Affaire Fritzl : Le journal intime d'Elizabeth Fritzl ( parti 2 ).

25/09/2011 16:09 par TueursEnSerie

Pendant vingt-quatre ans, Elisabeth Fritzl a été séquestrée et violée par son père dans la cave de la maison familiale.

 Un calvaire dont elle livre des bribes à travers son journal intime.

 8 642 jours.

 Le calvaire d'Elisabeth Fritzl, cette Autrichienne séquestrée et violée par son père, a duré presque vingt-quatre ans.

Dans son cachot de 40 mètres carrés, sous la maison de ses parents, à Amstetten, la jeune femme a mis au monde sept enfants de l'inceste.

L'un est décédé.

Trois des survivants ont été élevés par leurs grands-parents, tandis que les trois autres partageaient le quotidien sordide de leur mère.

 Au fil des mois et des années, Elizabeth Fritzl, âgée aujourd'hui de 43 ans, a tenu un journal intime, consignant les événements de sa vie quotidienne sur des feuilles de papier et sur des fragments d'emballages d'abord, puis dans les pages de plusieurs agendas.

 Le 2 mars 1991, elle griffonne quelques mots:

 "Plus de lait. Presque plus rien à manger."

Chaque fois que Josef Fritzl frappe l'un des petits, elle le note.

Quand il installe un lit d'enfant dans la cave, à la naissance des jumeaux, elle l'écrit aussi.

L'un d'eux avait des difficultés à respirer, raconte-t-elle.

Il est mort dans ses bras.

 "Au moins est-il à présent dans un monde meilleur",

se console-t-elle.

La prisonnière décrit également comment elle faisait le guet pour attraper et tuer de ses mains les rats qui infestaient son cachot sans fenêtre, aux murs suintant d'humidité.

Elle décrit l'émerveillement de ses enfants face au miroir que leur grand-père, un jour, installa dans la cave.

 Elle dit leur fascination pour un autre de ses cadeaux, une balance sur laquelle ils se relayaient pendant des heures.

 "Je connaissais l'existence de ces agendas,

 a confié Fritzl au procureur.

 Elle les cachait, mais je les dénichais toujours."

Ces fragments de journal seront un élément à charge dans le procès très médiatisé  à Sankt Pölten, près de Vienne. Josef Fritzl, 73 ans, est poursuivi pour séquestration et viol.

Andreï Tchikatilo . ( Le monstre de Rostov ) .

24/09/2011 16:37 par TueursEnSerie

  • Andreï Tchikatilo . (  Le monstre de Rostov ) .

    Andreï Tchikatilo . ( Le monstre de Rostov ) .

    24/09/2011 16:37 par TueursEnSerie

Nom de naissance : Andreï Tchikatilo"

 Surnom : "Le Monstre de Rostov"

 Date de naissance : 16 Octobre 1936

Yablochnoye (Ukraine)

 Pays : La région de Donskoï

 Le mode opératoire : tueur, violeur, anthropophage

 Nombre des Victimes : 52 femmes,

                  enfants et adolescents

 Jugement : condamné à la peine de mort,

décès : exécuter  le 14 février 1994.



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Andreï Romanovitch Tchikatilo , né le 16 octobre 1936 à Iablotchnoïe, village de la région de Soumy en Ukraine soviétique, et exécuté d'une balle dans la nuque le 14 février 1994, est un tueur en série ukrainien surnommé « Le monstre de Rostov ».


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Biographie :

 

 Instituteur, père de deux enfants, il a assassiné des femmes et de nombreux enfants. Il était impuissant et ne pouvait obtenir une satisfaction sexuelle qu’en torturant et en assassinant des enfants. Il les mutilait puis consommait la chair de ses victimes, notamment les seins et les organes sexuels, de plus il enlevait les parties génitales et les yeux de ses victimes. Il est possible qu'il ait également ressenti un plaisir sexuel en mangeant ses victimes. Tchikatilo affirmait être dégoûté par ce qu'il appelait les « mœurs relâchées » de ses victimes. Arrêté en 1990, à l'âge de 54 ans, il est classé parmi les plus grands criminels du siècle : tueur, violeur, anthropophage, il se crédite de 55 assassinats alors que la justice, faute de preuves, n'en retint que 52 : 21 garçons de 8 à 16 ans, 14 fillettes appartenant à la même classe d'âge et 17 femmes adultes. Condamné à mort le 15 octobre 1992 pour le meurtre de 52 femmes, enfants et adolescents entre 1978 et 1990, principalement dans la région de Rostov-sur-le-Don, actuelle Fédération de Russie, il fut exécuté d'une balle dans la nuque le 14 février 1994.


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Le déroulement de l'enquête :

 

 Le 22 décembre 1978, Elena Zakotnova, une écolière de neuf ans, fut violée, poignardée et étranglée par Tchikatilo. On retrouva son cadavre deux jours plus tard au bord de la rivière Grouchevka, dans les faubourgs de la ville de Chakhty, dans la région de Rostov-sur-le-Don. L'enquête fut bâclée et, même si Tchikatilo fut soupçonné et interrogé, l'instruction s'orienta vers un autre suspect, Alexandre Kravtchenko, 26 ans, un criminel condamné pour meurtre alors qu'il était encore mineur, mais en liberté conditionnelle. A l'issue d'une garde à vue musclée, Kravtchenko avoua l'assassinat de la fillette. Malgré sa retractation ultérieure et les incohérences du dossier, il fut condamné à mort et exécuté. Tchikatilo commit son deuxième meurtre au bout de trois ans, le 3 septembre 1981. La victime fut une prostituée de 17 ans, Larissa Tkatchenko. Encore neuf mois plus tard, le 12 juin 1982, ce fut le tour d'une fillette de 12 ans, Lioubov Biriouk.

 La suite : 49 autres meurtres retenus par la justice, tous perpétrés de façon semblable. Malgré les similitudes entre les assassinats, notamment le mode opératoire, les responsables soviétiques du parquet et de la milice refusèrent longtemps de considérer qu'il pouvait s'agir de l'œuvre d'un seul tueur : pour l'idéologie officielle, les tueurs en série ne pouvaient exister dans la société socialiste. Ce ne fut qu'avec la glasnost et la perestroïka vers la fin des années 1980, que l'enquête s'orienta vers l'hypothèse d'un tueur unique. Le groupe sanguin du tueur, déterminé grâce à des analyses de sperme séché retrouvé sur le corps des victimes, fut alors correctement exploité. En tout plus de 165 000 prises de sang et 500 000 contrôles furent organisés. En novembre 1992, un an après l'effondrement de l'URSS, Tchikatilo fut contrôlé près d'une gare ferroviaire peu de temps avant la découverte d'un nouveau corps. Le 20 novembre 1992, il fut arrêté devant son domicile familial. Les enquêteurs découvrirent dans sa mallette un couteau de cuisine. Tchikatilo passa rapidement aux aveux : « Je suis persuadé que je souffre d'une espèce de maladie », expliquait-il pour se justifier. Le procès de Tchikatilo s'ouvrit le 14 avril 1993. Dans le box des accusés séparé par des barreaux du reste de la salle (comme c'est la règle dans les prétoires russes pour les procès criminels), il coupait les plaidoiries par des soufflements d'impatience ou des bribes de phrases incohérentes. Il fut condamné à mort et exécuté le 14 février 1994.


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Photos de reconstitutions :

( avec un mannequin )


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 Armes qui ont servis pour les crimes :

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Portrait de Tchikalito certain propos peuvent heurter la sensiblilitée de certaines personnes :




Tchikatilo le monstre de Rostov .(parti 1 ) :




 

 

 

Tchikatilo le monstre de Rostov ( parti 2 ) :


 


 

 

 

Tchikatilo le monstre de Rostov ( parti 3 ) :


 


 

 

Tchikatilo le monstre de Rostov (  parti 4 ) :


 


Edmund Emil Kemper (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 1.

23/09/2011 16:32 par TueursEnSerie

  • Edmund Emil Kemper  (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 1.

    Edmund Emil Kemper (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 1.

    23/09/2011 16:32 par TueursEnSerie

Nom de naissance : Edmund Emil Kemper

Surnom(s) : L'Ogre de Santa Cruz

Naissance : 18 décembre 1948 (62 ans)

Burbank

         Californie (États-Unis)

 Condamnation : 8 novembre 1978

Sentence : Prison à perpétuité

       Meurtres

Nombre de victimes : 10

Période : 7 mai 1972 – 20 avril 1973

Pays : États-Unis

État(s) : Californie

Arrestation : 20 avril 1973



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Informations personnelles :

 

 

 Les parents d’Edmund, Clarnell et Edmund Kemper Jr., vécurent un mariage orageux et eurent trois enfants : Susan, Edmun III et Allyn. Ancien combattant du Pacifique, Edmund Kemper Jr. aurait pu bénéficier d’une bourse pour poursuivre des études, comme le souhaitait son épouse, mais il préféra travailler comme électricien. Selon Clarnell, il était trop dur avec les filles et bien trop doux avec son fils. Ils se séparèrent en 1957 (Edmund Kemper avait 9 ans), Edmund Jr accusant Clarnell d’être alcoolique. Dominatrice et caractérielle, celle-ci se mit à rabaisser constamment son fils. Selon les dires de Kemper, elle le traitait comme "la troisième fille" et lui répétait que son père était "un salaud". Ses sœurs n’étaient pas très gentilles avec lui et la plus grande, Susan, le frappait. Leur maison du Montana n’était pas très grande et sa mère l’envoya vivre à la cave, car elle considérait que partager une chambre avec ses sœurs, Susan et Allyn, serait inconvenant. Kemper était terrifié par cette grande cave sombre sans fenêtre où résonnaient les bruits étranges de la tuyauterie. Il ne comprenait pas cette "punition" et sa mère le traitait de "poule mouillée". Il avait l’impression de vivre "en enfer", affrontant "les démons et les fantômes", alors que les trois femmes de la maison dormaient tranquillement dans leurs chambres. Bien que n’étant pas encore adolescent, il était déjà très grand pour son âge et sa mère le lui reprochait presque, alors qu’elle-même mesurait 1m85 et son époux 2m05. Edmund Jr revint de temps à autre chez son épouse et découvrit où avait été transférée la chambre de son fils. Il la menaça de porter plainte et Ed Kemper put "remonter à la surface". Ils déménagèrent ensuite à Helena (capitale du Montana), où Clarnell Kemper avait trouvé un emploi dans une banque. Le père d’Ed Kemper lui manquait énormément, car il avait beaucoup d’admiration pour ce "héros" des Forces spéciales. Il en voulut beaucoup à sa mère, qu’il jugeait responsable d’avoir "chassé" son père de la maison. Le couple divorça officiellement en 1961 (Kemper avait 13 ans) et, à peine deux mois plus tard, la mère de Kemper épousa un plombier de 45 ans, Norman Turnquist, qui avait déjà un fils de 2 ans plus âgé qu’Edmund. Turnquist, un brave homme, tenta d’amadouer le grand adolescent solitaire, sans résultat. Kemper décida même de le tuer pour voler sa voiture et aller voir son père en Californie. Il préféra finalement fuguer. Sa mère divorça à nouveau dès 1963. Le père de Kemper se remaria lui aussi avec une femme qui avait un fils de l’âge de Kemper. Les rapports d’Edmund avec ses sœurs étaient tendus. Selon Kemper, Susan, la plus âgée, aurait été foncièrement méchante avec lui et aurait même failli le tuer en le poussant vers un train en marche. Un jour, elle aurait cassé un pistolet à pétard qu’il adorait et, pour se venger, il aurait coupé la tête de sa poupée Barbie avec des ciseaux. Avec sa plus jeune sœur, Allyn, Edmund "jouait à la chaise électrique", influencé par l’affaire Caryl Chessman (un récidiviste violeur et cambrioleur, auteur de romans, qui fut exécuté en mai 1960). La mère de Kemper était très stricte avec lui et voulait "l’élever à la dure". Selon Kemper, il lui arriva même de le battre avec une ceinture. Edmund devint un garçon difficile et insolent. Il craignait excessivement d’être physiquement agressé par les autres garçons (une crainte qu’il allait garder à l’âge adulte) et était incapable de garder un ami. Il ne se remettait pas de la douleur du divorce de ses parents. Constamment brimé et rabaissé, il avait une mauvaise opinion de lui-même et pensait que « rien de bon ne pouvait provenir de ce qu’il avait en lui ». Il se mit à torturer et tuer de petits animaux, notamment le chat de la famille, qu’il enterra vivant et décapita. À l’école, il était seul et finit par devenir le souffre-douleur de certains enfants, car on l’accusait d’avoir tué le chien d’un garçon du quartier. À l’adolescence, il commença à lier le sexe et la violence dans ses fantasmes, qui devinrent graduellement plus morbides et plus brutaux. Il pensait déjà constamment au meurtre, il avait une envie ardente d’assassiner sa mère, mais elle l’intimidait trop pour qu’il passe à l’acte. À l’automne 1963, Clarnell, devant l’insistance de son fils, accepta qu’il rende visite à son père et sa belle-mère, à Los Angeles. Au départ, tout se passa très bien et Edmund fut fou de joie, car son père l’inscrivit au collège du quartier. Mais là non plus, il ne parvint pas à se faire d’amis : il était austère, ingérable et sinistre. La réaction du couple fut la même que celle de Clarnell : l’étrangeté de l’adolescent était menaçante et provoquait un malaise. Avec une exaspération mêlée d’inquiétude, son père décida de ne pas le garder avec eux. Il invoqua des difficultés financières et, à la grande satisfaction de son ex-épouse, il renvoya Edmund dans le Montana. Ce dernier était de nouveau rejeté, mais cette fois par la personne qu’il aimait et idolâtrait le plus.

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 De retour à Helena, sa mère lui annonça qu’elle avait découvert des vêtements tachés de sang dans son armoire, ainsi que les restes de leur second chat. Ed Kemper nia farouchement l’avoir tué. Leurs relations se tendirent encore plus et l’atmosphère devint franchement pesante. Fin novembre 1963, le jour de Thanksgiving, Kemper emprunta la voiture de sa mère sans le lui demander, puis monta dans un bus qui le conduisit à Los Angeles. Son père accepta de l’héberger un moment. Durant les vacances de Noël 1963, il l’envoya chez ses propres parents, Maude et Edmund Kemper Senior, dans une grande ferme située à North Fork, un village rural en Californie. Ed Kemper fut consterné d’être "abandonné" à la ferme avec ses grands-parents car, pour lui, sa grand-mère était une copie conforme de sa mère... en pire. Lorsque les vacances se terminèrent, il entra malgré tout au collège et sembla même faire quelques progrès. Ses professeurs du lycée de Sierra Joint (non loin de Sacramento) le trouvèrent calme et silencieux, plutôt doux, en fait. Il ne causait aucun problème, avait des résultats corrects et n’attirait pas l’attention sur lui... excepté à cause de sa grande taille. Encore une fois, il ne se fit aucun ami. Chez ses grands-parents, la situation était tendue, mais supportable. Ils le trouvaient déconcertant mais il ne les dérangeait pas trop car il trouvait toujours quelque chose à faire : promener le chien et chasser avec le fusil calibre .22 que lui avait offert son grand-père, par exemple. Il tirait sur les lapins et les taupes ainsi que sur les oiseaux (justement parce qu’on le lui avait interdit). Il dira plus tard : « A l’époque, j’ai détruit des êtres vivants pour voir si je pouvais y arriver ».

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À la fin de l’année scolaire, Kemper se rendit chez sa mère pour y passer les vacances d’été et "célébrer" son troisième mariage. Évidemment, son séjour se passa très mal et, au bout de deux semaines, malgré la haine et le mépris qu’il éprouvait pour ses grands-parents, Ed Kemper préféra revenir à la ferme. Sa grand-mère Maude remarqua qu’il avait régressé. Il semblait plus maussade et plus sinistre que jamais, et maintenant qu’il n’allait plus à l’école, il était encore plus présent à la ferme. De son côté, Ed Kemper trouvait que sa grand-mère le harcelait et que son grand-père était ennuyant. Tout comme Clarnell, Maude Kemper trouvait toujours quelque chose à lui reprocher et ne manquait pas une occasion de lui rappeler qu’il coûtait cher à entretenir. Son ressentiment ne fit que grandir, jour après jour. Ses fantasmes violents refirent leur apparition, visant cette fois sa grand-mère. Il s’imaginait en train de lui tirer dessus dans la dépendance de la ferme. Il la visait avec son fusil sans qu’elle s’en rende compte et pensait à ce qu’il ressentirait s’il la tuait. Lorsqu’elle remarqua son geste, sa grand-mère devint nerveuse et la tension augmenta encore d’un cran. Elle prit le pistolet calibre .45 de son époux, de peur qu’il tombe entre les mains d’Edmund. Elle lui avait ordonné de ne pas y toucher, mais elle pensait qu’il ne lui obéirait pas. Edmund prit ce manque de confiance comme une insulte et cette pensée l’obséda, nourrissant en lui les desseins les plus sombres. Le 27 août 1964, Edmund s’assit avec sa grand-mère à la table de la cuisine pour l’aider à corriger un livre pour enfants qu’elle était en train d’écrire. Relevant les yeux, elle remarqua que Edmund la dévisageait étrangement, agressivement, comme il l’avait déjà fait auparavant. Déconcertée et furieuse, elle lui demanda d’arrêter immédiatement. Malgré sa colère, Ed Kemper se leva sans répondre, alla chercher son fusil et siffla son chien, ajoutant qu’il allait tuer quelques taupes. Sa grand-mère lui répéta pour la énième fois de ne pas tirer sur les oiseaux, puis reporta son attention sur son livre. Edmund Kemper fit demi-tour silencieusement, rageur, et l’observa sur le pas de la porte. Elle lui tournait le dos. Il leva son fusil, visa la tête et tira. Elle s’effondra sur la table. Il tira encore deux fois, la touchant dans le dos. Il retourna à l’intérieur de la maison, et, pour éviter que le sang ne coule partout dans la cuisine, il enveloppa la tête de sa grand-mère dans une serviette. Soulagé, détendu, il traîna le corps jusqu’à sa chambre, où il le déposa sur son lit... Quelques minutes plus tard, son grand-père revint à la ferme après avoir été faire les courses. Réalisant soudain la portée de son acte, pris de panique, Ed Kemper ressortit. Alors que son grand-père commençait à vider le coffre, Edmund lui tira dans la nuque. Il traîna le corps à l’intérieur du garage et referma la porte. Edmund Kemper se retrouva désemparé et angoissé, non seulement à cause des meurtres, mais aussi parce qu’il savait qu’il allait être arrêté. Ses grands-parents n’étaient pas du genre à partir longtemps ni soudainement en vacances, et même s’il cachait leurs corps, leurs amis et la famille se poseraient immédiatement des questions. Désemparé, il appela sa mère dans le Montana, qui lui conseilla de contacter le shérif. Il fut arrêté et interrogé, et avoua rapidement les deux meurtres. Il expliqua qu’il avait souvent imaginé tuer sa grand-mère : « Je voulais juste voir ce que ça ferait de tuer grand-maman ». Toutefois, il affirma avoir tué son grand-père "par pitié", pour le protéger de la vue de son épouse morte et lui éviter une éventuelle crise cardiaque... Il n’osa pas avouer qu’il avait -en fait- craint que son grand-père ne le batte ou ne le frappe lorsqu’il aurait découvert son geste, lui qui craignait tant la violence physique à son égard. Le jeune Edmund, encore mineur, fut placé sous la garde de la California Youth Authority pendant qu’un juge des enfants décidait quoi faire de lui. Un psychiatre mandaté par la Cour diagnostiqua qu’Edmund était un schizophrène paranoïde, et qu’il n’était donc pas responsable de ses actes. Durant trois semaines, il fut également interrogé et examiné par les psychiatres de la CYA, qui n’eurent pas tous la même conclusion que leur confrère désigné par le tribunal. Il fut pourtant décidé de ne pas l’envoyer en prison, afin de lui laisser une chance d’être soigné correctement.

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 Le 6 décembre 1964, le juge le fit interner à l’hôpital d’état d’Atascadero pour les malades mentaux adultes. Edmund Kemper n’avait pas encore 16 ans mais il n’existait aucun établissement psychiatrique pour adolescents dans le genre d’Atascadero. L’hôpital d’état d’Atascadero, bien qu’étant un établissement sécurisé, n’était pas une prison. Il n’y avait aucun mirador et le but du séjour était thérapeutique, il ne se résumait pas à une captivité pure et simple. L’hôpital soignait environ un millier de malades, y compris des meurtriers et des violeurs. Edmund Kemper passa de nombreux examens, répondit à des centaines de questions et commença à comprendre non pas la nature de son crime mais ce que les autres en pensaient. Il n’accepta pas la responsabilité de ses meurtres, affirmant qu’il n’avait pas pu se contrôler, mais il travailla dur pour apprendre le langage du traitement psychiatrique et pour paraître guéri. Il fut employé dans le laboratoire de psychologie et aida à administrer des tests. Il tira de la fierté à cet emploi, ce que les médecins interprétèrent comme un très bon signe. Les sociopathes (et, à Atascadero, les psychiatres le considéraient plus comme un sociopathe que comme un schizophrène paranoïde...) sont souvent des travailleurs peu disposés et non coopératifs, mais Edmund semblait désireux de faire de son mieux.

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Dans le même temps, il fit connaissance avec les autres internés, et notamment des violeurs en série qui partageaient leurs "exploits" avec lui. Ces histoires l’impressionnèrent beaucoup et son développement sexuel d’adolescent devint inextricablement lié à la domination et la violence. À Atascadero, ces pensées-là ne semblaient pas du tout perverses mais, au contraire, dans la norme. Les fantasmes sexuels violents de Kemper devinrent complexes et s’intensifièrent. Il nota également que les violeurs incarcérés avaient commis des erreurs. Ils avaient été appréhendés parce qu’ils avaient laissé des témoins et des preuves. Ils s’en étaient pris à des femmes qu’ils connaissaient ou avaient agressé des femmes dans des endroits publics. Tranquillement, sans rien laisser paraître, Kemper emmagasina ces informations dans un coin de son cerveau. Bien qu’il n’ait pas encore fomenté de plan concret pour l’avenir, il savait que chaque fait, chaque histoire lui serait utile plus tard. Il ne parla évidemment pas de ses fantasmes avec les médecins. Pour eux, il se comportait bien et travaillait dur. Il affirma avoir trouvé Dieu et se mit à lire avidement la Bible. Au bout de cinq ans de traitement, Kemper parvint à convaincre les psychiatres d’Atascadero qu’il était "guéri" et pouvait être libéré. (Selon Stéphane Bourgoin, dans son ouvrage “L’ogre de Santa Cruz”, il existait des statistiques officielles sur les patients traités à Atascadero. 20% ne faisait aucun progrès et restaient internés, tandis que 80% étaient considérés comme "guéris" et étaient libérés. Sur ces 80%, la moitié commettait une récidive ! Le danger était augmenté par des restrictions budgétaires décrétées par l’État de Californie (gouverneur : Ronald Reagan) qui empêchaient un suivi médical et judiciaire adéquat). Kemper était classique et conservateur, avait mené une vie protégée du monde extérieur et, lorsqu’il fut libéré en 1969 (à 21 ans), en pleine vague "hippie", les changements qui s’étaient déroulés durent être pour lui un énorme choc. Lorsqu’il avait été interné à Atascadero, Kemper vivait dans un monde qui croyait à la puissance militaire des États-Unis, qui admirait John Wayne et les "forces de l’ordre". À présent, les jeunes de son âge défilaient contre la guerre du Vietnam, se bagarraient avec les policiers dans la rue et méprisaient toutes les valeurs conservatrices qu’il chérissait. Il eut l’impression d’être un extra-terrestre. Il commença par s’inscrire dans un centre universitaire près d’Atascadero, toujours sous la surveillance de la California Youth Authority. Celle-ci suivit d’abord les recommandations des psychiatres d’Atascadero et le plaça dans une maison en liberté surveillée, où Kemper devait rentrer tous les soirs, en le tenant éloigné de sa mère. Kemper obtint de très bons résultats et se comporta très convenablement. Après trois mois à ce régime, il fut placé en liberté conditionnelle pour 18 autres mois. Toutefois, un élément fondamental allait faire s’effondrer le bel édifice. La California Youth Authority avait pensé confier Kemper à la garde de son père, mais celui avait disparu et personne ne parvint à le joindre. Kemper fut donc envoyé chez sa mère, malgré les recommandations express de l’équipe d’Atascadero... Sa mère s’était remariée et avait de nouveau divorcé durant son absence, et se nommait désormais Clarnell Strandberg. Elle avait déménagé à Aptos, près de Santa Cruz, pour se rapprocher de sa fille cadette, Allyn. Là, ses énormes capacités de travail lui avaient rapidement permis de devenir assistante d’un principal de l’Université de Californie de Santa Cruz, une petite ville côtière et estudiantine, située au sud de San Francisco. Clarnell Strandberg était compétente et appréciée, et l’absence de son fils lui avait offert plusieurs années de paix relative (ex-époux mis à part).

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Mais des batailles verbales assez bruyantes pour être entendues par les voisins commencèrent dès l’arrivée d’Edmund dans le duplex d’Aptos. Elle le sermonnait et le critiquait, et Edmund Kemper affirma plus tard qu’elle le tourmentait implacablement au sujet de questions aussi insignifiantes que le brossage de ses dents. Alors qu’il avait encaissé ses brimades en silence lorsqu’il était enfant, Kemper, à présent adulte, ne craignait plus de lui répondre. Ils se disputaient constamment. Elle voulait qu’il aille à l’université et obtienne un diplôme (mais elle considérait que les étudiantes étaient "trop bien pour lui"). Kemper était très intelligent et aurait pu suivre des études sans problème, mais il rêvait seulement d’être policier et préférait passer son temps dans les bars. Souvent, il cherchait refuge au "Jury Room", un bar fréquenté essentiellement par des policiers. Il était toujours fasciné par les représentants de la loi et passait des heures dans cet endroit, discutant avec les policiers des mérites et défauts de tel ou tel fusil ou pistolet... Il leur montrait du respect et ils l’appelaient affectueusement "Big Ed" (le Grand Ed). Kemper était très conformiste. Alors qu’autour de lui les jeunes gens portaient les cheveux longs et la barbe, et méprisaient l’autorité, il avait les cheveux courts et se rasait quotidiennement. Il avait l’impression d’être un étranger, un être à part dans un monde différent, qui ne voulait pas de lui. Pire, qui le rejetait. Il désirait ardemment devenir policier. Mais ses espoirs furent réduits à néant. La police locale et celle d’état requéraient toutes deux une taille minimum, mais également une taille maximum, et Kemper mesurait 2,10 mètres pour 130 kilos. Il était simplement trop grand pour être policier. Pour apaiser sa déception, Kemper s’acheta une moto. Avec elle, il pouvait au moins avoir l’impression d’être un policier.

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Ed Kemper occupa plusieurs emplois d’ouvrier et obtint finalement un travail dans la Division des Autoroutes californiennes, ce qui lui permit de quitter sa mère et de déménager dans un appartement à Alameda (en face de San Francisco, de l’autre côté de la baie), qu’il partagea avec un ami. Mais sa mère continua pourtant de l’appeler au téléphone, uniquement pour le critiquer. Notamment parce qu’il eut deux accidents de moto coup sur coup. Kemper s’acheta une voiture... qui ressemblait beaucoup à une voiture de police banalisée, à deux portes. Il se procura plusieurs couteaux, et parvint même à obtenir des armes à feu, les empruntant à ses collègues de travail ou achetant le pistolet de son patron. Il se mit également à boire, plus que de raison. Il roula sur des centaines de kilomètres le long des autoroutes californiennes et commença à prendre des auto-stoppeuses. Des jeunes femmes, petites et jolies. Il observait leur réaction par rapport à lui, à son physique imposant, à son comportement. Il apprit comment ne pas les effrayer, les mener à lui faire confiance alors qu’il les conduisait à destination tout en ressassant intérieurement ses fantasmes violents. Il imaginait ce qu’il ferait à ses captives lorsqu’elles seraient à sa merci, il évalua toutes les possibilités et analysa tous les détails. Il bricola même sa voiture pour ses futurs desseins : une cachette était aménagée sous son siège pour un couteau et un pistolet, et la porte du côté passager possédait un système qui l’empêchait de s’ouvrir de l’intérieur. Dans le coffre, il plaça de grands sacs-poubelle, des couteaux, des armes à feu et une couverture. Ed Kemper prit en stop plusieurs jeunes femmes, les unes après les autres, considérant chacune d’elle comme une expérience, attendant le "bon moment". Il apprit également à poser des questions précises sur leurs parents et le quartier où elles vivaient, car il ne voulait rien avoir à faire avec des « sales hippies » qui l’écœuraient, il ne voulait tuer que des « gosses de riches ». Il continua ainsi durant plus d’un an, faisant monter des jeunes femmes dans sa voiture et les laissant repartir sans même les avoir touchées. Selon ses propres dires, il prit en stop plus de 150 jeunes femmes durant cette année.

Edmund Emil Kemper (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 2 .

23/09/2011 16:43 par TueursEnSerie

  • Edmund Emil Kemper  (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 2 .

    Edmund Emil Kemper (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 2 .

    23/09/2011 16:43 par TueursEnSerie

Crimes et châtiment  :

 

Mais, le dimanche 7 mai 1972, Kemper se décida à passer à l’acte. Mary Ann Pesce, une jolie brune de 18 ans, et Anita Luchese, une blonde timide du même age, étaient étudiantes à l’Université de Fresno. Elles faisaient de l’auto-stop pour rejoindre l’Université de Stanford après avoir passé quelques jours à Berkeley, près de San Francisco. En les questionnant, Kemper comprit rapidement qu’elles ne connaissaient pas la région et, au lieu de se diriger au sud, vers Stanford, il conduisit vers l’intérieur des terres, à l’est. Arrivé près d’une forêt, il sortit soudainement son pistolet de sous son siège et le pointa sur les deux étudiantes. Anita se recroquevilla sur son siège, mais Mary Ann resta confiante et voulut le convaincre de les relâcher, ce qui eut pour résultat d’irriter Kemper.

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Il s’arrêta dans un endroit désert, au milieu de la forêt. Il enferma Anita, tétanisée, dans le coffre de la voiture, puis menotta Mary Ann et la fit s’allonger, sur le ventre, sur le siège arrière. Il mit un sac plastique sur sa tête et tenta de l’étrangler avec la cordelette d’une robe de chambre. Mais elle perça le sachet avec ses dents et, en bougeant la tête, elle empêcha Kemper de lui passer la cordelette autour du cou. Frustré, irrité, Ed Kemper sortit alors son couteau et la frappa à plusieurs reprises. Mais Mary Ann ne mourut sur le coup et continua de se débattre. Il la poignarda de nouveau, mais elle tenta encore de lui parler. Stupéfait, ne sachant trop quoi faire, Kemper lui coupa finalement la gorge. Il s’assit à l’avant, hagard, les mains et les bras couverts de sang, à la fois heureux et déconcerté. Puis, il ouvrit le coffre et Anita le vit couvert de sang. Terrifiée, elle obéit pourtant lorsque Kemper lui ordonna de sortir du coffre. Avec un couteau plus large, Kemper la poignarda elle-aussi. Elle se débattit et hurla, mais resta debout, mordant les doigts de Kemper qui tentait de la faire taire. Kemper s’affola et la frappa à la poitrine et au cou jusqu’à ce qu’elle s’effondre. Il la décapita, dans le coffre de sa voiture, puis remonta à l’intérieur, poussa le corps de Mary Ann sur le plancher et le recouvrit avec le drap de la banquette arrière. Il conduisit un moment, en se demandant quoi faire. Son colocataire étant absent, il décida d’emmener les corps des deux jeunes femmes dans son appartement d’Alameda, où il les déshabilla et les photographia. Il prit le peu d’argent trouvé dans leur sac, recopia leurs papiers d’identité puis les brûla. Il les démembra et coupa la tête de Mary Ann. Il eut des relations sexuelles avec les morceaux des corps. Il les transporta dans de grands sacs-poubelle et les enterra dans un coin reculé et sauvage, au-dessus de Santa Cruz. Il garda les têtes des jeunes femmes un moment chez lui, puis les jeta dans un ravin. Les familles des jeunes femmes les déclarèrent toutes deux disparues le 11 mai 1972. Mais la police n’enquêta pas réellement sur leur disparition car, à l’époque, les fugues n’étaient pas rares, surtout aux alentours de "San Francisco la bohème". Des jeunes femmes disparaissaient tous les jours, pour réapparaître tôt ou tard avec un ami ou un amant. Celles et ceux qui mourraient, victimes d’un tueur en série, étaient souvent considérés comme "un/une hippie de plus..." (À la même époque, John Wayne Gacy assassina 33 adolescents, systématiquement considérés comme des fugueurs par la police). Kemper craignit un moment que l’on ne remonte jusqu’à lui. Mais les policiers ne menèrent aucune enquête sérieuse. Lorsque le corps de Mary Ann fut découvert et identifié en août 1972, Kemper ne s’inquiéta pas outre mesure. Les enquêteurs ne pouvaient plus découvrir d’indice réellement concluant deux longs mois après sa disparition. Personne ne suspecta Ed Kemper, ce grand jeune homme poli et propre sur lui, de quoi que ce soit. Kemper, qui aimait rouler vite, eut un second accident de moto et se brisa le bras gauche. La Division des Autoroutes lui offrit un congé maladie pour qu’il récupère. Il se retrouva donc libre de ses journées... Il décida de faire effacer son casier judiciaire de mineur, soi-disant pour trouver plus facilement un travail, mais surtout parce qu’il voulait obtenir un permis de port d’arme. Le jeudi 14 septembre 1972 au soir, il prit en stop Aiko Koo, 15 ans, une danseuse d’origine coréenne, qui se rendait justement à son cours de danse. Elle en avait eu assez d’attendre son bus et craignait de rater son cours de danse, très important pour elle. N’ayant pas l’habitude de faire du stop, elle avait joyeusement accepté l’offre de Kemper. Mais, alors que Kemper se rendait vers le sud, elle comprit que quelque chose n’allait pas et paniqua lorsqu’il sortit son pistolet, un .357 Magnum. Kemper parvint pourtant à lui faire croire qu’il était dépressif et qu’il voulait utiliser son arme pour se suicider. Il lui affirma qu’il voulait juste lui parler et que si elle ne le dénonçait pas à la police ou à un passant, il la laisserait partir. Il quitta l’autoroute et conduisit alors jusqu’aux montagnes surplombant la ville, puis se gara dans un endroit isolé. Il parvint à la convaincre de se laisser attacher et bâillonner puis tenta de la suffoquer en plaçant sa main sur son nez. Aiko se débattit de toutes ses forces, mais finit par perdre connaissance. Elle se réveilla quelques moments plus tard. Stupéfait, Kemper essaya de nouveau de l’étouffer et continua cette fois à appuyer jusqu’à ce qu’elle cesse totalement de respirer. Il la sortit ensuite de la voiture, l’allongea sur le sol et la viola. Il étrangla finalement Aiko avec sa propre écharpe. Il enveloppa son corps dans un drap et l’enferma dans son coffre. Peu après, il s’arrêta devant un bar et prit quelques bières. A sa sortie du bar, il ouvrit le coffre pour observer le corps d’Aiko et « admirer [son] boulot ». Puis, il se rendit chez sa mère et discuta comme si de rien n’était. Il trouva grisant que sa mère ne se doute de rien et qu’il puisse "l’embobiner". Vers 21h30, il quitta sa mère et ouvrir de nouveau son coffre pour regarder Aiko Koo. Tard dans la nuit, il rentra à son appartement d’Alameda et porta le corps d’Aiko jusqu’à son lit. Il fouilla son sac pour tenter d’en savoir plus sur elle et fut déçu lorsqu’il réalisa qu’elle n’était pas une jeune femme "de la haute société". Il la démembra, coupa sa tête et ses mains, et découpa des lambeaux de chair qu’il mit au réfrigérateur. Puis, il glissa le reste de son corps dans des sacs-poubelle. Le lendemain, il cuit la chair dans une casserole de macaronis avec du fromage, « comme une charogne ». Il allait expliquer par la suite qu’il ne faisait « que poursuivre une expérience cannibalistique » et ajouter : « je possède à nouveau ma victime en la mangeant ». Le samedi 16 septembre, il rendit visite à deux psychiatres de Fresno pour tenter de les convaincre d’effacer son casier judiciaire. Sur la route, il jeta des morceaux du corps d’Aiko dans les montagnes, dont ses mains. Il garda la tête dans son coffre et elle s’y trouvait toujours lorsqu’il se présenta chez les deux psychiatres. Il les impressionna par son calme et les convainquit qu’il désirait réellement changer de vie, qu’il était "intelligent et équilibré". L’un d’eux déclara que « Edmund Emil Kemper n’est plus une menace ni pour lui-même, ni pour les autres ». Ils demandèrent que son casier judiciaire de mineur soit effacé. Fin novembre, le tribunal confirma l’avis des deux experts et Kemper retrouva un casier judiciaire parfaitement vierge. A la fin du mois de janvier 1973, un squelette fut découvert par des promeneurs, celui de Mary Guilfoyle, une étudiante de 23 ans disparue le 24 octobre 1972. Un mois plus tard, l’assassin de Mary Guilfoyle fut arrêté : c’était Herbert Mullin, un autre tueur en série, schizophrène paranoïde. Kemper fut courroucé que les médias et la police attribuent "ses" meurtres (ceux de Mary Ann Pesce et Anita Luchese) à Mullin car il considérait que le meurtre de Mary Guifoyle était « mal fait, torché à la va-vite ». Kemper n’était toujours pas soupçonné de quoi que ce soit, et il s’était même fiancé avec la belle sœur de son ancien patron, une femme qu’il appréciait et respectait. Mais, à cause de son bras qui ne guérissait pas, le médecin du travail avait refusé qu’il retrouve son emploi. À court d’argent, Kemper ne pouvait plus payer le loyer de son appartement à Alameda, et dut se résoudre à revenir chez sa mère, où les disputes recommencèrent aussitôt. Il se remit donc à boire, passant des heures au "Jury Room". Il était presque toujours ivre et ingurgitait chaque jour des litres et des litres de bière.

 

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Le 8 janvier 1973, il acheta un pistolet automatique de calibre .22. Il était tellement excité qu’il se rendit le soir même sur le campus de l’Université de Santa Cruz, dangereusement proche du domicile de sa mère. Il pleuvait à torrent et une jeune femme blonde, Cinthia Schall, dite Cindy, une étudiante de 18 ans qui se destinait à l’enseignement, fut heureuse de trouver refuge dans le véhicule de Kemper. Mais à peine était-elle montée qu’il lui mit sous le nez l’automatique qu’il venait d’acheter. Il parvint néanmoins à la calmer en lui racontant la même histoire de suicide qu’à Aiko Koo. Il conduisit durant 2 ou 3 heures, jouant avec elle, calmement, alors qu’elle le suppliait de ne pas la tuer. Il la conduisit vers le sud, jusqu’aux collines près de Watsonville, où il lui annonça qu’il allait l’emmener pour parler à sa mère. Affirmant qu’il ne voulait pas que ses voisins le voient avec une jeune femme, il la convainquit de monter dans son coffre. Lorsqu’elle se tourna pour s’allonger, il lui tira dans la tête avec son nouveau pistolet. Il ramena ensuite le corps dans le duplex de sa mère, qui était absente, et le monta dans sa chambre. Lorsque sa mère revint, il discuta un moment avec elle avant d’aller se coucher. Il dormit peu, impatient que sa mère s’en aille et le laisse seul. Le lendemain matin, lorsque sa mère partit au travail, il eut des relations sexuelles avec le corps de Cindy. Il la démembra ensuite dans la baignoire et prit soin de bien nettoyer toutes les taches et les traces de sang, notamment sur son plâtre. Il plaça les morceaux du corps de la jeune femme dans des sacs-poubelle. Il récupéra la balle dans le crâne de Cindy et garda sa tête dans son placard. Il garda également l’une de ses bagues "en souvenir". Puis, il roula sur l’autoroute en direction de Monterey et, au sud de Carmel, il jeta les sacs-poubelle du haut d’une falaise. Le lendemain même, les sacs furent découverts par un motard et le corps de Cindy Schall fut identifié. Lorsqu’il apprit la nouvelle, Kemper, affolé, alla immédiatement enterrer la tête de la jeune femme dans le jardin, sous la fenêtre de la chambre de sa mère. Mais ses inquiétudes disparurent rapidement. Dans la nuit du 5 février 1973, Ed Kemper et sa mère eurent une terrible dispute et il sortit de chez elle comme un boulet de canon, en claquant violemment la porte. Il se jeta dans sa voiture et partit à toute allure, se dirigeant vers le campus de l’université. Il pleuvait également ce soir-là et une conférence avait été organisée, attirant de nombreux étudiants. Kemper avait collé un autocollant de l’Université de Santa Cruz (fourni par sa mère...), bien en évidence sur le pare-brise. Il prit en stop Rosalind Thorpe, 23 ans, étudiante en linguistique et en psychologie. Elle le prit pour un autre étudiant à cause de l’autocollant apposé sur son pare-brise. Très ouverte et en confiance, elle engagea la conversation. Alors qu’il allait quitter le campus, Kemper aperçut une autre auto-stoppeuse, d’origine chinoise, Alice Liu, 21 ans. Elle était en dernière année et habitait, tout comme Rosalind, à Santa Cruz. Elle n’hésita pas à monter dans la voiture lorsqu’elle vit que Rosalind y était déjà. Ils roulèrent pendant un moment et, cette fois, Kemper n’arrêta même pas son véhicule pour attaquer ses victimes. Il attira l’attention de Rosalind vers un joli point de vue sur sa droite et, alors qu’elle tournait la tête, il ralentit, sortit son pistolet et lui tira dans la tête. Il pointa ensuite son arme sur Alice, à l’arrière, et tira sur elle plusieurs fois. Contrairement à Rosalind, elle ne mourut pas immédiatement. Une fois en dehors de la ville, Kemper s’arrêta et lui tira dans la tête à bout portant. Puis, il transféra rapidement les corps des deux jeunes femmes dans son coffre. Il s’arrêta tranquillement sur le chemin du retour pour prendre de l’essence et nettoyer son plâtre, puis revint chez sa mère. Il ressortit rapidement, prétextant avoir besoin de cigarettes. En fait, il repartit à la voiture, ouvrit le coffre et décapita les deux corps. Le lendemain matin, après le départ de sa mère, il porta le corps sans tête d’Alice Liu dans sa chambre et le viola. Il ôta les balles des deux têtes, comme il l’avait fait pour celle de Cindy Schall. Il coupa les mains des deux jeunes femmes, mais ne démembra pas les corps, car cela ne « l’excitait plus ». Il voulait juste se « débarrasser » des corps aussi rapidement que possible. Il sortit de Santa Cruz avec les corps décapités dans son coffre et alla rendre visite à un ami, au nord de la ville. Il mangea et alla au cinéma, puis, vers deux heures du matin, il se rendit sur Eden Canyon Road, où il jeta les corps décapités. Puis, il continua jusqu’à Pacifica, où il abandonna les têtes et les mains des deux jeunes femmes. Les journaux annoncèrent la disparition des deux étudiantes le 8 février et des collègues de Kemper, de la Division des Autoroutes, découvrirent les corps le 14 février. La police forma une équipe pluri-juridictionnelle (Kemper avait tué dans quatre comtés différents) pour tenter de trouver le tueur, sans résultat. Malgré tout, Kemper décida de se séparer de certains "souvenirs" qu’il avait gardés de ses victimes et les jeta à la mer. Sur les nerfs, totalement alcoolique, Kemper commençait vraiment à sombrer. Sa mère semble ne jamais l’avoir soupçonné du moindre crime après sa sortie d’Atascadero. Mais durant le week-end de Pâques, environ un mois après avoir assassiné Rosalind et Alice, Kemper décida de la tuer. Après avoir beaucoup bu dans la soirée, il attendit toute la nuit dans sa chambre alors qu’elle dormait tranquillement, réfléchissant à ce qu’il allait faire. Le 21 avril 1973, vers 4 ou 5h du matin, il se leva, un marteau à la main, et entra dans la chambre de sa mère. Il la frappa de toutes ses forces, à la tête, puis sortit un couteau et l’égorgea. Il la décapita, découpant le larynx, qu’il jeta dans le vide ordure. Il utilisa ensuite sa tête, posée sur la cheminée, comme cible pour un jeu de fléchettes et eut des rapports sexuels avec son corps (deux faits établis qu’il continue pourtant de nier). Il cacha son corps dans une armoire, nettoya un peu la cuisine et quitta la maison. Durant l’après-midi, il se demanda comment il allait expliquer l’absence de sa mère. Il pensa que si elle devait être partie en vacances durant le week-end pascal, il serait plus crédible qu’elle soit accompagnée d’une amie. En retournant dans le duplex, il appela Sara Hallett, une amie de sa mère, pour l’inviter à dîner mais elle ne répondit pas. Il commença à s’inquiéter, mais Sara Hallett appela elle-même vers 17h, pour prendre des nouvelles. Kemper l’invita donc, affirmant que le dîner serait une surprise pour sa mère. Mais lorsque Mme Hallett arriva, il l’assomma puis l’étrangla. Pour la première fois, il eut un orgasme durant l’acte même du meurtre. Il déposa le corps sur son lit, la tête enveloppée d’un sac en papier, puis alla boire quelques bières au "Jury Room". De retour dans le duplex, il décapita le corps de Sara Hallett et s’endormit dans le lit de sa mère. Le lendemain matin, un dimanche, il plaça le corps dans le placard de sa chambre. Il quitta la ville dans la voiture de Sara Hallett. Il conduisit durant des heures, vers l’est, à Sacramento, ne s’arrêtant que pour reprendre de l’essence, des sodas et des pilules énergétiques contre le sommeil. Il se rendit à Reno, à la frontière du Nevada. Craignant qu’on ne le repère, il loua une autre voiture et abandonna celle de Sara Hallett à une station service, expliquant au garagiste qu’elle avait besoin d’être réparée. Après 17h de conduite, il fut arrêté au Colorado, à 2000 km à l’est de Santa Cruz, pour avoir dépassé les limites de vitesse, mais il resta calme et le policier le laissa partir après qu’il ait payé sa contravention. Finalement, épuisé et tremblant après plus de 30 heures de route, il s’arrêta à Pueblo, dans le Colorado. Il avait allumé la radio, mais tout le long du chemin, personne n’avait parlé du meurtre de sa mère et de Sara Hallett. Il ne savait pas s’il devait être déçu ou soulagé, exalté ou désespéré. Il était partagé entre la peur d’être appréhendé et la frustration, car personne ne semblait s’intéresser à lui.

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A bout de nerfs, dans la nuit du 23 avril 1973, il appela la police de Santa Cruz, où plusieurs officiers le connaissaient pour l’avoir côtoyé au bar le "Jury Room". Il avoua les meurtres qu’il avait commis. Mais il dut d’abord convaincre la police que ce n’était pas un canular et dut rappeler par trois fois. Il leur indiqua où trouver les corps de sa mère et de Sara Hallett. Puis, il dut leur expliquer où il se trouvait pour qu’ils viennent le chercher. Mais il était désorienté et eut bien du mal à diriger les policiers jusqu’à la cabine téléphonique d’où il passait son appel. Il expliqua au policier, qui tentait de le faire parler pour qu’il ne s’en aille pas, qu’il avait des armes et des munitions dans son coffre et ne voulait pas avoir à s’en servir. Après qu’il ait été appréhendé par les policiers de Pueblo, certains des enquêteurs de Santa Cruz le rejoignirent au Colorado pour l’interroger au sujet des crimes qu’il affirmait avoir commis. Sa confession fut enregistrée et Kemper offrit une confession incroyablement explicite et détaillée des huit meurtres.

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On le laissa dormir, puis les policiers le reconduisirent à Santa Cruz ou, dans les jours qui suivirent, il mena les enquêteurs aux différents endroits où il avait jeté les morceaux des corps, leur montra les objets qu’il avait volés à ses victimes -et gardés- (foulard, photos, vêtements...), tout en leur expliquant minutieusement comment il avait procédé.

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Il leur donna également les armes qu’il avait utilisées. La police scientifique fit apparaître des taches de sang sur les sièges et dans le coffre de sa voiture. Lorsqu’il eut enfin terminé sa confession, son avocat commis d’office, James Jackson, considéra que la seule chose à faire était de plaider la folie... en se basant sur le diagnostic de paranoïa et de schizophrénie qui avait été attribué à Kemper, après qu’il ait tué ses grands-parents, des années auparavant. Mais sa tâche allait se révéler difficile, car la confiance de la population locale dans les psychiatres était faible. Herbert Mullin venait d’être reconnu coupable de 13 meurtres et considéré comme sain d’esprit alors qu’il était incontestablement un schizophrène paranoïde. Tout comme Kemper, il avait été interné dans des hôpitaux psychiatriques et relâché lorsqu’on l’avait considéré "guéri". Kemper lui-même n’avait aucune illusion et déclara aux médias que le procès serait seulement « une manière de décider par quelle méthode je ne verrai plus jamais la société. Et, moi-même, je pense qu’il vaut mieux que je ne la revois plus jamais. » Le 17 mai 1973, on découvrit les restes du corps d’Aiko Koo dans les montagnes et la population recommença à s’affoler. A l’époque, Santa Cruz était surnommée la "capitale du crime" car de nombreux meurtres y étaient commis.

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Le 19 octobre 1970, la famille Otha et sa secrétaire avaient été assassinées par un jeune SDF de 24 ans, John Linley Frazier, qui avait laissé un message mystique coincé sous l’essuie-glace de la voiture, faisant craindre l’apparition d’un "suiveur" de Charles Manson. Il était lui aussi schizophrène paranoïde et vivait en liberté pour les mêmes raisons que Mullin et Kemper : le gouverneur de Californie, Ronald Reagan, avait supprimé toutes aides aux établissements de soins psychiatriques, qui disparaissaient les uns après les autres. Herbert Mullin a assassiné 13 personnes, hommes, femmes et enfants, entre octobre 1972 et février 1973.

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Le procès de Kemper s’ouvrit le 25 octobre 1973 avec la diffusion des aveux enregistrés de Kemper. Puis, les avocats de la défense présentèrent de nombreux témoins dans le but de prouver que Kemper n’était pas responsable de ses crimes, mais le procureur désintégra leurs témoignages les uns après les autres. Le Docteur Joel Fort, de l’accusation, affirma que Kemper n’était absolument pas fou. Il avait passé des heures à analyser son cas, remontant jusqu’au premier diagnostic, après qu’il ait tué ses grands-parents, et à celui établi à Atascadero. Il avait également interrogé Kemper, mettant à jour des informations jusqu’alors inconnues, notamment sur ses pratiques sexuelles nécrophiles et son cannibalisme. Selon le Docteur Fort, Kemper n’était pas un schizophrène paranoïde, mais un sociopathe, responsable de ses actes. Il était obsédé par le sexe et la violence, et il sollicitait constamment l’attention (il alla jusqu’à se couper le poignet avec son stylo à bille durant le procès), mais il n’était pas mentalement aliéné. De plus, expliqua Fort, si Kemper était jamais libéré, il tuerait de nouveau, et il tuerait le même genre de victimes.

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Pour la défense, l’une des sœurs de Kemper, Allyn, vint témoigner des événements étranges qui s’étaient déroulés durant son enfance. Elle expliqua qu’elle l’avait soupçonné des meurtres lorsque les médias avaient révélé que les jeunes femmes avaient été décapitées : elle savait que son frère portait en lui ce fantasme depuis l’enfance. Kemper témoigna pour lui-même, parlant de sa vie intérieure. Il se montra timide, nerveux et hésitant, la larme à l’œil, très différent du vantard que les jurés avaient entendu sur les aveux enregistrés. Durant les trois semaines que dura le procès, aucun témoin, pas même les sœurs de Kemper ou ses médecins d’Atascadero, ne parvint à convaincre les jurés que Kemper était fou. Le 8 novembre 1973, ils délibérèrent durant cinq heures avant de déclarer Edmund Kemper coupable de huit meurtres avec préméditation et condamné à la prison à perpétuité (la peine de mort a été suspendue entre 1971 et 1974). Il fut envoyé à la prison de Vacaville, près de San Francisco, la plus peuplée des États-Unis. Il n’a jamais fait appel. Edmund Kemper est toujours derrière les barreaux. Il est considéré comme un prisonnier modèle. Il a été interrogé plusieurs fois par des spécialistes, notamment du FBI, et a ainsi permis de mieux comprendre le fonctionnement des tueurs en série. Il semble très fier de son statut de "tueur en série génial" (il a un QI de 136) qui a permis sa propre capture et sa condamnation. Il a affirmé ne plus avoir envie de tuer depuis qu’il a assassiné sa mère, mais comprends parfaitement que personne n’ait envie de le relâcher pour autant. Il préfère rester en prison...

Edmund Emil Kemper (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 3 .

23/09/2011 16:57 par TueursEnSerie

  • Edmund Emil Kemper  (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 3 .

    Edmund Emil Kemper (L'Ogre de Santa Cruz ) . parti 3 .

    23/09/2011 16:57 par TueursEnSerie

Victimes :


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_  Maud Kemper Assassinée de trois balles de fusil .22 long rifle, le 27 août 1964.

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_  Edmund Kemper Sr. Assassiné d’une balle dans la nuque, de .22 long rifle, le 27 août 1964.

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_  Mary Ann Pesce (18 ans)

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Etranglée, poignardée et égorgée le 7 mai 1972. Son corps fut découvert en août 1972. 


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Anita Luchese (18 ans)

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Poignardée à mort le 7 mai 1972. Son corps ne fut jamais retrouvé.

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_  Aiko Koo (15 ans)

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Étouffée et étranglée le 14 septembre 1972. Son corps fut découvert le 17 mai 1973. 

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_ Cindy Schall (18 ans)

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Abattue d’une balle dans la tête, le 8 janvier 1973. Son corps fut découvert le lendemain.

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 _ Rosalind Thorpe (23 ans)

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Abattue d’une balle dans la tête, le 5 février 1973. Son corps fut découvert le 14 février 1973.

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 Alice Liu (21 ans)

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Abattue de plusieurs balles dans la tête. Son corps fut découvert le 14 février 1973.

 

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 Clarnell Strandberg - Kemper

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La tête fracassée, égorgée, le 21 avril 1973. Son corps fut découvert le 23 avril 1973. 


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_ Sara Hallett Étranglée le 21 avril 1973.

 Son corps fut découvert le 23 avril 1973.


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Mode opératoire :

 

 Kemper a minutieusement préparé ses meurtres durant des mois. Non seulement il s’est équipé (armes à feu, couteaux) et a modifié sa voiture dans ce but (en bloquant la porte du côté passager), mais il a également appris à se comporter de manière à ce que les étudiantes montent dans sa voiture sans crainte. À force de conduire des dizaines de jeunes femmes sur les autoroutes du comté de Santa Cruz, il a appris les comportements à éviter, les mots à prononcer pour les mettre en confiance. Lorsqu’il a tué ses deux premières victimes, Mary Ann Pesce et Anita Luchese, il a voulu les étrangler et les poignarder : les tueurs en série aiment être proches de leurs victimes lorsqu’ils les tuent. Mais lorsque les deux étudiantes ne sont pas tombées, raides mortes, "comme dans les films", Kemper a été désemparé, s’est affolé et les poignardées à de nombreuses reprises, ne comprenant pas pour quoi « elles ne voulaient pas mourir ». Il a étouffé Aiko Koo, avec la même surprise angoissée de ne pas la voir mourir immédiatement. Pour les meurtres des trois dernières étudiantes, il a exclusivement utilisé une arme à feu. Kemper craignait plus que tout la violence physique, le combat qu’il aurait pu avoir à mener (bien que mesurant 2m10 pour 130kg !), et voulait tuer ses victimes rapidement. Il ramenait toujours ses victimes chez lui pour les violer. Au départ, il a démembré ses victimes, non seulement "par curiosité" et pour que les corps soient plus difficiles à identifier, mais aussi parce qu’il s’est livré au cannibalisme. Il possédait un stock de Polaroïds de ses victimes dépecées, qu’il regardait souvent, en fantasmant. Il a parcouru des centaines de kilomètres pour abandonner les morceaux de corps ou les corps dans des endroits différents, dans des comtés différents. Mais, à mesure qu’il tuait, Kemper a commencé à prendre plus de risques et à faire nettement moins attention : il n’a plus démembré ses victimes, il a pris en stop Cindy Schall directement sur le campus de Santa Cruz et, finalement, il a tué Rosalind Thorpe et Alice Liu directement dans sa voiture, sans même arrêter de conduire.



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Motivations  :

 

 « Lorsque Kemper déclare : ’Je voulais faire du mal à ma mère’, il touche du doigt la clé du problème. Kemper assassine des femmes qu’il associe à sa mère. Celle-ci travaillait à l’université, il choisit donc des étudiantes. Finalement, le vendredi de Pâques, Kemper tue sa mère et lui coupe la tête, qu’il pose sur une étagère (...) Sa mère assassinée, il ne ressent plus le besoin de tuer à nouveau » : Dr Donald Lunde. Kemper a donné des raisons différentes à ses agissements : des désirs sexuels, la volonté de posséder ses victimes, la recherche d’une revanche contre une société qui le rejetait... mais le mobile principal de ses meurtres était la terrible haine qu’il éprouvait envers sa mère. Elle le houspillait constamment et a hurlé sur lui sa vie entière. Lorsque Kemper a tué sa mère, il a découpé son larynx (organe de la voix) pour le jeter dans le vide-ordure... Kemper, qui aime se moquer des psychiatres, a tenté de rationaliser cet acte, mais le symbole est évident. Kemper a tué des étudiantes comme incarnation de sa mère, avant de la tuer "réellement". Si elles lui donnaient l’impression d’être trop sûre d’elles, d’être "hautaines", la colère et la haine montaient en lui, et il les tuait.

 

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Kemper a également dressé une liste écrite des critères que devaient posséder ses victimes pour qu’il les tue : appartenir à des familles riches, avoir des parents qui avaient telle ou telle profession, être étudiantes, habiter tel quartier..., etc. Sa mère lui répétait souvent que les étudiantes étaient « trop bien pour lui », que des jeunes femmes belles et éduquées ne « voudraient jamais de lui », qu’il était un minable. Il voulait lui prouver (et se prouver à lui-même) qu’elle avait tort. Il leur posait des questions en conduisant et si les jeunes femmes ne correspondaient pas à la conception qu’il avait des "gosses de riche", il les laissait repartir sans même les toucher... Mais Kemper a admis qu’il a souvent tué ses victimes parce qu’elles commençaient à crier... tout comme sa mère qui hurlait sur lui. Edmund Kemper aurait pu n’avouer que le meurtre de sa mère et celui de Sara Hallett. Aucune preuve directe ne le reliait directement aux six étudiantes assassinées. Comme d’autres tueurs en série opéraient à la même époque en Californie, la police était dans le brouillard. Mais le taille de son ego rivalisait avec celle de son corps et une fois qu’il fut le centre de l’attention de la police, il voulut conserver cet intérêt. Il adorait se sentir supérieur aux enquêteurs, leur révéler des détails que seul lui connaissait et qu’ils n’auraient jamais appris sans lui. Il se sentait important et supérieurement intelligent. Il était également soulagé de pouvoir parler ouvertement de ses meurtres, des fantasmes qu’il cachait en lui depuis si longtemps.

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 Citations :

 

___  "Si j’avais ignoré le passé de cet homme, je dirais que je me trouve face à un jeune homme intelligent, équilibré et qui ne manque pas d’esprit d’initiative. Bref, quelqu’un dépourvu de troubles psychiatriques (...) En fait, l’adolescent de 15 ans qui a commis cet acte atroce et le jeune homme de 23 ans que j’ai rencontré dans mon cabinet sont deux personnes totalement différentes (...) Cela prouve l’efficacité du traitement qu’il a reçu à Atascadero ; d’un point de vue psychiatrique, Edmund Emil Kemper ne représente aucun danger pour lui-même ou la société" : rapport d’un des psychiatres qui ont demandé que le casier judiciaire de Kemper soit effacé. (Kemper avait déjà tué Mary Ann Pesce, Anita Luchessa et Aiko Koo, à ce moment-là).

 

__  "Il faudrait d’abord que je la tue" : Ed Kemper à 13 ans, répondant à sa soeur qui lui demande pourquoi il n’embrasse pas son institutrice, dont il est amoureux.

 

__ "Vous vous demandez peut-être ce que l’on ressent à faire l’amour à un cadavre ? Ou quelle impression on éprouve assis sur son divan à regarder deux têtes coupées posées à vos côtés ? La première fois, ça vous rend malade... Pour vous faire partager mon état d’esprit de l’époque, que croyez-vous que je pense lorsque je croise une jolie fille dans la rue ? Une partie de moi se dit : ’Quelle chouette nana. J’aimerais lui parler et sortir avec elle’. Et l’autre moitié de moi pense : ’Je me demande à quoi ressemblerait sa tête, enfoncée sur un pieu’ " : Ed Kemper.

 

 __ "Vers la fin, je devenais de plus en plus malade, assoiffé de sang, et pourtant ces flots de sang m’emmerdent. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de voir. Ce que je désire ardemment, par contre, c’est assister à la mort, et savourer le triomphe que j’y associe, mon propre triomphe sur la mort des autres. C’est comme une drogue, qui me pousse à en vouloir toujours plus. Je veux triompher de ma victime. Vaincre la mort. Elle sont mortes et moi je suis vivant. C’est une victoire personnelle" : Ed Kemper.

__ "Lorsque je les tue, je sais qu’elles m’appartiennent. C’est la seule façon pour moi de les posséder. Je les veux pour moi seul. Qu’elles fassent un avec moi. Le fantasme des têtes coupées est un peu comme un trophée. C’est la tête qui fait la personne" : Ed Kemper.

 

 __ "Cela m’a toujours étonné qu’elles aient continué à faire de l’auto-stop, même après la découverte des premiers corps. Elles me narguent du fait qu’elles s’octroient le droit d’agir comme bon leur semble. Cela me démontre que la société est aussi tordue que je le pense. C’est quelque chose qui me dérange : elles se sentent en sécurité dans une société où moi je ne le suis pas" : Ed Kemper.

 

__  "Je la tue un jeudi soir. Le lendemain matin, je me fais porter malade auprès de mon patron. Je démembre son corps. Vendredi soir, je me débarrasse du cadavre, en gardant la tête et les mains, qui sont aisément identifiables. Le samedi matin, je pars de chez moi en les emportant. Je cherche un endroit sûr pour les enterrer. Ce n’est pas facile de se débarrasser de ces choses-là" : Ed Kemper.







Source :


http://www.tueursenserie.org/








Thierry Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 1.

23/09/2011 12:20 par TueursEnSerie

  • Thierry  Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 1.

    Thierry Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 1.

    23/09/2011 12:20 par TueursEnSerie

Nom de naissance : Thierry Paulin

        Surnom(s) : Le Monstre de Montmartre

                     Le Tueur de Vieille Dames

Naissance : 28 novembre 1963 Fort-de-France,

   (Martinique)

 Décès : 16 avril 1989 (à 25 ans)

           Fresnes, (France)

Cause du décès : SIDA

        Meurtres

Nombre de victimes : +18

Période : 5 octobre 1984 – 25 novembre 1987

Pays : France

État(s) : Paris

Arrestation : 25 novembre 1987



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Thierry Paulin était un tueur en série français né le 28 novembre 1963 à Fort-de-France en Martinique et mort le 16 avril 1989. Il était surnommé le « Tueur de vieilles dames ». Entre octobre et novembre 1984, ce jeune martiniquais a étranglé huit femmes âgées dans le 18ème arrondissement de Paris. Entre décembre 1985 et juin 1986, il en a tué onze de plus. Paumé, dealer, magouilleur et pervers, il était serveur au Paradis Latin, puis a organisé des soirées privées "à thème" et flambait dans les boîtes de nuit. Il tuait en plein jour. La police ne l’a arrêté qu’en 1987. Il était séropositif et est décédé en 1989 avant d’avoir été jugé. Son amant et complice, Jean-Thierry Mathurin, a été reconnu coauteur de 9 des meurtres et condamné à la prison à perpétuité.





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Jeunesse :

 

 Thierry Paulin est né à Fort-de-France en Martinique. Sa mère, ayant 17 ans a sa naissance et son père s'étant envolé pour la France juste après sa naissance, elle aura bien du mal à s'occuper du bébé et le confie à sa mère avec qui Thierry Paulin vivra jusqu'à ses 10 ans. Durant cette période, sa grand-mère, accaparée par son restaurant sur une plage à côté des Trois Ilets ne consacrera que très peu de temps à l'enfant. Il manqua autant d'amour et d'affection que d'autorité. En 1973, sa mère, ayant trouvé un nouveau mari, eut 2 autres enfants et s'étant installée au Lamentin, le reprit auprès d'elle. Il connut alors une courte période de bonheur, jouant avec ses demi-sœurs et jardinant. Cependant, sa scolarité fut difficile, il était difficile et très violent. Un jour, a 12 ans, il menaça son professeur avec un couteau de cuisine sous prétexte qu'il le "punissait trop". Il intercepta la lettre de l'école envoyée à sa mère pour l'informer de l'incident, et surtout, tapa une réponse à la machine à écrire qu'il signa en imitant la signature de sa mère. Il sut donc aussi, malgré tout, user de son intelligence. Sa mère ayant retrouvé la trace de son père en France, à Toulouse, décida d'envoyer Thierry en métropole, son père ayant accepté de le prendre avec lui. Lorsqu’il arriva à Toulouse, il eut du mal à s’intégrer à sa nouvelle famille. Son père, Gaby, qu’il n’avait jamais vu auparavant, était marié et avait deux enfants. Jusqu’à seize ans, Thierry Paulin alla au collège et passa tant bien que mal son Brevet. Il entreprit alors de préparer simultanément un CAP de coiffure et un autre de mécanique et électricité-auto, au centre de formation des apprentis de Bordelongue. Mais l’adolescent était plus préoccupé par ses virées à mobylette avec ses amis que par ses études. La bande traînait dans les cafés ou les boîtes de nuit, resquillait quand elle le pouvait, se bagarrait : elle fut vite connue. Il ne passa pas son CAP. Thierry Paulin était le seul Noir de la bande, mais il n’en souffrit pas : il se souvint de cette époque comme du "bon temps". Les rapports entre lui et son père se dégradèrent. Il se résolut à devancer l'appel du service militaire. Il fut affecté au salon de coiffure de la caserne de Pérignon. Il fut rejeté par les autres car il était homosexuel. Le 14 novembre 1982, alors qu’il était en permission, il cambriola une épicerie dont il était un client régulier, à Toulouse. Il y entra une première fois et engagea une conversation anodine avec l’épicière, âgée de 75 ans. Il ressortit et, dix minutes plus tard, refit irruption dans la boutique, le visage masqué par un foulard. Menaçant la vieille dame d’un couteau de boucher, il rafla le contenu de la caisse : 1400 francs (212€). Il avait à peine 19 ans. Il fut arrêté rapidement grâce au témoignage de l’épicière, qui l’avait bien évidemment reconnu, et fut interné une semaine en prison. Il fut dès lors fiché à l’identité judiciaire et jugé le 7 juin 1983 par le tribunal correctionnel de Toulouse. Il écopa de deux ans de prison avec sursis pour "vol avec violence". Il déclara au juge qu’il avait volé pour pouvoir s’acheter les vêtements qu’il désirait... Il fut renvoyé de l'armée définitivement pour plusieurs bagarres mais finit tout de même "matelot breveté". Entre temps, sa mère avait regagné la France et Paulin la rejoignit à Nanterre avec ses demi-sœurs. Il avait 21 ans et changé 3 fois de maison.


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Arrivée à Paris :

 

 Il fut bientôt familier des milieux homosexuels parisiens et parvint à se faire embaucher comme serveur au Paradis Latin, un Night-club renommé pour ses spectacles de travestis. Là, il commence une carrière d'artiste, s'habillant en drag-queen en chantant les morceaux de son artiste favorite Eartha Kitt. Un jour, sa mère est invitée à venir voir le spectacle de son fils. Mais elle quitte le club précipitamment quelques secondes après le début du spectacle. Thierry Paulin pensa sans doute approcher son rêve : il pénétrait enfin un milieu qui l’acceptait. C’était alors un garçon athlétique, toujours vêtu à la dernière mode, un diamant à l’oreille, et il arborait une coupe de cheveux à la Carl Lewis. Il racontait à qui voulait l’entendre qu’il était "chef de rang", voir qu’il faisait partie de la troupe du spectacle. En fait, son travail consistait surtout à desservir les tables. Le fait le plus important est sa rencontre avec Jean-Thierry Mathurin, un toxicomane (comme Paulin, mais beaucoup plus sévèrement) qui travaillait également au Paradis Latin. Les deux hommes ressentirent une très forte attirance réciproque. Pendant la brève période où Paulin habita chez sa mère, ce ne fut que conflits et cris. Ne travaillant pas pendant la journée, il traînait à la maison, y amenait ses amis. La situation devint vite insupportable. Elle explosa le jour où il menaça sa mère de mort parce qu’elle refusait de lui signer un chèque pour une opération de chirurgie esthétique qui lui aurait permis d’effacer une cicatrice à la lèvre. Elle prévint la police. Il se retrouva donc à la rue en avril 1984, logeant chez des amis. Thierry Paulin et Jean-Thierry Mathurin décidèrent de vivre ensemble et s’installèrent dans une chambre d’hôtel à 275 francs (42€) la nuit. L’hôtel était situé rue Victor Massé, dans le 9e arrondissement, qui jouxte le 18ème. Pour trouver de l'argent, ils vendent de la drogue. Les deux fêtards passèrent leurs soirées en boîtes de nuits, buvaient du champagne, sniffaient de la cocaïne et dépensaient sans compter. Ce fut cependant une courte période de bonheur : A l'automne 1984, Paulin, jaloux, perdit son calme et fit une scène à Mathurin, explosant en plein restaurant, cassant verres et tables, hurlant qu'il allait lui "faire la peau". Ils furent immédiatement renvoyés du Paradis Latin. Ils durent se contenter d'une chambre moins chère et accentuèrent leur trafic de drogue.

Thierry Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 2.

23/09/2011 12:29 par TueursEnSerie

  • Thierry  Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti  2.

    Thierry Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 2.

    23/09/2011 12:29 par TueursEnSerie

Première vague de meurtres :

 

 - Le 5 octobre 1984, une vieille dame de 91 ans, Germaine Petitot, fut agressée chez elle par deux hommes. Dans son petit appartement de la rue Lepic, au bas de la butte Montmartre, elle fut ligotée, bâillonnée et battue avant d’être délestée de ses économies. La femme fut dans l’incapacité de donner une description de ses agresseurs. La police enregistra les faits et la déposition vint s’ajouter au dossier déjà volumineux qui concernait les attaques de personnes âgées dans le 18e arrondissement.

 - Le même jour, dans le 9e, un arrondissement limitrophe, Anna Barbier-Ponthus eut moins de chance que Germaine Petitot. Cette dame de 83 ans vivait seule dans son modeste appartement de la rue Saulnier. En fin de matinée, elle rentra chez elle après avoir fait ses courses. Elle n’en ressortit plus. Selon toute vraisemblance, elle fut poussée à l’intérieur de chez elle au moment où elle ouvrait sa porte, puis elle fut battue et étouffée avec un oreiller. Son corps fut découvert peu de temps après, bâillonné et ligoté avec du cordon à rideau. On lui avait volé 200 ou 300 francs (30 ou 45 €), le peu que contenait son porte-monnaie.

- Le 9 octobre, les pompiers furent appelés sur les lieux d’un début d’incendie, à nouveau dans le 18e arrondissement. Dans l’appartement à moitié calciné, ils découvrirent le corps, pieds et mains liés, de Suzanne Foucault, 89 ans. La vieille dame avait été assassinée, étouffée par un sac plastique qui lui recouvrait la tête. On lui avait volé sa montre d’une valeur de 300 francs, et 500 francs en argent liquide. Pendant près d’un mois, la série sembla s’interrompre. Paulin se montrait encore et toujours en boîte de nuit.

 - Le lundi 5 novembre, boulevard de Clichy, on trouva le corps de Ioana Seicaresco, une institutrice à la retraite âgée de 71 ans. Elle avait été battue à mort après avoir été bâillonnée et ligotée avec du fil électrique. Le décès remontait au samedi, mais ne fut découvert que deux jours plus tard, grâce aux enfants de la gardienne venus prendre un cours particulier avec la vieille dame. L’appartement était saccagé. Le ou les assassins avaient fait preuve d’une sauvagerie inouïe : la pauvre avait le nez et la mâchoire fracturés, et un foulard l’étranglait à moitié. L’autopsie révéla qu’elle avait toutes les côtes du côté droit brisées. La vieille dame, qui faisait ses courses invariablement tous les jours, vers 12h30, avait été suivie. Les assassins avaient ramassé 10.000 francs (1500€) en bons du Trésor que Ioana Seicaresco gardait chez elle.

 - Deux jours plus tard, le 7 novembre, toujours dans le 18e arrondissement, on trouva une quatrième victime. Alice Benaïm fut découverte, deux heures à peine après son assassinat, par son fils André, qui venait, comme tous les jours, déjeuner avec sa mère. La vieille dame de 84 ans avait été frappée au visage, rouée de coups et torturée. Son ou ses meurtriers avaient fait preuve d’un rare sadisme : ils lui avaient fait avaler de la soude caustique, sans doute pour lui faire avouer où étaient cachées ses économies. La bouche et la gorge brûlées, Alice Benaïm avait été ligotée avec du fil électrique et jetée sur son lit, bâillonnée avec une serviette-éponge. Elle mourut étranglée. Selon son fils, le butin ne dépassait pas les 400 ou 500 francs (60 ou 75€). Cette fois, un voisin prévint la presse. En quelques heures, photographes et journalistes furent sur les lieux. L’affaire, dévoilée au public, prit une envergure nouvelle. La presse consacra de nombreux articles à cette série noire.

- Le lendemain, à une vingtaine de mètres à peine de la rue où habitait Alice Benaïm, c’est Marie Choy, 80 ans, qui trouva la mort. C’est l’infirmière qui venait soigner la vieille dame à domicile qui la trouva morte, étranglée. Le cadavre torturé, jeté sous le lit, était ligoté, avec du fil de fer cette fois, et bâillonné avec une serviette-éponge. L’autopsie montra, entre autres sévices, que Marie Choy avait eu la boîte crânienne défoncée. Les assassins n’avaient pu dérober que 200 ou 300 francs (30 ou 45 euros).

 - le 9 novembre, toujours dans le 18e arrondissement, c’est Maria Mico-Diaz, 75 ans, qui mourut, pieds et poings liés, étouffée par un torchon. Son cadavre, portant des traces de coups de couteau, fut découvert par la police sur son lit. Le montant du vol n’excédait pas 200 ou 300 francs. C’était le sixième meurtre depuis le 5 octobre. Moins d’une semaine s’écoula et, le 12 novembre, on découvrit deux autres corps au cours d’une même journée : un dans le 18e et l’autre dans le 17e, un arrondissement tout proche. Mais ses crimes avaient été perpétrés respectivement six et huit jours auparavant. On trouva d’abord le corps de Jeanne Laurent, 82 ans, elle aussi ligotée avec du fil électrique. L’appartement avait été littéralement dévasté, mais seules des liquidités avaient été volées. La vieille dame habitait au dernier étage et son corps fut découvert par un ouvrier couvreur qui travaillait sur le toit de l’immeuble.

- Quatre heures plus tard, à 800 mètres de distance, le second cadavre de la journée fut découvert. Paule Victor, 77 ans, fut trouvée morte, la tête dans un sac en plastique, sous un oreiller. La police avait été alertée grâce à une jeune voisine qui, en allant aux toilettes communes, avait remarqué une forte odeur de putréfaction. Entre le 5 octobre et le 9 novembre 1984, en à peine un mois, il y eut donc huit meurtres de vieilles dames dans le 18e et dans des arrondissements contigus. Les journaux parlèrent d’un "tueur de vieilles dames du 18e", les hommes politiques commencèrent à s’émouvoir et les forces de police se mirent à quadriller le quartier. De leur côté, les enquêteurs firent des rapprochements. Les spécialistes réalisèrent que le mode opératoire était toujours le même.



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Bref retour à Toulouse :

 

 Le 18e étant devenu un quartier à haut risque pour Paulin et son ami Jean-Thierry, tous deux avaient en effet décidé de quitter la capitale et de "se mettre au vert" pendant un moment dans la ville où Paulin avait passé une partie de son adolescence, Toulouse. Là, logeant provisoirement chez le père de Paulin, ils essayèrent de vivre "normalement". Paulin retrouva le quartier de son adolescence et renoua avec ses anciens amis. Mathurin et lui s’affichèrent dans les boîtes fréquentées régulièrement par les homos de Toulouse et dépensèrent avec ostentation de grosses sommes d’argent. Mais les années qui avaient passé n’avaient pas aidé à résoudre les querelles familiales. Les disputes reprirent de plus belle entre Paulin et son père, et l’homosexualité désormais manifeste de Paulin n’arrangea rien. Le couple qu’il formait avec Mathurin connut, lui aussi, des difficultés et se dégrada peu à peu. Ils finirent par se séparer. Mathurin rentra à Paris, Paulin continua seul sa vie de noctambule. Séduit depuis longtemps par le monde du spectacle, Thierry Paulin pensait de plus en plus à monter ses propres numéros musicaux. Il s’y employa activement. Il continua à soigner son image et, selon une méthode qu’il continua d’appliquer dans les soirées parisiennes, il offrit largement champagne et cocaïne pour s’attirer les sympathies. C’est à cette même époque que Paulin tenta de lancer la "Transforme Star", une agence de spectacles de travestis. Malgré ses efforts, l’entreprise échoua (Thierry Paulin avait même rencontré la chanteuse Line Renaud afin de demander conseil pour son entreprise.) Il semblait avoir changé et bouillonnait de projets.

 

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Retour à Paris et deuxième vague de meurtres :

 

 Un an avait passé depuis le 12 novembre 1984, et les policiers du 36 Quai des Orfèvres s’égaraient dans de multiples hypothèses. La série de meurtres du 18e arrondissement s’était interrompue, et rien ne permettait aux enquêteurs de se mettre sur la trace du ou des meurtriers.

- Le 20 décembre 1985, dans le 14e arrondissement cette fois, la découverte du corps d’une vieille dame de 91 ans, Estelle Donjoux, étranglée chez elle, relança l’affaire.

 - Moins de quinze jours plus tard, le 4 janvier 1986, Andrée Ladam, 77 ans, subit le même sort à quelques mètres de là.

 - Après une courte trêve de cinq jours, ce fut Yvonne Couronne, 83 ans, qui fut surprise et assassinée à son domicile, rue Sarrette. Ces trois crimes furent perpétrés dans un rayon de 400 mètres autour de l’église d’Alésia, dans le 14e arrondissement. Chaque fois, le même scénario se répétait : la vieille dame était suivie depuis la rue jusqu’à son palier, puis poussée à l’intérieur de son appartement au moment précis où elle ouvrait la porte, pour être finalement étouffée ou étranglée. Ce rituel rappelait le cauchemar des vieilles dames du 18e, sans pour autant apporter la certitude qu’il s’agissait bien du même homme. Au contraire, la composante sadique caractéristique des meurtres du 18e, la violence gratuite dont faisait preuve le tueur jusque-là, semblait avoir disparu (Jean-Thierry Mathurin était peut-être le plus violent des deux). Dans cette nouvelle série, le meurtrier opérait avec moins de sauvagerie. Il ne torturait plus et procédait de façon plus rapide, étranglant immédiatement ses victimes ou les étouffant sous des édredons, des matelas ou des oreillers. Pourtant, l’ombre du "tueur du 18e" planait sur cette seconde série noire.

- Au cours de la seule journée du 12 janvier 1986, deux femmes furent retrouvées mortes chez elles. Marjem Jurblum, 81 ans, rue Pelé, dans le 11e, et Françoise Vendôme, une veuve âgée de 83 ans, rue de Charenton, dans le 12e. Toutes deux étaient mortes étranglées. Après plus d’une soixantaine d’interpellations sans résultats dans les milieux suspects (toxicomanes, trafiquants, détraqués), les enquêteurs étaient au bord du découragement et le quai des Orfèvres, à force de comparaisons, se trouva devant autant de points communs que de divergences. C’est pourtant vers la fin de ce mois de janvier 1986 que la police, pour la première fois depuis le début de l’affaire, fit un grand pas en avant. Le laborieux travail de comparaison d’empreintes digitales (qui, à l’époque, n’était pas encore informatisé) porta enfin ses fruits. Des empreintes relevées sur les lieux de plusieurs crimes commis en 1984 étaient bel et bien identiques à plusieurs autres séries d’empreintes relevées sur les lieux des derniers crimes. C’est ainsi que la police put assurer qu’un même homme au moins, sans préjuger des complices probables, avait été présent lors de trois agressions mortelles de 1984 (une dans le 19e, deux dans le 18e), une de 1985 (dans le 14e) et trois de 1986 (dans le 14e, le 11e et le 15e). Cette découverte bouleversa le cours de l’enquête. La police détenait à présent trois éléments : une série d’empreintes, un mobile (le vol d’argent liquide) et un mode opératoire bien défini. En dépit de la nouvelle panique qui s’emparait de la capitale, les enquêteurs reprirent confiance.

 - Le 31 janvier 1986, Virginie Labrette, 76 ans, fut retrouvée morte dans son appartement, dans le 12e arrondissement. La police organisa alors une opération "coup de poing" à grande échelle dans la fourmilière du milieu interlope parisien. Les rafles et les contrôles dans les bars de Pigalle se multiplièrent. Pendant toute cette période, quand il n’était pas en train de "faire la fête", Thierry Paulin travailla dans une agence multiservice appelée Frulatti. Pour s’être fait connaître comme un garçon ayant des relations, Paulin était chargé de trouver des contrats aux photographes, mannequins et illustrateurs freelance de l’agence. Très vite, il devint l’homme à tout faire que son patron n’hésitait pas à envoyer chez les mauvais payeurs. Mais l’agence, créée par un étudiant d’une école de commerce inexpérimenté, fit faillite en mai 1986, après une soirée qui engendra d’énormes dettes. Paulin disparut dans la nature.

- Le 14 juin 1986, à nouveau dans le 14e arrondissement, un huitième meurtre mit les nerfs de la police à rude épreuve. Ludmilla Liberman, une veuve de nationalité américaine, avait été surprise et tuée par son agresseur, alors qu’elle rentrait chez elle. Deux mois passèrent sans qu’aucun nouveau crime ne soit commis. La Brigade Criminelle était alors loin de se douter que celui qu’elle traquait depuis deux ans était déjà sous les verrous. En effet, en ce mois d’août 1986, mécontent parce qu’un sachet de cocaïne ne contenait pas la dose annoncée, Paulin s’était rendu à Alfortville chez le trafiquant qui la lui avait fournie. Il l’avait menacé à l’aide d’un pistolet d’alarme et l’avait battu avec une batte de base-ball. Le revendeur avait été si durement malmené qu’il avait porté plainte auprès de la police. Paulin avait été arrêté et condamné à 16 mois de prison pour "vol avec violence" et "infraction sur les stupéfiants". Avant d’être incarcéré à Fresnes, il fut fiché et ses empreintes digitales furent relevées. Certaines circonstances expliquent que les policiers n’aient pas fait le lien entre Paulin, arrêté comme un petit braqueur de banlieue, et l’assassin parisien des vieilles dames. Les moyens informatiques à disposition de la police étant à ce moment-là encore limités, la comparaison des empreintes se faisait fiche par fiche. Un travail excessivement long et méticuleux fut accompli sur 150 000 fiches, mais ce travail portait exclusivement sur des suspects fichés à Paris. Le recoupement n’était donc pas évident. Pendant plus d’un an, aucun autre meurtre portant la signature du tueur ne fut commis. Pourtant, Paulin n’eut pas à purger la totalité de sa peine : il quitta la prison de Fresnes au bout de 12 mois. Vers la fin de l’été 1987, fraîchement libéré, Paulin renoua avec ses anciennes connaissances et reprit sa vie de noctambule. Toujours décidé à organiser des soirées, il entreprit de mettre à jour son carnet d’adresses. Il se remit à fréquenter les discothèques et les bars homosexuels du quartier des Halles, apparaissant ici et là, plus exubérant que jamais. Paulin fréquenta assidûment "Le Palace", une boîte de nuit célèbre, située rue du Faubourg Montmartre, à Paris. Toujours charmant et poli, Paulin dépensa sans compter pendant ces soirées : il payait comptant et laissait de très gros pourboires. Parfois, il venait tous les soirs pendant une semaine, puis disparaissait pendant un mois pour resurgir plusieurs soirs de suite. Paulin ne tuait plus, mais dilapidait toujours de grosses sommes d’argent aux yeux de tous. Il n’avait d’ailleurs jamais volé à ses victimes les sommes nécessaires à un tel train de vie.

 - Plusieurs mois passèrent et, brusquement, la série noire reprit. Le 25 novembre 1987, Rachel Cohen, 79 ans, fut assassinée à son domicile, dans le 10e arrondissement et, le même jour, à une centaine de mètres de là, Mme Finaltéri, 87 ans, fut laissée pour morte par son agresseur, étouffée sous un matelas.

- Deux jours plus tard, toujours dans le 10e, Geneviève Germont, 73 ans, étouffée puis étranglée, succomba au 22 rue Cail.




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Jean-Thierry Mathurin .

Thierry Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 3.

23/09/2011 12:36 par TueursEnSerie

  • Thierry  Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti  3.

    Thierry Paulin .(Le Monstre de Montmartre, Le Tueur de Vieille Dames ). parti 3.

    23/09/2011 12:36 par TueursEnSerie

Portrait-robot et arrestation :

 

 Le week-end qui suivit ces violences, Paulin l’employa à fêter ses 24 ans. Le samedi 28 au soir, il régala fastueusement ses amis au "Tourtour", un établissement du quartier des Halles où il avait travaillé comme serveur en 1985. Les trois salles du restaurant furent réservées pour une cinquantaine de convives auxquels il avait adressé d’élégants cartons d’invitation. Le jeune homme n’avait négligé aucun détail et, grand seigneur, passa la soirée à tenter d’impressionner ses invités. Il avait convié son avocat , maître Page, ainsi que toute la faune nocturne qu’il côtoyait désormais régulièrement. L’addition avait été réglée d’avance et en espèces. Le menu raffiné fut arrosé au champagne. Paulin fut, comme à son habitude, très élégant, en spencer noir, chemise blanche et cravate. Le lendemain soir, Paulin invita à nouveau une vingtaine de personnes dans un autre restaurant, à Pigalle cette fois, le "Minou Tango". Le lundi encore, il s’exhiba, dans un long manteau gris, au "New Copa", grande boîte africaine fréquentée par les diplomates noirs en poste à Paris. Il ignorait encore que cette nuit-là était la dernière qu’il passait en liberté. En effet, l’étrange ressemblance des derniers crimes avec les meurtres précédents n’avait pas échappé aux policiers. Sans attendre de comparer d’éventuelles empreintes digitales, le Quai des Orfèvres réagit en mobilisant tous les commissariats de quartier. La Brigade Criminelle disposait en effet d’un atout de taille : Madame Finaltéri avait survécu. Elle fournit, une fois rétablie, une excellente description de son agresseur : un grand garçon d’un mètre 90, métis, les cheveux décolorés et portant une boucle d’oreille. Le portrait-robot établi d’après ces renseignements fut immédiatement distribué dans tous les commissariats de Paris. Le mardi 1er décembre 1987, à une dizaine de mètres du commissariat de la porte Saint-Denis, dans le 10e arrondissement, le commissaire Jacob discutait avec quelques commerçants du quartier dans la rue, le portrait-robot du tueur en poche. Il était en pleine conversation quand son regard croisa celui d’un passant, un métis à l’allure sportive et aux cheveux décolorés. Il alla demander ses papiers d’identité au jeune homme. C’était Thierry Paulin. Il espéra sans doute s’en sortir une nouvelle fois, mais la photo de la carte d’identité qu’il présenta ne correspondait pas à sa physionomie actuelle et éveilla les soupçons du commissaire. Emmené dans les locaux du commissariat de la porte Saint-Denis pour une vérification de "routine", Thierry Paulin n’opposa pas de résistance. Persuadé qu’il était suspecté de se droguer, il montra ses bras, sur lesquels il n’y avait effectivement pas de traces de piqûres, et exigea de parler à son avocat. De son côté, le commissaire Jacob découvrit que son suspect avait déjà été arrêté pour infraction sur les stupéfiants. Il téléphona alors au chef de la Brigade de Répression du Banditisme, et au chef de la Brigade Criminelle, chargé du dossier du "tueur de vieilles dames". Les policiers de la BRB emmenèrent Paulin jusqu’aux locaux de l’Identité Judiciaire pour vérifier ses empreintes digitales et les comparer avec celles du meurtrier des vieilles dames. Rapidement, la responsabilité de Paulin, en ce qui concernait une partie au moins des meurtres, ne sembla plus faire de doute pour la police. 

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Aveux :

 

 Commencèrent alors les 48 heures de garde à vue à la Brigade Criminelle, au quai des Orfèvres. Pendant 43 heures, Paulin fut questionné sans relâche. Il avoua rapidement plus d’une vingtaine de meurtres aux 10 policiers de la BRB et de la Brigade Criminelle auxquels il devait faire face. Paulin raconta pèle-mêle les premiers crimes et tous ceux qui suivirent, confondant parfois les dates et les noms des victimes. Aucun remord, aucun trouble ne sembla l’effleurer, il était apparemment incapable de mesurer la terrible gravité des crimes qui lui étaient reprochés. Il n’hésita pas à expliquer en détail aux policiers la façon dont il opérait, repérant les vieilles dames au marché ou dans la rue, les suivant jusque chez elles, tentant parfois d’engager la conversation pour endormir leur méfiance. Très vite, Paulin dénonça Jean-Thierry Maturin comme étant son complice et donna son adresse. Celui-ci fut immédiatement arrêté, dans le 14e, au domicile d’un travesti rencontré alors qu’il travaillait au "Paradis Latin". Mathurin avoua sans trop de difficulté avoir participé aux meurtres du 18e arrondissement. Paulin puis Mathurin, quelques heures plus tard, furent déférés au Parquet, où bientôt commença l’instruction. L’instruction de ce dossier retint toute l’attention de l’opinion publique. Le juge Jeannin étudia dans les moindres détails les vies passées de Paulin et de son acolyte. Confrontés l’un à l’autre, les deux hommes refusèrent de se parler. Pour ne pas avoir à prononcer le nom de Paulin, Mathurin ne se référa à son ancien ami qu’en l’appelant "l’autre". Paulin, plutôt calme et souriant, tenta de faire endosser à Mathurin la plus grande part de responsabilité. Paulin fut incarcéré à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Il dut être isolé au quatrième étage d’un bâtiment récent où étaient enfermés les prisonniers que l’on souhaitait maintenir à l’écart des autres détenus, pour leur propre sécurité.


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Incarcération à Fleury-Mérogis :

 

 En prison, Paulin ne pensa qu’à soigner son image, inconscient de la gravité des actes qui lui étaient reprochés. Comme par le passé, il cultiva savamment sa tenue vestimentaire. On lui avait coupé les cheveux et ôté sa boucle d’oreille, mais il avait pu conserver deux sacs de vêtements contenant plusieurs pantalons, un costume coupé comme un smoking, des chemises blanches et des nœuds papillon. Soucieux de les maintenir en bon état, il demanda même à sa mère de laver son linge pour lui. Enfin célèbre, Paulin sembla peu préoccupé par les tristes motifs de cette notoriété et se comporta en authentique vedette. Plongé dans la presse, il collectionna les articles le concernant, allant jusqu’à emprunter de l’argent à sa mère pour pouvoir tout acheter. A aucun moment, il ne pensa à organiser sa défense. Il commença par reprocher son enfance malheureuse à sa mère, puis retourna cette haine contre ses anciens amis qui, disait-il, l’avaient trahi. Il nia ce que la presse disait de lui, s’offusqua qu’on le traite de monstre, laissa entendre qu’on s’acharnait sur lui parce qu’il savait beaucoup de choses compromettantes sur bien des gens... C’est en de telles circonstances que Paulin renoua avec sa mère. Le 12 décembre, Monette et deux demi-sœurs de Paulin vinrent lui rendre visite au parloir de Fleury-Mérogis. Emu, il promit à sa mère de prier et de se procurer une bible. Pendant ce temps, Jean-Thierry Mathurin était incarcéré à la prison de la Santé. Il ne fut pas, lui, isolé, mais partagea sa cellule avec un autre détenu. Il lisait de nombreux contes pour enfants et sembla vouloir préparer son baccalauréat.

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 Maladie et décès :

 

 Quelques mois plus tard, Paulin fut atteint de dépression. Ce fut, du moins, le premier diagnostic. En fait, il s’avéra rapidement que Thierry Paulin était atteint du sida et que les premiers effets de la terrible maladie commençaient à se faire sentir. Son état empira brutalement un an après son arrestation. Peu après, le 10 mars 1989, Paulin fut amené d’urgence à l’Hôtel Dieu. Bientôt, il tomba dans le coma. Il fut transféré à l’hôpital Claude-Bernard de Paris. Soigné à l’aide d’antibiotiques, il lutta contre une tuberculose et une méningite, conséquences de son affaiblissement immunitaire. Thierry Paulin mourut des suites du sida dans la nuit du dimanche au lundi 16 avril 1989, à l’hôpital des prisons de Fresnes, où il avait finalement été transporté. Il était âgé de 26 ans. Paulin n’a jamais pu être jugé. Malgré ses aveux, il ne sera jamais que le "suspect n°1". Jean-Thierry Mathurin, lui, a été jugé en 1991, et a été reconnu coupable de neuf des meurtres de vieilles dames. Il a été condamné à la prison à perpétuité, avec une peine de sûreté de 18 ans. Il a été libéré en janvier 2009.

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Personnalité et motivations :

 

 En ce qui concerne Paulin, on peut penser qu’il souffrit dès son plus jeune âge de carences affectives et éducatives qui le marquèrent profondément.[évasif] Jusqu’à son adolescence, il changea trois fois de "tutelle" : sa grand-mère d’abord, puis sa mère, puis son père. Chaque fois, le contexte socio-culturel fut différent. Thierry Paulin a donc eu le sentiment d’être privé d’amour parental et de modèles stables à imiter, modèles qui lui auraient permis de structurer positivement sa personnalité. Ce mauvais départ fut sans doute une des conditions de sa violence ultérieure. l semble d’ailleurs être toujours resté très immature, voire infantile. En particulier, il ne se développa chez lui aucun sens de la mort ni de la souffrance, infligée ou subie, conservant ainsi dans l’âge adulte cette cruauté un peu perverse que présentent souvent les jeunes enfants. Pendant les premiers interrogatoires, il ne se soucia jamais du destin de ses victimes après son passage. Mépris ou indifférence furent ses seuls sentiments manifestes. Son immaturité perce aussi dans son souci constant, narcissique, d’être le foyer unique de tous les regards, de toutes les attentions, tous les désirs. Loin de se terrer, de se soustraire prudemment à la vigilance de la police, il faisait en sorte que partout où il se produisait, on ne vît que lui et son argent. Lorsqu’il fut finalement incarcéré, son activité principale consista à collectionner avec passion tous les articles de presse le concernant. Il continua aussi à porter ses vêtements à la mode. En ce qui concerne Jean Thierry Mathurin, l’opinion de l’avocat général Philippe Berger, qui l’a fait condamner est : « C’était une personnalité fragile, déséquilibrée, falote… A l’évidence, c’était quelqu’un qui semblait prêt à se soumettre à la domination perverse et violente de quelqu’un qui exerçait une emprise sur lui. Il était pris entre une certaine fébrilité et une très grande violence, qui l’on conduit à ces crimes. (...) Il est indiscutable que Paulin était le personnage dominant dans ce dossier.Je serais même prêt, avec toutes les précautions et tous les risques que cela comporte, à avaliser la thèse selon laquelle sans Paulin, il est probable que Mathurin n’aurait pas pu commettre tous ces crimes ».

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Victime de Thierry Paulin .

Jeffrey Lionel Dahmer . ( Le Cannibale de Milwaukee ).parti1.

23/09/2011 11:37 par TueursEnSerie

  • Jeffrey Lionel Dahmer . ( Le Cannibale de Milwaukee ).parti1.

    Jeffrey Lionel Dahmer . ( Le Cannibale de Milwaukee ).parti1.

    23/09/2011 11:37 par TueursEnSerie

Nom de naissance : Jeffrey Lionel Dahmer

Surnom(s) : Le Cannibale de Milwaukee

Naissance : 21 mai 1960 Milwaukee

             Wisconsin (États-Unis)

Décès : 28 novembre 1994 (à 34 ans)

 (États-Unis)

Cause du décès : Coup d'haltère sur la tête

Condamnation : Février 1992

Sentence : Prison à perpétuité

           Meurtres

 Nombre de victimes : 17

Période : 18 juin 1978 – 22 juillet 1991

Pays : États-Unis

 État(s) : Milwaukee

Arrestation : 22 juillet 1991




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Jeffrey Lionel Dahmer, né le 21 mai 1960 à Milwaukee, Wisconsin, et mort 28 novembre 1994 à Portage, Wisconsin, surnommé « le cannibale de Milwaukee », était un tueur en série américain qui a avoué avoir assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991 

(seize de ses meurtres ayant eu lieu entre 1987 et 1991).




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Biographie :

 

 Jeffrey Dahmer est né à Milwaukee. À quatre ans, il subit une opération chirurgicale pour une double hernie. À huit ans, les Dahmer déménagent à Bath, dans la banlieue de Cleveland dans l'Ohio. Le jeune Jeffrey est un garçon extrêmement timide et renfermé, sans ami proche et brimé par ses camarades de classe. Dans le documentaire d'A&E Biography - Jeffrey Dahmer, on voit son enfance « normale » filmée par ses parents où il montre sa fascination pour les animaux, il ne les caressait pas, mais les palpait. Il collectionne les petits os d'animaux. On voit la carte qu'il a donnée à la fête des père, qui finit par « I love you to death » (littéralement : « Je t'aime à en mourir »). Il découvre son homosexualité à treize ans, commence à boire régulièrement à partir de quatorze ans et à disséquer des animaux morts qu'il trouve sur les routes. Après une vie de couple chaotique, ses parents divorcent alors qu'il a dix-sept ans, chacun partant de son côté en laissant leur fils seul dans leur maison. Le divorce sera effectif le 4 novembre 1977. C'est après cet épisode que Dahmer commet son premier meurtre en tuant Steven Hicks, qu'il avait invité chez lui, après l'avoir pris en auto-stop ; ce 18 juin 1978, Jeffrey le tuera et le disséquera « parce qu'il ne voulait pas qu'il parte ». Il s'inscrit à l'université l'année suivante, mais abandonne après un semestre. Il s'engage alors dans l'armée, sur la suggestion de son père, mais en est renvoyé pour alcoolisme. Après un bref séjour en Floride, Dahmer est de retour à Milwaukee en 1982 et va ensuite tuer à seize reprises à partir de 1987, soit plus de neuf ans après son premier meurtre. Dahmer tuait essentiellement dans le but d'assouvir ses fantasmes nécrophiles. Son objectif était d'avoir un contrôle total sur le corps de ses victimes. Son mode opératoire était presque toujours le même : il invitait ses futures victimes dans son appartement pour une séance de photographies, les droguait à l'aide de somnifères, puis les étranglait avant d'abuser sexuellement de leur cadavres. Il les dépeçait et les démembrait ensuite, conservant certaines parties de leur corps comme trophées. Il a également essayé de transformer certaines d'entre elles en « zombies » qu'il pourrait contrôler en forant un trou dans leur crâne avec une perceuse et en y injectant de l'acide ou de l'eau bouillante. Il a aussi reconnu « s'être essayé au cannibalisme » en mangeant le biceps d'une de ses victimes. Toutes ses victimes étaient des jeunes hommes sans-abri, marginaux, homosexuels que Dahmer avait dragués dans les bars gays de Milwaukee et Chicago. Bien que douze d'entre eux soient afro-américains, Dahmer a nié être raciste. Il a déclaré qu'il ne haïssait pas ses victimes, mais que, paradoxalement, il les avait tuées parce qu'il « les aimait bien » et qu'il voulait les garder auprès de lui. Quand on l'arrête, le 22 juillet 1991, c'est l'horreur absolue : les policiers, alertés par un rescapé qui s'enfuyait dans la rue pour échapper à Dahmer, pénètrent chez ce dernier et découvrent dans son réfrigérateur et ses placards des têtes, des parties génitales et des membres humains. Ils trouvent également une cuve remplie d'acide dans laquelle Dahmer faisait dissoudre les thorax qu'il « n'utilisait » pas. Jeffrey Dahmer a été jugé en février 1992. L'affaire avait fait tellement de bruit aux États-Unis que le procès fut télévisé et que même les chaînes françaises en diffusèrent quelques extraits. L'avocat de Dahmer, Mr Gerald Boyle essaya de plaider la démence, ce qui aurait probablement permis à son client d'être libéré après avoir passé quelques années en hôpital psychiatrique. Le jury préféra suivre le réquisitoire de l'avocat général, Michael Mac Cann, qui considérait l'accusé pleinement responsable de ses actes. Dahmer fut reconnu coupable et condamné à 957 ans de prison. Il fut assassiné par un co-détenu, Christopher Scarver, à la Columbia Correctional facility à Portage (Wisconsin) le 28 novembre 1994. L'homme, un schizophrène instable se « prenant pour Jésus-Christ » lui a fracassé le crâne au moyen d'un haltère. Bizarrement l'arme que Dahmer avait utilisée pour tuer sa première victime.





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Maison de sa grand mére .




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Son appartement



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Frigo de Dahmer .


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Bidon contenant les membres de

plusieurs des victimes de Jeffrey Dahmer.

Jeffrey Lionel Dahmer . ( Le Cannibale de Milwaukee ).parti 2 .

23/09/2011 11:48 par TueursEnSerie

  • Jeffrey Lionel Dahmer . ( Le Cannibale de Milwaukee ).parti 2 .

    Jeffrey Lionel Dahmer . ( Le Cannibale de Milwaukee ).parti 2 .

    23/09/2011 11:48 par TueursEnSerie

 
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Victimes  :

 

 

_  Steven Hicks (19 ans)

 Dahmer l’a pris en stop, puis l’a ramené chez sa mère, le 18 juin 1978, à Bath Township (Ohio). Il lui a fait boire de l’alcool jusqu’à ce qu’il soit complètement saoul, puis l’a frappé avec un haltère et l’a finalement étranglé.

 _  Steven Tuomi (24 ans) Dahmer lui a fait boire de l’alcool jusqu’à ce qu’il soit complètement saoul, puis l’a étranglé et a essayé d’arracher son cœur, à l’Ambassador Hotel, le 15 septembre 1987.

_ James « Jamie » Doxtator (14 ans) Dahmer l’a drogué puis étranglé dans la maison de sa grand-mère, à West Allis, dans le sud de Milwaukee, le 16 janvier 1988.

 _ Richard Guerrero (23 ans) Dahmer l’a drogué puis étranglé dans la maison de sa grand-mère le 24 mars 1988.

 _  Anthony Sears (26 ans) Dahmer l’a drogué puis étranglé dans la maison de sa grand-mère le 25 mars 1989.

 _ Raymond Lamont Smith (33 ans) Dahmer l’a drogué et étranglé, puis a eu des rapports sexuels avec le cadavre, au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 20 mai 1990.

_ Edward W. Smith (27 ans) Dahmer a attiré Edward Smith dans son appartement du 213, Oxford Apartments, North 25th street, où il l’a drogué et étranglé, le 24 juin 1990.

 _ Ernest Miller (22 ans) Il a été attiré par Dahmer au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 3 septembre 1990. Dahmer l’a drogué puis lui a coupé la gorge.

 _ David Thomas (23 ans) Dahmer lui a offert un verre d’alcool mélangé à des somnifères puis l’a étranglé, au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 24 septembre 1990.

_  Curtis Straughter (19 ans) Dahmer lui a offert un verre d’alcool mélangé à des somnifères puis l’a étranglé, au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 18 février 1991.

 _ Errol Linsey (19 ans) Il a été attiré par Dahmer au 213, Oxford Apartments, North 25th street,  Dahmer l’a étranglé.

_ Anthony Hughs (31 ans) Il était sourd-muet, mais Dahmer a réussi à l’attirer chez lui, au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 24 mai 1991. Une fois à l’intérieur, Dahmer l’a drogué et étranglé.

_  Konerak Sinthasomphone (14 ans) Konerak a été drogué et torturé avant d’être étranglé au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 27 mai 1991. Ce qui fut particulièrement horrible dans ce cas, c'est que le jeune Sinthasomphone avait réussi à s'enfuir, avant d'être raccompagné sur les lieux par... les policiers. Au retour, Dahmer le tua. La famille poursuivit la ville de Milwaukee pour négligence (équivalent en common law de la responsabilité civile en droit civil).

 _ Matt Turner (20 ans) Il a été attiré par une proposition de séance photos à 50 dollars, au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 30 juin 1991. Dahmer l’a drogué et étranglé.

_  Jeremiah « Jeremy » Weinberger (23 ans) Tout comme Konerak, Dahmer l’a attiré chez lui, l’a drogué, puis a percé un trou dans son crâne, au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 7 juillet 1991.

_ Oliver Lacy (23 ans) Il a été drogué et étranglé au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 15 juillet 1991.

 _ Joseph Bradehoft (25 ans) Il a été attiré chez Dahmer, puis a été drogué et étranglé au 213, Oxford Apartments, North 25th street, le 19 juillet 1991.

 _ Tracy Edwards (32 ans) Le 22 juillet 1991, Tracy a été attiré dans l’appartement de Dahmer, où celui-ci lui a offert une boisson avec des somnifères. Mais il s’est battu avec Dahmer et est parvenu à sortir de l’appartement. Tracy a arrêté une voiture de police qui patrouillait. Il a mené les policiers jusqu’à l’appartement de Dahmer.


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Jeffrey Dahmer a été jugé en février 1992. L'affaire avait fait tellement de bruit aux États-Unis que le procès fut télévisé et que même les chaînes françaises en diffusèrent quelques extraits. L'avocat de Dahmer essaya de plaider la démence, ce qui aurait probablement permis à son client d'être libéré après avoir passé quelques années en hôpital psychiatrique. Le jury préféra suivre le réquisitoire de l'avocat général qui considérait l'accusé pleinement responsable de ses actes. Dahmer fut reconnu coupable et condamné à 957 ans de prison. Il a été assassiné par un co-détenu, noir américain, le 28 novembre 1994.



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