comme le commissaire Sébeille qui manifeste son désintérêt pour les questions techniques liées à l'utilisation de l'arme et à la balistique. Il avouera plus tard, dans son livre, n'avoir jamais consulté les rapports d'autopsie des victimes. Ce qui importe pour le commissaire Sébeille, ce sont les aveux, dont il concède qu'ils sont mitigés, et non les éléments matériels qui démentent les aveux hétéroclites du vieux fermier. Cette méthode a mené à une impasse judiciaire et à une erreur d'interprétation des vrais mobiles pour désigner le ou les véritables responsables du massacre. Le procureur Sabatier et le juge Périès n'ont, par ailleurs, fait que suivre le commissaire Sébeille au lieu de diriger l'instruction. Dans l'après-midi du 15 novembre 1953, le juge Périès parle pour la première fois d'un pantalon de Gaston vu, séchant sur la treille de la cour du vieux couple, par l'inspecteur Girolami en fin d'après-midi du 5 août 1952. L'inspecteur Girolami confirmera par écrit le 24 août 1955 aux policiers chargés de la contre-enquête. L'inculpation de Gaston Dominici[modifier] Le matin du 16 novembre 1953, une reconstitution a lieu sur les lieux du crime sans inculpation de Gaston, en infraction avec la loi du 8 décembre 1897 sur l'instruction criminelle. Emmené à son tour dans la remise, alors qu'on lui demande où était rangée l'arme du crime, Gaston désigne une étagère différente de celle indiquée par ses deux fils ainsi qu'en font foi les clichés pris sur place. La reconstitution est rapidement exécutée en suivant les aveux bancals du patriarche et le scénario ébauché par le commissaire Sébeille dès les premiers jours de l'enquête. Une tentative de suicide de Gaston Dominici est considérée comme un aveu de culpabilité. À l'issue de la reconstitution, le vieux Dominici est inculpé dans un fourgon de gendarmerie, ce qui est contraire à la procédure criminelle. La Cour de cassation validera cet état de fait contraire à toutes règles de jurisprudence fin juillet 1954. Dans les jours qui suivent l'incarcération de Gaston, la presse l'accable, le traitant de « tueur tatoué », « sanglier des Basses-Alpes », « monstre de Lurs », « bouc lubrique », etc. Il est soupçonné de relations contre nature avec ses chèvres. On parle d'adultère, de beuveries et de violences familiales. L'icône du patriarche de la Grand'Terre est singulièrement écornée dans l'opinion. Les filles et femmes Dominici sont accusées d'avoir tous les vices, et l'on décrie l'incontinence sexuelle des femmes insulaires au sujet d'Anne Drummond. Du 18 novembre 1953 à la fin du premier trimestre 1954, Gustave et Yvette Dominici multiplient les déclarations contradictoires et mensongères lors de leurs auditions. Dans la même période, une frénésie épistolaire saisit les enfants Dominici dans un milieu où l'on ne pratique guère la correspondance. Ces courriers sont rédigés pour être interceptés et lus par les enquêteurs. Le 24 novembre, Clovis donne au juge Périès une troisième version de la conversation où son père lui révèle, fin novembre 1952, qu'il est l'auteur du triple crime. Clovis continue de varier dans ses déclarations, sans doute à cause de l'aide qu'il a pu apporter à son cadet Gustave pour modifier l'état des lieux et des victimes, entre le passage de J. Ricard et l'arrivée des gendarmes vers 7h30. Le 30 novembre, un certain Elie Gautier est entendu par le juge Périès. Ce témoin dit avoir pris Paul Maillet en stop début novembre 1953. Il lui aurait appris être venu en 1951 chez Gaston prendre un apéritif après l'avoir pris également en stop. E. Gautier aurait vu un fusil unicanon, mais sans chargeur, suspendu au mur du séjour, face à la porte d'entrée. Gaston lui aurait dit que c'était une arme pour le sanglier. Confronté à Maillet, ce dernier confirme et ajoute que Gautier lui aurait dit l'arme rafistolée par Gaston. Le témoin nie avoir donné ces précisions. Maillet confirme, par ailleurs, n'avoir jamais vu l'arme du crime chez Gaston depuis le temps qu'il fréquente la ferme. Il pourrait toutefois s'agir du fusil Gras rechambré pour la chasse au gros gibier qui a été saisi le 7 août 1952[réf. souhaitée]. Le 5 décembre, le juge Périès auditionne Gustave sur la carabine US. Ce dernier dit avoir rangé la remise avec l'aide d'Yvette, après le départ de son frère Aimé fin janvier 1951 ; d'après lui, la carabine n'était pas présente dans le hangar. C'est plus tard qu'il l'a vue, une seule fois ; il ne l'a pas prise en main mais il a remarqué qu'elle était rafistolée et que deux chargeurs étaient posés à côté, aucune cartouche en vrac n'étant présente sur l'étagère. D'après lui, l'arme était facilement visible. Il suppose que Gaston la tenait cachée dans sa chambre mais sa mère Marie affirme ne l'avoir jamais vue dans la chambre de Gaston. Le 7 décembre, le commissaire Sébeille entend Paul Maillet qui confirme la confidence reçue de Gustave, début septembre 1952, sur l'audition des cris d'horreur des Drummond. Il ajoute que Gustave était dans le champ de luzerne et a été témoin de la tuerie, ce que n'a jamais admis Gustave qui a toujours prétendu ne pas être sorti de sa chambre. Or, pour voir, Gustave a dû s'approcher de très près pour assister au drame. Le champ de luzerne se situe au-delà du bivouac comme le montrent des photos aériennes de l'époque, et non entre la ferme et le chemin du pont de la voie ferrée comme l'a soutenu l'accusation. Que faisait donc Gustave dehors au moment du drame ? De plus, s'il était dehors, sa version de la rencontre avec Gaston dans la cour à 4h00 du matin est donc mensongère. Dans la foulée, le commissaire Sébeille va aller interroger Escudier, épicier à La Brillanne, à qui P. Maillet s'est confié en septembre 1952 ; l'épicier confirme les déclarations du cheminot. Le 17 décembre, le juge Périès auditionne P. Maillet qui renouvelle ses déclarations précédentes. Il ajoute qu'il n'a jamais soupçonné Gaston avant ses aveux ni d'ailleurs Gustave qui a vu un assassin qu'il ne veut pas dénoncer par crainte de représailles. Il dit encore croire que Gustave cèle une partie de la vérité. Ensuite, le juge entend Gustave qui soutient que Gaston circule de nuit en pantoufles, et qu'il n'a pas entendu son père se lever avant 4h00. Le juge ne relève pas le caractère fantaisiste d'une sortie de Gaston en pantoufles. Mis en présence de P. Maillet, Gustave nie et soutient qu'il n'est pas sorti de sa chambre. Maillet parti, le juge récapitule devant Gustave l'ensemble de ses mensonges depuis le début. Selon une technique éprouvée, Gustave commence par dire qu'il va enfin dire toute la vérité ; il ne situe plus à 4h00 mais à 2h00 du matin la rencontre avec son père, qu'il a trouvé près du puits de la cour, très agité. Dans la version précédente, il l'avait trouvé très calme. Il se serait ensuite précipité au talus pour constater que la fillette était encore vivante. Le juge ne remarque pas que, même sous la pleine lune, Gustave aurait dû s'approcher de très près pour vérifier. Il dit être monté au bivouac, sans toucher à rien ni chercher des munitions. Il assure qu'il n'a pas fouillé dans la voiture ni dans les affaires éparses autour; cette insistance à soutenir qu'il n'a touché à rien aurait dû attirer l'attention du juge Périès; mais ce dernier soit par négligence, soit par peur que Gustave ne se taise, n'a pas réagi, alors qu'à l'évidence le véhicule a été fouillé à plusieurs reprises . Il serait passé ensuite à la remise pour constater la disparition de la carabine avec ses deux chargeurs. Le juge ne relève pas que, dans l'obscurité du local, il lui était impossible de contrôler. En revenant se coucher, son père n'était plus dehors mais il y avait de la lumière dans la cuisine de ses parents. Gustave serait donc remonté dans sa chambre pour tout raconter à Yvette et ne serait ressorti que vers 5h00. Gustave ajoute que Clovis lui aurait confié ses soupçons sur P. Maillet. Le juge fait amener Clovis pour le confronter à son frère. Clovis dit qu'il a soupçonné Maillet dès le 5 août 1952 car il était arrivé en retard sur le chantier de la gare de Lurs, ce jour-là. Il a reconnu la carabine lorsque le commissaire Sébeille la lui a présentée. Le soir même, il a constaté sa disparition dans la remise. Il en a fait la remarque à Gustave, qui lui a répondu qu'il le savait. Clovis a néanmoins soupçonné son frère qui lui assurait que ce n'était pas lui. Précédemment, les deux frères avaient prétendu qu'ils en avaient seulement parlé le 17 ou le 18 décembre 1952, lors de la coupe de bois à Saint-Pons. Clovis poursuit en affirmant qu'il a vu la US M1 seulement après le départ de leur frère Aimé en janvier 1951. Il l'aurait prise en main et n'aurait vu qu'un seul chargeur enclenché, alors que Gustave parle de deux chargeurs et tient tête à son aîné sur ce point. Le 18 décembre, le juge Périès se présente à l'improviste à La Grand'Terre vers 14h00 et fait sortir Gustave pour interroger Yvette. Le juge lui demande de refaire le récit de la nuit du drame. Yvette dit avoir entendu six ou sept détonations et moins distinctement les cris des victimes. Elle a donné le biberon au petit Alain à 1h30, après une interruption des aboiements des chiens. Gustave se serait levé seulement après 1h30. Il se serait absenté environ un quart d'heure et a trouvé son père dans la cour, abattu comme un homme ivre. Elle n'a pas entendu son beau-père sortir et rentrer, ni entendu les deux hommes se parler dans la cour. Gustave se serait recouché vers 1h45 en lui apprenant que Gaston avait tué les Anglais. Elle dit que son beau-père s'est levé et est parti avec ses chèvres avant 5h00. Yvette affirme que Gustave ne lui a pas dit s'être rendu sur les lieux du crime, après avoir parlé avec son père et avant de se recoucher vers 1h45. Elle assure qu'ils se sont levés vers 5h00 et Gustave, après avoir soigné les bêtes, serait allé au bivouac. C'est à son retour qu'il a appris à Yvette et Marie, qui s'activaient dans la cour, que la fillette était encore vivante, en dessous du pont. Ce n'est que beaucoup plus tard que Gustave aurait vu bouger un bras de l'enfant. Selon Yvette, Gustave est allé plusieurs fois sur les lieux du drame après 5h00. Le juge ne relève pas qu'Yvette situe la découverte du petit corps en dessous du pont, et non sur la pente du talus de la Durance. Si Yvette dit la vérité au sujet de cet épisode, cela suppose que le corps d'Elizabeth se trouvait initialement sur la voie ferrée, après un premier transport, et qu'il a été déplacé ultérieurement. Ce n'est qu'après son retour du marché d'Oraison, en fin d'après-midi, que Gustave lui aurait appris que Gaston avait tué avec la carabine US. Elle affirme avoir ignoré l'existence de cette arme, ni avoir vu celle-ci sur l'étagère de la remise avant que Gustave ne lui désigne cet endroit le 5 août. L'arme du crime n'aurait donc pas été présente à la ferme avant la tuerie si Yvette dit la vérité. Elle ne se souvient pas à quel moment elle a appris que Clovis connaissait l'identité du meurtrier ; elle ne sait si c'est Gustave qui le lui a révélé à l'époque ou le 14 novembre 1953. Le juge Périès confronte alors Yvette à son mari ; Gustave répond qu'il s'est recouché vers 2h30 ou 2h45, sans avoir dit à Yvette qu'il s'était rendu sur le campement. Il n'a pas voulu lui dire que la fillette vivait encore. Alors qu'Yvette soutient que Gustave s'est recouché vers 1h45, celui-ci situe cet épisode environ une heure plus tard mais le juge ne relève pas les déclarations contradictoires du couple. Les Drummond étaient en vacances depuis le 1er août 1952 à Villefranche-sur-Mer en compagnie d'un couple d'amis, Guy et Phillys Marrian et de leurs filles, Valéry et Jacqueline. Le 21 décembre 1953, Phillys vient dire au commissaire Sébeille que Jack Drummond avait emporté une importante somme d'argent dans une enveloppe au moment du départ vers Digne, le matin du 4 août 1952. Celle-ci comme son portefeuille ne seront jamais retrouvés. Le 28 décembre, devant le juge Périès, Gustave récuse le témoignage d' Yvette ; s'il est bien allé sur le bivouac à 2h00 du matin, il n'a pas rencontré Gaston dans la cour et ne peut donc accuser son père du triple crime. Il confirme l'emplacement de la carabine et des deux chargeurs. Gustave précise qu'il n'a vu ni couverture sur le côté droit de la Hillman ni lit de camp devant la voiture. Le juge revient sur la femme vêtue de noir vue par Gustave et Yvette le soir du 4 août 1952, mais Gustave nie la présence de deux femmes sur le bivouac ; d'après lui, celle qui y était habillée de sombre. Cette version sera reprise par Yvette lors de la contre-enquête de 1955, alors que l'existence de cette femme en noir semble tant embarrasser le couple. Contre toute évidence, Gustave va accuser Clovis d'avoir dénoncé en premier leur père. C'est fortement gêné qu'il admet qu'il agit ainsi sous la pression de la famille. Le 30 décembre, le juge Périès auditionne Gaston, entouré de ses avocats ; il rétracte ses précédents aveux. Le juge le questionne sur le blessure à la main de J. Drummond et Gaston de répondre qu'il s'est fondé sur ce qu'avaient dit les docteurs. Gaston continue d'affirmer qu'il s'est levé à 4h00 pour conduire ses chèvres et c'est en revenant après 7h45 qu'il a appris la tuerie par Yvette. F. Roure, venu le saluer peu après, en est témoin. Il explique ses précédents aveux par la pression de la fatigue et des policiers, qui l'enjoignaient à se dénoncer sous peine de voir Gustave condamné à la peine capitale. Quant à la reconstitution, il la considère comme une comédie où il s'est dit bafoué à ce point qu'il a voulu se suicider. Le juge fait alors entrer Gustave, lui lit ses dénonciations et demande de confirmer. Après un long silence, Gustave refuse et somme son père de dire la vérité. Les avocats de Gaston demandent que Gustave soit entendu à nouveau sur son emploi du temps de la nuit du drame. Curieusement, le juge refuse sans s'expliquer. Maître Pollack demande que Gustave s'explique sur ses accusations. Gustave biaise en expliquant sa dénonciation par des brutalités policières. Pourquoi se rétracte-t-il maintenant ? Énigmatiquement, Gustave répond : « Parce qu'il y a des témoins qui m'entendent ! ». Ni le juge, ni les avocats ne lui demandent à qui il fait allusion. Le juge fait ensuite entrer Clovis, qui rappelle les confidences de son père en novembre 1952 et confirme ses accusations. Il modifie sa précédente version ; il dit ne plus savoir dans quelles conditions s'est déclenché le massacre. Gaston insulte alors son fils Clovis et l'accuse d'avoir apporté la carabine US à la ferme. En réponse, Clovis accuse son père de faire souffrir la famille depuis trop longtemps. Pour les avocats, ses propos sentent la rancune vindicative de l'aîné, ce qui pourrait motiver sa dénonciation. Un fois Clovis renvoyé, Gustave est laissé entre les mains du commissaire Sébeille qui ne dresse pas de procès-verbal de cette audition. Ultérieurement, les avocats dénonceront cette entrevue comme une forme de pression inadmissible sur un témoin. À 18h00, Gustave est ramené chez le juge et demande à ne plus être confronté à son père. En échange, le juge tente de lui arracher qu'il était dehors au moment de la fusillade et que c'est son père qu'il a vu depuis le champ de luzerne. Gustave nie, il s'obstine à maintenir qu'il n'a jamais été dans la luzerne. Le juge alors offre le taxi à Gustave pour qu'il puisse rentrer chez lui. Singulier geste pour un témoin aussi singulier. Le 29 janvier 1954, Clovis Dominici envoie une lettre à François Barth, père d'Yvette, l'exhortant à faire pression sur son gendre Gustave pour qu'il cesse ses palinodies qui risquent de le ramener au premier plan. Le 4 février 1954, le juge Périès convoque Gustave au sujet d'une lettre adressée à son père, datée du 10 janvier, mais expédiée le 19 janvier et saisie le 28 courant par le juge. Périès le somme de s'expliquer sur les menaces auxquelles il fait allusion. Gustave répond qu'il s'agit des pressions policières des 12 et 13 novembre derniers. Il en vient à se rétracter complètement sur ses précédentes accusations : le 4 août 1952, il s'est couché vers 23h00 avant d'être réveillé à 23h30 par l'intrusion des passagers d'une moto étrangère. Il s'est rendormi et a été réveillé à nouveau par les détonations avant d'entendre des cris lointains après les derniers coups de feu. Il n'a pas pu déterminer si les détonations venaient du côté de Peyruis ou du côté de la gare, au sud. À 4h00, il a entendu son père se lever. Lui-même s'est levé vers 5h00, et à 5h30 il s'est dirigé vers l'éboulement pour voir si celui-ci n'avait pas obstrué la voie ferrée. Il s'est approché du campement et a constaté un certain désordre autour de la Hillman. Il s'est alors dirigé vers le pont et, à sa sortie, il a découvert la fillette qui remuait un bras. Il est remonté vers la route et ne s'est pas approché de la voiture. Il n'a pas arrêté une moto étrangère qui passait et il a pris la direction de la ferme. En cours de route, il a arrêté J.-M. Olivier qui arrivait en moto. Il dit ignorer tout des conditions dans lesquelles se sont déroulés les crimes, et son père ne lui a jamais dit être l'auteur de la tuerie. Il n'a jamais vu l'arme du crime avant le matin du 6 août 1952, quand le commissaire Sébeille la lui a présentée. À 17h00, le juge Périès confronte Gustave à Clovis. Ce dernier remet au juge une lettre de menace de mort qu'il a reçue de son frère, Gaston junior. Clovis se dit persuadé qu'une partie de la famille fait pression sur Gustave afin qu'il renonce à ses accusations. Il répète qu'il a demandé à Gustave si c'était bien lui qui avait utilisé la carabine, après avoir constaté sa disparition. Gustave lui a répondu que c'était leur père qui était l'auteur des coups de feu et le lui aurait appris le matin du drame avant de mener ses chèvres à la pâture. Clovis dit, sur le moment, n'avoir accordé aucune importance à cette déclaration de Gustave, tellement il lui semblait impossible qu'un vieillard puisse commettre un tel crime et qu'au fond de lui-même il continuait de soupçonner Gustave en dépit de ses dénégations. C'est lorsque leur père s'est confié à lui, fin novembre 1952, que ses doutes se sont dissipés. En réponse, Gustave avance que c'est lors de la coupe de bois à Saint Pons, après sa sortie de prison, qu'il s'est confié à son aîné qui, à son tour, lui a fait part des révélations de leur père. Le juge lui demande alors pourquoi, en début d'audience, il a déclaré que son père ne lui avait jamais confié qu'il était le meurtrier. Gustave ne répond pas. Le juge décide de faire sortir Clovis pour entendre à nouveau Gustave seul. Il lui fait remarquer que, si ses dénégations et déclarations sont admissibles avant le 15 novembre dernier, celles-ci ne le sont plus après cette date. Le juge lui rappelle ses multiples variations entre le 14 novembre et le 30 décembre précédents. Ce n'est que devant Clovis qu'il est revenu à ses déclarations antérieures du 13 novembre. Précédemment, au cours de l'audience, Gustave a prétendu avoir vu la US M1 début 1952, quelque temps après le départ de son frère benjamin Aimé de la ferme. Or, celui-ci ne s'est pas marié en décembre 1951 mais fin 1950. Devant Gustave, Clovis a répété avoir vu la carabine dès juillet 1951. Le 15 novembre dernier, Gustave a affirmé au juge que la carabine se trouvait à la ferme depuis le passage des troupes américaines. Lors de la perquisition des gendarmes en 1948, la US M1 n'était pas présente à la ferme. En clair, cela signifie que la carabine n'appartenait pas à Gaston et que, si jamais elle s'est trouvée dans la remise, elle n'y était plus et ce bien avant le drame. À 19h00, le juge libère Clovis mais garde Gustave ; il veut savoir si c'est la famille qui lui a dicté la lettre. Gustave rétorque qu'il a agi de sa propre initiative tout en sachant que sa lettre serait interceptée par le juge. De guerre lasse, le juge le laisse partir. Le 9 février 1954, le juge Périès fait saisir par les gendarmes les armes de chasse de Clovis Dominici et des Perrin de La Serre pour expertise au laboratoire technique de la police à Marseille. Il n'en fait toutefois pas autant pour le fusil de chasse et les deux PM Sten saisis chez Paul Maillet en août 1952, ainsi que pour le fusil Springfield saisi chez Aimé Perrin début octobre 1952. Le 14 février, le sous-préfet Degrave fait parvenir une lettre au capitaine Albert de Forcalquier, l'informant qu'un pantalon séchant à la fenêtre de la chambre de Gustave Dominici a été vu le matin du 5 août 1952.( Lettre personnelle du sous-préfet Degrave au capitaine Albert en Cote C 38.PV 424/129 du 20/01/1956 en Cote C 384 du commissaire Chenevier.ADAHP de Digne. Le 23 février, le juge Périès décide d'entendre à nouveau Gustave qui, par voie de presse, continue de clamer l'innocence de son père, en dépit de ses précédentes auditions où il affirmait le contraire. Gustave répète ses accusations à l'encontre de Clovis : c'est son aîné et non lui qui a dénoncé leur père en premier. Ses sœurs l'ont incité à ne plus accuser leur père. Lui-même se demande si son père n'était pas pris de boisson lorsqu'il lui a révélé qu'il était le meurtrier des Drummond; si ce n'est pas le fruit de l'imagination du cerveau embrumé du vieux fermier. Il ne peut donc continuer d'accuser son père puisque ce dernier se dit innocent dans ses lettres. Au sujet de la US M1, il ne dit plus l'avoir vue en 1951 ou quelques jours avant le drame, mais plutôt trois ou six mois plus tôt, il ne s'en rappelle plus. Il ne sait comment la carabine s'est retrouvée dans la remise. Il était couché au moment des détonations et n'a pas pensé à questionner son père pour savoir si celui-ci avait entendu la fusillade depuis sa chambre. Dans cette nouvelle version, Gaston n'est plus très calme ou agité comme un fou, il est tout simplement pris de boisson ; quant à la carabine, elle n'a jamais été dans la famille, elle, qui le considère comme un fou à persister dans ses accusations. Le juge ne relève pas ces nouvelles contradictions et accepte cette dernière version. Ce même jour, Périès entend Abel Bastide, couvreur de son état, celui-ci raconte avoir été témoin d'une scène depuis le toit de La Grand'Terre qu'il était en train de réparer. Le 26 août 1944, un command-car américain, chargé d'armes en vrac, se serait arrêté à la ferme. Un GI aurait fait une démonstration de tir vers la colline en présence de Gaston et de Gustave. Puis les trois hommes seraient rentrés dans la maison. Bastide n'a donc pu voir si l'un des deux Dominici a acquis la carabine à cette occasion. Confronté à Gustave, ce dernier conteste avoir été présent à cette date, car depuis le 19 août, il était mobilisé avec les FTP à Sisteron. Le surlendemain, Gaston, confronté à son tour à Bastide le traite de menteur et d'ivrogne ; le juge note, en fin de procès-verbal, que le couvreur est effectivement en état d'ébriété. Le 24 février, devant le juge Périès, Gaston confie ses soupçons et met en cause son petit-fils, Roger Perrin, dans le déclenchement des meurtres. Il pense qu'il en est l'instigateur parce que c'est un « rouleur ». Le juge pense que le vieillard se livre à une horrible manœuvre de diversion, mais comme Gaston a toujours prétendu se sacrifier pour sauver l'honneur de ses petits-enfants, le juge décide de convoquer le jeune Perrin. Le 8 mars, le juge Périès convoque Roger Perrin pour l'entendre sur son emploi du temps la veille, la nuit et le matin de la tuerie. Roger virevolte dans les méandres de ses mensonges et finit par dérouter le juge, comme les gendarmes et le commissaire Sébeille avant lui. En revanche, Roger maintient ses déclarations sur la venue des anglaises à La Grand'Terre, en précisant qu'Yvette lui a interdit d'en parler. Les 9 et 27 mars 1954, l'expertise du professeur Ollivier révèle que le lubrifiant utilisé pour les fusils de Clovis Dominici est très proche de celui relevé sur la US M1. Le 15 mars 1954, lors d'un transport de justice à son domicile, Clovis Dominici affirme au juge Périès qu'il graisse ses fusils uniquement à l'huile d'olive issue de sa récolte personnelle. Le juge emporte un échantillon de cette huile. Le 20 mars, devant le juge Périès qui l'interroge au sujet de sa lettre du 29 janvier, Clovis répond qu'il a été informé fortuitement par le commissaire Canale des renseignements généraux de la prochaine confrontation entre Gustave et Gaston. Il déclare que la lettre a été écrite à l'initiative de son épouse Rose, mais il endosse la responsabilité de son contenu et de son envoi. Pour lui, Gustave est manipulé par Yvette et leurs sœurs ; il s'inquiéte qu'en voulant innocenter leur père, elles n'en viennent à dévier l'attention de l'accusation vers Gustave, qu'il affirme innocent de tout. C'est ce qu'il a voulu faire comprendre à F. Barth dans l'intérêt même de sa fille Yvette. Le juge rappelant qu'il connaissait la culpabilité de son père dès le 8 août 1952 par son frère Gustave, Clovis a cette réponse incroyable : « J'avais oublié ce détail ». Le juge s'indigne que Clovis qualifie de « détail » un tel massacre gratuit commis par son père Gaston. Clovis s'embrouille dans des explications peu convaincantes : jusqu'à sa conversation avec Gustave à Saint-Pons, il se refusait à croire à la culpabilité de leur père. Ce qui laisse supposer qu'un stratagème a été mis en place par les deux frères à cette date, mais le juge n'y a pas pensé. Par contre, cette lettre appelle d'autres questions que le juge ne pose pas. F. Barth est un camarade du Parti et habite à une douzaine de kilomètres de Clovis ; se rendre chez lui aurait été plus discret. D'ailleurs, Clovis lui propose de le faire en retour. Il lui propose également d'écrire à Gustave, ce qui se justifie d'autant moins étant donné leur lien familial. Car s'écrire alors que l'on est si proche localement ne correspond à aucune pratique antérieure à cette période, sauf si Clovis voulait laisser des traces écrites. Comme les autres membres de la famille, Clovis sait que ses lettres seront saisies par le juge. Le 9 avril 1954, le professeur Ollivier confirme son diagnostic : seule la graisse des fusils de Clovis présente de très fortes similitudes avec celle de l'arme du crime, alors que les armes de chasse de La Grand'Terre sont lubrifiées au suif de mouton. Le 21 avril, le juge Périès procède à une dernière audition de pure forme durant laquelle il récapitule l'ensemble du dossier devant Gaston, qui réaffirme son innocence et son intention de confondre ses fils devant les Assises. Le 27 avril, l'instruction est close et le dossier est expédié à la chambre des mises en accusation de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence. Le 23 juin, après avoir été suspendu de ses fonctions de secrétaire départemental en mars 1953, Roger Autheville est exclu du PCF pour « rapports trop constants avec la police », pour « manque de vigilance » dans l'affaire, mais aussi pour avoir vendu, pour 7500 anciens francs, des photos aux hebdomadaires Détective et Radar. Cette exclusion fait suite à une dénonciation du receveur du bureau des PTT, membre clandestin du parti, où Autheville venait retirer les mandats de ces publications. Le 9 novembre à 13h45, R. Autheville est victime d'un accident de la circulation, en scooter, dans le quartier des Épinettes à Digne. Gravement blessé à la tête, il décède après un coma de plusieurs heures dans la clinique du docteur Jouve à Aiglun. Selon une rumeur, R. Autheville s'apprêtait à faire des déclarations fracassantes lors du procès de Gaston. La carabine US M1 retrouvée dans la Durance est bien l'arme qui a servi au meurtre de la fillette. L'état du corps tel que le découvre le docteur Dragon lui permet d'affirmer qu'Elizabeth a été assassinée trois heures après ses parents. L'absence de poussière sur les pieds et d'écorchures aux voûtes plantaires lui donne à penser que la petite victime a été transportée sur le lieu de son assassinat et non pas poursuivie par son assassin. C'est ce que soutiendra le praticien lors de l'instruction et au procès. Le médecin ne sera pas suivi par la Cour qui préférera tenir compte de la déposition du docteur Jouve, un notable local qui n'a jamais vu la petite assassinée. Le rapport d'autopsie d'Anne Drummond tend à prouver qu'elle a été victime des tirs croisés de deux tireurs et note l'absence de rapport sexuel avant sa mort. Par ailleurs, le commissaire Sébeille a négligé nombre d'éléments matériels et fait disparaître le lambeau de peau de la paume droite de sir Jack Drummond, comme il l'avoue dans son livre paru en 1970. Le commissaire a refusé de prendre en compte les différents témoignages faisant état de la présence, sur les lieux ou à proximité des lieux du crime, entre 23h15 et 00h20, de trois ou quatre hommes dont Gustave mais dont les signalements ne correspondent nullement à celui de Gaston. L'autopsie de Jack Drummond démontre qu'il a été abattu de deux balles dans le dos, la deuxième lui ayant brisé la colonne vertébrale. Sa vessie était vide, ce qui veut dire qu'il s'était levé peu de temps auparavant pour se soulager : il n'a donc pas été réveillé par l'intrusion de Gaston. Ce dernier a prétendu avoir tiré par deux fois de face dont le premier coup de feu, accidentel, aurait arraché un lambeau de peau de paume de la main droite de J. Drummond. Son corps a pu être déplacé, du puisard vers l'autre côté de la route ; ceci pourrait expliquer la présence de taches de sang irrégulières sur la chaussée. Gustave Dominici, pourtant convaincu de faux témoignages, destruction de preuves et autres larcins ne sera jamais poursuivi pour ses délits. Est-ce la contrepartie de la dénonciation de son père ? La découverte, en 2003, de quatre douilles de Springfield 30.06 dans une brique creuse lors de la démolition de la remise où, officiellement, Gaston Dominici cachait la US M1 ouvre de nouvelles pistes.

Affaire Dominici .Parti 5 . ( mise a jours ) Soixante ans après, des étudiants en droit acquittent Gaston Dominici

30/09/2011 13:51 par TueursEnSerie

  • Affaire Dominici .Parti  5 . ( mise a jours ) Soixante ans après, des étudiants en droit acquittent Gaston Dominici

    Affaire Dominici .Parti 5 . ( mise a jours ) Soixante ans après, des étudiants en droit acquittent Gaston Dominici

    30/09/2011 13:51 par TueursEnSerie

Le premier procès et la condamnation :

 

 Le procès de Gaston Dominici débute le 17 novembre 1954. Déplaçant les foules, il a une ampleur internationale et mobilise plusieurs écrivains français dont Jean Giono et Armand Salacrou. Gaston Dominici, fruste et peu loquace, présente une défense malhabile. Au cours d'une audience, le commissaire Prudhomme de Digne concède avec réticence avoir suggéré le mobile sexuel à l'inculpé. L'élément clé de l'affaire demeure la carabine, qui ne semble appartenir à personne et dont personne ne revendique la propriété alors qu'elle a été vue chez P. Maillet durant l'été 1950, présentée au docteur Morin par Gustave à La Grand'Terre à la fin de l'été 1951 et entreposée chez les Perrin d'après Gaston. Le fait que l'arme était entreposée à La Serre par Clovis lorsqu'il braconnait en compagnie de Roger Perrin prouve que l'aveu des crimes que lui aurait fait son père était une invention de sa part ; la contre-enquête le démontrera. Depuis la perquisition de 1948, il est certain que la US M1 ne s'y trouvait pas. Cette perquisition fait suite au contrôle routier et à la fouille corporelle par les gendarmes d'un cheminot dénommé Sube, à proximité de la ferme, qui avait dérobé un chargeur de PM Sten chez les Dominici. Elle permettait la saisie d'un Mauser avec des munitions et un PM Sten que Gustave avait ramené du maquis et tenait caché dans la cheminée, ainsi qu'un pistolet 6.35 appartenant à son frère Aimé. Gustave avait été condamné à 6 000 anciens francs d'amende avec sursis. L'avocat général Calixte Rozan souligne lors de son réquisitoire que l'arme du crime est probablement la propriété de Clovis Dominici. Le principal avocat de Gaston, Maître Pollack, a démontré son absence de conviction et son goût marqué pour les belles phrases creuses. Au moment de l'intervention du psychiatre Boudouresque, la défense n'hésitera pas à se retourner contre son client à la surprise de l'assistance. Lors des audiences, le peu de réaction de la défense a été remarqué dans les moments où son client était malmené et sur les points où il était possible d'enfoncer le dossier. Tout au long du procès, la défense a laissé passer les occasions de réagir et de démonter l'accusation. Elle s'est refusée d'exploiter l'épisode de Gustave dans la luzerne, le croquis du greffier Barras désignant l'emplacement de la US M1 dans la remise, l'expertise du graissage de l'arme du crime, les constatations du docteur Dragon, le témoignage de Francis Perrin, facteur de Lurs qui, à l'inverse du gendarme Marque sera convoqué mais ne sera pas appelé à la barre. Ce sont des manquements objectifs à la déontologie de la défense. À lui seul, le réquisitoire du 27 novembre de l'avocat général Rozan constitue une illustration de l'absence de preuves. Il va développer des considérations subjectives sur le pays et les gens, des jugements de valeur sur le justiciable et les témoins frisant l'insulte. Il décrit Gaston comme un mage qui sait délivrer les femmes en gésine et utilise les simples comme médecine, évoquant « les esprits mauvais » de la Durance, un homme élevé à la dure, nourri d'une soupe et d'un quignon de pain mais de la race des chefs; en somme un être diabolique qui se complaît dans un univers médiéval. Il provoque l'étonnement des chroniqueurs judiciaires qui ont l'impression d'assister à un procès en sorcellerie. Sans jamais s'attaquer aux faits ni tenter d'apporter des preuves tout en les assortissant de certitudes subjectives, l'avocat général a préféré le lyrisme littéraire à la réalité des faits. Une des nouveautés de ce procès est la retransmission radiophonique du réquisitoire à l'extérieur. L'absence d'autorisation écrite du président de la Cour d'Assises est théoriquement un motif de cassation ; la Cour de Cassation, en contradiction avec la jurisprudence, refusera pourtant le recours. Interrogé sur cette diffusion publique, le procureur général d'Aix-en-Provence Orsatelli va la nier contre le témoignage de centaines de personnes présentes dont nombre de journalistes, et comme on peut le voir sur les photos et les films d'actualités. Le procès tourne au règlement de compte familial, sans souci des victimes. Ce comportement indispose le jury et le convainc de la culpabilité de l'accusé. Le président Marcel Bousquet, dont la partialité est éclatante, en vient à menacer de prison plusieurs témoins qui sont contraints au mutisme. En particulier au moment où, Clovis va craquer face aux accusations de complot assénées par Gaston, Gustave et sa sœur Augusta ; Clovis va être sauvé par le président Bousquet sous la menace véritablement inouïe de l' expédier en prison s' il se livre à des révélations. Le summum de cette parodie est atteint le soir du 27 novembre 1954 lorsqu'un tournoi de belote est organisé : il met en présence avocats de la défense et de la partie civile, policiers, journalistes, jurés et témoins parlant sans retenue du procès en cours au grand scandale des observateurs. Au bout de douze jours d’audience, et malgré l'absence de preuves, Gaston Dominici, 77 ans, est déclaré coupable sans circonstances atténuantes, ce qui le condamne à mort le dimanche 28 novembre 1954. 

_________________________

 

La contre-enquête et la grâce présidentielle :

 

 Sous le coup de ce verdict, Gaston Dominici fait part à l'un de ses défenseurs, Me Léon Charles-Alfred, d'une conversation qu'il dit avoir surprise entre Gustave et Yvette dans les jours qui ont suivi le drame. Aux termes de celle-ci, Roger Perrin aurait aidé Gustave à transporter Elisabeth. Les avocats de Gaston transmettent cet élément d'appréciation au ministre de la justice. Au vu de ces déclarations, le ministre estime nécessaire de prescrire une nouvelle instruction le 9 décembre 1954. Celui-ci fait d'abord interroger le condamné par un magistrat, le substitut Joseph Oddou, devant qui il confirme ses dires le 13 décembre. Le 13 décembre 1954, le procureur général Orsatelli dépêche son substitut Joseph Oddou aux Baumettes pour demander à Gaston de confirmer les déclarations informelles qu'il a donné à ses avocats les 28 et 29 novembre. S'il met en cause Gustave et Roger Perrin, il dit qu'il ne sait pas qui a fait quoi. Il confirme ce que la Cour de Digne n'a pas voulu entendre, à savoir que la US M1 était dissimulée par Clovis à La Serre, ferme des Perrin. Le 15 décembre, le Garde des Sceaux Guérin de Beaumont prescrit un ordre au procureur général d'Aix-en-Provence Orsatelli, pour diligenter une mission d'information qui est alors confiée à deux policiers parisiens, le commissaire divisionnaire Chenevier et le commissaire principal Gillard, de la direction des services de police judiciaire en vue de vérifier les déclarations de Gaston sur la conversation surprise entre Gustave et Yvette le 7 août 1952. Les deux commissaires entendent Gaston Dominici les 19 et 20 décembre 1954 à la prison des Baumettes. Mais il varie beaucoup au cours de ces longs entretiens. Après avoir confirmé ses dires à Me Charles-Alfred et au substitut Oddou, il déclare avoir vu lui-même Gustave et Roger transporter la petite Elisabeth, puis il se rétracte, revenant à la conversation surprise. Lors des interrogatoires des 19 et 20 décembre 1954, Gaston livre incidemment une information aux deux commissaires : il dit que de toute la famille, seul Roger Perrin porte des chaussures à semelles de crêpe. Lors de la découverte du corps d'Elizabeth par les gendarmes, ceux-ci ont relevés des empreintes de semelles de crêpe qui allaient et venaient à proximité du petit corps, alors que Gaston porte habituellement des brodequins cloutés. Le 19 décembre 1954, le commissaire Chenevier demande à Gaston pourquoi il a prétendu se sacrifier avant de changer d'avis. Gaston lui répond qu'il ne veut pas payer pour un autre ; ce qui l'a fait changer d'avis, c'est qu'il pensait être acquitté. Le commissaire ironise sur cette attitude mais le condamné maintient qu'il est innocent. Chenevier demande " qui alors ? " ; Gaston s'en tient à ce qu'il a dit au juge et répète les déclarations qu'il a faites au substitut Oddou. Il apporte quelques précisions sur le fait que Gustave ne l'ait pas entendu sortir et rentrer dans la nuit du drame. Il explique que pour le repas de midi, il se déchausse dans la cuisine pour enfiler ses pantoufles car, ensuite il fait une sieste dans son fauteuil ; alors que le soir, il monte se coucher avec ses brodequins et les remet pour partir à l'aube. Il affirme que ce sont les policiers qui lui ont appris la cachette de l'arme dans la remise. Il précise que celle-ci a été nettoyée par Gustave et Yvette après le départ d'Aimé en janvier 1951. Ceux-ci confirmeront et diront qu'il n'y avait pas de carabine sur l'étagère. Gaston raconte qu'au retour d'une partie de chasse, Clovis aurait dit : " Si j'avais eu la carabine, à 140 m je l'avais ". Gaston induit qu'il s'agit de l'arme du crime. Plus tard, Clovis niera (PV 424/29 du 17/10/55 Cote C 250 de Chenevier), et les chasseurs, sauf son frère Marcel (PV n° 7 du 22/12/54 de Gillard, Cote C 11)>.(Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence à Digne pour ces deux procès-verbaux), disent ne se souvenir de rien ou diront alors qu'il s'agit du PM soviétique saisi chez les Perrin. Or la précision d'un pistolet-mitrailleur est aléatoire au-delà de 25 m, autant dire qu'à 140 m, cela relève de l'impossibilité pure et simple et défie tous les calculs de probabilité.(Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence à Digne pour ces deux procès-verbaux). Le 21 décembre, Augusta Caillat, l'une des filles Dominici, déclare au commissaire Gillard que Clovis lui a parlé du croquis dressé par le greffier Barras, désignant dans la remise l'étagère où la carabine Rock-Ola aurait été entreposée. De même, Gustave leur avait donné sa propre version de cet épisode, rapportée ultérieurement au commissaire Chenevier. Le 23 décembre, les commissaires Chenevier et Gillard font un premier rapport de leur mission exploratoire au procureur de Digne, Sabatier motivant une requête de délégation générale. Le 27 décembre, les deux commissaires donnent un compte-rendu de leurs premières investigations au Garde des Sceaux. Le juge Roger Périès est nommé à Marseille, selon son désir, et remplacé par un juge suppléant de Toulon, Pierre Carrias, lui-même nommé juge d'instruction à Digne le 7 janvier 1955. Il sera confirmé dans sa fonction le 3 février pour diriger la deuxième instruction. Le 25 février 1955, le procureur de Digne Sabatier signe un réquisitoire introductif pour l'ouverture d'une information contre X du chef de complicité d'homicides volontaires. Le juge Carrias procède personnellement à certains actes d'instruction, tels que la confrontation du commissaire Sébeille et de Gustave Dominici, au cours de laquelle ce dernier mime la scène au cours de laquelle il a accusé son père en pleurant sur l'épaule de Sébeille. Mais aussi, selon le vœu du ministre de la justice, le juge délivre aux commissaires Chenevier et Gillard des commissions rogatoires en vertu desquelles ceux-ci se livrent à des investigations approfondies, entendant de nombreux témoins à qui ils posent un très grand nombre de questions préparées selon un plan soigneusement mûri. Quant à Gaston Dominici, détenu à la prison des Baumettes, il est interrogé et confronté, aussi souvent que nécessaire, par le juge d'instruction Jacques Batigne, du tribunal de Marseille. Le 8 mars, le juge Carrias court-circuite les enquêteurs ; Chenevier apprend par voie de presse que le juge Batigne a interrogé G. Dominici puis l'a confronté à Gustave et Yvette Dominici. Le 16 mars, les enquêteurs rencontrent le juge Carrias qui ne prend aucune décision pendant trois mois. Le 21 mars 1955, le juge Carrias, organise une reconstitution à La Grand'Terre pour vérifier si la conversation surprise par Gaston était audible de celui-ci. Le juge se poste sur le palier et le procureur Sabatier dans la chambre du couple, pendant que Gustave et Yvette s'allongent sur leurs lits. Carrias dit ne distinguer aucun mot quand les époux murmurent. Le procureur leur demande de recommencer à voix basse. Le juge entend mieux mais sans distinguer quoi que ce soit. Les époux refusent catégoriquement de répéter les mots que Gaston aurait entendu : « bijoux, petite, portait, Roger, mouchoir ». Connaissant l'enjeu de cette reconstitution, le couple va obéir mais en parlant à voix suffisamment basse pour ne pas être compris. À l'époque des faits, s'ils n'avaient pas entendu Gaston monter et redescendre l'escalier en pantoufles, ils n'avaient aucune raison de se méfier en parlant distinctement. Le 15 juin a lieu une nouvelle rencontre des commissaires avec le juge Carrias ainsi qu'une entrevue avec le capitaine Albert. Le 16 juin, le juge Carrias refuse de délivrer la commission rogatoire promise la veille. Le 20 juillet, le juge Carrias délivre une commission rogatoire d'ordre limité qui réduit pratiquement à l'impuissance les policiers. Le 30 juillet, Gaston est entendu par le juge Batigne. Il lui dit qu'en arrivant sur les lieux du drame, peu après 8h00, en compagnie de Roger Perrin et de Gustave, il y avait beaucoup de monde dont le boucher Nervi. Or, à cet instant, seul le gendarme Bouchier est présent, et Gaston lui a demandé la permission d'aller recouvrir le corps de la fillette avec une couverture. Imprudent, le gendarme laisse faire Gaston sans surveillance ce qui va permettre à ce dernier de mettre en place la trouvaille du morceau de crosse. En présence de Chenevier, Gaston nie tout ce qu'il a pu dire le 20 décembre 1954 mais confirme que Gustave a ramené R. Perrin et J. Galizzi sur sa moto avant d'aller voir avec eux l'éboulement sur la voie ferrée. Gaston se reproche d'avoir parlé de l'éboulement à Gustave. Ce dernier ne serait pas allé à Peyruis et n'aurait pas ramené Roger ni les autres. Cette fois, le commissaire lui demande de préciser s'il s'agit des Drummond ou de tierces personnes. Gaston refuse de préciser. Plus tard, il reviendra sur ses déclarations, prétextant avoir tout inventé pour blaguer, ce qui laisse supposer que des membres de la famille sont venus le chapitrer. Le 3 août, le commissaire Chenevier interroge François Barth. Celui-ci dit qu'il a été question de la femme vêtue de noir, lors de sa venue en fin d'après-midi le 5 août 1952, dans la cour de La Grand'Terre. De même, Mme Barth, dit au commissaire Gillard qu'elle a entendu parler d'une femme en noir et que celle-ci se serait trouvée sur la voie ferrée. Leurs témoignages sont intéressants dans la mesure où ils contredisent celui de leur fille Yvette, qui nie cette présence. Le 4 août, Francis Perrin, le facteur de Lurs apprend au commissaire Chenevier que Gustave Dominici aurait demandé à son frère Aimé Perrin si au moins il n'avait pas dit aux gendarmes qu'Yvette était venue avec lui au bivouac des Drummond le soir du 4 août 1952. Aimé Perrin confirme et Gustave l'aurait enjoint de ne pas dire qu'Yvette était venu avec « le petit » plus tard dans la soirée. L'expression « le petit » ne désigne sans doute pas le bébé Alain, âgé de dix mois, mais plutôt Roger Perrin ramené de La Serre par Gustave, vers 21h30, lors de son retour après sa visite chez Faustin Roure à Peyruis, vers 21h00. Les 5 et 10 août, interrogée par Chenevier puis Gillard, Yvette se souvient brusquement, trois ans exactement après les meurtres, qu'elle a accompagné Gustave à l'éboulement avec Alain dans ses bras. C'est en revenant du pont, vers 20h15, qu'elle a entendu la Hillman se garer sur le terre-plein. Yvette prétend que, de loin, avec le crépuscule qui tombait, elle a pu prendre la robe rouge d'Anne Drummond pour une robe noire, ce qui rend sceptique le commissaire. Sur ce point, elle contredit Gustave, qui a reconnu, le 12 novembre 1953 que les Anglaises étaient venues prendre de l'eau avant son retour à la ferme vers 20h00. C'est Yvette qui le lui aurait appris dans leur cuisine. Le 5 août, Aimé Perrin confirme au commissaire Chenevier que Gustave est venu les rejoindre, après son arrivée sur les lieux du drame en compagnie des gendarmes Romanet et Bouchier, seul, à pied et, précision importante, sans son vélo. Romanet est entendu à son tour sur l'épisode durant lequel Gustave l'aurait délivré lorsqu'il s'était enfermé à l'arrière de la Hillman alors qu'il procédait à sa fouille. Le gendarme réfute fermement la réalité de cet épisode. Gustave avait raconté cette opération au commissaire Sébeille pour que l'on ne s'étonne pas de retrouver ses empreintes sur la poignée de la porte arrière. Gustave savait donc qu'elle ne s'ouvrait que de l'extérieur et l'avait déjà manoeuvrée. S'il avait eu besoin d'ouvrir cette portière arrière c'est dans un but de vol ou, simple hypothése, en vue d'extraire Elizabeth séquestrée dans la Hillman suite aux meurtres des parents. Cette portière, qui ne s'ouvrait que de l'extérieur, contredit la thése de l'accusation selon laquelle Elizabeth dormait dans la voiture et qu'elle en avait jailli à l'extérieur au moment de l'agression. Il est évident que Gustave l'a effectivement ouverte, pour fouiller et tout mettre sens dessus dessous. Pourtant, l'Identité Judiciaire ne trouvera aucune empreinte sur les poignées des portières comme si elles avaient été nettoyées. Quelqu'un s'en serait-il chargé à l'insu de Gustave ? La seule possibilité désigne logiquement Clovis.Le 6 août, le commissaire Gillard interroge le boucher Nervi. Selon ce dernier, il s'est arrêté sur les lieux du drame vers 7h30, quand s'y trouvent seulement les gendarmes Romanet et Bouchier avec Gustave et Aimé Perrin. Gustave aurait demandé au boucher d'emmener Yvette au marché d'Oraison, ne pouvant l'accompagner en moto comme d'habitude. Ceci est mensonger puisque c'est son père F. Barth qui vient la chercher mais pour l'emmener au marché de Forcalquier. Nervi poursuit en disant que Gustave l'a amené à la ferme où Yvette se préparait et ils seraient partis à 8h10. Or, à cette heure F. Roure était présent et n'a signalé ni la camionnette ni le boucher ; ce dernier précisera n'avoir vu ni Gaston ni Roger Perrin pourtant présents sur les lieux du crime peu après 8h00. Le 10 août, Yvette, devant Gillard, contredit Nervi disant que c'est Roger qui est venu accompagner le boucher. Tous deux resteront sur leurs positions. Pendant le trajet, Nervi aurait tenté d'en savoir plus et Yvette l'aurait rabroué sèchement. Selon Roger, le 7 mai 1953, il dira au commissaire Sébeille que les parents Barth sont venus à la ferme à 9h15, mais comme Yvette n'était pas prête, ils seraient repartis. Le 22 octobbre 1955, face à l'inspecteur Leclerc, F. Barth niera et dira qu'il a appris le drame par son fils et sa femme qui ont rencontré Yvette au marché d'Oraison. Pourtant Roger Perrin sera conforté par un témoin extérieur, le cafetier de Lurs, Augustin Bonnet, qui, revenant de la ferme Guillermin, dit avoir vu, en remontant vers Lurs vers 8h30, la voiture de F. Barth descendant la route de Forcalquier en direction du carrefour de la RN 96. Le 10 août, le commissaire Chenevier apprend par Gustave que lui et son frère se sont concertés, dans le Palais de Justice le 14 novembre 1953 à 8h00 pour désigner, sur la même étagère de la remise, l'emplacement de la carabine US. Selon Gustave, Clovis aurait sorti un croquis de sa poche, en présence du greffier Barras, et lui aurait désigné sur quelle étagère se serait trouvé la US M1. Le 12 août, Roger Perrin confronté à Yvette, maintient ses précédentes déclarations sur la venue des anglaises à la ferme et ajoute qu'Yvette aurait proposé aux femmes Drummond de s'installer au même endroit où avaient campés les Morin en 1951, à la sortie du pont de la voie ferrée ; Yvette nie cette version. Ce même jour, le commissaire Chenevier confronte Gustave et Roger : celui-ci soutient que c'est son oncle qui lui a appris la présence de la femme en noir en compagnie des Drummond, alors qu'il se rendait à l'éboulement vers 20h15, ce que Gustave nie fermement. En août et octobre 1955, le juge Carrias fait auditionner sur commission rogatoire l'inspecteur Girolami par le juge Désiré Gervaise à Casablanca, où il avait été muté aux Renseignements généraux du Protectorat. Dans l'après-midi du 5 août 1952, l'inspecteur avait remarqué la présence, en face de la porte de la cuisine, d'un pantalon appartenant à Gaston. Ce vêtement, fortement mouillé, n'était ni taché ni ensanglanté. Le vieillard lui avait appris que son linge n'était pas lavé à la ferme mais chez sa fille Augusta Caillat qui le rapportait propre et repassé. Girolami s'était donc étonné de ce que ce pantalon fut lavé sur place seulement quelques heures après le triple meurtre. Il s'était donc empressé de confier ses soupçons au commissaire Sébeille qui n'y avait prêté aucune attention, tout occupé à la recherche d'indices et de l'arme du crime. Le 21 septembre, il sera à nouveau question de ce pantalon lors d'une audition d'Yvette et de Marie Dominici par le juge Carrias. Gaston sera auditionné sur ce même pantalon par le juge Batigne le 24 octobre.(Commission Rogatoire n° 3999 du 24/08/1955 du tribunal de première instance de Casablanca.Cote C 155).ADHAP de Digne. Le 23 septembre, le juge Carrias organise dans son bureau, une confrontation entre le commissaire Sébeille et Gustave, en présence du greffier Barras et du divisionnaire Harzic, supérieur du commissaire. Gustave se plaint d'avoir été victime de pressions intolérables de la part des policiers lors de la dénonciation de son père le 13 novembre 1953. Sébeille réfute ses propos et propose à Gustave, avec l'accord du juge, de mimer l'épisode durant lequel il s'est effondré en pleurs sur l'épaule du policier en dénonçant Gaston, ce qu'il va faire complaisamment et pose la question de sa sincérité. Gustave reconnaît qu'à ce moment-là, il ne subissait pas de pression lors de l'épisode de sa dénonciation mais qu'il se souvenait d'autres pressions. Quarante ans plus tard, le juge fort de son expérience, se posera la question de savoir si le commissaire Sébeille avait été sincère ou les avait tous abusés. Le 29 septembre, le juge Carrias délivre une nouvelle commission rogatoire plus large aux commissaires Chenevier et Gillard. Le 12 octobre, Mauricette et Aimé Dominici sont interrogés ; les réactions du couple laissent penser aux policiers qu'ils connaissent la carabine US. Du moins, Aimé a vu cette arme entre les mains d'un de ses frères ou de son père avant le 24 janvier 1951, date de son départ de La Grand'Terre pour s'installer à Eygalières dans les Bouches-du-Rhône. Les 12 et 16 octobre, Chenevier et Gillard interrogent le docteur Morin de Nice, qui a campé avec son épouse près de la ferme Dominici à l'invitation de Gustave. Il dit reconnaître la US M1 comme étant la carabine réparée en sa présence par Gustave Dominici durant l'été 1951, notamment la soudure de la demi pièce de un franc en remplacement du guidon disparu. Confronté à Gustave, ce dernier nie farouchement et accuse le médecin d'avoir tout inventé. Ses dénégations donnent un certain crédit au témoignage du docteur Morin. Le 17 octobre, interrogé à son tour, Clovis Dominici suggère que son frère Gustave a pu ramener la carabine US du maquis. Clovis s'insurge également contre les accusations de Gustave portées à son encontre le 10 août : il ne nie pas l'existence du croquis mais prétend que celui-ci a été dressé par un policier. Le 19 octobre, Jean Girard, oncle maternel d'Yvette, fait savoir à l'inspecteur Leclerc, subordonné de Chenevier, qu'Aimé Dominici lui a appris que Gustave aurait amené les Drummond sur le terre-plein des Ponts et Chaussées ; si le fait est avéré, cela voudrait dire que Gustave est rentré chez lui bien avant 20h00. Jean Girard ajoute que Clovis est venu à La Grand'Terre le soir du 4 août 1952, avant de se rendre sur le bivouac où il se serait disputé avec les Drummond, ce que nie Clovis. Le 21 octobre, confronté à Aimé et Clovis Dominici, Jean Girard maintient ses déclarations alors que Clovis nie, Aimé confirme les dires de J. Girard mais ne se souvient pas de qui il les tenait. Ce même jour, Jean Galizzi, ami de Roger et amant de sa mère Germaine, déclare à la gendarmerie de Forcalquier qu'il a passé la nuit du 4 au 5 août 1952 à La Cassine en compagnie de Roger père et de son épouse Germaine Perrin. Confronté à Clovis, le cheminot Bourgues confirme que son collégue est arrivé en retard sur le chantier le matin du 5 août 1952. Clovis nie en accusant Maillet d'être l'auteur de ce retard. Interrogé à son tour, Paul Maillet dira être arrivé à 7h15 et avoir appris la tuerie par Bourgues, ce qui veut dire que Clovis n'était pas présent à ce moment ; les PV 353/40 du 10 août 1955 de Gillard et le PV 12-R du 31 août 1952 de la gendarmerie de Forcalquier le confirment. Toujours le 21 octobre, le commissaire Chenevier confronte Clovis et Gustave. Ce dernier répète ses accusations du 10 août envers son aîné et ajoute que, dans la voiture de police qui les amenaient à La Grand'Terre, Clovis serait revenu à la charge en lui murmurant de dire que leur père avait pris la carabine US pour aller chasser le blaireau. La scène se serait déroulée le dimanche 15 novembre 1953 au matin et non la veille. Clovis nie tout et réfute les accusations de son frère cadet. Le commissaire Chenevier va vérifier auprès du greffier Barras qui lui en donne une version tout à fait différente. C'est dans le bureau du juge Périès absent, pendant la garde à vue des deux frères le soir du 13 novembre 1953, qu'il a réalisé le croquis pour mettre les choses au clair et faire concorder les déclarations des deux frères pour la désignation de l'étagère. Le témoignage du greffier détruit le seul élément matériel de l'accusation : la présence de la carabine US dans la remise de la ferme. Le commissaire en tombe des nues mais ne demandera pas de commission rogatoire au juge Carrias pour entendre officiellement le greffier. Il en rendra compte dans son rapport final en atténuant la portée et les conséquences pour le greffier Barras et le juge Périès. Le 22 octobre, Francis Perrin rapporte à l'inspecteur Goguillot, de l'équipe Chenevier, qu'il a entendu dire que Gustave a ramené J. Galizzi sur sa moto en même temps que Roger Perrin le soir du 4 août 1952. Le commissaire Chenevier n'estime pas nécessaire de vérifier. L'hebdomadaire France-Dimanche publie une lettre de Gaston où ce dernier répète la conversation qu'il a surpris entre Gustave et Yvette, et accuse nommément son fils Gustave et Roger Perrin d'être les véritables auteurs du triple meurtre. Le 18 novembre, Clovis désavoue Gustave en confirmant le déplacement du campement du couple Morin, durant l'été 1951, vers la plateforme qui surplombe l'endroit où a été retrouvé le corps d'Elizabeth Drummond. En présence du juge Batigne et de Chenevier, Roger Perrin est confronté à Gaston. Roger se montre d'une rare insolence envers son grand-père et va jusqu'à le provoquer. Mais comme le commissaire le notera, l'attitude de Roger démontre qu'il se sent protégé par un interdit qui empêche son grand-père d'aller plus loin dans ses accusations. La manière dont Roger s'en vante devant lui donne à penser au commissaire que le jeune homme est impliqué bien autrement que comme simple témoin ou complice passif dans le drame. Le 22 novembre, le commissaire Gillard rappelant à nouveau ce qu'a rapporté Aimé Perrin à propos de la femme habillée de noir, Yvette change de version en prétendant qu'il s'agit de sa belle-mère, vêtue de noir, qui l'attendait sur la route. Ce nouveau revirement ne convainc pas davantage le commissaire. Le 19 janvier 1956, Roger Perrin déclare à Chenevier que, dix jours après le verdict, Léon Dominici aurait conseillé au père de son neveu de le faire engager dans la Légion étrangère pour lui éviter des poursuites judiciaires. Comme ça, on pourrait l'accuser des crimes et faire libérer le grand-père Gaston ; outre le fait que la Légion n'aurait jamais enrôlé une recrue coupable d'un tel carnage, cela montre à quel point Léon avait quelques doutes sur l'innocence de son neveu. Le 10 février 1956, les deux commissaires se déplacent à la prison de Nîmes pour entendre le détenu Jean-Baptiste Bossa. Celui-ci leur fait savoir que, détenu à la prison Saint-Charles de Digne en même temps que Gustave, il a surpris sous la fenêtre du parloir les conversations d'Yvette et de son mari. Il leur rapporte que ces conversations mettent directement en cause Gustave dans le déroulement de l'assassinat des Drummond. Le 25 février 1956, le commissaire Chenevier remet son rapport final au préfet directeur de la police judiciaire. Cette deuxième instruction met en lumière les rôles joués par Gustave et Roger Perrin fils avec une possible participation de Gaston Dominici mais sans en apporter la preuve. Le 13 novembre 1956, devant l'absence d'éléments nouveaux mis au jour par la contre-enquête, le juge Carrias rend une ordonnance de non-lieu qui clôture la deuxième instruction et met définitivement fin à l'action judiciaire consécutive au triple meurtre de Lurs. À l'issue de la contre-enquête, le commissaire Sébeille connaît le désaveu avant d'être déclassé le 22 décembre 1959 comme commissaire de la sécurité publique au commissariat de quartier de la Belle de Mai à Marseille. Il n'obtiendra jamais la promotion au grade de commissaire principal ni la Légion d'honneur promises fin août 1952. En 1957, le président Coty commue la peine et, pour le 14 juillet 1960, le général de Gaulle gracie et libère Gaston Dominici. Sur la fin de sa vie, il choisit comme confident le révèrend père Lorenzi, un moine bénédictin du monastère de Ganagobie qu'il connaissait depuis 1915. Assigné à résidence à Montfort après son élargissement, Gaston Dominici décède le 4 avril 1965 à l'hospice de Digne-les-Bains, sans que soit établi son degré d'implication dans le triple meurtre de la famille Drummond. Selon la tradition locale, le père Ferdinand Bos reçut la confession du vieillard mais ne la trahit jamais.

 

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L affaire Dominici , parti 1 :

 


L affaire Dominici , parti 2 :

Journaux de l époque :




 

Reportage l Affaire Dominici :





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Soixante ans plus tard, à l'initiative de l'association Juristribune, de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), des étudiants en droit reconstituent ce procès.

 "Quel petit menteur", lance "Gaston Dominici",

 joué par François Cottier, 21 ans, étudiant en 3e année de droit qui écoute son petit-fils Roger l'accuser.

 "Innocenter" "Mon but, c'est de l'innocenter", a déclaré M. Cottier avant le procès, "Gaston Dominici m'est apparu comme étant quelqu'un qui avait été abusé".

 L'étudiant, qui s'est préparé grâce à quelques textes et procès-verbaux, a limité ses recherches "pour ne pas être influencé".

 Les témoins, béret ou chapeau vissés sur la tête, défilent à la barre.

 Le fils Clovis raconte qu'un soir, son père a dit : "J'en ai déjà tué trois, je peux en tuer quatre".

 Le pseudo-commissaire Edmond Sebeille, en charge de l'enquête à l'époque, assure que l'accusé lui a confié peu après la découverte des corps que la mère de famille anglaise "n'a pas souffert", laissant supposer que le vieil homme aurait pour le moins assisté au crime.

Dans son réquisitoire, l'avocat général, joué par un chargé de TD, dénonce les "mensonges" du clan Dominici et argue que "tous les éléments conduisent à Gaston Dominici".

"L'accusé n'a qu'une idée en tête: échapper à la justice", tonne-t-il.

Du côté de la défense, on fustige une enquête de police "très critiquable", la scène du crime ayant été polluée par les curieux. "Notre but est de choisir une affaire où il y a du doute", explique Aurore Sum, 19 ans, organisatrice de la reconstitution. Juristribune organise depuis quatre ans des reconstitutions de grands procès.

En 2012, les étudiants s'étaient attelé à l'affaire Ranucci. "Notre dossier est préparé de la manière la plus objective possible. Comme il est très difficile d'avoir accès au vrai dossier, nous utilisons surtout internet, mais nous croisons les sources pour éviter les erreurs", souligne-t-elle.

 Après six heures de procès, le verdict tombe:

 Gaston Dominici est acquitté.

 

 

Source : orange-actu

Le dossier de la honte .

30/09/2011 12:26 par TueursEnSerie

Un CD Rom, 8000 photos. Des enfants torturés, violés. Découvert en 1998 à Zandvoort aux Pays-Bas, son propriétaire a été assassiné en Italie. Qui sont ces enfants ? Que fait-on pour les retrouver ? Malgré la reconnaissance de plus de 80 enfants, dont certains victimes dans de célèbres procès comme celui des Disparues de l'Yonne, les actions d'associations comme Innocence en Danger, ou les interrogations préoccupantes d'un rapporteur de l'ONU, la justice conclut à un non lieu et le fichier ne sera plus jamais évoqué. Pourquoi un tel silence autour des réseaux pédophiles ? Karl Zéro et Serge Garde, le journaliste qui a révélé l'existence du fichier en 2000 dans le quotidien l'Humanité, ré-ouvrent ce dossier particulièrement troublant. Dans leur enquête à travers l'Europe, ils ont obtenu des témoignages exclusifs de victimes, de journalistes, de policiers, de spécialistes et celle d'un homme violé dans son enfance en lutte contre ses pulsions pédophiles. A l'occasion de la diffusion de ce numéro exceptionnel des Faits Karl Zéro Le Prime, 13ème RUE soutient l'action de l'association Innocence en danger.  




 

 

 

Source :

 

 13emerueuniversal.fr

 novusordoseclorum

tagtele.com.

 Association :

Secte Temple du Peuple : Jim Jones .

29/09/2011 17:47 par TueursEnSerie

  • Secte Temple du Peuple  : Jim Jones .

    Secte Temple du Peuple : Jim Jones .

    29/09/2011 17:47 par TueursEnSerie

Le Temple des Peuples est une secte principalement connue pour le suicide collectif de 914 de ses adeptes majoritairement par empoisonnement au cyanure de potassium, le 18 novembre 1978 à Jonestown, en Guyana (un député américain, Leo Ryan, venu enquêter sur la secte, fut également assassiné lors de cette tragédie). Le Temple est fondé en 1953, à Indianapolis (États-Unis), sous le nom Ailes de la délivrance puis Temple des peuples en 1955 par le révérend Jim Jones. En 1960, la secte se rallie à la confession protestante des Disciples du Christ. À Indianapolis, ainsi que dans les villes californiennes d'Ukiah, San Francisco, et Los Angeles, où Jones créa de nouvelles branches de son culte, les membres de la secte gagnèrent une bonne réputation pour l'aide qu'ils apportèrent aux pauvres, particulièrement aux minorités raciales, aux toxicomanes et aux sans domicile fixe. 


 


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 En mars 1997, le FBI annonça qu’il rendait publique, pour la première fois, sous couvert du « Freedom of information act » (décret pour la liberté de l’information), les 39 000 pages encore inconnues qui concernaient Jonestown, le temple du peuple et toutes affaires associées . Le FBI fut contraint de diffuser les documents à cause de cette requête FOIA datant de 1993 et initiée par le magazine Freedom. Ces documents publiés, les révélations au sujet du massacre de Jonestown en 1978 et l’assassinat du député Leo Ryan firent l'effet d'une bombe. Contrairement à ce qui est généralement rapporté par les médias, les documents du FBI désignent le « temple du peuple » comme une congrégation religieuse d’importance. Des citations de personnalités politiques comme les sénateurs Walter Mondale, Hubert Humphrey, Henry Jackson, Sam Ervin Jr., Warren Magnuson, Mike Gravel, le député Philip Burton, Ron Dellurns, Don Edwards, Bella Abszug et Patsy Mink démontrent qu’il existait en fait, au départ, un soutien massif et quasi officiel pour cette organisation. Jane Fonda écrivit, elle-même, à Jim Jones, le leader : « Je suis une participante active de votre congrégation, non seulement pour moi-même mais pour mes deux enfants avec lesquels j’aimerais partager cette expérience ». Les documents présentent également Jim Jones, comme un pasteur respecté des « disciples du Christ », l’église protestante de l’ancien président Lyndon Johnson et de millions d’américains à l’époque. Ils montrent également que la congrégation subit une longue période de harcèlement, de surveillance et d’infiltrations pour les besoins de la CIA, allant en s'intensifiant quand les bureaux de la congrégation, à l’origine basée en Indiana, se déplacèrent à Guyana. En 1977 et 1978, des menaces anonymes furent adressées au temple du Peuple, accompagnées d’actes de violence occasionnels contre ses membres. C’est à la fin de 1977, que le député Leo Ryan subit des pressions pour aller visiter Jonestown, pressions qui s’accentuèrent jusqu’à ce qu’il accepte d’y aller. Parmi ceux qui le poussèrent à agir contre la « secte », il y avait la psychologue Margaret Singer (ardente antisectes collaboratrice du CAN, sorte d'UNADFI américaine) ainsi que Tim Stoen, un ancien assistant de Jim Jones qui avait des liens avec la CIA. Le 31 juillet 1980, plus de 20 mois après que Leo Ryan ait été tué lors du massacre de 1978, ses cinq enfants préparèrent une action en justice à la suite d’une importante enquête sur les causes de la mort de leur père. On pouvait lire dans l’accusation qu’il y avait eu une « infiltration de la communauté de Jonestown par des agents de la CIA » et que « ces agents travaillaient dans le cadre du programme MK-Ultra (Des documents de la CIA ont confirmé que des expériences avaient été conduites sur des prisonniers à Vacaville pour le programme MK-Ultra. Le but de ces tests était de découvrir les effets de la drogue et du stress afin de déterminer à quel stade des individus devenaient aptes à suivre des ordres aveuglément. Selon le Dr Lawrence T. Clanon, directeur de Vacaville, la CIA voulait savoir si ces drogues pouvaient être utilisées dans les interrogatoires et pour gagner la coopération des gens). La communauté de Jonestown aurait donc été utilisée à cet effet et «des quantités massives de drogues utilisées par ce programme ont été découvertes à Jonestown après la tragédie du 18 novembre 1978 ». De nombreuses personnes perdirent la vie le 18 novembre 1978 et le Dr C Leslie Mootoo (alors responsable médical à Guyana), affirma que, « dans la majorité des cas, il s’agissait bien de meurtres et pas de suicides ». Le Dr Mootoo, premier médecin à être arrivé sur les lieux, et considéré comme le meilleur de la région, déclara au magazine Freedom qu’ils étaient « morts par injection de cyanure ». Après 32 heures de travail sans pause dans la chaleur et les corps en décomposition, le Dr Mootoo finit par abandonner. 187 corps avaient alors été diagnostiqués par ses soins et son équipe comme morts par injection. La plupart avaient reçu l’injection dans des parties du corps qu’elles n’auraient pas pu atteindre d’elles-mêmes, entre les épaules ou au dos d’un bras. « Ceux qui ont fait les injections savaient ce qu’ils faisaient ! » déclara le docteur. De nombreux autres avaient reçu une balle dans la tête. Charles Huff, un béret vert des forces spéciales au Panama, faisait partie des premiers militaires sur les lieux après le massacre. Il déclara : « Nous avons vu de nombreuses blessures par balles et par flèches ». Huff ajouta que ceux qui avaient été tués par balles ou par flèches semblaient courir vers la jungle qui entourait Jonestown. Corroborant les informations du Dr Mootoo, Huff déclara que ceux qui n’avaient pas été abattus par balles ou par flèches, avaient reçu des injections entre les épaules. Les tueurs avaient fui avant l’arrivée de Huff et de ses troupes. Le colonel de l'Air Force L Fletcher Prouty déclara, lui, qu’il existait des preuves de l’implication de forces plus importantes sur le lieu de l’opération : « Le chef du personnel (JCS) avait préparé des centaines de « body bags », alors qu’on n’en garde jamais autant en un seul endroit. Il n’y avait aucune raison d’agir ainsi à moins d’avoir connaissance de qui allait se passer. Cela démontre que tout était prémédité ». 20 ans après la mort du député Leo Ryan, l’Amérique attend toujours l’explication définitive sur les questions non résolues au sujet de cette tragédie. Tous les documents et enregistrements de toutes les administrations devraient être publiées entièrement. Seulement alors, toute la vérité pourra-t-elle être révélée à tout le monde. Par la suite, d’autres personnes présentes sur les lieux ont révélé que tous les corps étaient allongés sur le ventre (les photos diffusées en sont d’ailleurs la preuve), parfois en rang et qu’ils n’indiquaient pas la position de personnes ayant agonisé à cause d’une prise de poison. D’autre part, comme dans le cas d'autres prétendus suicides collectifs, ils ont retrouvé dans certaines maisons, des préparatifs d’anniversaire pour le soir qui indiquaient qu’il n’y avait pas de projet de suicides dans ces familles. Conclusion du CICNS : En étudiant les divers documents de cette affaire tragique, il n'y aucun doute que les dérives ont eu lieu de tous côtés. Jim Jones a dérapé et les infiltrations de sa communauté, pour des raisons non élucidées sont réelles. De tous les événements qui ont servi de tremplin à la campagne antisectes mondiale, celui-ci fut le premier et le plus traumatisant pour la population mondiale. Il est flagrant, en tous cas, que les grandes affaires (Waco, OTS) ont en commun de ne jamais avoir été élucidés officiellement, et d'être empreints de bévues et de faux-pas incroyables dans le cours des enquêtes, et cela malgré les raccourcis médiatiques qui ont servi et servent encore aujourd'hui de résumés simplistes. C'est d'ailleurs un procédé général des militants antisectes.

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  " Jim Jones, Charles Garry et Richard Dwyer "



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 Photos diffuser apres le suicide collectif dans la presse :


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Temple du Peuple : Jim Jones ( parti 1 ) :


 

 

Temple du Peuple : Jim Jones ( parti 2) :


 

 

Temple du Peuple : Jim Jones ( parti 3 ) :



Affaire Seznec .

29/09/2011 16:16 par TueursEnSerie

  • Affaire Seznec .

    Affaire Seznec .

    29/09/2011 16:16 par TueursEnSerie

L’affaire Seznec est une affaire criminelle dans laquelle Joseph Seznec a été reconnu coupable du meurtre de Pierre Quéméneur. Le jugement a fait l’objet de plusieurs demandes de révision qui ont toutes été rejetées.

 

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 L'affaire :

 

 Joseph Marie Guillaume Seznec, né le 01er mai 1878, à Plomodiern, dans le Finistère, maître de scierie à Morlaix, a été reconnu "coupable de faux en écriture privée et du meurtre de Pierre Quéméneur", conseiller général du Finistère, ce dernier ayant étrangement disparu dans la nuit du 25 mai au 26 mai 1923, durant un voyage d'affaires effectué de Bretagne à Paris avec Guillaume Seznec, voyage lié (selon Guillaume Seznec) à la vente à l'Union soviétique des stocks de voitures Cadillac rétrocédés à la France par l'armée américaine après le premier conflit mondial. Cependant, même si plusieurs hypothèses peuvent être avancées quant à cette disparition assez mystérieuse. Mystérieuse car d'abord le corps de Pierre Quéméneur n'a jamais été retrouvé. Ensuite plusieurs témoins lors du procès ont affirmé avoir croisé Pierre Quéméneur après sa disparition. L'hypothèse du meurtre fut retenue par la Justice. Étant la dernière personne à avoir vu Quéméneur vivant (selon l'enquête), Guillaume Seznec devint le principal suspect : il fut arrêté, inculpé et incarcéré. Son procès, au cours duquel près de 120 témoins furent entendus, dura huit jours et prit fin le 3 novembre 1924. Guillaume Seznec fut alors reconnu coupable, mais, la préméditation étant écartée, il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité alors que l'avocat général avait demandé la peine de mort. Il fut ensuite conduit au camp de la Transportation de Saint-Laurent-du-Maroni en 1927, puis transféré au bagne des Îles du Salut en Guyane française en 1928. Plusieurs ouvrages témoignent de la dureté du bagne entretenu par la république française en Guyane (Albert Londres ; Au bagne. Claude Sylvane ; Notre bagne. Denis Seznec ; Seznec, le bagne ; Laffont. L'affaire Seznec en photos des assises au bagne ; Laffont). Guillaume Seznec a refusé une grâce présidentielle en 1933. Après la 2nde Guerre Mondiale et la fermeture du bagne de Guyane, Guillaume Seznec bénéficie d'une remise de peine en mai 19461, il rentra en France métropole l'année suivante. En 1953, à Paris, il fut renversé par une camionnette qui prit la fuite. Retrouvé, son chauffeur prétendit qu'il n'avait rien vu. Guillaume Seznec mourut le 13 février 1954 des suites de ses blessures.



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Chronologie et résultats de l'instruction de l'époque :

 

 La chronologie des événements :

 

 

 Le 25 mai 1923, après avoir passé la nuit à l'hôtel de Paris, à Rennes, Guillaume Seznec et Pierre Quéméneur prennent la route de Paris à bord d'une voiture de marque Cadillac. Selon Seznec, Quéméneur doit rencontrer le lendemain à huit heures un certain Chardy ou Sherdly. Quéméneur avait indiqué à sa famille qu'il serait de retour le 28 mai. Au bout de quelques jours, la famille Quéméneur s'inquiète et va trouver Seznec pour lui demander des nouvelles. Il leur répond que, à la suite d'une panne de voiture, il a laissé Quéméneur à la gare de Dreux, où celui-ci a pris le train pour Paris. Il suggère qu'il est peut-être allé en Amérique. Le 13 juin, un télégramme signé Quéméneur est envoyé du Havre, principal port de départ vers l'Amérique avec le texte suivant : « Ne rentrerai Landerneau que dans quelques jours tout va pour le mieux - Quéméneur ». Le 20 juin, un employé de la gare du Havre découvre une valise avec des papiers au nom de Quéméneur et en informe sa famille. Le 22 juin, une instruction pour disparition suspecte est ouverte à Brest. Dans le cadre de cette instruction, la valise est saisie. Elle contient notamment une promesse de vente dactylographiée (ce qui à l'époque est rare) portant sur une vaste propriété avec manoir situé à Plourivo, appartenant à Quéméneur, au bénéfice de Seznec et pour une somme de 35 000 francs de l'époque, soit 33 500 euros (valeur 2009), sans rapport avec le prix d'un tel bien. (Cette propriété sera vendue 155 000 francs en 1925.) Le 26 juin, Seznec est entendu par les gendarmes. Il explique que cette promesse de vente a été rédigée par Quéméneur et lui a été consentie contre la remise de 4 040 dollars-or qu'il venait de changer à Brest, les 35 000 francs ne représentant que le solde du prix de vente. Cette remise a eu lieu sans témoin. Selon Seznec, Quéméneur aurait eu besoin de liquidités pour traiter l'affaire des Cadillac qui l'appelait à Paris ; Seznec n'en sait pas plus, car, dit-il, dans l'affaire, son rôle s'est limité à recevoir pour Quéméneur des courriers adressés sur des enveloppes à en-tête de la chambre de commerce américaine de Paris. Il raconte le détail du voyage vers Paris, et comment, la voiture étant en panne, il a dû laisser Quéméneur à Dreux et est rentré à Morlaix.

 

 

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Le résultat de l'instruction de l'époque :

 

 Comme huit témoins ont vu Seznec et Quéméneur ensemble à Houdan, à 60 km de Paris ; ils ont repris la route ensemble. Quéméneur n'a donc pas quitté Seznec à Dreux, mais bien à Houdan (approximation de Seznec). Un témoin a vu Seznec seul au volant de sa voiture, au petit matin du jour suivant, à La Queue-lez-Yvelines, à 15 km d'Houdan sur la route de Paris. Ce témoin l'a aidé avec sa voiture en panne. Seznec reconnait ce fait. L'épouse de Seznec confirme que son mari a quitté son domicile le 12 juin en voiture. Il laisse sa voiture dans une ferme à Plouaret, arrêt sur la ligne ferroviaire Paris-Brest. Selon plusieurs témoins, Seznec aurait été aperçu au Havre le 13 juin, jour de l'envoi du télégramme signé Quéméneur depuis cette ville. Il y aurait acheté la machine à écrire qui a servi à taper la promesse de vente. Cinq témoins ont confirmé ces faits. Il aurait utilisé un nom d'emprunt lors de ce séjour. D'après la police, Seznec aurait été vu le même jour à la gare de Paris-Montparnasse à Paris, à 21 heures, où il prenait le train pour Plouaret. Seznec nie en bloc. Le 14 juin au petit matin, il a récupéré sa voiture à Plouaret, soit dans l'heure qui a suivi l'arrivée du train où il aurait été vu la veille. La police fini par découvrir le 6 juillet la machine à écrire ayant servi à rédiger les promesses de vente au cours de la troisième perquisition dans la scierie de Seznec... Des experts examinent la machine. Ils concluent qu'elle a bien servi à rédiger les promesses de vente (dont l'une aurait été remise par Seznec aux policiers parisiens) et que les mentions manuscrites prétendues écrites par Quéméneur sont en fait fausses (rappelons que les promesses de vente sont datées du 22 mai 1923 et que la machine à écrire a été achetée le 13 juin 1923). Dans la valise récupérée au Havre, il y avait également un carnet de dépenses, mentionnant notamment des billets de train Dreux-Paris et Paris-Le Havre, avec des prix erronés.

 

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Tentative de révision du procès :

 

 Durant tout son procès et pendant les années qui lui restent à vivre, Seznec ne cessa de clamer son innocence. Ses descendants, et notamment son petit-fils Denis Le Her-Seznec (Denis Seznec), ont régulièrement sollicité la justice pour rouvrir le dossier, afin de le blanchir des accusations portées contre lui et obtenir sa réhabilitation. Afin de soutenir cette action, Denis Seznec, ses proches et ses sympathisants ont fondé à Paris en 1995 FRANCE JUSTICE, association sous la loi de 1901. Cette association est membre du Comité français des organisations non gouvernementales (ONG) auprès de l'ONU. L'action efficace de FRANCE JUSTICE (relayée par les médias) est à l'origine de la loi du 23 juin 1989 dite "loi Seznec", votée à l'unanimité au Parlement (fait rare). Elle modifie la procédure de révision des cas jugés en assise. Pour cela il faut « des faits nouveaux mettant en doute la culpabilité. » Signalons que sur les 2000 affaires ayant donné lieu à une procédure de révision, deux tiers ont été rejetées et le dernier tiers a été débouté. La notoriété de FRANCE JUSTICE lui a permis d'attirer des personnalités : avocats célèbres, des parlementaires, le chanteur Yves Duteil (descendant du capitaine Dreyfus) et quelques uns des innocentés comme Patrick Dills ou ceux innocentés lors du procès dit d'Outreau (Alain Marécaux, ...) Pour réhabiliter Guillaume Seznec quatorze demandes ont été examinées par la justice et ont toutes été rejetées. La commission de révision des condamnations pénales a accepté, le 11 avril 2005, de rouvrir le dossier de la condamnation pour meurtre de Guillaume Seznec. Cette décision pouvait ouvrir la voie à une éventuelle annulation de la condamnation prononcée en 1924 à son encontre. La Chambre criminelle de la Cour de cassation, statuant comme cour de révision, a examiné ce dossier le 5 octobre 2006. Lors de cette audience, le bénéfice du doute au profit de Guillaume Seznec a été demandé en évoquant plus particulièrement la possibilité d'une machination policière de l'inspecteur stagiaire Pierre Bonny (révoqué en 1935 de la police française pour fautes graves, condamné pour corruption, puis adjoint plus tard de Henri Lafont, le chef de la Gestapo française) dont le supérieur hiérarchique, le commissaire Vidal, fut chargé de l'enquête. De son côté le conseiller rapporteur Jean-Louis Castagnède a soutenu l'opinion inverse, arguant d'une part que cette manipulation lui semblait improbable du fait du faible nombre d'actes établis par Bonny (5 sur 500) et, d'autre part, que les expertises sollicitées par la cour de cassation avaient établi que Guillaume Seznec était bien l'auteur de la fausse promesse de vente de la propriété de Quéméneur sise à Plourivo. Le 14 décembre 2006, l'annulation de la condamnation de Seznec a été rejetée par la Cour de révision qui a estimé qu'il n'y avait aucun élément nouveau susceptible de faire naître le doute sur la culpabilité de Guillaume Seznec, constatant que l'existence d'une machination policière telle qu'alléguée est matériellement impossible et que la participation de l'inspecteur Bonny à une machination policière n'a pas été prouvée. Cette affaire semble close, une nouvelle demande de révision étant improbable. La famille Seznec avait dans un premier temps manifesté l'intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme, mais sur les conseils de ses avocats, elle y a renoncé.

 

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 Lien vers le site :

 








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Guillaume Seznec restera coupable aux yeux de la justice française


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15 décembre 2006.

 

 – La Cour de révision a rejeté, le 14 décembre, le recours en révision de ce qu'on appelle l'affaire Seznec. Cet ultime recours avait été déposé par le Garde des Sceaux en personne, et appuyé par l'avocat général convaincu, pour sa part, de l'innocence de l'intéressé. La justice française persiste et signe. Selon la Cour de cassation, dans un long arrêt d'une quarantaine de pages, « Il n'existe aucun fait nouveau ou élément inconnu de la juridiction au jour du procès de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de Guillaume Seznec. ». La Cour en est venue à cette conclusion après avoir réfuté tous les moyens soulevés par les requérants. En outre, sur l'intervention d'un dénommé Boudjema Gherdi, la Cour a estimé que « l'hypothèse selon laquelle Pierre Bonny et Boudjema Gherdi auraient entretenu de quelconques relations à l'époque des faits, ou à une époque ultérieure, n'est pas vérifiée ». La Cour a considéré l'intégralité des argumentations comme « dépourvues de pertinence », les témoignages comme « dépourvus de toute portée révisionnelle », « indirects », « rapportés », « longtemps différés » voire « dénaturés », et les hypothèses « pas vérifiées. »

 

 

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 " Grand'chambre de la Cour de cassation.

Dessin de L. Sabattier (1899) "

 

C'est un coup très rude pour Denis Le Her-Seznec, petit-fils de l'ancien forçat. C'est dans une ambiance survoltée qu'il a exprimé en des termes particulièrement durs son désarroi : « Avec son bandeau sur les yeux, la justice était aveugle. Depuis l'affaire d'Outreau, elle est devenue sourde. Avec l'affaire Seznec, elle est devenue folle. Honte à elle ! Les juges avaient une occasion unique de se racheter. C'est raté. » Des épithètes peu flatteuses envers la justice française ont été chuchotées de part et d'autre dans les couloirs du Palais. Peu avant, il avait lancé après l'énoncé de l'arrêt : « C'est honteux, ce que vous faites ! ». Réplique du président Cotte : « Vous avez le droit de maudire vos juges, pas de les insulter. », relate Le Figaro. Cependant, Ouest France rapporte une autre version : « Monsieur, vous avez le droit de maudire vos juges, mais respectez cette enceinte. » Les avocats du petit-fils de Guillaume Seznec ont annoncé qu'ils saisiront la Cour européenne des Droits de l'Homme(CEDH). L'intéressé a déclaré au Nouvel Observateur « qu'à sa connaissance “le débat final au sein de la cour de révision avait été extrêmement houleux, nécessitant pas moins de trois réunions avant le vote”. »

 

 

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 Les réactions dans la presse :

 

 La presse se fait écho de cette affaire. Mais de vives critiques vis à vis de la justice française viennent de la Suisse. Par la plume de Jean-Noël Cuénod, La Tribune de Genève titre un premier article « La justice inflige au dossier Seznec son ultime coup de poignard. » Dans son éditorial, le même auteur, écrit : « La justice demeure incorrigible ! Le refus signifié par la Cour de révision à Paris d'annuler la condamnation de Guillaume Seznec confirme cette tendance lourde. » puis d'ajouter : « Pour révoltante qu'elle apparaisse, cette position obéit à une certaine logique: sauvegarder vaille que vaille “l'autorité de la chose jugée”. » Il explique que dans ce type de procédure, la charge de la preuve est inversée. C'est au prévenu d'établir son innocence. Mais, « concernant Seznec, comment prouver qu'il est innocent d'un meurtre dont on ne sait même pas s'il a été commis ? Comment découvrir la preuve de l'innocence alors qu'il n'y a aucune preuve de culpabilité ? La procédure en révision est, en elle-même, perverse à cet égard. Elle contraint celui qui demande la révision à démontrer l'impossible ! », s'interroge toujours Jean-Noël Cuénod.

 

Des personnalités réagissent Marylise Lebranchu, ancienne Garde des Sceaux, laquelle avait lancé la procédure en question a réagi. « C'est une déception à titre personnel. Je croyais honnêtement que Denis Seznec aurait gain de cause, même si j'admets qu'en droit pur, la conviction est contestable en Cour de cassation. Quant à Denis Seznec, il faut qu'il se dise, aujourd'hui, malgré une déception énorme, qu'il n'a pas perdu le combat de sa vie. Il faut qu'il étudie toutes les voies de recours. » Maître Jean-Denis Bredin, un des avocats de la famille Seznec, a notamment affirmé que « Ce n'est pas un arrêt de justice qui a été prononcé, c'est un réquisitoire. Tous les faits qui risquaient de provoquer la révision ont été passés sous silence. La Cour de cassation ne veut pas qu'il y ait des requêtes en révision. En fait, le doute, pour elle, est un élément de culpabilité. » Pascal Clément, en sa qualité de Garde des Sceaux, a, quant à lui, pris « acte » de la décision puis salué le courage de Denis Seznec. Le maire de Plomodiern, lieu où a vécu Guillaume Seznec, a été lui aussi déçu par cette décision de justice et regrette qu'une rue Seznec ne puisse jamais voir le jour.

 

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 Le droit en matière de révision Les conditions de la révision d'une décision définitive condamnant une personne pour un crime ou un délit sont instituées par les articles 622 et suivants du code de procédure pénale. Dans la présente espèce, il s'agit du cas prévu au 4° de l'article 622 où, après « une condamnation, vient à se produire ou à se révéler un fait nouveau ou un élément inconnu de la juridiction au jour du procès, de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné.


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Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 1.

28/09/2011 16:27 par TueursEnSerie

  • 	Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 1.

    Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 1.

    28/09/2011 16:27 par TueursEnSerie

Nom de naissance : Alphonse Gabriel Capone

                 Surnom :Scarface (dans les médias)

        Al Brown

            Alphonse Brown

                      Snorky ou The Big Fellow

Naissance : 17 janvier 1899 Brooklyn

   New York

 Décès : 25 janvier 1947 (à 48 ans)

Miami Beach, Floride

Nationalité : États-Unis

Famille :

Mae Capone (épouse) (1897-1986)

Albert Francis Capone (fils) (1918-2004)


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Al Capone (17 janvier 1899 à Brooklyn, New York – 25 janvier 1947 à Miami Beach en Floride, États-Unis), de son vrai nom Alphonse Gabriel Capone(ou en italien Alfonso Caponi) et surnommé « Scarface » (le balafré), est le plus célèbre des gangsters américains du XXe siècle. Il fut le parrain de la mafia de Chicago de 1925 à 1932. Personnage emblématique de l’essor du crime organisé dans les États-Unis de la Prohibition, il a contribué à donner à Chicago durant les années 1920 et 1930, sa triste réputation de ville sans foi ni loi.

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Biographie :

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' Sanctus Al Caponis, No-One '

 

 Alphonse Gabriel Capone, est né le 17 janvier 1899 à New York, dans le quartier Brooklyn. Ses parents sont des Italiens de la région de Naples. Fuyant la misère de leur pays natal, ils vont, comme beaucoup de leurs compatriotes à cette époque, tenter leur chance aux Etats-Unis en espérant réaliser le rêve américain. Son père Gabriele Capone (1864-1920), né Caponi (son nom a été anglicisé en Capone par les services d'immigration à son arrivée), est d'abord caissier dans une épicerie puis réussit à ouvrir un salon de coiffure qui faisait aussi office de barbier Sa mère, Teresa Capone, née Bandiera Raiola (1867-1952) est une couturière, catholique très croyante. Ils sont arrivés à New York en 1894 avec deux enfants en bas âge et un troisième à venir. Al est le quatrième d'une fratrie de neuf frères et sœurs qui le suivront presque tous dans ses activités criminelles. La famille de Capone émigre brièvement au Canada avant de revenir s'installer en 1894 à Brooklyn dans le quartier de Navy yard. Al Capone quitte l'école à 14 ans, en 6e, après avoir tabassé son professeur. Sanctus Al Caponis, No-One Adolescent, il rejoint des petites bandes du quartier : les Brooklyn Rippers (« éventreurs de Brooklyn »), les Forty Thieves Juniors (« 40 voleurs juniors ») puis, plus tard, le célèbre Five Points (« gang des 5 points »). Ce gang est dirigé par Frankie Yale. Celui-ci l’engage comme barman et videur dans son bar le Harvard Inn. Al Capone a 18 ans. C'est au cours d'une dispute avec un client Franck Gallaccio, un mafieux local, dont il avait par inadvertance insulté la sœur à la porte d'une discothèque qu'il se fait entailler au rasoir la joue gauche, ce qui lui vaudra son surnom de Scarface (« balafré » en français). Capone s'excusera auprès de Gallaccio à la demande de Yale. Plus tard, il en fera même son garde du corps. En 1918, il épouse une femme d'origine irlandaise du nom de Mae Coughlin (1897-1986) dont il vient juste d'avoir un fils Albert Francis Capone (1918-2004) (celui-ci changera son nom en Brown en 1966). Il commet au moins dix meurtres avant de partir s’installer dans un autre secteur de Brooklyn où il se met au service de Johnny Torrio, un patron de la pègre. En 1922, ayant fait la preuve de ses bonnes dispositions, Capone devient le bras droit de Torrio. En 1925, Torrio est grièvement blessé au cours d’une fusillade et décide de prendre sa retraite dans son Italie natale, abandonnant les commandes à Capone. La guerre impitoyable que celui-ci livre alors à ses adversaires Bugs Moran et Hymie Weiss, ainsi que l’instauration, sous sa férule, d’une corruption organisée des autorités locales lui assurent une renommée internationale. Al Capone a surtout laissé un nom dans l’histoire de la Mafia pour avoir été, de 1925 à 1930, au plus fort de la prohibition, le patron de l’industrie du vice à Chicago. Il a amassé une fortune immense (ses revenus annuels ont atteint 105 millions USD de l’époque) grâce à l’exploitation de Speakeasies (bars clandestins), de jackpots, de bordels, de boîtes de nuit, de poissonneries et de boucheries et à ses activités dans le milieu. Ses méthodes d’intimidation étaient telles que, faute de témoins à charge, il ne fut jamais poursuivi, même pour des crimes notoires. Al Capone est l’instigateur du massacre de la Saint-Valentin, le 14 février 1929, au cours duquel il fait abattre les hommes de l'un de ses principaux adversaires, Bugs Moran. Ce dernier, échappe à la tuerie, tandis qu'Al Capone, pour sa part, se trouve en Floride. En 1931, il est condamné pour fraude fiscale, finalement trahi par un train de vie exagérément supérieur à ses revenus officiels. Le gouvernement fédéral ayant en effet renforcé la répression en matière fiscale, Eliot Ness, agent du Bureau de la Prohibition, secondé de ses fameux « Incorruptibles », ainsi que Frank J. Wilson (en), agent du service des impôts, peuvent enfin entrer en action. Ayant à répondre d’accusations de fraude fiscale et d’infraction aux lois sur la Prohibition, Al Capone plaide d’abord non-coupable, espérant se tirer d’affaire grâce au paiement d’une caution. Mais, après le rejet de la requête de l’avocat et l’échec d’une tentative de subornation du jury, l’« ennemi public n°1 » est déclaré coupable et condamné à onze années de prison, à 50 000 USD d’amende, et à 30 000 USD de frais de justice. Alcatraz, où Capone fut incarcéré Al Capone est envoyé dans une prison d’Atlanta d’où il peut continuer à gérer ses affaires, avant d'être emprisonné dans la célèbre prison d’Alcatraz, où il a été soumis à un régime très sévère et placé à l’isolement.

 

 

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 ' Prison d Alcatraz '

En raison de la fin de la Prohibition et de l'absence de son chef, l’« Empire » qu’Al Capone a édifié est englouti par ses successeurs. Mal soigné d’une syphilis et ne représentant plus une menace, il est relaxé en 1939, et libéré. Le 21 janvier 1947, alors qu’il vit en Floride, il est victime d’une apoplexie, probablement liée à sa syphilis et perd connaissance. Il reprend connaissance mais est victime d’une pneumonie, le 24 janvier de la même année. Il meurt le lendemain, victime d’un arrêt cardiaque. Al Capone est d’abord inhumé sur le Mount Olivet Cemetery à Chicago, auprès de son père Gabriele et de son frère Frank. Mais en mars 1950, ses cendres sont transférées au cimetière Mount Carmel.


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Biographie restituée dans le contexte :

 

__ Les années 1920 aux États-Unis :

 

 Les débuts du XXe siècle dans l’histoire américaine sont marquants. C’est en 1920 que les femmes obtiennent le droit de vote (19e amendement de la Constitution américaine). C’est aussi dans les mêmes années que le Sénat américain refuse d’adhérer à la Société des Nations, société qui était au départ une idée du président Wilson. Contre celui-ci, Warren Harding fut élu à la présidence à ce moment-là. C’est dans ces années de changement que commence le « règne » d’Al Capone sur Chicago. C’est en effet dans ce contexte sociopolitique que la mafia américaine (dirigée en majorité par des italo-américains) put émerger en puissance dans les villes importantes des États-Unis. Le sénat américain vota en faveur de l’amendement 18 de la Constitution américaine, qui posait les bases de ce qu'on a appelé la Prohibition. C’est donc dans l’objectif de réduire l’alcoolisme, d’augmenter de ce fait la productivité dans les usines et de diminuer les viols que la Prohibition entrera en vigueur le 17 janvier 1920. Le nom de l’amendement est le « Volstead Act » (loi Volstead), du nom de Andrew J.Volstead qui rédigea cette loi.

 

__ Adolescence de Capone:

 

 Contrairement aux rumeurs colportées sur son lieu de naissance en Sicile, Al Capone est né à Brooklyn, l'un des cinq districts de la ville de New York le 17 janvier 1899. Alphonse Capone déménagea plusieurs fois avec sa famille (originaire de la région de Naples) au cours de son enfance, restant néanmoins toujours à New York. Il quitte l’école à 14 ans après avoir frappé un professeur et commence peu de temps après à accomplir de petites « missions », pour un de ses voisins, Johnny Torrio, qui contrôlait la loterie du quartier italien ainsi que plusieurs bordels et tripots.

 

_ L’avant parrain :

 

 Il faisait donc des sales boulots pour Torrio. « Torrio présenta Capone à Frankie Yale, un des maîtres de la pègre new-yorkaise ; ce dernier donna du travail à Capone au Harvard Inn qu’il dirigeait sur Coney Island. C’est lors d’une bagarre au sujet d’une fille de l’établissement que Capone reçut les trois coups de rasoir au visage qui lui valurent le surnom de « Scarface » : le balafré. En 1918, Capone quitta son travail et s’enfuit pour Baltimore. Du jour au lendemain, Al changea du tout au tout lorsque son père mourut le 14 novembre 1920 d'une maladie cardiaque à l'âge de cinquante-cinq ans. Selon Bergreen, la mort de son père mit fin à la carrière légale de Capone. Il est possible que la disparition soudaine de l'autorité parentale ait amené le jeune Capone à abandonner sa carrière de comptable ainsi que son aura de respectabilité. Torrio le contacta, lui indiquant que Chicago était un terrain quasiment libre, et l’invitant à le rejoindre sur place. C’est à Chicago que Capone, collaborant avec Torrio, commença son ascension vers les plus hautes sphères du crime organisé.  Quelques faits sur la carrière de Capone afin de montrer la manière de monter les échelons de la famiglia. « À l’arrivée de Capone l’organisation de Torrio était déjà une affaire très rentable, rapportant 10 millions de dollars par an grâce à la bière, le jeu et la prostitution. Le gang comptait entre 700 et 800 hommes. Capone commença en bas de l’échelle comme rabatteur à l’entrée d’une maison close. C’est probablement là qu’il rencontra Jake Guzik, un membre d’une famille juive de proxénétisme. Ils se lièrent rapidement, et Guzik devint le « trésorier » de l’organisation. L’estime que Capone portait à Guzik fut démontrée en 1924, quand un braqueur nommé Jow Howard fit une remarque antisémite en leur présence. Capone l’abattit de six balles, devant témoins, dans un saloon de South Wabash Avenue. Capone fut interrogé par le procureur adjoint de l’État, William McSwiggin, mais relâché faute de preuve : tous les témoins semblaient soudainement souffrir de troubles de la mémoire. En 1922, Capone fut rejoint par son frère Ralph et Armand Taheri. Al devint patron du « Quatre-Deux », et associé de Torrio, recevant un salaire de 25 000 dollars par an. En 1923, poussés par l’élection de William E. Dever, un maire peu coopératif qui avait fait fermer 7 000 bars clandestins, Torrio et Capone déplacèrent leur quartier général du Quatre-Deux jusqu’à l’Hawthorne Inn, à Cicero, dans la banlieue de Chicago, et donc hors de la juridiction du maire de Chicago. Le secteur était dominé par la centrale Western Electric, qui employait 40 000 personnes et payait bien, la population avait donc beaucoup d’argent à dépenser dans les officines de paris et les bars de Capone. Cicero avait aussi une importante communauté tchèque, habituée à la bière bohémienne fournie par les O’Donnell du quartier Ouest, qui n’avaient pas rejoint l'organisation de Torrio, et considéraient Cicero comme faisant partie de leur territoire. Sans les en informer, ce que la plus élémentaire « courtoisie » professionnelle aurait dicté, Torrio testa l’étendue de leur pouvoir en installant une maison de passe sur Roosevelt Road. La police locale, à la demande des O’Donnell, la fit promptement fermer : les O’Donnell désapprouvaient la prostitution. Ils autorisaient le jeu, par contre, mais uniquement sous la forme de machines à sous, contrôlées par un élu local nommé Eddie Vogel. Torrio, pour venger la fermeture de son bordel, envoya le shérif du Comté de Cook confisquer les machines à sous de Vogel. Torrio organisa ensuite une rencontre avec Vogel et les O’Donnell et négocia une trêve. Les machines furent rendues, et Torrio accepta de ne pas ouvrir de maisons closes à Cicero. Il permettait aussi aux O’Donnell de continuer la distribution de bière dans certains quartiers de la ville. En échange, le Syndicat obtenait l’autorisation de vendre de la bière dans le reste de la ville, et d’ouvrir des casinos et des cabarets où il voudrait. Ayant pris pied dans Cicero, Torrio laissa les affaires à la charge de Capone et repartit pour l’Italie avec sa mère et quelques millions de dollars. Il acheta une villa pour la vieille femme, mit le reste de l’argent dans une banque italienne, et repartit pour Chicago. »

 

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' La maison d'Al Capone dans les années 1920 au

 7244 South Prairie dans le quartier

 de Greater Grand Crossing à Chicago '

Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 2.

28/09/2011 16:38 par TueursEnSerie

  • Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 2.

    Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 2.

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Al Capone maître de Cicero :

 

 

 Un évènement tragique se déroula dans la vie d’Al Capone : la mort de son frère Frank. Le premier défi auquel Capone eut à faire face fut la prise en main de la municipalité de Cicero en proche banlieue de Chicago. L’occasion s’en présenta lors de l’élection municipale de 1924, opposant le démocrate Rudolph Hurt et le républicain Joseph Z. Klenga. L’élection eut lieu le 1er avril. Capone mit tout le poids du Syndicat dans la balance pour favoriser Klenga. Capone avait installé toute sa famille à Chicago et ses frères Ralph et Frank, ainsi que son cousin Charly Fischetti, aidèrent à la campagne musclée en faveur de Klenga et des autres candidats soutenus par les gangs. Ils étaient assistés par 200 hommes de main installés autour dans les bureaux de vote pour terroriser les électeurs. Dans les circonscriptions votant traditionnellement démocrate, ils allèrent jusqu’à vider les urnes pour les bourrer de bulletins de leurs candidats. La violence de ces opérations et la rumeur de la fraude remontèrent jusqu’au juge du comté, Edmund J. Jarecki, qui déploya une force de 70 policiers en civil et en voitures banalisées ayant ordre d’aller chercher les responsables à Cicero. La première personne qu’ils virent en passant devant la centrale électrique fut Frank Capone. Ils freinèrent et sortirent de leurs voitures. Croyant à l’attaque d’un gang rival, Frank tenta de sortir son arme, mais fut littéralement coupé en deux par la décharge de plusieurs fusils. Les policiers vidèrent leurs armes sur son cadavre et le laissèrent là. Il avait 29 ans. Le gang lui organisa de superbes funérailles, dans un cercueil plaqué argent et la petite maison Capone sur South Prairie Avenue fut décorée de 20 000 dollars de fleurs. Al Capone avait perdu un frère mais il avait remporté l’élection et était à présent le maître de Cicero.

 

 

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L’« empire » Capone :

 

 

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' Le Lexington Hôtel à Chicago :

bureaux d'Al Capone surnommés le « château Capone »,

 photographié dans le début des années 1990.

 Il fut démoli en 1995 '



 Pour continuer l’histoire Capone, ce parrain bâtit un véritable empire à la suite de tout cela. La base des opérations de Capone à Cicero était l'Hawthorne Inn, au 4833 de la 22e rue. L’attaque qui avait coûté la vie à son frère lui fit renforcer la sécurité et il fortifia l’endroit, postant des hommes armés dans le hall et faisant poser des volets blindés aux fenêtres. Capone contrôlait à présent 161 bars clandestins à Cicero et 150 tripots. L’un d’entre eux, l’Hawthorne Smoke Shop, situé dans Hawthorne Inn, rapportait 50 000 dollars par jour. Il possédait aussi 22 maisons de passe, ne se sentant plus lié à l’accord passé avec les O'Donnell. C’étaient des établissements de dernière catégorie où les filles se vendaient pour 5 dollars et où les clients attendaient assis sur des bancs de bois. Le chiffre d’affaires de l’empire de Capone avoisinait les 105 millions de dollars par an mais les coûts de fonctionnement étaient élevés. Les pots-de-vin à la police représentaient 30 millions à eux seuls. Malgré tout, les bénéfices restaient colossaux. Les hommes travaillant pour Capone gagnaient 250 dollars par semaine. Comparés aux employés de la Western Electric, ils étaient riches. Capone portait des costumes à 5000 dollars (et n’avait que 25 ans). Il continue donc à prospérer des années durant, éliminant sur son passage plusieurs adversaires tels Dion O'Banion et Hymie Weiss. Il continua sa vie de « pacha » dans le crime. Tous les meurtres qu’il commit restèrent impunis. Tous les procès contre les coups qu’il porta furent abandonnés soit faute de preuve, soit faute de témoin… En 1927, suite au procès opposant Sullivan (un gangster opérant dans la vente d’alcool illicite) au ministère public des États-Unis, la Cour suprême fit passer une loi autorisant le fisc à taxer les revenus de la vente illicite d’alcool au même titre que n’importe quel autre revenu. Même si la loi pouvait sembler absurde à première vue – pourquoi quelqu’un gagnant illégalement de l’argent irait-il le déclarer ? — elle devint vite une arme puissante contre les trafiquants. Ils pouvaient à présent être envoyés en prison pour fraude fiscale s’ils ne déclaraient pas la totalité de leurs revenus. Et s’ils la déclaraient, ils admettaient eux-mêmes leur participation à des activités illégales. Le bureau du procureur fédéral à Chicago estima à 105 millions de dollars le chiffre d’affaires de l’organisation de Capone, au titre du trafic d’alcool, du jeu, du proxénétisme et des rackets sur lesquels personne n’avait payé d’impôts. Une loi qui pourrait bien défaire l’empire Capone. Capone avait un train de vie très dispendieux et empruntait souvent de fausses identités, il était donc difficile de l’inculper. Il continue donc à prospérer des années durant, éliminant sur son passage plusieurs adversaires tels Dion O'Banion et Hymie Weiss. Il continua sa vie de « pacha » dans le crime. Tous les meurtres qu’il commit restèrent impunis. Tous les procès contre les coups qu’il porta furent abandonnés soit faute de preuve, soit faute de témoin… En 1927, suite au procès opposant Sullivan (un gangster opérant dans la vente d’alcool illicite) au ministère public des États-Unis, la Cour suprême fit passer une loi autorisant le fisc à taxer les revenus de la vente illicite d’alcool au même titre que n’importe quel autre revenu. Même si la loi pouvait sembler absurde à première vue – pourquoi quelqu’un gagnant illégalement de l’argent irait-il le déclarer ? — elle devint vite une arme puissante contre les trafiquants. Ils pouvaient à présent être envoyés en prison pour fraude fiscale s’ils ne déclaraient pas la totalité de leurs revenus. Et s’ils la déclaraient, ils admettaient eux-mêmes leur participation à des activités illégales. Le bureau du procureur fédéral à Chicago estima à 105 millions de dollars le chiffre d’affaires de l’organisation de Capone, au titre du trafic d’alcool, du jeu, du proxénétisme et des rackets sur lesquels personne n’avait payé d’impôts. Une loi qui pourrait bien défaire l’empire Capone. Capone avait un train de vie très dispendieux et empruntait souvent de fausses identités, il était donc difficile de l’inculper.



Le massacre de la Saint-Valentin :


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Capone avait plusieurs adversaires. L’un d'eux, dirigeant un gang à majorité irlandaise, était particulièrement tenace. C’est pourquoi l’équipe de Capone mit en place une opération probablement imaginée par Jack McGurn, dans le but d’éliminer George Moran et les membres clés de son gang des quartiers nord. Capone quitta Chicago pour la Floride, laissant l’exécution du plan à la charge de McGurn, se taillant pour sa part un alibi parfait. Le quartier général de Moran était le garage de la SMS Cartage Company, au 2122 North Clark Street. Capone devait être certain que Moran et ses hommes fussent tous réunis avant d’agir. Pour amorcer le piège il demanda à un braqueur de cargaison de Détroit de proposer à Moran de lui vendre un camion de whisky de contrebande (du Canada). Moran accepta de l’acheter et demanda qu’on lui amène le camion au garage à dix heures et demie du matin, le 14 février, jour de la Saint-Valentin. À l’heure dite, en lieu et place du camion ce furent trois hommes portant l’uniforme de la police de Chicago et des mitraillettes Thompson qui se présentèrent accompagnés de deux hommes en civil. Leur voiture traversa la porte du garage. Il y avait là 7 personnes, 6 membres du gang et un respectable oculiste de Chicago, dont le seul crime était d’aimer fréquenter les gangsters. Les membres du gang ne s’en inquiétèrent pas outre mesure, pensant à une simple descente de police. On leur ordonna de s’aligner face au mur. Puis les « policiers » (des hommes de Capone) ouvrirent le feu, les tuant tous. Les experts en balistique retrouvèrent par la suite entre 80 et 100 balles de calibre 45. Bugs Moran, le chef du clan, visé par l'attaque mais qui, miraculeusement, ne s'était pas trouvé sur les lieux au moment du massacre, déclara : « Seul Capone tue des gens comme cela ».



Ennemi public numéro 1 :


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 ' Cellule d'Al Capone qu'il fréquenta en 1929

et arrangea luxueusement

(Eastern State Penitentiary,

Philadelphie,

 Pennsylvanie, Septembre 2007)' 


La première arrestation d’Al Capone fut arrangée. Il fut décidé qu’à cause de la publicité du massacre de la Saint-Valentin, pour calmer l’opinion publique, de lui donner une peine d’au moins un an. Capone et Hoff, le chef d’un poste de police de Chicago, se mirent d’accord pour qu’il soit inculpé pour cause de port d’arme illégal. Il fut condamné, en août 1929 à neuf mois de prison (Eastern State Penitentiary) où il fit arranger sa cellule luxueusement (moquette et meubles anciens). Il fut libéré après dix mois de prison. Chaque policier ayant procédé à l’arrestation de Capone reçut 10 000 dollars pour sa capture. Plusieurs manifestations anti-prohibition se faisaient sentir et l’opinion publique, suite au massacre de la Saint-Valentin, avait changé face à la mafia. Avant le massacre, les syndicats du crime jouissaient d’une popularité importante. Procurant de l’alcool aux gens malgré la Prohibition, ils avaient le soutien populaire. Mais le massacre sanglant, choqua l’opinion publique. Les manifestations anti-prohibition et anti-mafia se succédèrent. En 1930, alors que l’abrogation de la Prohibition se profilait, un associé de Capone, Murray Llewellyn Humphreys, suggéra une autre source de revenus. Il avait remarqué que les marges sur le lait étaient plus importantes que sur le whisky de contrebande et le marché plus important, puisque les enfants en consommaient. Capone apprécia cette idée. Humphreys fit enlever le président du Syndicat local des livreurs de lait, touchant une rançon de 50 000 dollars, qu’il utilisa pour monter sa propre entreprise de livraisons, Meadowmoor Dairies et mina la concurrence en employant des chauffeurs non syndiqués. Les prix baissèrent, et Meadowmoor détint un monopole de fait sur ce marché.



La soupe populaire  :

 

 À 31 ans, Capone était l’homme le plus puissant de Chicago. Son revenu net tiré des rackets et du proxénétisme était estimé à 6 millions de dollars par semaine. Pourtant, on était au début de la Grande Crise Années 1930. On voyait partout dans le pays des entreprises faire faillite et des sommes folles être englouties par la bourse qui s’effondra le 23 octobre 1929, entraînant à sa suite les marchés financiers du monde entier. Début 1931, alors que la crise s’aggravait, des milliers de chômeurs se retrouvèrent dans les rues de Chicago. Capone saisit l’occasion de combattre son image d’ennemi public numéro 1 en ouvrant une soupe populaire sur South State Street pendant les mois d’hiver. Le jour de Thanksgiving, il donna à manger à plus de 5000 personnes. Ces preuves de bonne volonté aidèrent à améliorer son image auprès du peuple américain, mais ne fit rien pour calmer le fisc qui se demandait d’où sortait l’argent.

Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 3.

28/09/2011 16:50 par TueursEnSerie

  • Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti  3.

    Alphonse Gabriel Capone . (Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow ) .Parti 3.

    28/09/2011 16:50 par TueursEnSerie

 

La fin de Capone :

 

 

 L'administration fiscale et la police, qui enquêtaient sur Capone, n’étaient toujours pas capables de prouver ni ses meurtres, ni ses trafics d’alcool, ni ses rackets. Les enquêteurs se concentrèrent donc sur les dépenses de ce dernier, les comparant méticuleusement à ses revenus déclarés. Le fisc enquêta dans les boutiques de Chicago et de Miami pour calculer le prix de ses meubles, de sa vaisselle et même de ses sous-vêtements. Après des centaines d’interrogatoires, il était clair que ses revenus étaient bien plus importants que ce qui était déclaré. On chiffra ses revenus nets en 1924 et 1929 à 1 035 654 dollars et 84 cents, représentant 215 080,48 dollars d’impôt. On lui laissa une chance de payer, il refusa. Le 5 juin 1931, il fut inculpé pour fraude fiscale, fut jugé le 7 octobre et condamné le 24 octobre à 11 ans de prison et 80 000 dollars d’amende. Il passa d’une prison du comté de Cook à la prison d’État d’Atlanta, puis en 1934 à Alcatraz. En 1939, attaqué par la syphilis, il fut envoyé à Terminal Island, près de Los Angeles, puis rendu à sa famille. Capone mourut chez lui, d’une crise cardiaque, le 25 janvier 1947. Il fut inhumé aux côtés de sa famille, au cimetière Mount Carmel de Hillside près de Chicago.




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' Photographies prises lors de son incarcération à

Alcatraz '

 

 

 

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L’après Capone :

 

Quand Capone arriva à Chicago en 1921, la ville était un méli-mélo de gangs de différentes origines combattant pour un territoire. Dix ans plus tard, quand il fut envoyé en prison la situation avait bien changé. Quand la Prohibition fut abrogée le 5 décembre 1933 par le 21e amendement de la constitution des États-Unis, les vieux gangs avaient disparu, absorbés par l’organisation de Capone. Les autorités et le peuple américain croyaient qu’en éliminant Capone, en le confinant à Alcatraz, son gang s’effondrerait. La presse avait donné du gangster l’image du génie du crime, seul responsable de la corruption politique et de la violence qui tenait la ville. Mais tous étaient dans l’erreur. Bien sûr, Capone a instauré un modèle dans les organisations criminelles mais avec sa mort, l’organisation ne disparut pas. Capone avait fait de l’organisation de Torrio une entreprise moderne destinée à survivre à ses créateurs. La Prohibition lui avait permis d’amasser assez d’argent pour pouvoir créer et diversifier un réseau la liant à d’autres groupes criminels : à New York, dans le New Jersey, à Buffalo, à Cleveland, à Kansas City, au Canada et dans les Caraïbes : tous avaient été impliqués dans la production et la logistique de la contrebande d’alcool. Ces groupes, au départ indépendants, étaient maintenant en contact permanent. Toute la technologie moderne (téléphone, voiture, etc.) leur permit de faciliter les contacts et de créer un réseau très étendu du crime organisé dans différents domaines : drogue, prostitution, construction.

 

 

 

 

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' Tombe d'Al Capone

(Cimetière Mount Carmel, Hillside, Illinois) '

 

 

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Culture populaire :

 

Al Capone est sans aucun doute le plus célèbre et le plus populaire des gangsters américains du XXe siècle. C’est à ce titre qu’il a fait l’objet de nombreux articles, livres et films. Les interprètes d’Al Capone au cinéma sont nombreux : citons en particulier Marlon Brando, Wallace Beery, Rod Steiger, Neville Brand, Jason Robards, Robert De Niro et Ben Gazzara. À la télévision, la « légende » d’Al Capone constitue l’un des thèmes de la série des Incorruptibles, commencée en 1959 et adaptée par la suite au cinéma par Brian De Palma, qui a donné naissance au mythe d’une rivalité personnelle entre le tristement célèbre « Balafré » et l’Incorruptible Eliot Ness. Al Capone est le seul personnage historique réel à faire une apparition dans un album d’Hergé : Tintin en Amérique.



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Citation :

 «On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver,

 qu'avec un mot gentil tout seul.»

( Al Capone )